Accordéon & Accordéonistes


Archives pour: Mars 2009

Il y a 90 ans naissait Séamus Ennis, il allait devenir une référence pour le uilleann pipes. Hommage!

par Philippe Krümm

 



Séamus Ennis (1919-1982)
Il fut l’un des joueurs de uilleann pipes les plus populaires d’Irlande. Il grandit dans une famille de six enfants. Son père était un danseur, un chanteur mais également un joueur de pipes. Séamus est initié aux musiques traditionnelles irlandaises dès l’âge de 13 ans.

Il est engagé à 23 ans par une université pour collecter les traditions musicales. Il commence par le Connemara. Mais de 1942 à 1947, il parcourt tout le pays notant nombre de musiques. En 1947, il travaille pour une radio. Il est le premier à enregistrer des maîtres du pipes et des flûtes, comme Willie Clancy ou Micho Russel. Il rejoint la BBC où il travaille jusqu’en 1958.

Au uilleann pipes, il restera toute sa vie un des tenant de la lenteur. Il s’opposera entre autres au style plus clinquant de Léo Rowsome.
Aujourd’hui encore, il y a de grandes discussions pour apprécier les qualités musicales entre le “flat set” (plus grave) — reflétant pour certains la “vraie” tradition et une certaine philosophie — et le “concert pitch” (plus aigu), poussant les musiciens à jouer plus vite, très prisé des jeunes générations.

Pour ma part, au risque de dire une banalité, tout dépend du musicien qui est aux commandes du uilleann pipes. Mais je serais quand même un peu plus “flat set” ! Et je dis bien “aux commandes”. Car cette cornemuse est certainement la plus sophistiquée des instruments avec sa poche, son soufflet, ses régulateurs, avec des anches battantes et doubles à harmoniser.

Une cornemuse irlandaise complète, un “full set”, est certainement l’un des plus formidables instruments de musique inventés, une fantastique usine à gaz.
Pour conclure, j’ai forcément une pensée pour Alain Froment, un Français installé pendant plusieurs années en Irlande. Il devint l’un des meilleurs fabricants de uilleann pipes au monde. Il nous a quittés il y a quelques mois.

Deux vidéos de Séamus Ennis aux pipes… Plus une petite chanson... Juste pour un plaisir désuet mais tellement bon.

 


 

La photo du lundi : Un concertina dans le 11 eme !

par Philippe Krümm

Aujourd'hui à cette adresse, il y a un institut ! Mais dans les années 1920, Monsieur Léon Farcy menait une belle auberge et parfois ses amis musiciens venaient faire "brasserie".

Et la surprise : une guitare, un banjo et... Un concertina...Peut être un membre de l'armée du salut, grand pourvoyeur de joueurs de concertinas à cette époque à Paris...Fermez les yeux et imaginer le Beaumarchais resonnant de l'invention de Sir Charles Wheatstone.

Coup de coeur pour Deep, le petit joueur d'harmonium indien !

par Philippe Krümm


 

 

Aprés la mode du film "slum dog millionaire", une petite video pleine de charme ou un petit garçon s'empare de l'harmonium de papa et nous interprete un chant en s'accompagnant.

 

Yann- Fañch Perroches

par Philippe Krümm






Yann-Fañch ne cesse d’ouvrir le soufflet et de mêler les différentes formes d’expressions, sous un angle de plus en plus ouvert.

Le parcours de Yann-Fañch Perroches est gorgé de musique bretonne. Il a joué dans des groupes comme Skolvan, en duo avec Stéphane Morvan (flûte traversière en bois), en trio avec Chouk (avec Roland Conq ou Hélène Brunet). Il a réalisé quelques albums, dont le remarquable “Daou ha Daou” (en 2000) avec le violoniste Fanch Landreau. Il a été professeur au Conservatoire régional de musique et danses traditionnelles de Bretagne, ainsi qu’à l'école nationale de musique de Lorient. Cet artiste complet, animateur aussi de stages d'accordéon diatonique et de musique traditionnelle s’est lancé depuis peu dans une nouvelle aventure, personnelle et singulière, en solo.
Yann-Fañch a décidé de retrouver ses amours enfouies, ses désirs de solitude musicale. De partir et de laisser couler ses doigts sur d’autres rythmes. « Depuis longtemps déjà, ces idées me trottaient dans la tête. » Yann-Fañch avait d’autres inspirations que celles de faire danser. Le musicien n’a pas abandonné pour autant son amour des musiques traditionnelles, mais il navigue au gré de tous les vents. Pendant plus de vingt ans, Yann-Fañch a beaucoup tourné et joué de la musique traditionnelle bretonne. Le temps lui manquait pour exploiter d’autres horizons. Il fallait aussi se dégager d’une étiquette de musicien trad’, s’éloigner de ce côté “roots” pour des envolées jazz, rock et autres mouvements contemporains. « J’avais envie d’exploiter toutes ces compositions qui dormaient au fond des tiroirs et de les mettre sur un disque. Je voulais me retrouver seul après tant d’années à jouer en groupe, et faire aussi un concert solo. » Une prise de risque qui lui tenait à cœur.
Yann-Fañch s’est lancé à brûle-pourpoint dans cette expérience. Il a réalisé avec brio un album singulier (paru en octobre 2008) qui se laisse écouter  avec parfois beaucoup de nostalgie, comme cette Waltz For Kay. Des étonnantes envolées comme Bourrées bourrées à la douce mélodie de Menejou-Aojou, d’un thème traditionnel au contemporain, le talent est ici au service de la musique. Il ne s’agit pas de démonstration de virtuose dépourvu de sentiment. L’album coule à flots de mélancolie, de joie et de tristesse. « Je veux que cela soit écouté par tout le monde. C’est de la musique avant tout, et non une démonstration instrumentale. Cet album est le fruit de multiples influences qui ont parsemé mon parcours. Un titre est inspiré de Astor Piazzolla, un compositeur que j’aime énormément. Un autre morceau sonne très anglo-saxon car j’ai vécu pas mal d’années en Angleterre. C’est l’alchimie de toutes les musiques que j’écoute, mes expériences, des phases de ma vie… »
La particularité de Yann, c’est aussi sa curiosité, sa volonté d’aller toujours plus loin dans l’exploration. Des projets, il en a plein la tête, avec une danseuse de claquettes Patricia Blot, en trio avec un violoncelle et une guitare. « L’originalité,  c’est d’accompagner de la danse contemporaine au diato, ce qui est beaucoup plus rare. C’est donc une expérience très enrichissante. » Et puis des tentatives plus expérimentales intégrant des plasticiens, des peintres. « J’aimerais mener tous les arts, faire une sorte de happening.

