La photo du lundi : décidément j’aime bien la nostalgie !
par Philippe Krümm

La carte photo a cela de très, très intéressant, c’est que ce sont presque toutes des exemplaires uniques (ou de tout petit tirage dont une bonne partie a disparu).
Pour celle-ci quel Pays ? je l’avais trouvé à Stockholm !. L’accordéoniste joue d’un joli petit Erideo Marinucci que j’aime à imaginer « mixte ».
Et donc je me demande s’il connaissait Emile Vacher…Oui, je sais, je suis un peu mono maniaque…
Mais pour revenir à cette photo, j’aime vraiment ces ambiances d’un autre temps et tous les mystères qui tournent autour . Qui étaient-ils ? quel pays ? quelles musiques ? Pour trois chapeaux-melons et une casquette !
Je rêve un jour d’organiser de façon régulières des dîners pour « obsédés » uniquement. Des moments pour parler musette, photos, musiques, histoires de l’accordéon… Juste l’histoire avant les années 50, avec une prédilection pour les années 30. Nous réfléchissons à cela avec la Bâronne du musette…Si vous êtes intéressés laisser vos coordonnées, je vous tiendrais rapidement au courant !
La photo du lundi : le son de Cobra Verde
par Philippe Krümm

L’accordéoniste du Nordeste ,Cobra Verde prépare actuellement son premier album . L’opus réalisé par Damien Chemin sortira en France en mai sur Cinq planètes/l’Autre Distribution. Une belle occasion de découvrir le son du forro de Cobra Verde. Nous vous en dirons plus très bientôt…
Azzola, Corti, Lassagne et Olivier Une "dream team" pour l'accordéon
par Philippe Krümm

Lassagne et Azzola en grande discussion...
Lundi 28 novembre 2003, place de la Bastille (Paris), au Lounge Café. Dans ce lieu cosy branché où chaque soir des DJs font tourner les platines, une salle au premier étage était réservée pour l'événement. Les premiers sur les lieux furent Marcel Azzola et notre photographe Serge. Armand Lassagne arriva peu après, puis Christian Olivier — chanteur-accordéoniste des Têtes Raides — et quelques minutes plus tard Jean Corti. La belle équipe était au complet. Paroles aux accordéonistes. Récit d'un déjeuner pas comme les autres, comme si vous y étiez.
Après un apéritif très sage et une séance photo un peu moins (peut-être un peu longue mais nécessaire), nous voilà à table avec du vin et de l'eau à bulle.
JEAN CORTI : Tiens, une San Pellegrino ! J'avais un cousin qui travaillait pour cette compagnie dans les thermes.
MARCEL AZZOLA : J'avais de la famille qui y vivait.
J. C. : Oui mais j'avais un cousin qui y travaillait. Et un jour il m'a conseillé d'acheter des parts de cette source. Je n'avais pas de sous, donc aujourd'hui je ne bois pas de mon eau et je ne suis pas riche. (rires)
Comment vous êtes-vous rencontré les uns les autres ?
J. C. : Avec Armand, nous nous sommes connus chez le professeur Guy Ducas à Montrouge. C'était juste après la Libération.
MARCEL AZZOLA :J'ai connu aussi ce professeur mais le mien c'etait Médard Ferrero.
J. C. : Marcel, toujours après la guerre, on s'est croisé chez Fratelli Crosio. J'avais 18 ans, et Marcel 55 ans ! (rires de tous)
M. A. : Voilà pourquoi je ne veux pas me souvenir trop du passé car cela fait toujours dire des bêtises aux autres.
CHRISTIAN OLIVIER (après quelques instants de réflexion) : Je ne veux vexer personne mais le premier nom que j'ai découvert parmi vous, ce fut celui de Marcel Azzola, puis Jean Corti et enfin Armand Lassagne.
M. A. : Il est malin, il garde l'ordre alphabétique. Et les premiers seront les derniers.
C. O. : Il faut dire que quand j'ai débuté l'accordéon, je n'avais pas écouté grand-chose dans ce domaine. Je connaissais juste des chanteurs et chanteuses qui s'accompagnaient avec l'instrument mais c'était tout.
Car j'ai découvert l'accordéon par hasard. Je jouais de la guitare et lors d'une répétition un ami est venu avec un accordéon. J'ai essayé. Et deux jours après, j'ai acheté un biniou. Je me suis tout de suite senti à l'aise avec l'instrument, autant physiquement que pour écrire. J'avais 20 ans. J'ai suivi une seule heure de cours, le prof n'a pas compris ce que j'attendais de cet instrument.
M. A. : Oui, ce qui est important, c'est que le professeur comprenne chaque élève. C'est la première chose à faire quand on se dit pédagogue.
Et vous, à quel âge avez-vous commencé ?
M. A. : 8 ans.
J. C. : 9 ans.
A. L. : Vraiment à 10 ans car avant j'avais eu un petit touches piano, puis un diatonique et à 10 ans enfin un “vrai” accordéon.
M. A. : J'avais déjà tâté du violon avec mes sœurs. Puis je suis passé à l'accordéon par la faute au père de Joë Rossi. C'est lui qui a poussé mon père vers cet instrument en lui disant : « Il ne va pas apprendre le violon, il y a des violonistes partout. Alors qu'avec l'accordéon, il gagnera toujours sa vie. » Il ne s'était pas trompé.
