Accordéon & Accordéonistes


Archives pour: Août 2010

La photo du lundi : j’aime les anches allemandes !

par Philippe Krümm


 
 
Qui était Jules Lefèvre ? Et bien, celui qui expédia cette « carte photo » de la province de Hanovre (le nom de la ville est illisible), un jour d’août 1955 à Xavier Lefèvre.
Notre cher Jules qui est forcément un des hommes sur cette carte était du 1er bataillon de chasseurs à pied. Sur le document sont-ils tous Français ? Dans tous les cas, ils ont trouvé deux beaux mélodéons Allemands, 2 rangs, un à basses cuillères et l’autre à boutons. Une trompette et un fifre viennent compléter l’ensemble.
Quand on voit ce genre de document, on demande toujours : posent-ils avec des instruments trouvés, ou étaient-ils de véritable musiciens ? Et là pour les accordéons, pour tenter de répondre, l’on peut se mettre à regarder à la loupe la position des doigts sur les claviers : Et bien … .Pas terrible !!! Pourtant j’aime vraiment feuilleter mes albums photos en croyant voir que des musiciens - le plus souvent- En essayant d’imaginer ce qu’ils pouvaient interpréter... Et en décortiquant, quand cela est possible, les modèles d’accordéons photographiés.
L’Allemagne a de tout temps fabriqué des centaines d’accordéons différents (Et je ne parle pas de Hohner) surtout à l’époque du diatonique. Malheureusement beaucoup de modèles (bon marché) qui ont traversé peuvent juste servir aujourd’hui à orner les cheminées des passionnés d’accordéons…  .Et puis sur cette photo, il y a un cheval, certainement de trait. C’est pour cela que j’aime particulierement ce cliché qui présente deux de mes passions : l’accordéon et les chevaux de trait…

J'aime le son du "Garmon" le soir au fond des bois !

par Philippe Krümm

 

 
Le camarade Roman Jbanov propose la deuxième édition de son festival “Sancyberie” — donc des accordéonistes Russes viennent jouer dans le Sancy. Allez voir le site pour connaître le programme :
 
 
Sinon, des vidéos : une où l’on voit des “vieux musiciens traditionnels” — merci à mes camarades de l’O.P.C.I. (1) —de m’avoir communiqué cette vidéo où l’on voit des musiciens avec de petits diatoniques “garmon” utiliser avec les basses la petite clochette à la main gauche. (voir l'article : tu veux du russe...en v'la)
 
Et puis j’ai vraiment un coup de cœur pour les autres vidéos où Alekseï Simonov sur une mobylette, la nuit en présence d’autres camarades, joue et chante… Quand je l’écoute — je ne comprends pas les paroles, je demanderai une traduction à mon camarade Roman et vous ferai passer le nom de l’accordéoniste et le texte — donc quand j'écoute Alekseï, j’ai (comme l’on dit) les poils qui se dressent !! On le voit aussi dans une cuisine, devant une tente – avec le petit doigt cassé-
Détresse…Alcool…Incroyable musicien…Musique forte…Un peu triste, mais d’aucun dirait : « Voilà la Russie éternelle »
 
Et puis quelques mots sur l’accordéon en Russie. Eh bien, si on ne parle pas russe et si on ne lit pas le cyrillique, l’histoire est un peu trouble. Mais ce qui est impressionnant, c’est le nombre incroyable de claviers et de genres d’accordéons répartis dans toutes les provinces.
 