Françoise Jallot
Album “Accordéon diatonique” de Yann- Fañch Perroches (Cinq Planètes/L’Autre Distribution).

 

Alain Pennec et Sébastien Bertrand - Diatoniques complices !

par Philippe Krümm



 



Regards croisés entre deux artistes. Deux accordéonistes, Alain Pennec et Sébastien Bertrand, allient leurs talents pour un duo magique et diatonique. Ils viennent de sortir un album, “Réunions de chantier”.  

Alain Pennec, quel est votre parcours musical ?
Alain Pennec : J’ai commencé ma carrière de musicien par l’apprentissage de  la bombarde et de la cornemuse à l’âge de 10 ans. Le diatonique est venu beaucoup plus tard, à 24 ans. Il faut avouer que dans ma jeunesse, je n’étais pas du tout attiré par l’accordéon. En tant que  militant breton, tout ce qui touchait à cet instrument et au monde du musette avec ses paillettes me semblait alors fort éloigné de mes préoccupations.  

Quel a été le déclic du diatonique ?
A. P. : C’est grâce à Marc Perrone. C’était je crois, en 1979. Il m’a fait découvrir différemment l’accordéon. C’est lui qui m’a vraiment donné le goût du diato. Puis un jour, j’ai eu entre les mains ce fameux instrument (un vieux Hohner 2915). Là, le virus ne m’a plus quitté. Je me suis mis à écouter avec une grande attention la musique de Marc. Je cherchais à comprendre son jeu, sa technique. J’essayais de retranscrire ce que je savais faire en musique bretonne sur cet instrument. Et je me suis vite rendu compte qu’il était très riche en possibilités et en musicalité. Je me suis aussi intéressé à d’autres musiciens irlandais et anglais comme Mairtin O'Connor et John Kirkpatrick qui m’ont beaucoup influencé par la suite. À cette époque, s’est créé le groupe Tammles avec lequel j’ai tourné en fest-noz pendant dix ans.

Puis vous menez des expériences très différentes en solo, en accompagnement, en duo ou quartet. Des aventures Toujours plus éclectiques les unes que les autres… 
A. P. : Il y a eu les duos avec le guitariste Soïg Sibéril, la conteuse Gigi Bigot, le chanteur Roland Brou, Youenn Landreau (joueur de chapman stick) ; les groupes Quatre Jean (rock celtique), Hirio, Roquio (chants des ports de Nantes et Saint-Nazaire. Depuis quelques années, j’accompagne Denez Prigent, une star de la musique celte au timbre et à la puissance vocale hors du commun où là, le travail musical est plus écrit. Des expériences très enrichissantes où mon travail au diatonique a été très varié.

Et maintenant ?
A. P. : Je fais partie de Sloï (qui signifie “Soleil” en parler du marais breton vendéen) avec Sébastien Bertrand (diatonique), Thierry Moreau (violoncelle, violon), Sylvain Favre (percussions), Youenn Landreau (chapman-stick), Stéphane Atrous (saxophone). C’est une formation un peu particulière puisqu’il s’agit du répertoire de musiques maraîchines. Pour Sloï, je suis revenu à la bombarde, aux flûtes et à la veuze. Il y a aussi le Alain Pennec Quartet avec Aurore Bréger (harpe celtique), Youenn Landreau (chapman-stick), Stéphane Barbier (percussions) et moi-même à l’accordéon et aux flûtes. C’est un répertoire original tiré soit de l’univers celtique traditionnel revisité au niveau harmonique et rythmique, soit de compositions imprégnées du vécu musical de chaque musicien. Un nouveau spectacle vient d’être créé. Et il y a bien sûr le duo avec l’accordéoniste Sébastien Bertrand. Un partage, une communion, une conversation entre deux diatoniques.
 
Vous avez participé à la  renaissance de la musique traditionnelle bretonne grâce à des répertoires évoluant du folk traditionnel vers des interprétations plus électriques puis électroniques avant de revenir à des musiques bien plus acoustiques.
A. P. : Il est vrai que j’ai vécu beaucoup d’expériences musicales depuis trente ans (même le diatonique MIDI). J’ai eu la chance d’avoir pu voyager grâce à la musique et, ainsi, de rencontrer et d’échanger avec de nombreux musiciens. Cependant, les phénomènes de mode en musique ne m’ont jamais intéressé. Et surtout, je n’ai jamais voulu joué certaines musiques même si je les aime beaucoup — le cajun et le blues, par exemple — de peur de les dénaturer.