J. C. : Tu connais cette histoire, Marcel ? À cette époque, en Italie, quand un garçon naissait, on le jetait contre un mur. Et s'il restait collé il serait maçon : s'il tombait au pied du mur, il deviendrait accordéoniste.
M. A. : J'ai trouvé qu'il existait des similitudes entre le maniement de l'archet et le coup de soufflet.
Rêviez-vous de devenir des rois du bal musette ?
A. L. : L'accordéon, c'était une envie car un ami de mon père en jouait. Je ne savais pas trop quels seraient les débouchés.
M. A. : Je fréquentais les bals avec mon père. Il aimait ça, cette musique de fête.
J. C. : J'ai fait du bal, mais parce que je jouais de l'accordéon. Je ne me suis pas mis à cet instrument pour faire du bal. Une chose est sûre : c'est une bonne discipline.

Corti et Olivier
Vous souvenez vous de votre première prestation publique ?
M. A. : Ma première prestation, c'était avec un ami de Médard Ferrero qui jouait le dimanche dans une guinguette à Bobigny. J'allais les retrouver à vélo, et ce que j'avais travaillé la semaine, je le jouais dans cet établissement. Il m'accompagnait au jâse pendant ma prestation, et après je m'installais à la batterie. Je n'étais pas batteur mais je lui faisais une sorte de métronome. Toutefois, mon premier vrai travail, ça a été de me produire dans des brasseries. Parce que l'école Ferrero, ce n'était pas la musique de bal mais plutôt Mozart et Rossini. Comme je lisais la musique, j'ai fait l'affaire tout de suite.
J. C. : Tu as joué dans une brasserie vers Richelieu-Drouot.
M. A. : Oui, à la Taverne de Paris et chez Maxéville. En ce temps-là, il y avait Adolphe Deprince et sa nièce Simone Bultiau au Balthazar. Il y avait tout un réseau. Je suis aussi resté au Globe avec un orchestre de balalaïka pendant quatre ans. J'avais même appris le russe et cela a épaté les gens quand je suis allé avec Yves Montand à Moscou. J'y retourne dans trois semaines… Après une année sabbatique, tout repart de plus belle.
J. C. : On a fini de travailler, Armand ! Marcel revient en force. Je me demandais pourquoi je travaillais si bien en 2003. Fini de pavoiser. Il va falloir baisser les tarifs. (rires)
A. L. : Tu sais, les tarifs n'ont pas beaucoup augmenté depuis dix ans. C'est curieux ce métier, aujourd'hui c'est vraiment dur pour les musiciens.
J. C. : Et depuis que je connais les Têtes Raides, c'est pire. (rires)
A. L. : Mais c'est pour le plaisir !

Armand lassagne, jean Corti, Christian Olivier et Marcel Azzola La belle rencontre !
Y a-t-il une différence entre vos premiers accordéons et ceux d'aujourd'hui ?
J. C. : Ceux de maintenant sont plus légers.
M. A. : Je ne peux pas dire ça, ils ont évolué. Mon premier, c'était un Dedenis trois rangs mais sans basses. Vous pouvez imaginer ce qui s'est passé quand je suis arrivé chez le professeur Paul Seve. Il a fallu que je change d'instrument. Puis je suis parti rapidement car Paul Seve n'etait pas un prof pour moi. Je suis resté six mois.
J. C. : C'était celui de Jo Privat.
M. A. : Et celui de René Sudre.
J. C. : Pour revenir à l'accordéon, si les grosses différences ne se situent pas dans le poids, en revanche les sonorités ont bien changé. Le basson, entre autres, n'existait pas.
M. A. : Je ne me souviens pas de l'accord de mon premier instrument mais mon second, c'était un Coopé avec un accordage et un son magnifique. Mon père l'a vendu pour acheter celui de Joë Rossi. Et le miracle, c'est que j'ai racheté mon Coopé cinquante ans plus tard. J'ai compris pourquoi je gagnais les concours : parce qu'il était bien accordé. Avec Médard, de toute façon, il fallait un accordage parfait.
J. C. : J'avais un Ranco Gugliermo, blanc, avec des perles partout, des lames en “bronze”, un son extra mais un poids redoutable.
M. A. : Accord musette ?
J. C. : Non, j'ai toujours eu des instruments accordage américain avec un peu plus de vibration que maintenant mais jamais totalement musette.
A. L. : Mon premier chromatique, c'était un Bellini trois rangées. À l'époque, on avait du mal à trouver des accordeurs. Alors on prenait un peu les accordéons comme on les trouvait. Aujourd'hui, c'est plus facile d'acheter un accordéon pour un jeune. Peut-être est-ce un peu moins cher aujourd'hui. À l'époque, il fallait vraiment les moyens.
M. A. : Nos parents ont vraiment fait des efforts pour que l'on ait des instruments. Nous, on était cinq mômes et je peux te dire que le paternel a dû vraiment faire des sacrifices. Je ne crois pas l'avoir remercié suffisamment. On ne se rend pas compte on est jeunes.
C. O. : Oui, l'accordéon est un instrument qui coûte cher. On peut trouver une guitare correcte pour apprendre à quelques dizaines d'euros. Un accordéon, ça coûte dès le départ plusieurs centaines d'euros.