L’accordéon serait arrivé en Russie dès 1830 dans des foires. Il était véhiculé par des colporteurs. Très vite, des facteurs locaux comme Sizov ou Vorontsov adaptent le nouveau-né aux oreilles slaves. En peu de temps, la bête se dissémine dans tous les coins et recoins de l’immense territoire. L’accordéon sera très vite adopté. On peut avoir l’impression qu’il a toujours fait partie des musiques populaires. Dans chaque lieu, à chaque fois, il prend des allures différentes, d’où tous les noms : garmon, livenskié, sibirskié, Bayan… Ah, le Bayan Jupiter ! La Roll’s des accordéons et certainement le plus chère des pianos à bretelles. Plus de 20 000 € l’engin fait main. Mais quand on aime, on ne compte pas. Le modèle fut créé par J.K. Volkovich (1927/1981). Après différents déboires, “la fabrique expérimentale des instruments de musique de Moscou” devient la S.A.R.L. Jupiter en 1994. Eh oui, le capitalisme a repris ses droits, même pour les fabriques d’accordéons. « Quand la Russie s’éveillera, les accordéons seront privatisés », avait dit le spécialiste des marchés… Mais je ne sais plus lequel.
(1) : Office du patrimoine culturel immatérielle.

 

 

 

La photo du lundi : la semaine sera Russe !

par Philippe Krümm

 

 
 
Pour commencer cette semaine, un groupe de russes. Certainement un ensemble de danseurs (et danseuses) peut-être aussi chanteurs ? On y voit deux beaux Bayans (Baïane) -les chromatiques russes- Les hommes sont en costumes de Cosaque ? Ça ne rigole pas …Ou a été prise cette photo ? Dans une salle d’hôtel ? j’adore le papier peint. Le « boss » est certainement le personnage en blanc, au centre . Tentant de rendre la photo plus soft, une petite fille est entre les deux hommes au centre, avec une charmante petite couronne de fleurs. Si vous avez croisé…Il y a fort longtemps, cette troupe, donnez- moi son appellation et SVP noms et adresses de tous les membres de la troupe. Bonne rentrée à tous !
 
Et bientôt quelques vidéos d’accordéonistes russes

 

La muerte d'el patche

par Philippe Krümm

 

 

 
 
 
 
Esteban « Steve » Jordan est mort d’un cancer ce vendredi 13 août à San Antonio (Texas). Né le 23 février 1939  à Elsa, dans la vallée du Rio Grande, il fut un personnage incontournable de la musique tex-mex. Ce grand de l’accordéon cunjunto, surnommé le "Jimi Hendrix de l’ accordéon", passait ces dernières années beaucoup de temps à la pêche dans le golfe du Mexique. On l’avait écouté, en France au Trans musicales de Rennes en 1990. Surnommé « El Parche » à cause de son bandeau sur l’œil droit - la légende voulait qu'il est perdu son oeil lors d'une partie de pêche- Son style était résolument rock comme son attitude. Il était le bad boy du tex-mex mais un bad boy très attachant et au combien puissant en concert sur son trois rangs Hohner rouge. Il est la référence dans le mixe de la musique qu'est le tex mex.

 

La photo du lundi : une photo qui ne manque pas de souffle !

par Philippe Krümm


 
Connaissiez-vous les « Mouth Organ Swingers » ? Un quintet d’harmonicistes. il était belge sponsorisé par Hohner bien évidemment. Juste après guerre, la deuxième, les harmonicistes étaient extrêmement nombreux, en trio, quartet ou quintet… Qui n’a pas écouté entre autres, Larry Adler ne connaît pas les possibilités de l’instrument . Comme pour l’accordéon, il y a les chromatiques et les diatoniques, et que dire de l’histoire de cet instrument dans les musiques populaires, pas de cow-boy sans harmonica…Et que penser du blues ? En France Albert Raisner a magnifié l’instrument dans les médias et la télé balbutiante…Les harmonicistes ont une fédération « Harmonicas de France ». Vous pouvez joindre son président Alain Chaulet : alain.chaulet@wanadoo.fr. Et je pense que dans peu de temps, sur ce blog, nous allons beaucoup plus parler de ce cousin de l’accordéon…Pas de soufflet mais quel souffle !

Le Tourbillon 1926/1968

par Philippe Krümm

 

 

En 1960, Simone Réal sur le balcon du Tourbillon avec les musiciens Georges Morel (batteur), François Cabestonin et François Antonacci.
 