Vous aimez le diatonique pour sa simplicité et sa vivacité tout en y apportant une touche nouvelle…

A. P. : En effet, j’aime le diatonique dans sa simplicité. Je joue sur un modèle 3 rangs 12 basses. Le jeu du soufflet tient un grand rôle, je revendique à fond le pousser-tirer. Je tente d’exploiter au mieux l’aspect bisonore de l’instrument, tout cela avec un jeu de main gauche rythmique et harmonique un peu sauvage.

Dans l’album “Réunions de chantier” du Duo Pennec Bertrand, vous réalisez tous les deux un remarquable échange entre deux diatos. Quelle est la dimension musicale, l’intensité de ce duo ?

A. P. : Il y a tout d’abord une grande complicité. Nous nous fréquentons depuis plus de dix ans. Je connaissais le Duo Bertrand qui participait au renouveau des musiques traditionnelles du marais breton vendéen avec Thierry (à la veuze et au hautbois) et Sébastien (à l’accordéon). Ce dernier m’avait invité dans le cadre de la création “Carte blanche” réalisée pour le festival de Saint-Chartier en 2001. Depuis, nous avons  travaillé de plus en plus régulièrement ensemble. Le CD que nous avons enregistré en avril 2008 est la concrétisation de ce travail effectué sous forme de “Réunions de chantier”. Nous avons beaucoup joué, cherché de belles mélodies, confronté nos techniques instrumentales, distribué nos rôles dans chaque morceau sur un répertoire maraichin et breton traditionnel ou composé (en grande partie par Sébastien). L’enregistrement a été réalisé dans des conditions de live sans re-recording par Étienne Touret. Sylvain Fabre assurait la direction musicale. Notre technique de jeu est très différente à la base. Pour ma part, je travaille beaucoup sur les ornementations à la main droite, alors que Sébastien travaille sur un doigté très fluide de la main droite. Une main droite un peu italienne à la Riccardo Tesi, avec des fioritures, des modulations très intéressantes. Il a aussi conçu une technique d’accompagnement très personnelle à la main gauche qu’il a développée lorsqu’il jouait avec son oncle. Quant à moi, je travaille sur des passages de basses à la manière des Anglais comme John Kirkpatrick. Ce qui nous réunit le plus, c’est notre vision de cet instrument bisonore, doté de multiples possibilités, au service de belles mélodies simples. Nul besoin de rajouter des notes et des touches pour le faire ressembler à un chromatique.

Quelles sont vos références ?
A. P. : Il y a eu d’abord le milieu folklorique où j’ai fait mes premiers apprentissages en musique et danses traditionnelles, comme Sébastien. Ensuite, le collectage m’a amené à m’intéresser aux chanteurs et musiciens traditionnels qui sont devenus par là-même mes premiers référents.  



Et en matière de diatonique ?

A. P. : Entre autres Marc Perrone, John Kirkpatrick, Raynald Ouellet, Riccardo Tesi,  Mairtin o’Connor. Dans les plus jeunes, j’apprécie Mériadec Gouriou et sa démarche très sauvage.        

Qu’écoutez-vous en dehors du diato ? 
A. P. : En ce moment, je me passe beaucoup les albums de Tom Waits dont je suis un grand fan pour les textes, la musique, l’homme et l’acteur. J’aime son univers glauque et très éclaté. Autrement, j’écoute de tout. Ce qui ne  signifie pas que j’aime tout !

Vous êtes aussi éditeur ?
 A. P. : J’ai réalisé une méthode “CD à l’accordéon diatonique” (parue aux Éditions Paul Beuscher) et quelques recueils de tablatures avec CD aux Éditions Alain Pennec. Je propose aussi des méthodes d’apprentissage et des recueils liées aux différents instruments de la musique celtique.

Avez-vous d’autres rêves ?
A. P. : Faire partager au plus large public possible ma passion pour la musique et l’accordéon diatonique.

Sébastien Bertrand, avez-vous toujours baigné dans un environnement de musiques traditionnelles ?
Sébastien Bertrand : J’ai grandi dans une famille pour laquelle la musique traditionnelle est au cœur des préoccupations. Depuis les années 1970, mon père Jean-Pierre Bertrand a fait du collectage et enregistré les anciens dans la région du Marais breton vendéen. Il a aussi monté un groupe folklorique, Tap Dou Paï, inscrit dans la mouvance du renouveau des musiques traditionnelles. Mon oncle Thierry, très imprégné par toutes ces musiques traditionnelles, m’a montré la voie en jouant de la veuze (cornemuse du Marais breton vendéen). J’ai donc baigné dans cette atmosphère, tout en commençant par la danse. Il y avait un diato qui traînait dans la maison parmi d’autres instruments. Je l’ai pris et l’ai alors utilisé un peu comme un jouet. Vers l’âge de 7 ans, dans les années 1980, j’ai participé comme bien d’autres gamins du coin à des après-midi de sensibilisation à la musique traditionnelle. L’aventure a commencé ainsi.