M. A. : Je conseille toujours pour débuter de regarder dans les occasions.
A. L. : C'est le piano du riche.
J. C. : On peut aussi en louer un.
A. L. : C'est vraiment plus difficile pour les basses chromatiques. Débuter sur ce genre de modèle, ça coûte encore beaucoup plus cher.
Avez-vous participé à des concours ?
M. A. : Oui, ça obligeait à travailler. Ferrero inscrivait ses élèves aux concours. Ça permet d'atteindre des niveaux intéressants. C'est une bonne discipline.
C. O. : Le seul concours que j'ai fait, c'est de former le groupe Têtes Raides.
M. A. : Je ne suis pas une bête à concours mais le peu que j'ai fait, j'ai été content de les faire.
A. L. : C'était une période où il y avait beaucoup à dire sur les concours, il y avait beaucoup de 1er prix.
M. A. : Ce n'est pas grave, le tout c'est de motiver le jeune pour travailler. La préparation est fondamentale.
C. O. : Je n'aime pas trop l'état d'esprit que l'on trouve dans les compétitions, surtout pour la musique. Après, comme dit Marcel, ça pousse à travailler. Mais terminer 1er, 2e ou 25e, c'est pas ma tasse de thé.
J. C. : Moi, ce qui me gêne, c'est quand on parle de “champions du monde”. On est champion du monde de boxe, de course à pied, pas d'accordéon. Je préfère quand on parle de coupe mondiale.
Quand avez-vous sorti votre premier disque respectif ?
J. C. : C'est le CD “Couka” en 2001, celui que j'ai fait avec Mon Slip, le label des Têtes Raides. Avant, je jouais avec d'autres musiciens. J'ai placé aussi des titres dans des compilations.
C. O. : Il est en début de carrière !
M. A. : Mes premiers enregistrements, c'était pour des émissions de radios. Je me préparais pour des coupes mondiales. Je me rappelle que j'avais joué une étude de Chopin. C'était en différé. En écoutant l'émission, j'ai été subjugué de m'entendre tellement c'était beau (rires). Je me suis impressionné moi-même. Mes premiers disques, je ne me souviens plus de leurs dates de parutions. J'ai eu un espèce de micmac. J'ai eu deux propositions en même temps. Après une audition pour Pathé-Marconi, on devait me donner une réponse quelques jours plus tard. Trois jours plus tard, je fais une séance studio avec Ermelin chez Barclay. Eddie Barclay m'appelle et me fait tout de suite signer un contrat. Bien sûr, le lendemain, Pathé m'appelle pour que je passe signer. Sur mon premier enregistrement, comme j'ai beaucoup d'amis, j'ai fait participer Gaston Durand à la guitare, Louis Peguri au coup de cymbale, et Borel l'inventeur de l'accordina. Le résultat était propre mais pas formidable. Ça s'intitulait Rose ponpon et papillon, un morceau assez pompier mais Borel explosait avec son accordina. C'était plus des séance d'édition que de musique. Tout comme aujourd'hui, à l'époque une maison de disques ne pouvait pas tout faire. On devait s'occuper soi-même de sa propre promotion, pour se faire voir et pouvoir jouer, pour que le public nous connaisse.
A. L. : J'avais fait deux disques souples pour m'entendre. Mais les vrais enregistrements, cela a commencé à 17 ans avec l'orchestre de Roger Vaisses chez Decca. J'ai fait l'accordéoniste aussi dans l'orchestre musette de la rue de Lappe. Un de mes premiers morceaux, c'était Rue de la Chine de Marcel. À l'époque, j'étais accompagné par Matelo et Sarane Ferret. J'avais moi aussi deux contrats possibles. Mais j'ai dû partir au service militaire et cela a foutu tout à l'eau. Mais quand je suis revenu, j'ai enregistré chez Vega
C. O. : Avec les Têtes Raides, on a sorti notre premier 45 tours en 1987, cela faisait juste six mois que je pratiquais l'accordéon ! (rires de tous) C'était génial, le morceau s'appelait Les petits pois. J'avais un modèle 80 basses. Avant, je composais à la guitare. C'était ma première composition à l'accordéon et cela a beaucoup influencé le rythme, la couleur, l'ambiance de notre musique. Ça a complètement changé mon écriture. À cette époque, on ne jouait que dans les bars.
J. C. : On vient d'ailleurs de se produire dans un bar il y a quelques jours.
C. O. : Une des différences que j'ai avec les trois maîtres ici présents, c'est que je chante et que l'accordéon est un instrument d'accompagnement. Après je fais quelques petites lignes mélodiques. J'ai débuté par le chant qui m'a dirigé vers l'accordéon, lequel m'a fait rebondir en matière de textes, de composition. Mais quand on joue dans les bistrots ça reste un instrument super.
M. A. : C'est ça, la richesse de l'instrument. La démarche de Christian est autre que la nôtre mais l'instrument reste le même.
C. O. : Je suis arrivé au début du renouveau. Quelques années avant, il y avait eu Gérard Blanchard et son tube Rock amadour en 1981. On commençait à entr'apercevoir des accordéons dans le rock. Mais quand on se produsait dans les bistrots, il nous est arrivé de rencontrer des personnes qui ne pouvaient plus entendre une note de cet instrument. Cela rappelait trop la guerre à certains anciens, et pour les plus jeunes c'etait limite ringard.