Un grand bal musette de Paris
 
Les bals du genre musette se développèrent dans Paris au début du vingtième siècle, atteignant leur apogée entre les deux guerres. Ils se regroupèrent dans les quartiers où les Auvergnats s’étaient installés en grand nombre. On pourrait presque parler d’instinct grégaire. Deux pôles principaux sont à distinguer : la Bastille avec la rue de Lappe et le passage Thiéré, le quartier des Arts-et-Métiers dans les rues Au Maire et des Vertus.
 
 

Le 14 janvier 1954, lors de l’anniversaire de Lucien “Lolo” Morel au Tourbillon. Au 1er rang, personnes accroupies : le personnel du bal. Au 2e rang, personnes debout de gauche à droite : madame Bernard, Simone Réal, Lucien Morel embrassant sa femme Marthe ; à leur gauche, M. Bernard le propriétaire (de profil avec pochette) ; au même rang, à l’extrême droite, le videur Huguenin (le grand chauve).

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quo;ils étaient moins nombreux que dans les deux secteurs précités, il faut néanmoins mentionner les abords de la place de Clichy (Abbaye, Petit Jardin, Grande Roue) ainsi que Belleville et Ménilmontant (Ça Gaze, Le Boléro). Le bal dont nous vous parlons dans cet article se situait au 8 rue de Tanger, à Paris 19e, très près du boulevard de la Villette. À cette adresse se trouvait au départ un petit bal appelé Le Café Olivia. Ce bal fonctionnait en fin de semaine. En 1926, Albert Carrara (le fils aîné de Vincent Carrara) acheta ce café bal, le transforma et l’agrandit de façon notable. Il prit comme enseigne “Le Tourbillon”. Albert était un excellent accordéoniste qui dirigeait un orchestre réputé. Avec ses musiciens, il fit danser jusqu’en 1931, date à laquelle il céda l’affaire à monsieur Bernard. Celui-ci donna une impulsion nouvelle au bal qui connut un grand succès jusqu’à la guerre de 1939. Son premier orchestre fut celui de Robert Garnero, l’accordéoniste aveugle, dont Bernard devait dire bien plus tard que c’était un as. Propos flatteurs confirmés par Jo Privat qui affirmait que Garnero jouait aussi bien qu’Émile Vacher. Ensuite, il y eut Jean Vaissade, auteur de l’inoubliable Sombreros et mantilles, et qui amena Rina Ketty au rang de vedette du tour de chant. Elle vint d’ailleurs quelquefois chanter au Tourbillon.
Après Vaissade, ce fut Émile Prud’homme qui s’installa dans le bal. Il venait de Chez Marius, un musette réputé de la rue des Vertus. Avec Mimile, la fantaisie et le dynamisme régnèrent au Tourbillon. Il arriva même un jour où Bernard et Mimile, n’étant pas d’accord, faillirent en venir aux mains. Fort heureusement, ils étaient raisonnables et sans rancune. L’affaire fut sans suite, et des années après, ils en riaient encore. Prud’homme resta près de trois ans au « Tourb’ », comme on disait familièrement.
 