 

Le Duo Bertrand est une expérience très importante dans la mesure où vous avez adapté de manière très personnelle l’instrument selon  les besoins de ce duo avec votre oncle Thierry…

S. B. : Après ces stages de sensibilisation, il y a eu des ateliers réguliers de pratique de l’instrument pour faire danser en costumes. Et les saisons d’été au cours desquelles, avec Thierry, nous avons voulu asseoir notre duo, ce qui donna lieu par la suite à un premier disque en 1993. Dès le départ du Duo Bertrand, nous nous sommes rattachés au répertoire du lieu ou nous vivons, le Marais breton vendéen. La richesse des danses nous a obligés à chercher et trouver une rythmique de main gauche en corrélation avec la danse. D’autre part, la veuze est un instrument à bourdon, il fallait donc que je puisse adapter le diato. C’était une sorte de contrainte d’avoir le bourdon en permanence, il fallait que je parvienne à me caler sur cette note continue. J’ai donc effectué quelques modifications au niveau de la main gauche pour obtenir cette dimension du bourdon qui me permette de suivre et de m’allier à l’autre instrument. Avec mon diatonique 12 basses — les 4 basses supérieures sont ainsi quasi en répétition des bourdons utilisés par la veuze de Thierry — il n’y a aucune modification importante sur l’instrument de base, juste quelques modifications pour mieux m’adapter à l’instrument à bourdon. Aujourd’hui, Thierry se consacre de plus en plus à la musique ancienne et à la lutherie. Et moi à mes projets personnels, à Sloï, et au duo avec Alain Pennec.

 

C’est pourquoi Alain parle de la particularité de votre main gauche…

S. B. : Cela a développé en effet un jeu particulier, très personnel. J’ai aussi beaucoup travaillé sur la rythmique.

 

Comment s’est faite la rencontre avec Alain ?

S. B. : Je l’ai toujours connu, Alain faisait partie des gens que j’admirais quand j’étais petit. J’allais l’écouter lors des fest-noz. Mais notre vraie rencontre s’est faite au festival de Saint Chartier, où nous avions fait un bœuf ensemble. Puis il y a eu l’expérience 2001 dans le cadre d’une “Carte blanche” donnée au Duo Bertrand, où Alain est venu jouer en tant qu’invité.  Ensuite, lors du festival de Tadoussac au Quebec, nous avons avec Alain commis notre première tournée en duo d’accordéons. Puis Alain est venu remplacer Thierry dans la formation Duo Bertrand en Cie devenue Sloï, pour une tournée en Inde. Toutes ces tournées à l’étranger ont jalonné nos rapprochements. Peu à peu, nous avons eu envie de mettre en œuvre nos points de vue, notre travail mutuel, de croiser nos jeux différents et d’affirmer la création de ce duo.

 

Le duo diatonique fonctionne bien à cause de vos différences, vos complémentarités. Vos tirer-pousser se répondent a merveille…

S. B. : Tout d’abord, le duo s’est fait grâce à une vraie amitié, une profonde complicité. Il existe une complémentarité entre les deux instruments, car nous ne jouons pas du tout de la même manière. Un exemple : sur un même morceau, Alain peut très bien le développer en poussant, et moi en revanche en tirant. C’est-à-dire que nous jouons de manière inversée, ce qui a généré des harmonisations complètement différentes. Là est la richesse du duo. Comme j’ai une certaine habitude des accompagnements, c’est donc plus souvent Alain qui a mené la mélodie. Pour ce qui concerne les compostions, comme je suis un impulsif, j’ai créé la plupart des titres en fonction des lieux où l’on a travaillé ensemble et qui m’ont inspiré, comme la Marche des mimosas ou La Chauvarie. Alain intervenait et me titillait pour rajouter tel élément, sur chaque thème.

 

Comment définissez-vous l’album ?

S. B. : C’est un CD simple de premier abord, avec beaucoup de recherches et d’expérimentations sonores, même si nous ne nous sommes pas lancés dans de grandes impros jazz. Nous nous sommes attachés à la rythmique et à la mélodie. Je tiens à préciser que le travail sur le son d’Étienne Touret est très réussi. Il a su maintenir une  proximité avec les instruments. Le percussionniste Sylvain Fabre a assuré la direction musicale. Il représente la troisième paire d’oreilles, il nous a dirigés pour poser les thèmes. C’est un album qui rassure et qui est fait de sensibilité. Les morceaux permettent de décliner les qualités de l’instrument. On peut dire que l’album s’est fait selon nos sensibilités, de manière efficace et naturel. Que du ressenti !

 

Quelles sont les autres formations ou projets dans lequelles vous jouez ?

S. B. : Il y a la formation Sloï qui propose un style vagabond, rempli de sensibilité et d’énergie, entre trad’, jazz, rock et musiques d’ailleurs. Notre sous-titre “Musiques du monde d’ici” permet des expériences et des croisements sans limites d’influence en profitant des saxophones, du violon et violoncelle, du chapman stick, des percussions, de la veuze, de la bombarde et des flûtes… Il nous arrive régulièrement de croiser le fer avec d’autres musiciens ou artistes, tels que Yannick Jaulin, Michel Faubert ou Adama Yalomba. Ces rencontres ainsi que les tournées à l’étranger nourrissent notre travail de création. Alain et moi jouons aussi en duo dans le cadre de ciné-concerts.

On tourne actuellement avec le chef-d’œuvre poétique “L’aurore” de Murnau dans le cadre d’un partenariat avec l’ADRC (1). Marc Perrone a ouvert la voie. L’accordéon se fond très bien dans cet univers.