M. A. : Il y a eu un petit gag avec Blanchard, on faisait une émission pour Europe 1, j'étais assis à côté de lui. Pour passer le temps, je lui ai demandé avec qui il avait étudié. Il m'a regardé et m'a répondu : « Tu te fous de ma gueule ?! » C'était une autre façon d'aborder l'accordéon qui arrivait. Moi, je pensais toujours professeur et étude de l'instrument ; lui, spontanéité et efficacité.
J. C. : J'ai bien aimé cette nouvelle vague. Je suis favorable à tout ce qui peut se développer autour de l'accordéon. On peut aimer l'accordéon sans aimer la valse musette.
Quelle est la première personne que vous ayez accompagné ?
A. L. : Eh bien, c'était mon voisin de palier ! Non, sérieusement, j'ai commencé très tôt, vers 14 ans. Tous les week-ends, j'accompagnais des chanteurs et chanteuses, amateurs et semi-professionnels, en alternance avec un pianiste de jazz. Mon éducation musicale s'est faite par les disques d'artistes comme Nat “King” Cole. Sinon, les premiers pros, c'était Audie renall, Ray Boroin. Je passais dans les cabarets, en attraction dans les stades et dans les lieux à chansonniers. Parmi les vedettes de l'époque, j'ai accompagné Georgette Plana.
M. A. : Moi c'était à Ménilmontant, avec Renée Lebas qui interprétait Mademoiselle de Paris.
J. C. : À l'instar d'Armand, j'ai dû accompagné ma voisine de palier, même si lui c'était son voisin. Dans le vedettariat, mon premier ça a été Jacques Brel.
M. A. : Je n'ai pas connu de baisse de régime dans mon travail. Mais j'avais touché a beaucoup de styles. J'avais du métier, comme on dit aujourd'hui. Je pouvais passer du bal au classique, de l'accompagnement au solo à la séance de studio. Et pendant trente ans, j'ai eu mon orchestre de huit personnes.
J. C. : Marcel a été mon employé.
M. A. : C'est vrai, dans ton dancing.
J. C. : Quand j'ai quitté Brel en 1967, j'ai acheté une guinguette au Muraux. J'organisais des bals pour des sociétés de sport, et Marcel est venu deux fois.
Alors Jean, une bonne fois pour toutes, comment s'est passée l'articulation avec Jacques Brel entre Marcel et toi ?
A. L. : J'ai failli faire partie des musiciens de Brel. On m'avait contacté, mais j'avais d'autres contrats.
C. O. : Brel avait hésité à m'appeler. (rires)
M. A. : Jean a quitté Brel pour ouvrir son dancing. À ce moment-là, André Dauchy a pris la relève. Par la suite, Brel ne chantait plus, il a fait une pause. Moi j'étais aussi un accordéoniste de séance, comme il y avait Freddy Balta ou Joë Rossi…
J. C. : Les requins de studios.
M. A. : Ce n'était pas si facile, il fallait s'accrocher. Car quand on se retrouve comme moi avec André Oder un jour où je suis arrivé en retard et que le premier morceau c'était le mien, eh bien j'ai ressenti comme un trou noir et je me devais d'assurer. Car en plus, le chef n'a pas voulu changer l'ordre des séances. J'étais anxieux. Une fois mon travail effectué, quand je lui ai demandé comment je m'étais débrouillé, il m'a répondu : « La musique a peu d'importance car il y aura du texte dessus. »
A. L. : On n'avait pas le droit à l'erreur. C'était sur partition d'un seul tenant avec de grands orchestres, parfois des philharmoniques.
M. A. : À l'époque, on se rendait à une séance de studio sans trop savoir ce qu'on allait jouer. Les plus forts c'était sans doute Gilbert Roussel, Freddy Balta. Mais nous, nous étions là aussi.
A. L. : En plus, le reste du temps, on jouait souvent en petite formation. Alors se retrouver au sein d'un grand orchestre, c'était souvent un choc, une vraie expérience. Avec tout l'orchestre dans les oreilles, parfois on avait même du mal à s'entendre jouer.
M. A. : Je n'avais pas ce problème car quand je jouais, tout le monde s'arrêtait pour m'écouter. (rires)
J. C. : J'ai fait quelques séance à l'époque avec Brel, puis Barbara, Cora Vaucaire et même avec Anthony Perkins au studio Pathé-Marconi à Boulogne. La manière de travailler est aujourd'hui totalement différente en studio. Avant, quand on enregistrait live, on n'avait pas le droit a l'erreur.
C. O. : Au sein des Têtes Raides, on travaille aussi avec des partitions. Sauf qu'on n'est pas des requins de studio comme l'ont été ces messieurs. Mais lorsqu'on enregistre un album en live, on a peu de marges d'erreurs possibles.
A. L. : Ce n'est pas la même école. Dans nos disques, si un seul musicien se trompait, il fallait tout recommencer.
M. A. : Mais pour votre live, vous aviez forcément répété. Alors que la folie, c'était d'arriver en séance, de ne pas connaître les morceaux et de travailler à vue avec la partition. Sans droit a l'erreur. Parfois, c'était un peu stupide car en jouant direct on ne joue pas soi-même, on joue la partition mais on ne peut pas développer son propre style. Il faut faire vite. J'ai participé à des musiques de films avec Delrue sans répétition : de la folie. De nos jours, on est prudent, on demande à voir les partitions avant.