Une inconnue nommée… Édith Piaf
À cette époque, Édith Piaf vint au bal et chanta, accompagnée par Mimile. Celui-ci la connaissait déjà car elle était venu chez Marius. La première fois où elle demanda à chanter, Mimile dit en douce à ses musiciens : « Laissons-la venir, on va bien se marrer. » Il est vrai qu’elle ne payait pas de mine. Mais tous furent subjugués par la voix de celle qui allait devenir la grande vedette que l’on sait. Jane Chacun, surnommée “la reine du musette”, se produisit aussi au Tourbillon. À noter que Mimile revint au Tourbillon en 1955 pour recevoir un disque d’or (un million d’exemplaires vendus). Il est le premier accordéoniste à avoir reçu cette distinction.
Lorsqu’Émile Prud’homme quitta le Tourbillon, son remplacement fut assuré par Antoine Tedeschi, celui que l’on avait surnommé “Antoine la java” (non parce qu’il s’agissait d’un noceur mais à cause de son passage durant sept ans au bal La Java, 105 rue du Faubourg-du-Temple à Paris 10e). À noter que cet accordéoniste avait probablement effectué un court remplacement de Garnero au Tourbillon en 1933 ou 1934. Il n’est d’ailleurs pas le seul à avoir rempli un bref contrat dans ce musette car, par exemple, un certain Beaurier y a joué sans que l’on puisse situer l’époque avec certitude. Raymond Marquet succéda à Antoine Tedeschi et Jean Salimbeni, dit “Jean le boutonneux”, assura ensuite le bal jusqu’à la déclaration de la guerre. Durant l’année 1938, Bernard (en accord avec les musiciens) abandonna non sans regret le fameux système du “passons la monnaie”.
La guerre amena la fermeture. Bernard résista aux autorités d’occupation qui voulaient le faire rouvrir pour des spectacles sans doute assez éloignés du bal musette. La réouverture intervint peu après la Libération de Paris. Bernard resta propriétaire mais confia la gérance de l’établissement à Lucien Moret, dit Lolo. Ce dernier travaillait au Tourbillon depuis le temps d’Albert Carrara. Jean Serpe, très bon pratiquant de l’accordéon et du bandonéon, assura cette reprise jusqu’en 1949, date à laquelle Émile Decotty lui succéda.
 
 
Le Tourbillon vers 1934. 1er accordéon : Robert Garners (aveugle, à droite). 2e accordéon : Alberto. Le guitariste (à gauche) Sponnagel travailla par la suite avec Émile Prud’homme. Au piano : Marcel Lepas. À la batterie : X (inconnu). À noter la belle guirlande électrique “TOURBILLON”. 
17 ans de Tourbillon pour Simone Réal
En 1950, cet accordéoniste de talent obtint le grand prix du disque orchestre musette avec “Bal dans ma rue” de Michel Emer. Petite anecdote : un jour, un danseur vint trouver Decotty et lui demanda de ne jouer que des valses à l’endroit car, dit-il, « je ne sais pas valser à l’envers ».
 
Durant cette période, Bernard et Lucien Moret, en hommes à l’esprit inventif, décidèrent de faire presque chaque semaine un concours soit de danse, soit de chant. Les participants furent nombreux. Pour le chant, une jeune et jolie fille remporta plusieurs fois la première place. En semaine, elle travaillait dans une usine et venait se distraire le samedi et le dimanche au Tourbillon. Elle avait même réussi à gagner devant Tony Poncet qui, par la suite, fit une carrière de chanteur à l’Opéra. Les qualités de la jeune fille et son impact sur les danseurs n’échappèrent pas aux dirigeants du bal qui l’embauchèrent pour chanter avec l’orchestre en fin de semaine. Elle y resta dix-sept ans, jusqu’à la fermeture du bal en 1968. Elle devint une grande vedette et se fit un nom : Simone Réal. Bien entendu, au bout de quelques mois, elle obtint un emploi à plein temps au bal, abandonnant son travail à l’usine.
Le bal du Tourbillon tournait à plein régime : le samedi bal de nuit, et le dimanche bal jusqu’à 1 heure du matin. Le lundi était un jour calme selon Simone Réal, c’était un afflux de commerçants. Les autres jours étaient un peu plus agités mais les incidents assez rares. Ceux-ci étaient d’ailleurs vite réglés par le videur, un nommé Huguenin, ancien boxeur ; aujourd’hui, on l’appellerait “portier”.
Il y avait un ou deux jours de relâche, les mercredis ou jeudis. La salle de bal était assez spacieuse et la piste elle-même pouvait accueillir environ quatre-vingts danseurs qui évoluaient à l’aise. Parfois, il y en avait beaucoup plus. Autour de la piste, se trouvaient des tables et des banquettes rembourrées. Le bar, assez vaste, permettait de recevoir au moins deux cents personnes (voire trois cents lors des grandes soirées). La clientèle, tout au moins jusqu’aux environs de 1960, était jeune mais des visiteurs de marque y venaient parfois. Francis Carco y a été vu plusieurs fois. Il ne rentrait pas pour danser mais pour parler argot, en cherchant à augmenter son vocabulaire en matière de langue verte. De nombreux sportifs s’y donnaient rendez-vous : Charles Rigoulot, Speicher, Assane Diouf, Théo Médina, Larbi Ben Barek et bien d’autres. Des anonymes aussi s’y faisaient remarquer, telle cette fille dont la pâleur caractérisée lui avait valu le surnom d’Aspirine.
 
