Accordéon & Accordéonistes


Archives pour: Septembre 2009, 22

Seulement pour les fanatiques du Tango Par William Sabatier

par Philippe Krümm


 

 

Quel tanguero êtes-vous ? Un fin connaisseur du tango, un chasseur d’histoires et d’anecdotes rares ? Un boulimique qui dévore les vieux enregistrements pour en saisir toutes les essences ? Ce questionnaire vous identifiera suivant vos connaissances. C’est simple, chaque bonne réponse vaut 2 points et une mauvaise 0. À vous de jouer.

 

1 • En quelle année Carlos Gardel est-il mort ?

¨ a) 1935

¨ b) 1944

¨ c) 1939

¨ d) 1933

 

2 • Comment s’appelle le premier tango canción (chanson) ?

¨ a) A Media Luz

¨ b) La Cachila

¨ c) El Choclo

¨ d) Mi Noche Triste

 

3 • Quel célèbre bandonéoniste meurt à Paris en 1924 ?

¨ a) Vicente Greco

¨ b) Eduardo Arolas

¨ c) Pedro Laurenz

¨ d) Domingo Santa Cruz

 

4 • Quel bandonéoniste enregistre le disque “Don Bandoneon” en 1979 ?

¨ a) Juan José Mosalini

¨ b) César Stroscio

¨ c) Olivier Manoury

¨ d) Primo Corchia

 

5 • Qui est l’auteur du tango Recuerdo ?

¨ a) Osvaldo Pugliese

¨ b) Julio De Caro

¨ c) Fransico Canaro

¨ d) Carlos Di Sarli

 

6 • Quel célèbre fabricant de bandonéon à commercialisé le Doble A ?

¨ a) Ernest louis Arnold

¨ b) Alfred Arnold

¨ c) Fratelli Crosio

¨ d) Cavagnolo

 

 

7 • Parmi ces rythmes, lequel n’est pas lié au tango?

¨ a) Tango

¨ b) Milonga

¨ c) Candombe

¨ d) Chamame

 

8 • Dans laquelle de ces villes est né le bandonéon ?

¨ a) Carlsfeld

¨ b) Castelfidardo

¨ c Hambourg

¨ d Munich

 

9 • Comment surnomme-t-on le bandoneon ?

¨ a) El Chancho

¨ b) El Fueye

¨ c) El Pollo

¨ d) El Pato

 

10 • Avec qui Astor Piazzolla compose le tango S.V.P. ?

¨ a) Marcel Feijoo

¨ b) Anibal Troilo

¨ c) Horacio Ferrer

¨ d) Juan Carlos Cobian

 

11 • Qui fut le guitariste de l’Octeto Buenos Aires en 1956 ?

¨ a) Roberto Grela

¨ b) Cacho Tirao

¨ c) Oscar Lopez Ruiz

¨ d) Horacio Malvicino

 

12 • Qui est le guitariste qui collabora avec Anibal Troilo  de 1957 à 1963 ?

¨ a) Cacho Tirao

¨ b) Roberto Grela

¨ c) Unbaldo De Lio

¨ d) Django Reinhardt

 

13 • Quel fut le dernier orchestre de tango de La Coupole ?

¨ a) Marcel Feijoo

¨ b) Primo Corchia

¨ c) Tito Bachicha

¨ d) Quintin Verdu

 

 

14 • Quel est le chanteur argentin arrivé dans les années 1950 en France ?

¨ a) Ernesto Rondo

¨ b) Reynaldo Anselmi

¨ c) Carlos Gardel

¨ d) Jean Raphael

 

15 • Dans les années 1950, Astor Piazzolla enregistre à Paris un disque pour Vogue. Comment s’appelle t’il ?

¨ a) Révolution du tango

¨ b) Sinfonia de Tango

¨ c) Histoire du Tango

¨ d) La Muerte del tango

 

16 • Lequel de ces orchestres n’est jamais venu en France ?

¨ a) Julio de Caro

¨ b) Sexteto Mayor

¨ c) Francisco Canaro

¨ d) Juan D’Arienzo

 

17 • Avec quel orchestre Leopoldo Federico n’a-t-il jamais joué ?

¨ a) Horacio Salgan

¨ b) José Basso

¨ c) Carlos Di Sarli

¨ d) Osmar Maderna

 

18 • Lequel de ces accordéonistes célèbres n’a pas joué de bandonéon ?