C’est une très belle expérience, nous proposons une ambiance et disparaissons au profit du film. Il y a aussi un projet que je développe, entrecoupé de textes relatant mon parcours personnel. Car je suis né au Liban, et j’ai été adopté. J’ai envie de parler de cette idée de double culture, d’intégration, de droit du sang et droit du sol. Un spectacle moitié musique moitié texte coécrit par le conteur Yannick Jaulin, et je dis les textes. J’avais été bouleversé par le  spectacle “Forêt” de Wadji Mouawad (auteur et metteur en scène au Liban), auquel avait participé Yannick. Cette pièce traitait des origines et correspondait à mes propres questionnements. Quand j’ai raconté mon histoire à Yannick, qui ne la connaissait pas, de retour d’une tournée au Liban en mars dernier, nous nous sommes dit que nous pouvions créer quelque chose. Le spectacle s’appelle “Chemin de la belle étoile”, c’est le nom de la rue de la maison de mes parents et adresse où j’ai grandi en France. Il sera présenté en juillet 2009 au Festival d’Avignon. Toutes ces expériences sont menées dans le cadre des activités de la Compagnie des arts d’hier pour aujourd’hui (créée en 2003). Elles bénéficient du soutien de la DRAC (2) et de la région des Pays de la Loire, de la Sacem (3), de Cultures France…

En matière de diatonique, quelles sont vos références ?

S. B. : Hormis ma relation avec Thierry, deux personnes m’ont marqué. D’abord, Frédéric Paris pour sa sensibilité et son art de la composition. Ce musicien met en valeur la mélodie ou l’interprétation. Il a travaille sur les enregistrements de Gaston Guillemain (joueur de vielle de l'ancienne génération) et sur la musique de danse de sa région, le Bourbonnais, au sein du groupe La Chavannée. Il joue de la cornemuse, de l'accordéon diatonique et de la clarinette. Et aussi Riccardo Tesi pour son approche de la main gauche tout à fait remarquable. Il a expérimenté d’autres manières de jouer, très percussives. Je me souviens du duo Tesi /Vaillant (à la mandoline), il y avait une vraie complémentarité entre les deux instrumentistes, dans leur manière de croiser les sons. Ces deux musiciens m’ont donné envie de chercher, d’expérimenter et même de jouer tout simplement. 

Propos recueillis par Françoise Jallot.

le="font-size: larger;">Article par Françoise jallot/Accordéon & Accordéonistes N°83
 

Marcel Azzola et Lina Bossati - Nouvelle galette pour une belle histoire !

par Philippe Krümm





Dans l’histoire de l’accordéon, il y a souvent eu des duos. Mais celui que constituent l’accordéon de Marcel Azzola et le piano (ou l’alto) de Lina Bossati est unique. Unique par la qualité de la musique, arrangement et musicalité. Ce binôme est à lui seul un résumé de la belle histoire des musique populaire.

Un album vient de sortir : côté pile, Lina ; côté face, Marcel. Un disque avec tous les classiques, joués par les deux musiciens lors de leurs prestations scéniques. Des morceaux historiques allants d’Astor Piazzolla à Erik Satie, de Gérard Jouannest à Chopin, plus  quelques compositions signées et cosignées par Marcel Azzola avec entre autres Armand Lassagne ou Joë Rossi…Et la très surprenante reprise du “Temps des cerises”. Une deuxième galette (un DVD) enrichit l’édition de cette publication d’une interview des deux personnages, les rendant encore plus attachant.

Lina Bossatti et Marcel Azzola forment plus que jamais le duo accordéon & piano/violon qui provoque à chaque fois qu’il se produit un véritable engouement sur le public. Après un grand concert le 24 novembre 2008 à l’Alhambra (Paris) pour l’anniversaire de Marcel, un CD/DVD vient de voir le jour regroupant une grande partie du répertoire de ces musiciens hors normes.




Azzola Bossati –Lina & Marcel
Musique et Mouvement



À consulter : vidéos et interviews de Marcel Azzola dans ce blog (pour l’histoire)

Marcel Azzola & Lina Bossatti
Par amour de la musique
. Rencontre tranquille, à la maison, avec des historiques de l’histoire de la musique française.


Quand le duo s’est-il formé ?
Marcel Azzola : La première fois, ça ne pouvait être qu’après les années de bals. Lina et son mari Denis Tuvéri étaient déjà dans l’orchestre. J’avais eu besoin d’un orchestre plus attractif. Il fallait une chanteuse. Comme Lina chantait à L’Ange Rouge, à Pigalle, avec Denis. Le batteur de l’orchestre avait joué avec Lina dans tous les grands dancings parisiens. Il m’avait dit : « Je connais quelqu’un qui sait chanter et qui joue aussi du piano et du violon. » Je suis allé l’écouter et nous avons commencé à jouer ensemble.

Quel répertoire jouiez-vous à L’Ange Rouge ?
Lina Bossatti : De la danse traditionnelle. C’était de la musique populaire du tango, du typique, etc.

Or vous, Lina, vous veniez de la musique classique ?
L. B. : Oui.

Donc vous vous êtes retrouvée dans la musique populaire grâce à votre mari Denis ?
L. B. : J’ai eu envie de m’encanailler, à une certaine période de ma vie.

Grâce à Denis ?
L. B. : Je m’amusais avant à faire de petites prestations comme cela en banlieue — je suis de la banlieue sud. Et un jour, un musicien me dit : « Tiens, si ça t’intéresse, on cherche un ou une pianiste à la Croix de Malte à Paris. » À l’époque, j’étais sous tutelle de mes parents, donc Paris il n’en était pas question. Et puis ça ne faisait pas sérieux, une brasserie… Mais j’ai tellement insisté qu’au final, mes parents ont cédé. Et voilà, j’ai débuté à la Croix de Malte. J’ai passé une audition, c’était Denis qui avait l’affaire.