Belles années et amours fanées
Il y régnait donc une belle ambiance, entretenue par la jolie voix de Simone Réal qui, par ailleurs, ne cessait d’enregistrer des disques. En 1961, Émile Decotty quitta le Tourbillon et Georges Dujardin s’y installa. Il enregistra un 33 tours (25 centimètres) où Simone Réal chante plusieurs airs. C’est un disque avec les bruits de la salle de bal. Cela fait curieux et un peu émouvant même s’il y a vraisemblablement quelques trucages. Dujardin resta longtemps au Tourbillon. Lorsqu’il partit, il fut remplacé par un certain Gaston de Beauquesne (orthographe incertaine). Puis vint durant environ deux ans Geo Maurage, un excellent accordéoniste toujours en activité. Il a même joué au Balajo après Jo Privat ainsi qu’à la Boule Rouge.
Début 1968, ce fut l’arrêt du bal musette. L’établissement fut transformé en une sorte de discothèque à caractère sud-méditerranéen. Elle fonctionna durant deux ou trois ans. Aujourd’hui, tout a disparu. Le quartier a été rénové et l’on cherche en vain le numéro 8 de la rue de Tanger. Telle est l’histoire de ce bal qui a marqué ceux qui l’ont fréquenté tout comme les musiciens qui y ont égrené leurs triolets. Mais comme en France, tout finit par des chansons, il faut évoquer un air dont les paroles et la première mélodie sont de Jean-Claude Imbert , un habitué du bal, tant pour la danse que pour les concours de chant. Le tandem André Verchuren/Émile Decotty arrangea la musique, l’admirable Simone Réal interpréta et enregistra la chanson. Son titre : Au bal du Tourbillon. « Sur le parquet ciré / Au bal du Tourbillon / Mes souvenirs se pressent / Sur ce parquet ciré / Un air d’accordéon / Fait valser ma jeunesse / Tourbillon des belles années / Tourbillon des amours fanées… » Des paroles bien nostalgiques, datant de 1962, mais reflétant parfaitement le déclin des bals musette submergés par le modernisme de la vague yé-yé des années 60. En tout cas, le bal du Tourbillon — qui avait en seconde appellation le Musette de Paris — aura (avec quelques autres) fait partie de ce que Didier Roussin appelait « le folklore de Paris ».
Article paru dans Accordéon & -Accordéonistes, André Nussas

 

La photo du lundi : A la Saint Eloi on fait la fête !

par Philippe Krümm

 


 
Et oui, pas d’accordéon mais 2 cornemuses type du centre et 2 Vielleux. ils avaient été invités à cette fête de la Saint Eloi le Saint patron des maréchaux, forgerons, des bourreliers selliers, mécaniciens serruriers et même des bijoutiers … L’année de la photo prise dans les années 30 prés de Bourges, une des attractions était l’avion sans aile de la compagnie Hanriot ...J’adore le « pilote » blouson de cuir, casque et lunette, posté dans la carlingue…Il a vraiment dû passer une rude journée, à traîner dans le cockpit de ce morceau d’avion. Sinon pour le nom des musiciens, vous pouvez m’aider ? j’ai également demandé à maître Jean François « Maxou » Heintzen, vielleux et de « l’université de cherchologie du Centre ».