¨ a) Jo Privat

¨ b) Tony Murena

¨ c) Marcel Azzola

¨ d) Gus Tatave Viseur

 

19 • Quel est le grand chanteur de tango mort tragiquement dans un accident de voiture en 1964 ?

¨ a) Hector Maure

¨ b) Julio Sosa

¨ c) Alberto Podesta

¨ d) Tito Reyes

 

20 • Parmi ces quatre titres, lequel Troilo n’a-t-il pas écrit ?

¨ a) Sur

¨ b) Mi Refugio

¨ c) Maria

¨ d) Pa’ Que Bailen Los Muchachos

 

21 • Quelle est la fila de bandoneones d’Osvaldo Pugliese qui interpréte Quejas de bandonéon ?

¨ a) Ruggiero - Lavallén - Plaza - Penón

¨ b) Penón - Mosalini - Binelli - Mederos

¨ c) Penón - Alvarez - Binelli - Adrover

¨ d) Penón - Binelli - Prevignano, Adrover

 

22 • Piazzolla a dit un jour : « L’amour rend aveugle, moi il m’a rendu sourd. » De qui parle-t-il ?

¨ a) Amelita Baltar

¨ b) Eladia Blaquez

¨ c) Nelly Vasquez

¨ d) Milva

 

23 • Parmi ces quatre bandonéonistes, lequel fut un des fondateurs du Sexteto Mayor en 1973 ?

¨ a) Luis Stazo

¨ b) Antonio Rios

¨ c) Leopoldo Federico

¨ d) Anibal Troilo

 

24 • Parmi ces quatre chanteurs, lequel n’a pas enregistré avec Anibal Troilo ?

¨ a) Miguel Montero

¨ b) Edmundo Rivero

¨ c) Tito Reyes

¨ d) Roberto Goyeneche

 

25 • Sous quel nom le bandonéoniste Yoshinori Yoneyama était-il plus connu ?

¨ a) Carlito

¨ b) Tanguito

¨ c) Gatito

¨ d) Chanchito

 

Résultats :

1-a • 2-d • 3-b • 4-a • 5-a • 6-b • 7-d • 8-a • 9-b • 10-a • 11-d • 12-b • 13-c • 14-a • 15-b • 16-d • 17-b • 18-d • 19-b • 20-b • 21-c • 22-a • 23-a • 24-a • 25-a.

 

• Si vous avez un score entre 0 et 20 :

Vous êtes un tanguero en devenir. Votre culture tanguera est encore fragile. Il vous manque des heures et des heures d’écoute. Vous avez certaines bases mais vous n’embrassez pas l’histoire du tango dans sa globalité. Il va falloir vous passionner un peu plus aux petites histoires, aux petites légendes et autres anecdotes.

 

• Si vous avez un score entre 20 et 40 :

Vous êtes un tanguero confirmé et déjà fin connaisseur. On sent que votre passion pour la culture porteña n’est pas à remettre en cause. Mais il vous manque encore ce petit côté obsessionnel qui vous pousse à vouloir tout connaître.

 

• Si vous avez un score entre 40 et 50 :

Là, on est face à un tanguero avec une expérience rare. Un obsessionnel méticuleux, qui ne laisse rien passer. Dont la mémoire regorges d’histoires précieuses, de légendes qui font la mythologie du tango, et d’anecdotes passionnantes.

L’accordéon ? Je l’aime, cet animal ! : ZAZA FOURNIER

par Philippe Krümm

 

Elle est originale, cette jeune fille à l’accordéon qui balance quelques airs de hip hop et de java avec un bel aplomb. Zaza Fournier, à la voix rauque, séduit et enlace de ses mots impertinents, doux et aigres à la fois.

© Hervé Leteneur

L’accordéon a t-il été votre premier instrument ? S’est-il imposé comme l’accompagnateur idéal de la rue à la scène ?

Rien ne fut prémédité. Tout cela m’a dépassé, car l’accordéon est entré dans ma vie comme par surprise, par enchantement. J’ai commencé par le violon pendant une dizaine d’années, mais je n’adhérais pas vraiment à cet instrument que je trouvais trop rigide, il ne me correspondait pas. Je ne parvenais pas à composer, alors que l’accordéon pouvait satisfaire mon désir de chanter. Et puis peut-être s’est-il imposé à moi grâce à ma tante Magalie Fournier qui chantait et s’accompagnait à l’accordéon. Adolescente, lorsque je passais du temps chez elle, j’étais fascinée, j’adorais l’écouter. Je pensais que la vie que je voulais, c’était la sienne. Aurait-elle joué de la cornemuse que j’aurais voulu moi aussi en jouer ! Et je me souviens que, lorsque j’allais la voir et l’accompagner avec mon violon, cela me donnait une furieuse envie de chanter. Mais avec le violon et cet archet trop raide, je me sentais frustrée. C’est pourquoi l’accordéon s’est alors imposée à moi. Je ne connaissais rien de lui au départ, si ce n’est cette vertu inouïe d’accompagnateur.