C’est vrai que la Croix de Malte était le haut lieu où tous les accordéonistes ont joué…
L. B. : C’était boulevard de Strasbourg. J’y ai pensé l’autre jour quand on a joué au Sunside (rue des Lombards, NDLR). Car le tabouret de piano était fixé presque à l’extérieur de la scène. Et à la Croix de Malte, ils avaient rajouté une grande planche parce que la chaise ne tenait pas sur le podium. Les deux pieds de la chaise étaient dans le vide, d’une certaine façon.

Lina Bossati fait ses gammes

Quand vous commencez à jouer en duo, quel était le répertoire ?
L. B. : Des pièces d’André Astier. Mais déjà dans le bal, Marcel organisait de petits intermèdes. C’est ce qui a donné l’idée du duo.
M. A. : Ça ne plaisait pas à tous les clients. Ils voulaient danser et n’en avaient rien à faire de l’attraction. Seulement, c’était l’occasion de se faire entendre, de se faire plaisir. Comme on faisait à la Salle Wagram ou à la Mutualité, il y a eu Charles Aznavour, Philippe Clay, tous ces chanteurs d’une certaine époque qui passaient là en attraction. À Wagram, ça gueulait parfois dans le public. Parce que le chanteur ou la chanteuse ne faisait pas danser.

Donc vous faisiez une attraction qui durait dix ou quinze minutes. Et là, vous jouiez quoi ?
L. B. : Des titres comme Caprice mazurka, Formule 1, Feu de joie, etc.
M. A. : C’était des morceaux très “accordéonesques”, si je puis dire, car ils étaient signés André Astier, Joss Baselli, Joë Rossi, déjà mes complices de l’Académie d’accordéon.
L. B. : C’est ce qui a donné l’idée à Marcel lorsqu’il a été obligé d’abandonner l’orchestre pour des raisons professionnelles de continuer en duo. Alors on a élargi et agrémenté le répertoire.

Comment choisissiez-vous ce répertoire ?
M. A. : Ce n’était pas facile. Il y a eu plein d’idées mais des choses déjà toutes faites, soit pour les pianistes, soit pour les violonistes. Et pour les accordéonistes, il y avait déjà des interprètes de par le monde, des concertistes — et j’en connais bon nombre d’entre eux — qui jouent remarquablement ces pièces-là. Je ne voyais pas pourquoi on aurait été dans ce créneau alors qu’il était déjà plus que fourni. Ce n’était pas la peine de leur faire de la concurrence. Lina a ses chances, car elle peut le faire, avec ses études et aussi ses qualités. Mais moi, il n’était pas question que je fasse un concours avec tous les concertistes, surtout d’aujourd’hui. En plus, je les connais presque tous et je suis admiratif face à eux.

Oui mais ce qui fait la force de votre duo, c’est votre personnalité et votre histoire. On ne vient pas voir des “performers” qui jouent dix mille notes à la minute. On vient voir toute une histoire musicale.
M. A. : Mais c’est vrai que c’était difficile de trouver un répertoire qui s’adapte bien et qui surtout nous donne envie de jouer.

Parfois, Lina, dans le duo, vous interprétez quelques pièces au violon pour dialoguer avec l’accordéon ?
L. B. : Oui.
M. A. : En ce moment, on change. Elle prend l’alto car elle fait partie de l’orchestre de la Sorbonne, l’orchestre du lycée Louis Legrand avec tous ces jeunes qui sont des phénomènes. Elle est heureuse de jouer une musique qu’elle n’a pas joué autrefois : des symphonies, Brahms, Mozart, etc.

Et puis l’alto, c’est un instrument qui a une place spéciale au sein d’un orchestre, à la fois présent et en retrait ?
L. B. : Oui. On dit toujours que lorsqu’on a joué du violon, on peut jouer de l’alto. C’est complètement faux. Ça n’a rien à voir : le poids et l’emplacement de l’instrument, etc.

Des musiciens ont-ils écrit des morceaux pour vous ?
M. A. : Évidemment. Martial Solal nous a bien encouragés avec sa Piécette pour duo. Dans cette Piécette, il y a des plages d’improvisation. Mais je dois dire qu’avec Martial, on a intérêt à la préparer, son improvisation (rires). C’est ce que j’appelle une “impro préparée”.

Justement, parlons impro. Marcel, vous êtes connu comme improvisateur. Vous avez la réputation de partir de quatre pauvres notes d’une chanson et de la magnifier. Dans votre duo, l’impro est-elle toujours présente ou bien tout est écrit avec précision ?
M. A. : Lina et moi, nous avons tous les deux des plages d’improvisation. Lina, soit elle les prépare, soit elle improvise. Elle sait improviser, sauf qu’elle est encore très timide sur ce plan-là alors qu’elle sait le faire.
L. B. : J’aime mieux préparer.

Ça ne doit pas être facile d’improviser avec un “ogre” musical comme Marcel ?
L. B. : Ah ah ah ah !
M. A. : Si, si, elle sait le faire. Simplement, elle n’ose pas. Car quand on a dans l’optique et dans l’oreille des musiciens comme Martial Solal, Art Tatum ou Oscar Peterson.

Ah oui, c’est quoi vos références pianistiques jazz, Lina ?
L. B. : Les noms que Marcel vient de citer.

Cela vous plaît, Thelonious Monk, Keith Jarrett ?
L. B. : Ah oui, c’est pas mal du tout (rires). Ce sont des génies.

