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Edito du 04 Juin 2001 Plus tard au même endroit c'est Momo Wandel qui mène la danse, celle du public ou des acrobates mutines du Circus Baobab qui l'ont suivi ici, car lui semble éprouver quelques difficultés à se mouvoir, mais aucune à nous émouvoir. Son chant rocailleux est pétri de vérité et ses envolées de saxophone nous portent vers le soleil. Ses amis assurent une rythmique sans faille et l'on découvre un jazz guinéen festif tout autant qu'inventif. Dire que le pauvre homme dépérissait quand on est venu le chercher pour l'aventure Baobab. Comme les cordonniers, les donneurs de bonheurs sont parfois mal nantis. La 26ème édition du Festival Musiques Métisses, se termine par une grande soirée populaire, sous le grand chapiteau, les vedettes qui se succèdent brillent de plus en plus haut dans le cur du public. Toto La Momposina, ses robes à volants pastels, son sourire éclatant et son charme latin vont droit au cur, elle nous entraîne au cur d'une Colombie qui a oublié ses drames, rangé sa misère et ne se bat plus qu'à coup de rythmes et de mélodies légères. La mise en scène est certes un peu kitsch mais l'enthousiasme et les roucoulades de la dame ne sont pas dénués de charme Dans l'après midi, le multi instrumentiste malgache Tao Ravao et son compère Vincent Bucher, nous ont régalés d'un mini concert privé (voir section artistes), la raison de cette faveur est simple le répertoire de leur concert étant composé d'inédits, ils ont préféré le don exclusif au risque de se faire piller. Nous les comprenons bien et n'allons pas nous plaindre de pouvoir déguster leur blues de toute couleur en toute tranquillité, les mains dans les poches. Entre ballades malgaches et blues du bayou, les deux amis et leurs invités, Loy Ehrlich et Karim Touré s'amusent autant qu'ils font plaisir à l'assistance de la scène acoustique. Djelimady Tounkara, qui leur succède, semble faire des progrès à chaque prestation, comme quoi rien ne vaut un retour vers l'enfance quand on a tracé son sillon à l'aide d'une guitare pendant plus de quarante ans. Un spectacle familial qui donne des frissons, que l'on pensait illicite en public. Sous le grand chapiteau Africando démontre tranquillement leur savoir-faire. Leur salsa paraît sage, mais à défaut d'être très relevée, elle rassasie sans peine les danseurs. Efficace et élégants les Salseros Africains savent chanter avec volupté et faire tanguer les inconditionnels des rythmes Caliente. Le spectacle eut sans doute été plus prenant si en plus du big band efficace Africando avait adjoint quelques-uns uns des invités de marque qui ont donné du piment à leur album. Pendant ce temps à l'espace Mandingue, les Camerounais de Faadah Kawtal font tourbillonner les grands-mères et leurs petits enfants. Leur Gouma Balewa qui vient du Nord du Cameroun n'est pas né de la dernière pluie, mais pourrait bien faire partie de la prochaine vague des musiques de danse épicées. La foule amassée tardivement sous le grand chapiteau, n'est pas là par hasard, ils attendent leur héros, eux savent qu'ils vont les combler. Nous, on doute, le zouk, il faut bien l'avouer, n'est pas notre tasse de thé et l'on s'attend plus à fuir en courant qu'à rester bouche bée devant une telle énergie. Le show de Kassav est sans faille et pourtant généreux, la foule hurle de plaisir et les stars antillaises ne ménagent pas leur peine. On comprend alors leur longue carrière et la noblesse mise en jeu à rester populaire, on ne va pas courir pour autant acheter tous leurs disques mais l'on fera moins la moue devant leur nom sur une affiche. Benjamin MiNiMuM |