 

Qu’aimez-vous dans cet instrument ?

Ce qu’il me donne, c’est d’abord une sensation physique. On ne peut pas le nier, le zapper, il est très présent. Il est contre soi, on se bat avec, on est attaché, on ne peut pas le détourner. On l’aime ou on le déteste. Il a un son particulier, et son passif au final me plaît.

 

Vous avez chanté dans les rues, les bars. Ce fut une bonne formation ?

Je suis descendue dans la rue car je voulais commencer à gagner ma vie en faisant quelque chose qui me plairait, sans savoir néanmoins où cela me mènerait. Ma formation de comédienne me permettait aussi de me sentir à l’aise pour chanter dans les bistrots, n’importe où. Très vite, je me suis rendu compte que j’adorais ça.

 

Et puis, soudain il y a la scène, un album “Zaza Fournier” et de nombreux concerts…

Oui, c’est incroyable. Mais c’est aussi la chance d’avoir eu des amis qui ont cru en moi. Qui ont voulu m’aider. Rob et Jack Lahana aimaient mon travail, ils m’ont soutenu. Ils m’ont poussée, seule je n’aurais jamais imaginé me retrouver sur de telles scènes et d’avoir tout d’un coup un agenda bien rempli. 

 

C’est étrange de vous voir seule sur scène avec votre accordéon et cet orchestre virtuel qu’est votre iPod…

Oui, c’est quelque chose que je faisais déjà chez moi depuis quelque temps. Ce truc fait partie de moi, l’iPod me situe. Je n’ai que 24 ans, j’aime cette possibilité de rendre visible mon époque. Par exemple, je me souviens d’un concert de Mathieu Boogaerts qui utilisait un écran projetant des musiciens virtuels. Je trouvais cela très intéressant, même si je pense que la musique se fait avec de vrais gens.

 

Pensez-vous poursuivre l’aventure avec ce mini-orchestre ?

Bien sûr que non. J’aurais sans aucun doute envie de passer à autre chose. Peut-être même aurais-je le désir d’avoir une formation avec de Vrais Musiciens.

 

Vous situez-vous entre chanson réaliste et humoristique, un peu funk et java ?

Je ne me situe pas dans la chanson réaliste, même si j’ai chanté certaines chansons de Fréhel, Damia, Édith Piaf, etc. Je ne berce pas dans la nostalgie. Je me sers de mes références multiples et actuels : funk, hip hop, soul… J’écoute de tout, je prends toutes les musiques, je ne rentre pas dans telle ou telle catégorie. Par exemple, à propos de Mon slow, on est parti d’un titre d’Al Green réarrangé et saupoudré de perles de nacre de l’accordéon. Un clin d’œil, en quelque sorte. J’aime penser qu’il y a autant de Brigitte Fontaine, Otis Redding, Elvis Presley, Édith Piaf, autant de boîtes à rythmes que de flûtes. Et sinon, l’écriture reste le fil conducteur, au centre de mon travail.

 

Vous aimez soigner votre look avec ce côté années 1950 version 2009. Une nana à l’accordéon c’est rare, vous avez un petit air très Vegas (Jasmine) ?

En dehors du fait que je m’intéresse à la mode, je m’étais amusée à mettre des fleurs dans les cheveux et puis le style a suivi. Cela fonctionne bien. Oh, c’est vrai on m’a souvent parlé de cette chanteuse, Jasmine Vegas. Le côté décalé me plaît beaucoup. Il y a aussi Yoanna, j’aime bien ce qu’elle fait.

Le côté “femme et accordéon”, au début, ça me gavait que l’on associe tout le temps l’accordéon à la même rengaine, à quelque chose de rétro. J’ai l’impression qu’il est mal connu. Quand on me balance ces références, oui, cela m’énerve. Elles existent, mais il n’y a pas que cela.

 

Justement, quelles sont vos références en matière d’accordéon ?