Lina, avec Marcel, ce ne doit pas être facile. Car la renommée de Marcel, c’est d’avoir une idée musicale à la minute.
M. A. : J’ai beaucoup mélangé les styles. Quand je joue avec des groupes de spécialistes, avec le guitariste Christian Escoudé, avec le violoniste Didier Lockwood, je dois m’accrocher pour rester dans une ou plusieurs couleurs. Ce sont vraiment des spécialistes, ce que je ne me sens pas être.

Votre duo n’est pas jazz, classique, variété. C’est cela aussi qui fait son originalité. Quand vous partez d’un morceau, vous écrivez tout ? Comment harmonisez-vous et arrangez-vous car tout n’a pas été écrit pour accordéon et piano ?
M. A. : On fait des agencements, « on va faire comme ci, comme ça ». Lina préfère travailler avec sa mémoire.

Quand vous travaillez un morceau, vous jouez ensemble pendant une heure en cherchant des arrangements ?
M. A. : Il faut déjà avoir une idée de ce que l’on veut.

Comment mettez-vous votre touche personnelle sur les morceaux ?
L. B. : Je trouve des sons, des idées, Marcel me dit « tiens, ça, c’est bien ».
M. A. : C’est un partage.

Quel est le dernier morceau que vous ayez mis à votre répertoire ?
M. A. : Le temps des cerises.

Pourquoi ce titre car c’est un morceau historique, un peu décalé ?
M. A. : Oui mais en même temps, c’est une pièce de Jean-Baptiste Clément, un sérieux poète, plutôt à tendance symboliste. Cela vient d’un peu loin : j’ai accompagné Juliette Gréco, j’ai fait le tour du monde plusieurs fois avec elle en tant qu’accordéoniste. Elle terminait toujours — c’est d’ailleurs encore le cas — ses récitals avec Le temps des cerises en duo avec son pianiste Gérard Jouannest. Ça m’a toujours marqué et frappé, j’écoutais à chaque fois avec attention le texte. C’est l’une des plus belles chansons françaises. Je me suis dit : « Tiens, voilà une idée pour le duo avec Lina. »


Marcel Azzola, chez lui , jouant du cecilium. L'incroyable instrument à anche libre inventé par de Gromard à EU (France).

Dans votre album, il y a une pièce de Chopin, une autre d’Erik Satie…
M. A. : Alors c’est encore autre chose. C’est en faisant un enregistrement du quartet avec Didier Lockwood. L’arrangeur, Dimitri Naïditch, a carrément destructuré certaines pièces. Je crois qu’avec le quatuor, on joue aussi un morceau de Debussy. Là, cette valse en la bémol de Chopin intitulée La valse de l’adieu, il en a fait une pièce à chorus.
L. B. : Ça m’a beaucoup plu.
M. A. : Lina commence par le vrai Chopin. Puis légèrement, on amène la déstructuration harmonique. C’est du Picasso, même si cela paraît stupide de faire des comparaisons. C’est ça, la déstructuration. On sait qu’il s’est choisi des phares dans la sculpture, la musique et surtout la peinture. Et puis, partant d’une idée d’autres génies, Picasso déstructurait. C’est amusant de le faire, même pour Chopin, si ça ne dérange pas trop les puristes. Ça, cela doit les déranger un peu.
L. B. : Oh, tant pis.
M. A. : Oui, tant pis. Et nous, ça nous amuse. Chopin n’est pas là pour nous engueuler. Et peut-être que ça lui aurait plu aussi. Il aurait très bien compris. Quand à notre version du Temps des cerises, il n’y a pas eu de destructuration. C’est une adaptation de Jean-Pierre Chalet, un jeune pianiste qui a été président du Jazz club d’Orléans. On l’a eu comme élève avec Joë Rossi. Il avait lâché l’accordéon car le répertoire ne lui convenait pas. Ce qui n’empêche pas qu’il ait à son tour fait lui aussi travailler des accordéonistes. Car il est arrivé à un certain niveau d’accordéon intéressant. Il aime toujours ça. Il a eu comme élèves des jeunes accordéonistes aujourd’hui connus, qui ont participé à son groupe. Enfin, bref, il est formidable. Jean-Pierre a écrit aussi pour nous Pulsions sur le dernier disque. Alors, Pulsions, je ne sais pas, les lecteurs d’Accordéon & accordéonistes en penseront ce qu’ils veulent, avec leurs oreilles. Pour nous, c’est une pièce à la fois bizarroïde et formidablement bien construite. C’est vraiment de la musique.

Y a-t-il des difficultés pour caler un accordéon et un piano ? Concernant les attaques, pour démarrer un titre, etc.
L. B. : Il faut que le pianiste ait le sens de l’accompagnement. Il ne faut pas seulement être pianiste.

En concert, Lina, vous utilisez très peu de partitions…
L. B. : Je ne sais pas lire la musique (rires). Mais Marcel met sa musique pour prouver qu’il sait la lire (rires).
M. A. : Je mets les partitions surtout pour les titres. Vous avez oublié une chose : autrefois, dans un studio de radio ou sur scène, on se pointait avec un accordéon pour jouer avec un piano, mais on oubliait l’accordage. Et les accordéons, il y a eu une époque où ils étaient accordés à 445.

Justement, vous êtes à combien maintenant ?
M. A. : 441, car je peux jouer avec les 440 et les 442. Et autrefois, on ne pensait pas à l’accord de l’accordéon. Je me demande si Émile Vacher, quand il jouait avec ses pianistes, pensait à l’accordage. À mon avis, oui. En plus, ses accordéons avaient une sonorité étincelante. Il avait exactement le même son que Médard Ferrero.

