Archives pour: Mars 2009, 24
Yann- Fañch Perroches
par Philippe Krümm
Yann-Fañch ne cesse d’ouvrir le soufflet et de mêler les différentes formes d’expressions, sous un angle de plus en plus ouvert.
Le parcours de Yann-Fañch Perroches est gorgé de musique bretonne. Il a joué dans des groupes comme Skolvan, en duo avec Stéphane Morvan (flûte traversière en bois), en trio avec Chouk (avec Roland Conq ou Hélène Brunet). Il a réalisé quelques albums, dont le remarquable “Daou ha Daou” (en 2000) avec le violoniste Fanch Landreau. Il a été professeur au Conservatoire régional de musique et danses traditionnelles de Bretagne, ainsi qu’à l'école nationale de musique de Lorient. Cet artiste complet, animateur aussi de stages d'accordéon diatonique et de musique traditionnelle s’est lancé depuis peu dans une nouvelle aventure, personnelle et singulière, en solo.
Yann-Fañch a décidé de retrouver ses amours enfouies, ses désirs de solitude musicale. De partir et de laisser couler ses doigts sur d’autres rythmes. « Depuis longtemps déjà, ces idées me trottaient dans la tête. » Yann-Fañch avait d’autres inspirations que celles de faire danser. Le musicien n’a pas abandonné pour autant son amour des musiques traditionnelles, mais il navigue au gré de tous les vents. Pendant plus de vingt ans, Yann-Fañch a beaucoup tourné et joué de la musique traditionnelle bretonne. Le temps lui manquait pour exploiter d’autres horizons. Il fallait aussi se dégager d’une étiquette de musicien trad’, s’éloigner de ce côté “roots” pour des envolées jazz, rock et autres mouvements contemporains. « J’avais envie d’exploiter toutes ces compositions qui dormaient au fond des tiroirs et de les mettre sur un disque. Je voulais me retrouver seul après tant d’années à jouer en groupe, et faire aussi un concert solo. » Une prise de risque qui lui tenait à cœur.
Yann-Fañch s’est lancé à brûle-pourpoint dans cette expérience. Il a réalisé avec brio un album singulier (paru en octobre 2008) qui se laisse écouter avec parfois beaucoup de nostalgie, comme cette Waltz For Kay. Des étonnantes envolées comme Bourrées bourrées à la douce mélodie de Menejou-Aojou, d’un thème traditionnel au contemporain, le talent est ici au service de la musique. Il ne s’agit pas de démonstration de virtuose dépourvu de sentiment. L’album coule à flots de mélancolie, de joie et de tristesse. « Je veux que cela soit écouté par tout le monde. C’est de la musique avant tout, et non une démonstration instrumentale. Cet album est le fruit de multiples influences qui ont parsemé mon parcours. Un titre est inspiré de Astor Piazzolla, un compositeur que j’aime énormément. Un autre morceau sonne très anglo-saxon car j’ai vécu pas mal d’années en Angleterre. C’est l’alchimie de toutes les musiques que j’écoute, mes expériences, des phases de ma vie… »
La particularité de Yann, c’est aussi sa curiosité, sa volonté d’aller toujours plus loin dans l’exploration. Des projets, il en a plein la tête, avec une danseuse de claquettes Patricia Blot, en trio avec un violoncelle et une guitare. « L’originalité, c’est d’accompagner de la danse contemporaine au diato, ce qui est beaucoup plus rare. C’est donc une expérience très enrichissante. » Et puis des tentatives plus expérimentales intégrant des plasticiens, des peintres. « J’aimerais mener tous les arts, faire une sorte de happening.
Françoise Jallot
Album “Accordéon diatonique” de Yann- Fañch Perroches (Cinq Planètes/L’Autre Distribution).
Alain Pennec et Sébastien Bertrand - Diatoniques complices !
par Philippe Krümm
Regards croisés entre deux artistes. Deux accordéonistes, Alain Pennec et Sébastien Bertrand, allient leurs talents pour un duo magique et diatonique. Ils viennent de sortir un album, “Réunions de chantier”.

Alain Pennec, quel est votre parcours musical ?