Richard Galliano, que j’ai eu la chance de voir au festival jazz musette manouche des Puces de Saint-Ouen avec qui je partageais l’affiche. J’adore son album avec Michel Portal. L’accordéon s’apparente bien sûr à la chanson, j’ai beaucoup écouté Piaf, Brel, Barbara… Et puis Tom Waits, qui m’a permis de réaliser que l’accordéon était un instrument incroyable parce que hors normes. Qu’il pouvait se jouer de mille façons. Il y  a tellement de groupes : Java, Pigalle, Têtes Raides, La Rue Kétanou, etc.

 

Pensez-vous toujours garder auprès de vous l’accordéon ?

Je compose avec lui, j’en ai besoin. Mais il faut aussi que je m’y mette plus sérieusement. Je veux progresser, prendre des cours. Je ne suis pas du tout instrumentiste, mais je dois progresser, car je l’aime cet animal.

 

Depuis que vous entrez dans l’espace accordéon, les choses ont-elles changé ?

Oui, je découvre un monde nouveau. Je suis invitée à des festivals que je ne connaissais pas, “Wazemmes l’accordéon” par exemple. Je découvre des noms, des gens sensationnels qui se révèlent être des accordéonistes ou des passionnés de cet instrument. Jean Corti, Allain Leprest, Christian Olivier des Têtes Raides, Thomas Fersen… Récemment, j’ai croisé Marcel Loeffler qui travaillait avec Areski. Et je peux dire que j’ai pris une grosse raclée. Il a fait trois pistes, et j’ai pleuré à chaque fois, tellement c’était puissant. Il y avait une telle liberté… L’homme et l’instrument ne faisant plus qu’un. Marcel est un virtuose, son corps se transforme, c’est superbe.

 

Vous avez participé à l’album “Fiorina” de Jean Corti ?

C’est un honneur que d’avoir été invitée à jouer au concert de Jean Corti aux Bouffes du Nord pour célébrer l’album “Fiorina”. C’est un homme généreux, pas prétentieux du tout. J’ai eu la chance d’interpréter Les vieux, une de mes chansons préférées. Je me souviens de la première fois où je devais la chanter, j’étais très impressionnée. À un moment donné, je lui ai demandé : « Dites-moi si ça ne va pas, si je me suis plantée. » Il m’a répondu : « Ben non, c’est le pied ! » Je n’en revenais pas. Nous avons alors passé un moment simple et généreux. Puis je l’ai chantée aussi à l’Alhambra et Christian Olivier est venu se joindre à moi, c’était génial. Christian est un professionnel, il ne triche pas. Tous les invités de l’album “Fiorina” sont impressionnants de talent : Thomas Fersen que j’ai beaucoup écouté, Allain Leprest, auteur remarquable, Loïc Lantoine, du grand art. J’ai beaucoup de chance.

 

Parlez-nous de Mademoiselle

Au niveau musical, c’est un hommage à Tom Waits, dans ce qu’il y a de bancal, de cassé, dans la recherche des sons. Pour ce qui concerne, j’ai écrit cette chanson tout à fait par hasard. Je ne revendique pas la cause transexuelle, mais la question du genre m’intéresse. Avec l’un de mes professeurs Stephane Auvray-Naurois, metteur en scène et comédien qui a beaucoup compté pour moi, nous abordions souvent ce sujet. J’aime en effet le côté poétique et courageux du travestissement. Cet acte me touche, mais je n’avais pas conscience combien ce sujet était encore tabou. J’ai été bouleversée un jour par l’attitude de certaines personnes très agressives.  Il a fallu que je continue à la chanter plus fort encore, comme si je faisais un acte de revendication ou de rébellion.

 

Baiser d’un soir ?

C’est la première fois que j’écrivais pour quelqu’un. J’ai dépassé quelque chose, l’écriture s’est transformée. C’est un déclic personnel. Une chanson qui a déjà deux ans, presque trois. Je ne m’en lasse pas.

 

Sur scène, vous aimez rendre un hommage à Elvis ?

J’adore Elvis, le chanteur, et l’attitude qu’il a toujours eu sur scène. Il semblait jouer sur le second degré. Dans certaines de ses vidéos ou dans ses films, on voit beaucoup d’humour dans ses mimiques et ses grimaces, dans sa manière d’être sur scène. Il semble de ne pas se prendre au sérieux. Il sait utiliser son image, en joue à merveille et envoie de la joie. C’est cette joie  que j’espère aussi partager avec le public.

Propos recueillis par Françoise Jallot

 



 

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