Le 24 novembre dernier à l’Alhambra pendant presque deux heures, on a pu vous admirer avec plein d’invités sur scène. Ce nouveau CD est-il le résumé de cette grande soirée ?
M. A. : Il y a des morceaux en plus. C’est un programme qu’on a choisi avec des œuvres récentes et d’autres plus anciennes. Tous les titres qui sont sur ce disque nous plaisent. Même quand il y a l’hommage à Brel.

Oui, ça, c’était obligé. Et pourquoi Lina ne fait-elle pas un hommage à Bourvil ?
L. B. : Je l’ai accompagné, en plus.

C’est pour cela que je dis ça.
L. B. : D’autant qu’il jouait de l’accordéon. Mais on y pense. Je ne comprends pas que cela n’ait pas été encore fait d’ailleurs, un hommage à Bourvil. Nous, on pourrait faire un arrangement sur Ballade irlandaise (Un oranger) car c’est une chanson française. De plus en plus, je préfère rester dans cette mouvance française. Il y a des trésors magnifiques.

Comment voyez-vous l’avenir de votre duo ? Combien de morceaux avez-vous au répertoire ?
M. A. : On en a abandonné quelques-uns.

En concert, vous jouez toujours les mêmes morceaux dans le même ordre ?
M. A. : Jamais. C’est ce qui désole un peu Lina.
L. B. : Oui, j’ai besoin de ma feuille de route. Et comme Marcel change tout le temps l’ordre…

Ah, le patron est fluctuant. Lina, quels sont vos airs préférés dans le répertoire du duo ?
L. B. : La diablesse et Le temps des cerises. Et la Valse de Chopin.
M. A. : J’aime bien Take Back et Made In Valse, un titre composé avec Armand Lassagne, un merveilleux musicien. Mais dans le répertoire, tout nous plaît. Quand on joue un morceau, c’est qu’il nous plaît. Même si parfois il y a des virages dangereux.
L. B. : C’est curieux parce qu’on ne s’en lasse pas.

Et puis chaque interprétation est toujours un peu différente ?
L. B. : Ce n’est jamais la même chose.

Au moins, l’accordéoniste a un avantage : il arrive dans la salle avec son propre instrument. Vous, en tant que pianiste, vous découvrez le piano sur lequel vous allez jouer le soir même. Et vous ne devez pas toujours avoir les plus beaux pianos de la planète à votre disposition ?
L. B. : Non. C’est ce qui fait aussi que c’est toujours différent. Et puis cela dépend aussi de notre état personnel, on n’a pas toujours la même forme physique d’un jour à l’autre.

Pour bien jouer, Lina, vous avez besoin d’un piano à queue ?
L. B. : Un piano quart de queue me va déjà bien.

Ça doit faire plaisir d’avoir un bel instrument, bien réglé ?
L. B. : Ah oui, bien sûr !
M. A. : Moi, j’arrive en concert avec mon accordéon, mais ce n’est pas toujours la même scène, ni la même chaise.

Marcel, vous avez une belle réputation de “conteur” sur scène. Vous parlez beaucoup au public. Vous avez tellement de jolies anecdotes sur les légendes de la musique (Brel, Barbara, etc.), les spectateurs ont envie d’en entendre. Vous le savez quand même ?
M.A. : Ah bon !
L. B. : Ça fait partie du personnage ! (rires)
Propos recueillis par Philippe Krümm.

La photo du lundi. La Mongolie joue piano.

par Philippe Krümm

 

Elles venaient de Mongolie, de la capitale Ulan Bator, pour participer à un des plus grands concours d'accordéon classique à Shangaï. Elles étaient mes preferées entre les dizaines de participants dans toutes les catégories. Beaucoup de jeunes filles. Un jury implacable. De beaux souvenirs. De la gentillesse et de la musique.

(les accordeons sont de marque chinoise. D'une petite fabrique à Shangaï de marque Goldencup)

la pièce ou sont montés les sommiers dans la petite fabrique d' accordéons goldencup à Shangaï.

Photo du Lundi....Madagascar ! On pense à toi ...

par Philippe Krümm

Pour ce lundi, un portrait tout en sourires de l'accordéoniste, violoniste, Donné et de Rajery chanteur, joueur de vali... En 2005 à Tananarive  .

Pour ne pas oublier qu'à Madagascar l'avenir est sombre.

Espérons que les "chefs" pensent un peu plus au peuple qu'à leurs intérêts...

Et un "Jâse" de plus

par Philippe Krümm

Laurent Jarry, le "maître" de la boite d'accordéon à Montreuil, nous fait passer ce beau Jâse-man...Afin de complèter la collection...N'hesitez pas à nous transmettre des photos, des infos... Tout sur les jâses...

Le swing souffre !

par Philippe Krümm

La plus belle pensée possible pour l’ami Patrick Saussois qui depuis quelques jours est dans le coma après un grave AVC… Nous avions fait la couverture d’accordéon et accordéonistes du mois de mars sur 4 personnages du swing . Évidement Saussois en était…Car sa brillante carrière comme guitariste au service du jazz et de la musique manouche souvent auprès d’accordéonistes en faisait un incontournable du swing . Que dire de plus ! On pense à lui et à ses proches…On t’attend Patrick…

1 2 >>

Pour que l'aventure Mondomix continue, partagez-la encore plus avec nous.

Soutenez Mondomix