Alain Pennec : J’ai commencé ma carrière de musicien par l’apprentissage de la bombarde et de la cornemuse à l’âge de 10 ans. Le diatonique est venu beaucoup plus tard, à 24 ans. Il faut avouer que dans ma jeunesse, je n’étais pas du tout attiré par l’accordéon. En tant que militant breton, tout ce qui touchait à cet instrument et au monde du musette avec ses paillettes me semblait alors fort éloigné de mes préoccupations.

Quel a été le déclic du diatonique ?
A. P. : C’est grâce à Marc Perrone. C’était je crois, en 1979. Il m’a fait découvrir différemment l’accordéon. C’est lui qui m’a vraiment donné le goût du diato. Puis un jour, j’ai eu entre les mains ce fameux instrument (un vieux Hohner 2915). Là, le virus ne m’a plus quitté. Je me suis mis à écouter avec une grande attention la musique de Marc. Je cherchais à comprendre son jeu, sa technique. J’essayais de retranscrire ce que je savais faire en musique bretonne sur cet instrument. Et je me suis vite rendu compte qu’il était très riche en possibilités et en musicalité. Je me suis aussi intéressé à d’autres musiciens irlandais et anglais comme Mairtin O'Connor et John Kirkpatrick qui m’ont beaucoup influencé par la suite. À cette époque, s’est créé le groupe Tammles avec lequel j’ai tourné en fest-noz pendant dix ans.

Puis vous menez des expériences très différentes en solo, en accompagnement, en duo ou quartet. Des aventures Toujours plus éclectiques les unes que les autres…
A. P. : Il y a eu les duos avec le guitariste Soïg Sibéril, la conteuse Gigi Bigot, le chanteur Roland Brou, Youenn Landreau (joueur de chapman stick) ; les groupes Quatre Jean (rock celtique), Hirio, Roquio (chants des ports de Nantes et Saint-Nazaire. Depuis quelques années, j’accompagne Denez Prigent, une star de la musique celte au timbre et à la puissance vocale hors du commun où là, le travail musical est plus écrit. Des expériences très enrichissantes où mon travail au diatonique a été très varié.
Et maintenant ?
A. P. : Je fais partie de Sloï (qui signifie “Soleil” en parler du marais breton vendéen) avec Sébastien Bertrand (diatonique), Thierry Moreau (violoncelle, violon), Sylvain Favre (percussions), Youenn Landreau (chapman-stick), Stéphane Atrous (saxophone). C’est une formation un peu particulière puisqu’il s’agit du répertoire de musiques maraîchines. Pour Sloï, je suis revenu à la bombarde, aux flûtes et à la veuze. Il y a aussi le Alain Pennec Quartet avec Aurore Bréger (harpe celtique), Youenn Landreau (chapman-stick), Stéphane Barbier (percussions) et moi-même à l’accordéon et aux flûtes. C’est un répertoire original tiré soit de l’univers celtique traditionnel revisité au niveau harmonique et rythmique, soit de compositions imprégnées du vécu musical de chaque musicien. Un nouveau spectacle vient d’être créé. Et il y a bien sûr le duo avec l’accordéoniste Sébastien Bertrand. Un partage, une communion, une conversation entre deux diatoniques.
Vous avez participé à la renaissance de la musique traditionnelle bretonne grâce à des répertoires évoluant du folk traditionnel vers des interprétations plus électriques puis électroniques avant de revenir à des musiques bien plus acoustiques.
A. P. : Il est vrai que j’ai vécu beaucoup d’expériences musicales depuis trente ans (même le diatonique MIDI). J’ai eu la chance d’avoir pu voyager grâce à la musique et, ainsi, de rencontrer et d’échanger avec de nombreux musiciens. Cependant, les phénomènes de mode en musique ne m’ont jamais intéressé. Et surtout, je n’ai jamais voulu joué certaines musiques même si je les aime beaucoup — le cajun et le blues, par exemple — de peur de les dénaturer.
Vous aimez le diatonique pour sa simplicité et sa vivacité tout en y apportant une touche nouvelle…
A. P. : En effet, j’aime le diatonique dans sa simplicité. Je joue sur un modèle 3 rangs 12 basses. Le jeu du soufflet tient un grand rôle, je revendique à fond le pousser-tirer. Je tente d’exploiter au mieux l’aspect bisonore de l’instrument, tout cela avec un jeu de main gauche rythmique et harmonique un peu sauvage.
