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Sète, la ville du poulpe-roi et des joutes marines, la ville
de Brassens, di Rosa et Valéry, une ville festive et conviviale, la ville
de la Fiesta Latina...
Surplombant les falaises d'une Méditerranée
caressant ses rochers, "le théâtre de la mer" veille d'un
il protecteur sur le port. Depuis 6 ans, il se transforme tous les soirs,
pendant une semaine en été, telle une belle cendrillon du sud, en
fête latine. Cette année, le fondateur et directeur artistique,
José
Bel, bien entouré des bénévoles
de l'association organisatrice MétiSète, avait choisi de mettre
l'accent sur une programmation haute en têtes d'affiche. La répartition
des artistes en couples, des mariages quelque peu épineux dont l'ordre
de passage des protagonistes sur scène s'appuyait sur des critères
de puissance festive, a plutôt bien fonctionné. Ainsi, nous avons
retrouvé des mythes de l'écurie latino accouplés à
des artistes sortis d'une scène contemporaine en pleine ébullition
: l'Angola chanté par Bonga
suivi des programmations électroniques de Galliano
majestueusement portées par ses divas africaines ; l'institution cubaine
l'Orquesta
Aragon placé avant P18 (le son plus traditionnel du grand Aragon
l'emportant nettement sur la fusion approximative orchestrée par le Français
Tom Darnal) ; et la diva cap-verdienne Cesaria
Evora précédée de la jeunesse guinéenne
personnifiée par Ba Cissoko. La
puissance du jeu de scène et la qualité irreprochable des prestations
de ces légendes ont apporté tout le poids recherché à
la programmation de cette 6ème édition. Mais les moments les
plus remarquables et remarqués de ce festival ont été offerts
par la nouvelle garde des musiques du monde, notamment le combo funky de Rio à
l'énergie débordante et au look afro-favela-chic Funk'n
Lata, en deuxième partie d'une première soirée
mémorable aux couleurs brésiliennes ouverte par le Trio
Mocotó et son samba-rock swinguant ; et les koras magiques du
Ba Cissoko Trio dans lequel on remarqua particulièrement le jeune Sekou
Kouyaté et sa wah-wah surprenante, désormais surnommé le
"Hendrix de la kora". Une nouveauté à souligner cette
année fut l'ouverture de la programmation traditionnellement latino aux
musiques des balkans incarnées par Goran
Bregovic. Pari réussi pour le Señor Bel qui avait bien
saisi l'esprit profondément festif de cet orchestre des mariages et des
enterrements qui emporta le public dans une célébration débridée
de la vie et de la mort. Une mention spéciale est due à son leader
charismatique Ogi Radivojevic dont l'allure impressionnante de guerrier mongol
contrastait si bien avec sa voix d'ange au miel. Seul regret de cette année,
l'apparition de nuages emmenant la pluie le soir qui devait accueillir le cubain
Omar Sosa et José Alberto "El Canario", obligeant la direction
à prendre la difficile décision d'annuler une soirée qui
s'annonçait comme l'une des plus belles du festival. L'attraction de
Sète ne se limitant point aux festivités nocturnes à l'intérieur
des remparts du théâtre, les journées se remplissaient de
visites aux nombreux musées de ce centre historique de l'art plastique.
Une tradition qui s'affichait également au menu des activités de
la Fiesta Latina avec l'exposition captivante d'un artiste local, René
Gregogna. Et quand un tel événement a lieu dans une ville bercée
par la mer et entourée de plages au sable fin, on ne peut que croire que
le paradis est possible sur terre. Reportage
réalisé par Marushka & Camila Guzman
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