| Avec Farida Parveen, nous voici en plein coeur du Bengale : n’est-elle pas depuis vingt ans la reine incontestée du Lalon geeti, elle qui en a fait une musique qui parle au coeur de tous les Bengalis ? Le Lalon geeti renvoie à la tradition musicale des Bauls (Baul geeti). Ces mystiques, hindouistes à l’origine et dont la présence est attestée depuis le 15ème siècle au moins, vivent d’itinérance, de pauvreté et de poésie. Leur mouvement, qui a connu son apogée au 18ème siècle, a été profondément renouvelé par l’oeuvre du soufi Lalon Faqir (1774-1890). D’origine paysanne, atteint par la variole dans sa jeunesse, ce dernier fut un jour recueilli par un Baul, dont il adopta la vie ; ses oeuvres – ses poèmes – forment depuis le répertoire spécifique de ce genre populaire.
Jérôme Samuel |