Dans l’album “Réunions de chantier” du Duo Pennec Bertrand, vous réalisez tous les deux un remarquable échange entre deux diatos. Quelle est la dimension musicale, l’intensité de ce duo ?
A. P. : Il y a tout d’abord une grande complicité. Nous nous fréquentons depuis plus de dix ans. Je connaissais le Duo Bertrand qui participait au renouveau des musiques traditionnelles du marais breton vendéen avec Thierry (à la veuze et au hautbois) et Sébastien (à l’accordéon). Ce dernier m’avait invité dans le cadre de la création “Carte blanche” réalisée pour le festival de Saint-Chartier en 2001. Depuis, nous avons travaillé de plus en plus régulièrement ensemble. Le CD que nous avons enregistré en avril 2008 est la concrétisation de ce travail effectué sous forme de “Réunions de chantier”. Nous avons beaucoup joué, cherché de belles mélodies, confronté nos techniques instrumentales, distribué nos rôles dans chaque morceau sur un répertoire maraichin et breton traditionnel ou composé (en grande partie par Sébastien). L’enregistrement a été réalisé dans des conditions de live sans re-recording par Étienne Touret. Sylvain Fabre assurait la direction musicale. Notre technique de jeu est très différente à la base. Pour ma part, je travaille beaucoup sur les ornementations à la main droite, alors que Sébastien travaille sur un doigté très fluide de la main droite. Une main droite un peu italienne à la Riccardo Tesi, avec des fioritures, des modulations très intéressantes. Il a aussi conçu une technique d’accompagnement très personnelle à la main gauche qu’il a développée lorsqu’il jouait avec son oncle. Quant à moi, je travaille sur des passages de basses à la manière des Anglais comme John Kirkpatrick. Ce qui nous réunit le plus, c’est notre vision de cet instrument bisonore, doté de multiples possibilités, au service de belles mélodies simples. Nul besoin de rajouter des notes et des touches pour le faire ressembler à un chromatique.
Quelles sont vos références ?
A. P. : Il y a eu d’abord le milieu folklorique où j’ai fait mes premiers apprentissages en musique et danses traditionnelles, comme Sébastien. Ensuite, le collectage m’a amené à m’intéresser aux chanteurs et musiciens traditionnels qui sont devenus par là-même mes premiers référents.

Et en matière de diatonique ?
A. P. : Entre autres Marc Perrone, John Kirkpatrick, Raynald Ouellet, Riccardo Tesi, Mairtin o’Connor. Dans les plus jeunes, j’apprécie Mériadec Gouriou et sa démarche très sauvage.
Qu’écoutez-vous en dehors du diato ?
A. P. : En ce moment, je me passe beaucoup les albums de Tom Waits dont je suis un grand fan pour les textes, la musique, l’homme et l’acteur. J’aime son univers glauque et très éclaté. Autrement, j’écoute de tout. Ce qui ne signifie pas que j’aime tout !
Vous êtes aussi éditeur ?
A. P. : J’ai réalisé une méthode “CD à l’accordéon diatonique” (parue aux Éditions Paul Beuscher) et quelques recueils de tablatures avec CD aux Éditions Alain Pennec. Je propose aussi des méthodes d’apprentissage et des recueils liées aux différents instruments de la musique celtique.
Avez-vous d’autres rêves ?
A. P. : Faire partager au plus large public possible ma passion pour la musique et l’accordéon diatonique.
Sébastien Bertrand, avez-vous toujours baigné dans un environnement de musiques traditionnelles ?
Sébastien Bertrand : J’ai grandi dans une famille pour laquelle la musique traditionnelle est au cœur des préoccupations. Depuis les années 1970, mon père Jean-Pierre Bertrand a fait du collectage et enregistré les anciens dans la région du Marais breton vendéen. Il a aussi monté un groupe folklorique, Tap Dou Paï, inscrit dans la mouvance du renouveau des musiques traditionnelles. Mon oncle Thierry, très imprégné par toutes ces musiques traditionnelles, m’a montré la voie en jouant de la veuze (cornemuse du Marais breton vendéen). J’ai donc baigné dans cette atmosphère, tout en commençant par la danse. Il y avait un diato qui traînait dans la maison parmi d’autres instruments. Je l’ai pris et l’ai alors utilisé un peu comme un jouet. Vers l’âge de 7 ans, dans les années 1980, j’ai participé comme bien d’autres gamins du coin à des après-midi de sensibilisation à la musique traditionnelle. L’aventure a commencé ainsi.
