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décembre 2001 Après une semaine de ballade dans toute la seine Saint-Denis, le festival Africolor revient à son point de départ habituel, le Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis. La
soirée est répartie entre trois propositions extrêmement
différentes de croisements musicaux. La chorale Soli Tutti est née à Saint-Denis, elle rassemble douze chanteurs qui tentent d'élargir le champs de possibilités d'une certain classicisme. Pour se faire ils croisent leur voix avec des pratiques différentes ou venues d'ailleurs, comme ce soir la chorale zouloue d'Afrique du Sud Colenso Abafana Benkokhelo. Pour Amakwaya, le compositeur Gualtiero Dazzi a voulu confronter tradition écrite et tradition orale. Science occidentale et conscience africaine. Au départ les harmonies contemplatives des blancs cherchent le soleil avec un peu d'anxiété. Les danses et les chants joyeux des africains évoluent sans complexes. Quand les deux groupes se juxtaposent la raideur des uns d'abord déteint sur l'ensemble puis le naturel des autres prend le dessous. Un spectateur africain alors les rejoint sur scène pour onduler avec le groupe métissé dirigé par Victor Mkhize, créant un imprévu bienvenu et chaleureux Chez Ano Neko, il est aussi question de flamme mais celle ci est déjà ardente lorsque le jeune couple monte sur scène. L'amour que Colin Laroche de Féline et Valérie Gnahoré se porte est évident, il se trahit dans les regards qu'ils échangent mais surtout embaume leur musique. Dénuées de naïveté, leurs chansons sont généreuses et leur jeune maîtrise harmonieuse remarquable. Ils nous entraîne pudiquement au cur de leur intimité mais nous font partager leur joie de vivre sans retenue. La plénitude terrienne de la voix de Valérie s'envole sur les accords aériens de la guitare de Colin . La question n'est plus de distinguer les origines ethniques ou culturelles de leur fusion mais d'en goûter la fraîche saveur et l'évidente authenticité. Valérie est aussi une subtile percussionniste et une énergique danseuse, elle cueille dans le public de jeunes volontaires à qui elle fait dépasser leurs limites. Colin nous étonne en nous apprenant que ce matin 40 degrés de fièvre s'étaient abattus sur elle. Pour Ano Neko le passage à Africolor était important, il ne l'ont pas raté, ils ne nous ont pas raté. Bravo et Merci. Comme
pour Amakwaya, la première de Falak a eu lieu début décembre
lors du festival les 38e Rugissants à Grenoble. Si Amakwaya s'est
bonifié depuis, Falak a gagné en excellence. Autant le
premier spectacle requiert du spectateur un certain effort de concentration
autant la réunion de Néba Solo et du Trio Chemirani nous
cueille aussitôt pour nous conduire droit au zénith de
la voûte céleste. Conduite par des musiciens aussi virtuoses
de leurs mains que de leurs curs, cette exploration céleste
est vertigineuse sans jamais cesser d'être rassurante. Constater
la fluide harmonisation de deux cultures si différentes redonne
foi en un idéal terrestre basé sur l'échange équitable.
Ce soir ce fut le dernier concert d'une petite tournée qui ne
se reproduira pas avant 2003, d'ici là un disque témoin
verra le jour mais déjà, après seulement quelques
représentations, ce parcours orbital entre imaginaires iranien
et malien est un voyage inoubliable. Benjamin
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