| Sobrement éclairé
et mis en scène par le réalisateur Lucas Belvaux, le nouveau spectacle
d'Annie Ebrel est conçu comme une triple chronologie : les heures, les
saisons et les âges de la vie. La chanteuse bretonne a passé commande
à des conteurs, à des musiciens traditionnels, à des compositeurs
contemporains: récits, gwerz (la complainte de Basse-Bretagne), Kan ha
diskan (le chant à répons pour faire danser), entre les confidences
de l'âme et la brutalité du réalisme social. Sa voix est environnée
d'un paysage sonore concret imaginé par Sylvain Thévenard, autant
de ponctuations et d'harmoniques au chant. La voix est traitée en un jeu
d'ombres polyphoniques ou laissée seule à elle-même, tout
à la fois vive, tendre, fraîche, poignante, tenace, maternelle, amicale,
terriblement attachante. Frank
Bergerot |