Le Duo Bertrand est une expérience très importante dans la mesure où vous avez adapté de manière très personnelle l’instrument selon les besoins de ce duo avec votre oncle Thierry…
S. B. : Après ces stages de sensibilisation, il y a eu des ateliers réguliers de pratique de l’instrument pour faire danser en costumes. Et les saisons d’été au cours desquelles, avec Thierry, nous avons voulu asseoir notre duo, ce qui donna lieu par la suite à un premier disque en 1993. Dès le départ du Duo Bertrand, nous nous sommes rattachés au répertoire du lieu ou nous vivons, le Marais breton vendéen. La richesse des danses nous a obligés à chercher et trouver une rythmique de main gauche en corrélation avec la danse. D’autre part, la veuze est un instrument à bourdon, il fallait donc que je puisse adapter le diato. C’était une sorte de contrainte d’avoir le bourdon en permanence, il fallait que je parvienne à me caler sur cette note continue. J’ai donc effectué quelques modifications au niveau de la main gauche pour obtenir cette dimension du bourdon qui me permette de suivre et de m’allier à l’autre instrument. Avec mon diatonique 12 basses — les 4 basses supérieures sont ainsi quasi en répétition des bourdons utilisés par la veuze de Thierry — il n’y a aucune modification importante sur l’instrument de base, juste quelques modifications pour mieux m’adapter à l’instrument à bourdon. Aujourd’hui, Thierry se consacre de plus en plus à la musique ancienne et à la lutherie. Et moi à mes projets personnels, à Sloï, et au duo avec Alain Pennec.
C’est pourquoi Alain parle de la particularité de votre main gauche…
S. B. : Cela a développé en effet un jeu particulier, très personnel. J’ai aussi beaucoup travaillé sur la rythmique.
Comment s’est faite la rencontre avec Alain ?
S. B. : Je l’ai toujours connu, Alain faisait partie des gens que j’admirais quand j’étais petit. J’allais l’écouter lors des fest-noz. Mais notre vraie rencontre s’est faite au festival de Saint Chartier, où nous avions fait un bœuf ensemble. Puis il y a eu l’expérience 2001 dans le cadre d’une “Carte blanche” donnée au Duo Bertrand, où Alain est venu jouer en tant qu’invité. Ensuite, lors du festival de Tadoussac au Quebec, nous avons avec Alain commis notre première tournée en duo d’accordéons. Puis Alain est venu remplacer Thierry dans la formation Duo Bertrand en Cie devenue Sloï, pour une tournée en Inde. Toutes ces tournées à l’étranger ont jalonné nos rapprochements. Peu à peu, nous avons eu envie de mettre en œuvre nos points de vue, notre travail mutuel, de croiser nos jeux différents et d’affirmer la création de ce duo.
Le duo diatonique fonctionne bien à cause de vos différences, vos complémentarités. Vos tirer-pousser se répondent a merveille…
S. B. : Tout d’abord, le duo s’est fait grâce à une vraie amitié, une profonde complicité. Il existe une complémentarité entre les deux instruments, car nous ne jouons pas du tout de la même manière. Un exemple : sur un même morceau, Alain peut très bien le développer en poussant, et moi en revanche en tirant. C’est-à-dire que nous jouons de manière inversée, ce qui a généré des harmonisations complètement différentes. Là est la richesse du duo. Comme j’ai une certaine habitude des accompagnements, c’est donc plus souvent Alain qui a mené la mélodie. Pour ce qui concerne les compostions, comme je suis un impulsif, j’ai créé la plupart des titres en fonction des lieux où l’on a travaillé ensemble et qui m’ont inspiré, comme la Marche des mimosas ou La Chauvarie. Alain intervenait et me titillait pour rajouter tel élément, sur chaque thème.
Comment définissez-vous l’album ?