J. C. : Oui, il faut recevoir les partitions avant. Pour mettre en boîte ma partie dans la chanson Rosa de Brel, j'arrive au studio Barclay avec mon biniou. Brel me demande si je joue du bandonéon. Je lui réponds : « Oui, j'en ai fait. » Il me répond alors : « Eh bien, va le chercher. » J'habitais a Nanterre, Brel a bloqué le studio en attendant que je fasse mon aller-retour. Tout était en place pour l'accordéon. J'arrive avec mon bando. Je m'installe sur un petit podium. Il me dit : « Donne le La. » J'étais terriblement bas. Vous auriez vu la tête de ceux qui jouaient des instruments à cordes, obligées de se reaccorder ! Ils etaient verts
M. A. : Surtout à l'époque où souvent on jouait à 444. Même Joss (Baselli, NDLR) avait un biniou à 445.
J. C. : C'est la dernière fois que j'ai joué du bando. À part il y a deux ans avec les Têtes Raides qui m'ont fait ressortir la bête.
C. O. : J'avais un bando mais il a brûlé dans un incendie.
J. C. : Tant mieux, maintenant on est tranquille.
M. A. : Dès le début, au dancing, nous étions obligés de jouer du bando. C'est la faute à Fernand Garbazzi
A. L. : Dans le dancing où je passais régulièrement, la patronne m'a obligé à avoir un bando. Je n'en avais pas. Alors je me suis procuré un. Sinon pas de travail.
J. C. : Il fallait les deux, accordéon et bando. Impensable de faire du dancing autrement. Et éventuellement, il fallait maîtriser la contrebasse. J'ai été le premier contrebassiste de Georges Brassens. Pendant six mois, en 1953 a la VILLA BES, avant Pierre Nicolas. Brassens avait déjà composé Le gorille, Les papillons, La mauvaise réputation… Quand la salle applaudissait, il ne savait pas trop quoi faire. Alors il se tournait vers son contrebassiste et me disait n'importe quoi, pour se donner une contenance. Puis il repartait sur un autre morceau. Il n'aurait pas fait un bon accordéoniste car la “banane” (le sourire en permanence, NDLR) il ne savait pas faire ça.
M. A. : Je retravaille de nouveau. J'ai fait une séance avec Georges Moustaki. Et l'autre jour, j'ai participé à une autre séance, j'ai joué sur une reprise de Jacques Brel par Jean-François Bernardi (I Muvrini) et improvisé sur un de ses textes. Avant que la séance soit totalement terminée, pensant que tout était OK pour moi, en plus j'étais assez fatigué — il faut bien se trouver des excuses —, j'ai commis l'erreur de rentrer à mon domicile. Quand les techniciens ont réécouté le deuxième morceau, ils se sont aperçus que celui-ci était abîmé par le bourdonnement d'un portable. Ils m'ont rappelé et laissé des messages sur mon répondeur. Je n'ai pu en prendre connaissance bien sûr qu'une fois arrivé chez moi. Mais il était trop tard, ils avaient rangé la technique. Il ne faut jamais quitter une séance avant la fin totale de l'enregistrement.
Parmi la jeune génération d'accordéonistes, quels sont ceux qui vous séduisent ?
M. A. : Il y en a beaucoup. Mais il est très dur de donner des noms. Parmi les maquettes et les demandes de préfaces que je reçois, il y a des trucs magnifiques.
A. L. : J'enseigne toujours un peu. Si on parle dans le temps, il y a une différence. Aujourd'hui, la technique est plus poussé. On a plus de moyens pour les faire travailler. La technique a évolué et les moyens de l'enseigner sont au point. On tâtonne moins. Et comme dit Marcel, on ne peut pas donner de noms. Mais certains sortent vraiment du lot.
M. A. : La relève est assurée. Mais je ne citerai pas de noms. Je les aime tous.
C. O. : Les fans des Têtes Raides ne me demande pas si je peux leur donner des cours (rires). Mais on nous demande des partitions pour jouer dans le style, la ligne mélodique. C'est moins technique que vous trois, c'est sûr. Mais quand on s'est croisé pour la première fois avec Jean Corti, on a d'abord un peu parlé. Et quand on a fait notre première date ensemble, on ne savait pas, ni lui ni nous, de quelle façon le public des Têtes allait l'accepter. On a été très à l'aise de jouer avec Jean, je pense que lui aussi. La boucle était bouclée.
J. C. : J'ai été très agréablement surpris de la réaction de leur public. Pour revenir au renouveau de l'accordéon, je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous. Je ne dis pas que j'ai raison. Certes, tous ces jeunes ont une technique foudroyante. Chapeau bas pour la technique. Seulement, ce que l'on voit à la télé, ça ne m'excite pas du tout. Ils devraient apprendre à faire vivre l'instrument. Et peu d'entre eux le font.
M. A. : Ceux-là passent peu à la télé.
J. C. : Même les très bons, quand ils passent à la télé, le répertoire choisi fait qu'on ne distingue pas leur style. Ils ne font pas avancer les choses et ne s'adressent qu'à la clientèle 100 % musette. Ils ont du mal à proposer autre chose. Ils sont coincés par le marché dit “du musette”.
A. L. : C'est pour cela que lorsqu'ils viennent me voir, je leur spécifie bien qu'il faut qu'ils jouent ce qu'ils ont envie de jouer. Il faut qu'ils fassent connaître au public d'autres répertoires.
