Annie Ebrel
chant a capella
Bretagne
Avant même que les lumières ne
s'éteignent des bruits vagues viennent nous caresser les oreilles. L'obscurité
tombe, Annie Ebrel avance sur le plateau simplement accompagnée d'une faible
lueur. Elle est d'abord une enfant qui au matin apprend à compter et est
prise de vertige en dépassant la centaine. Ce spectacle sobrement mise
en scène par Lucas Belvaux et astucieusement mis en son par Sylvain Thévenard,
retrace la vie d'une femme qui parcourt les saisons et égrène les
heures du jour. Seule en scène Annie Ebrel chante la vie d'une fille de
cultivateurs. La bande son illustre le climat (le babils des animaux de la ferme,
discussion de paysans), propose des rythmiques, (le clapotis de la pluie ou la
cadence des moissonneuses batteuses) et reprend aussi la voix de la chanteuse
pour qu'elle puisse dialoguer avec elle même et interpréter ainsi
un original, sans quitter l'essence des formes traditionnelles des chants bretons,
complaintes gwerz ou rubato, chants festifs soniou ou chants à réponses
Kan ha diskan. Ce spectacle original et courageux est à la fois d'une étonnante
simplicité et d'une grande modernité. La formidable chanteuse originaire
des Côtes d'Armor, évoque avec autant de justesse la réalité
rustique de son environnement familier que les questionnements métaphysiques
de son âme. Tour à tour, elle incarne avec justesse, la fraîcheur
de l'enfance, la détermination de l'adulte et la douceur inquiète
des vieillards sans jamais cesser de nous séduire et de nous faire rêver.
Benjamin
MiNiMuM autres
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