S. B. : C’est un CD simple de premier abord, avec beaucoup de recherches et d’expérimentations sonores, même si nous ne nous sommes pas lancés dans de grandes impros jazz. Nous nous sommes attachés à la rythmique et à la mélodie. Je tiens à préciser que le travail sur le son d’Étienne Touret est très réussi. Il a su maintenir une proximité avec les instruments. Le percussionniste Sylvain Fabre a assuré la direction musicale. Il représente la troisième paire d’oreilles, il nous a dirigés pour poser les thèmes. C’est un album qui rassure et qui est fait de sensibilité. Les morceaux permettent de décliner les qualités de l’instrument. On peut dire que l’album s’est fait selon nos sensibilités, de manière efficace et naturel. Que du ressenti !
Quelles sont les autres formations ou projets dans lequelles vous jouez ?
S. B. : Il y a la formation Sloï qui propose un style vagabond, rempli de sensibilité et d’énergie, entre trad’, jazz, rock et musiques d’ailleurs. Notre sous-titre “Musiques du monde d’ici” permet des expériences et des croisements sans limites d’influence en profitant des saxophones, du violon et violoncelle, du chapman stick, des percussions, de la veuze, de la bombarde et des flûtes… Il nous arrive régulièrement de croiser le fer avec d’autres musiciens ou artistes, tels que Yannick Jaulin, Michel Faubert ou Adama Yalomba. Ces rencontres ainsi que les tournées à l’étranger nourrissent notre travail de création. Alain et moi jouons aussi en duo dans le cadre de ciné-concerts.
On tourne actuellement avec le chef-d’œuvre poétique “L’aurore” de Murnau dans le cadre d’un partenariat avec l’ADRC (1). Marc Perrone a ouvert la voie. L’accordéon se fond très bien dans cet univers.
C’est une très belle expérience, nous proposons une ambiance et disparaissons au profit du film. Il y a aussi un projet que je développe, entrecoupé de textes relatant mon parcours personnel. Car je suis né au Liban, et j’ai été adopté. J’ai envie de parler de cette idée de double culture, d’intégration, de droit du sang et droit du sol. Un spectacle moitié musique moitié texte coécrit par le conteur Yannick Jaulin, et je dis les textes. J’avais été bouleversé par le spectacle “Forêt” de Wadji Mouawad (auteur et metteur en scène au Liban), auquel avait participé Yannick. Cette pièce traitait des origines et correspondait à mes propres questionnements. Quand j’ai raconté mon histoire à Yannick, qui ne la connaissait pas, de retour d’une tournée au Liban en mars dernier, nous nous sommes dit que nous pouvions créer quelque chose. Le spectacle s’appelle “Chemin de la belle étoile”, c’est le nom de la rue de la maison de mes parents et adresse où j’ai grandi en France. Il sera présenté en juillet 2009 au Festival d’Avignon. Toutes ces expériences sont menées dans le cadre des activités de la Compagnie des arts d’hier pour aujourd’hui (créée en 2003). Elles bénéficient du soutien de la DRAC (2) et de la région des Pays de la Loire, de la Sacem (3), de Cultures France…

En matière de diatonique, quelles sont vos références ?
S. B. : Hormis ma relation avec Thierry, deux personnes m’ont marqué. D’abord, Frédéric Paris pour sa sensibilité et son art de la composition. Ce musicien met en valeur la mélodie ou l’interprétation. Il a travaille sur les enregistrements de Gaston Guillemain (joueur de vielle de l'ancienne génération) et sur la musique de danse de sa région, le Bourbonnais, au sein du groupe La Chavannée. Il joue de la cornemuse, de l'accordéon diatonique et de la clarinette. Et aussi Riccardo Tesi pour son approche de la main gauche tout à fait remarquable. Il a expérimenté d’autres manières de jouer, très percussives. Je me souviens du duo Tesi /Vaillant (à la mandoline), il y avait une vraie complémentarité entre les deux instrumentistes, dans leur manière de croiser les sons. Ces deux musiciens m’ont donné envie de chercher, d’expérimenter et même de jouer tout simplement.
Propos recueillis par Françoise Jallot.
le="font-size: larger;">Article par Françoise jallot/Accordéon & Accordéonistes N°83





24.03.09 20:47:37, 
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