M. A. : Tu voudrais qu'ils jouent tes morceaux ! (rires de tous)
A. L. : Non mais souvent, les conseils qu'on leur donne, c'est « le public aime ce style alors joue comme ça ». Il faut oser sa musique. Marcel, Jean et moi, on a pris des risques dans notre musique et pour nos répertoires. Il faut s'affirmer. Et à terme, ça paie. On devient différent et on fait avancer la musique en matière d'accordéon. On sait que cela plaira moins que si on reprenait pour la énième fois Reine de musette, Le dénicheur ou Aubade d'oiseaux, mais peu importe.
Vous composez toujours ?
M. A. : Oui, peut-être même des œuvres plus ardues qu'avant.
A. L. : Oui, un peu par vague. Dans mon dernier disque, il y a quelques compositions inédites.
J. C. : Je travaille sur mon nouveau CD pour le label des Têtes. Des morceaux un peu compliqués, barbares, sans paroles. Ce disque devrait sortir en septembre 2004.
C. O. : Au sein des Têtes Raides, on compose tout le temps. Mais moi en plus, il y a toujours l'écriture. Le texte est lié a une musique. Je passe de l'un à l'autre. J'appuie sur la touche du magnéto et je travaille.
À l'occasion de Noël et de la nouvelle année, quels sont vos souhaits pour l'accordéon ?
J. C. : Il y a dans cet instrument un tel arc-en-ciel de talent que cela mériterait d'être beaucoup plus médiatisé.
M. A. : On se cantonne trop dans les valses, pasos, javas. Il faut déployer l'éventail, ouvrir de nouvelles voies.
C. O. : C'est un instrument planétaire connu et reconnu dans le monde entier. La France est le berceau de l'accordéon. Mais je trouve que l'on n'est pas assez informé de ce que les autres peuples en on fait. Alors qu'il y a des choses incroyables… Donc partez à la découverte. Sinon mon souhait c'est que Marcel, Jean et Armand viennent en février faire un dimanche après-midi au Bataclan lors de notre série de concerts.
J. C. : Je souhaite que tous les jeunes qui jouent comme des bêtes se réveillent et jouent de la façon dont ils ont vraiment envie. Cela changerait le repertoire et la clientèle…Mais qu'ils ne comprennent pas cela trop vite, parce qu'ils nous piqueraient notre place (rires).
A. L. : Accordéonistes, prenez des risques.
Un accordéoniste, ça n'arrête jamais ?
LES QUATRE ACCORDÉONISTES (en chœur) : Jamais… La preuve.
Article paru dans Accordéon et Accordéonistes (decembre 2003)
La photo du lundi : à cheval pour 2010...Et plus !
par Philippe Krümm

La photo du lundi, n‘a aucun rapport avec l’accordéon, quoi qu’à cette époque, les années 30, en Bretagne, l’accordéon devenait « la boîte du diable » pour le clergé, car grâce à lui, les jeunes gens dansaient en couples… Une horreur pour les bons curés !
Mais revenons à la photo, elle fut prise par Yann de la Fosse-David. Un homme passionné de chevaux, qui toute sa vie mit son art du petit boîtier 6/6, au service des Haras Nationaux et des chevaux.
Cette photo est vraiment pleine de nostalgie. Prise à une époque où le cheval était encore la force de l’homme et son moyen de transport. Comme il l’avait été depuis des millénaires… La fin du cheval en France dans la vie des hommes fut pour moi un des éléments marquants du 20eme siècle.
Alors en classant des photos de chevaux - Une autre de mes passions- je suis tombé sur ce document, avec ce paysan et son cheval, un postier breton. ( Car évidemment vous savez qu’il y a neuf races de chevaux de trait en France : Breton, Percheron, Trait du nord, Ardennais, Auxois, Comtois, Cob Normand, Boulonnais, et Mulassier du Poitou). L’homme après une grosse journée de travail fait une halte à la mare du village pour abreuver son cheval et réfléchir … À quoi, peut être au travail du lendemain…
René Sudre le virtuose injustement oublié
par Philippe Krümm

Outre son château, Vincennes fut sans doute un lieu de prédilection pour plusieurs accordéonistes célèbres qui habitèrent cette agréable banlieue située aux portes de Paris. Jean Vaissade y vécut les trente dernières années de sa vie, derrière le comptoir de son café-bar Le Vincennes-Bastille, face à la gare devenue aujourd’hui la station Vincennes du R.E.R. Il décéda tout à côté en mai 1979, dans son coquet appartement de la rue de Montreuil. Toni Jacque, qui anima avec Jo Privat les beaux soirs du Balajo, habita, lui, dans la rue des Laitières avant de se retirer dans le Doubs, son pays d’origine, où il goûte maintenant une retraite bien méritée. Jean-Pierre Coustillas, grand ami de Marcel Azzola, vécut également à Vincennes où il travailla à La Poste avant de prendre sa retraite dans le Périgord. Ce remarquable et (trop) discret accordéoniste accompagna le regretté cabrettaïre d’origine aveyronnaise Claude Séguret, très connu dans la colonie auvergnate de Paris. Disparu jeune encore, celui-ci tenait avec son épouse corrézienne un grand café-tabac rue de Fontenay. Coustillas et Séguret ont gravé ensemble quelques excellents disques de folklore auvergnat dans les années 70. Tous ont bien connu et fréquenté René Sudre qui fut, au cours de sa trop courte vie, un Vincennois fidèle ainsi qu’un client assidu des cafés de la ville.

