Sowmya
chant carnatique
Inde du Sud
Embar Kannan violon
Neyveli Narayanan mridangam
C’est la première visite en France de cette jeune diva du sud indien. Après un concert à Rennes, elle s’apprête à conquérir le cœur du public parisien. Elle commence la présentation de son concert dans un français hésitant puis renonce pour un anglais assuré.
Après quelques vocalises, grâce auxquelles elle pose les limites tonales de ce qui va suivre, la chanteuse se lance dans un court varnam. Ces chants constituent la clé de voûte de l’apprentissage de l’art vocal carnatique. Ces petites pièces dévotionnelles sont le plus souvent interprétées, comme ici, en tout début de concert et présentent les caractéristiques des ragas qu’elles précèdent.
Le premier raga est ce soir dédié à Ganesh, ce dieu bienfaisant auquel il est bon de saluer avant chaque action importante car il a la réputation d’éliminer les obstacles. Sur les frappes alertes de Neyveli Narayanan au mridangam, la voix assurée de Sowmya rivalise de souplesse avec le violon d’Embar Kannan.
C’est à Lord Krishna qu’il est ensuite rendu hommage, le dieu flûtiste réputé pour être l’inspirateur de toute la musique indienne. Et l’interprétation de ce raga est vraiment inspirée. La voix solitaire s’élève en douceur vers d’aériennes volutes. Lorsqu’elle marque une pause avant que le violoniste ne montre à son tour les finesses de son jeu, le public ne peut s’empêcher d’applaudir surprenant les musiciens car, en Inde, jamais l’audience ne se manifeste avant la toute fin d’une prestation.. Pour palier ce contretemps les musiciens battent le temps avec leurs mains. Lorsque le calme revient le violon relance son ascension et le morceau trouve son apogée dans les hauteurs.
Pour la pièce suivante Sowmya a préparé une improvisation spéciale dans laquelle elle rend hommage à la beauté de Paris. Elle y flirte avec des basses abyssales avant de rejoindre le ciel. Ce morceau est l’occasion pour chaque instrumentiste de démontrer, à travers de cours solos, l’extrême dextérité de leur jeu. Violon et percussion semblent se lancer des défis que tour à tour ils relèvent avec brio.
Pour conclure ce concert suivant la tradition de la musique carnatique, la chanteuse chante un
Mangalam qui est une prière de paix et de prospérité pour le monde.
Là, comme dans les pièces plus complexes qui ont précédé, elle fait preuve de maîtrise et de finesse. La jeune femme, qui en parallèle de son apprentissage musical, étudie la chimie, est devenue une alchimiste du chant carnatique.
Benjamin MiNiMuM
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