|
La musique d'Okna Tsahan Tzam (1957) nous conduit
au cur de la Russie, dans la petite République de Kalmoukie sise
sur les bords de la Volga. Pays de steppes et de folles chevauchées, la
Kalmoukie est aussi une de ces républiques martyrs de l'époque stalinienne,
qui a vu ses habitants déportés en Sibérie au lendemain de
la Seconde Guerre Mondiale.
Les Kalmouks sont des Mongols occidentaux ;
comme leurs cousins de la République de Mongolie, ils parlent une langue
altaïque et usent du chant diphonique. Cette technique n'est guère
pratiquée que dans ces parties de l'Asie et au Tibet ; elle consiste à
produire un son fondamental en voix de gorge, puis à faire ressortir simultanément
l'une de ses harmoniques.
Sur cette plage, accompagné de la vièle
et du luth à deux cordes dombra, Okna Tsahan Tzam interprète un
extrait de la grande épopée kalmouke, le Djangar, qu'il tente de
revivifier depuis quinze ans.
Jerôme
Samuel
|