René Sudre n’est pas né à Vincennes mais à Bazoches-les-Bray (Seine-et-Marne), le 11 janvier 1921, issu d’une famille originaire de Haute-Auvergne. Sudre est en effet un nom assez répandu dans le Cantal, d’où son attirance pour les nombreux musiciens du Massif central comme Martin Cayla et Jean Vaissade, avec lesquels il collabora souvent. Le premier lui édita plusieurs de ses compositions pour accordéon. Puis ce fut au tour de Jo Privat, dont le père était lui aussi de souche auvergnate, de remarquer René Sudre et de l’orienter vers le professionnalisme. Ils habitaient Belleville et Ménilmontant et avaient d’ailleurs le même professeur, l’excellent Paul Saive. Ce dernier avait déjà découvert les remarquables possibilités de René Sudre dans les années précédant la Seconde Guerre mondiale.
Jean Sudre, le père, jouait un peu de cabrette et d’accordéon. Louis Péguri disait de lui qu’il s’agissait d’un des meilleurs musiciens auvergnats de Paris. René avait donc de qui tenir puisqu’il commença l’accordéon tout gamin à la Bastille dans le bal musette que son père avait acheté au 14 rue des Taillandiers, juste à deux pas du premier magasin de musique ouvert dans les années 1920, au 26 de la même rue par Martin Cayla, grand ami de la famille Sudre.

Une réputation grandissante
René fit de rapides progrès et sa réputation grandit aussitôt. Ses véritables débuts eurent lieu dans un autre musette du dix-huitième arrondissement, rue Polonceau, avant de passer au célèbre bal La Boule Rouge, rue de Lappe, chez Poyet. Lors de l’Exposition de Paris en 1937, il remporta le Grand Prix International d’accordéon. La Guerre arriva, puis l’Occupation allemande. Les bals étant interdits, René Sudre fut engagé avec son accordéon dans l’orchestre tzigane de Georges Streha, lequel se produisait dans plusieurs brasseries des Grands Boulevards.
Cette période noire vit, de façon paradoxale, la consécration de Raymond Legrand, le père de Michel, qui venait de fonder un nouvel et sensationnel orchestre de variétés afin de remplacer celui de Ray Ventura (qui avait dû s’expatrier en Amérique du Sud, en pleine gloire, à la fin de 1940, car il était juif). René Sudre demeura jusqu’en 1944 l’un des accordéonistes attitrés de cet orchestre au sein duquel le public, tout comme les gens du métier, avaient découvert sa grande virtuosité.

Recommandé par Jo Privat
À la Libération, René Sudre quitta Raymond Legrand, les attractions dans les cinémas et les brasseries pour revenir au bal musette avec le nouvel ensemble qu’il venait de constituer. On le vit à La Java, Chez Bouscat, ensuite et surtout à Ça Gaze, temple du musette de la rue de Belleville où il resta jusque vers la fin des années 1950. Mais entre-temps, René s’était fait applaudir au dancing Le Barbarina et à La Croix de Malte, à la Porte Saint-Martin, deux établissements qui permirent à d’autres as de l’accordéon comme Édouard Duleu, Maurice Larcange et Aimable de se faire un nom. On vit aussi René Sudre officier au Bal Marly, un petit musette situé dans le haut du Faubourg Saint-Martin, à la Villette, près de la station Stalingrad du métro aérien.
En 1951, René Sudre a la chance de remporter le Grand Prix de la Radio pour l’accordéon. Mais cinq ans auparavant, en 1946, Jo Privat avait réussi à décrocher un contrat d’exclusivité pour enregistrer des disques chez Pacific. Le courant passa vite entre lui et René Sudre. Ils ne rechignaient ni l’un ni l’autre pour vider une « roteuse de champ’ ou un kill de beaujolpif » ! Privat aurait pu garder ce filon pour lui tout seul, mais c’est mal le connaître. Aussi s’empressa-t-il de recommander son « pote » René au directeur de cette toute jeune maison de disques qui recherchait de bons accordéonistes pour constituer son catalogue d’accordéon. Jo le comparait à Émile Prud’homme, mais en plus “musclé” ! Ainsi, à partir de 1946, René Sudre enregistra durant une dizaine d’années une bonne cinquantaine de disques 78 tours chez Pacific.
La chandelle brûlée par les deux bouts
René n’eut jamais “la grosse tête”. Mais le succès aidant, il brûla ensuite un peu cette chandelle par les deux bouts, en raison de son penchant pour la boisson et la cigarette. Sa santé en paya le prix. J’ai eu le plaisir, hélas douloureux, de le rencontrer une seule et unique fois. C’était en 1968 au Vincennes-Bastille, chez mon ami Jean Vaissade : un vrai modèle de modestie et de gentillesse. Pourtant, le malheureux était atteint d’un cancer à la gorge. Il venait de subir une trachéotomie et ne pouvait plus parler. Mais je me souviens encore que Jean Vaissade, en me le présentant, dit de lui qu’il était l’un des meilleurs accordéonistes qu’il ait connus. Ce qui n’était pas un mince compliment venant de la part de ce dernier, plutôt avare en la matière !
Jo Privat ne s’y était point trompé non plus puisqu’il avait participé à une collecte ouverte par Édouard Duleu auprès de lui et de ses collègues Aimable, André Verchuren et Yvette Horner. Cela permit d’acheter pour René Sudre un beau Cavagnolo et d’ensoleiller un peu les derniers jours qui lui restaient à vivre. Il mourut en 1969, âgé seulement de 48 ans.
Madame Madeleine Sudre, son épouse, est encore là, vive et alerte. Elle demeure toujours à Vincennes. Nous lui devons les quelques photographies de son mari qu’elle a bien voulu nous prêter pour la rédaction de cet article et nous l’en remercions vivement. Mais qui se souvient encore aujourd’hui de René Sudre ? Peu de monde, sans doute. Il reste heureusement quelques 78 tours conservés jalousement par des collectionneurs et recueillis au gré de foires à la brocante. Et puis, chacun sait bien que les bons musiciens ne meurent jamais.
Roland Manoury
Le répertoire de Sudre pour Pacific
Voici quelques titres enregistrés par René Sudre sur disques 78 tours Pacific (par ordre alphabétique + n° de matrice suivi du n° de catalogue) :

• “À Honolulu” (rumba de F. Lopez, 1946) avec au chant Jean Roy (ST1452 — MC 719).
• “Accordéon” (fox-trot de Fr. Freed, 1947) (ST 1510 — MC 724).
• “Aviatic” (marche de V. Marceau, 1948) (AI 0259 — MC 746).
• “Aye ! Mama !” (valse de J. Plante-Louiguy, 1948) (ST 1944 — MC 753).
• “Le bal défendu” (valse de V. Scotto, 1946) avec au chant Jean Roy (ST 1449 — MC 720).
• “Boléro flamenco” (boléro de J. de Sentis, F. Llénas et M. Varny, 1950) (AI 1363 — 1514).
• “Buenos dias” (paso-doble d’Émile Decotty, 1950) (AI 1364 — 1514).
• “Ça gaze” (java de V. Marceau, 1948) (AI 0258 — MC 752).
• “Coccinelle” (valse de Ch. Humel, 1948) (AI 0075 — MC 744).
• “Coco de Copacabana” (samba de J. Guigo et E. Warner, 1950) (AI 1169 — 1387).
• “La danseuse est créole” (rumba de J. Plante-Louiguy, 1948) avec au chant Jean Roy (ST 1945 — MC 753).
• “Diablo y rumbero” (rumba-guaracha de D. Leone, 1950) (AI 1171 — 1386).
• “En goguette” (valse de R. Sudre et A. Deprince (1947) (ST 1509 — MC 723).
• “Feu follet” (java de L. Péguri, 1948) (AI 0257 — MC 752).
• “Gaminerie” (valse de R. Sudre, 1946) (ST 1450 — MC 720).
• “J’ai deux chansons” (rumba de G. Ruiz, 1947) (ST 1946 — MC 735).
• “Ma belle au bois dormant” (fox de M. Vandair et H. Bourtayre, 1946) avec au chant J. Roy (ST 1455 — MC 719).
• “Marche américaine” (Souza, 1948) (AI 0260 — MC 746).
• “Martinette” (java de R. Sudre, 1948) (AI 0261 — MC 747).
• “Mazurka fantaisie” (mazurka à variations de M. Ferrero, 1947) (ST 1512 — MC 723). Grand Prix du Disque 1947 catégorie Musette à René Sudre pour “Mazurka Fantaisie”.
• “Mélodie pour toi” (tango de Collot, Bertal Maubon et T. Scala, 1946) avec au chant Jean Roy (ST 1453 — MC 717).
• “Le petit cousin” (valse de Guy Lafarge, 1949) (AI 0358 — MC 759).
• “La plus bath des javas” (java de Trémolo, 1948) (AI 0262 — MC 747).
• “Le porte-bonheur” (valse de H. Kubnick et L. Gasté, 1947) (ST 1511 — MC 724).
• “Sérénade Argentine” (Amparito) (boléro de J. Teruel et M. François-Pueca, 1950) (AI 1168 — 1386).
• “Seul dans la nuit” (slow-fox de J. Solar-Louiguy, 1946) avec au chant Jean Roy (ST 1454 — MC 717).
• “Signor spaghetti” (marche 6/8 d’Adrien Adrius, 1949) (AI 0359 — MC 759).
• “Les trois caballeros” (fox de M. Esperon, 1947) (ST 1947 — MC 735).
• “Vent d’automne” (valse de L. Péguri, 1948) (AI 0074 — MC 744).
René réédité en CD
Une vingtaine de titres enregistrés par René Sudre dans les années 1940 et 1950 chez Pacific feront l’objet d’une réédition imminente en CD (chez 7 Music/RDC Records). On sait que les cires des disques Pacific, dès la fin de la Guerre, n’étaient pas de très bonne qualité. Aussi, pour leur réédition en CD, ces morceaux ont été sauvegardés par la grâce des ordinateurs. Ces derniers n’ont hélas pas pu, malgré les progrès de l’informatique, éliminer totalement quelques bruits de surface. L’auditeur comprendra combien il est difficile de faire du neuf avec du vieux. Et le jeu en valait la chandelle, lorsqu’on écoute René Sudre exécuter La marche américaine de Souza, Ça gaze de Marceau et surtout la Mazurka fantaisie de Médard Ferrero qui lui valut en 1947 le Grand Prix du Disque de l’Académie Charles Cros pour l’accordéon.



07.02.10 23:59:11, 