 

La photo du lundi : A la Bourboule… de l’eau et des accordéons!

par Philippe Krümm


 
 
Ah ! Prendre les eaux à la Bourboule …Un must ! Aller se reposer en buvant quelques petits verres d’eau chaque jour…Et hop ! La forme revenait. En plus comme le montre cette carte postale, vous pouviez vous déplacer à dos d'âne. Et oui, il ne fallait pas se fatiguer. Et pour reposer également vos oreilles, certains diraient pour les vriller. Deux accordéonistes vous accueillent au son de leurs diatoniques. Un est gaucher. Pas facile de donner la marque des binious , mais je prends des risques en disant des Italiens Soprani, Paolo ou Settimio …À vous de me le dire ! L’accordéon sonne toujours dans l'antique station thermale grâce au Cnima, qui a son école pas si loin . Il est fréquent que les élèves viennent se produire et faire résonner les murs de cette belle un peu endormie…

Mon coopé c’est d’ la bronze !

par Philippe Krümm

Histoire d’un mythe
 Dans l’histoire de l’accordéon récente (années 1930), une marque se distingue, surtout à Paris et dans le milieu auvergnat.
A cette époque, le musette, (rencontre musicale entre les italiens et les auvergnats) est à son apogée.

Le chromatique aussi. Les sonos n’existent pas encore, alors, il faut qu’un accordéon accordé musette -avec énormément de Vibratos -battement entre ses trois voix (anches) soit très puissant.

La Coopé dans les années 1930

La "Coopé"  fut fondée en 1921 par une souscription d’ouvriers au chômage. Elle fut dirigé pendant 60 ans d’une main de fer  par le maître artisan Cesare Trevisio « Presidente della Cooperativa Armoniche ».

Les binious fabriqués par la Coopé à Vercelli, à coté de Milan avaient cette puissance. Le mythe commence à gagner le petit milieu des amateurs. Les accordéons sont très lourds, entre 15 et 18 kg et la rumeur dit que : "les anches sont en bronze" d’où la puissance.

Cesare Trevisio president della "Cooperativa Armoniche" pendant plus de 60 ans .

En plus, ils sont souvent très richement décorés avec de jolies frises en nacre d’inspiration grecque !

Une force de vente impeccable.

Mais surtout deux hommes vont être de formidables ambassadeurs de la Marque à Paris.

Le  représentant exclusif Ernesto Perazzo dans son atelier du 14 rue des Amandiers


Il eu un soutien infaillible ainsi qu' une entrée dans le milieu auvergnat avec  Martin Cayla (musicien, producteur et vendeur de musique), 26 rue des taillandiers.

(Martin Cayla a gauche devant son magasin des Taillandiers (11e) sur la photo ci-dessus. Aujourd'hui la boutique est tenue par un vendeur de biens, mais la vitrine est restée la même, avec les inscriptions en haut de la vitrine)

Puis Martin Cayla installa son business au 33, rue du faufourg Saint-Martin..

(La boutique a été démontée par les Musées de France. Elle est aujourd'hui entreposée "dans son jus" au pôle de l'accordéon à Tulle)

C’est un accordéon par jour qui sortait des ateliers d’Italiens pour être directement vendu dans la capitale.

Aujourd’hui la maison rebaptisée Cooperfisa depuis le début des années 1980 est dans les mains d’ Emiliana Roviaro et de son fils Romero, célèbre dans tous les salons pour (entre autres) jouer en permanence sur le stand avec un accordéon à la gloire de Ferrari !

Vercelli est la patrie nombreux fabricants d’accordéons : Rufina, Izzi, Ranco Guglielmo, Vercellese, Gallo, Brovarone, Cavagnolo, Rosso, Locatelli…
Vercelli et Castelfidardo sont les deux pôles historiques de l’histoire de la fabrication de l’accordéon en Italie.

De gauche à droite : Primo Corchia, Tony Murena,Vincent Paradels derriere un beau model de la glorieuse marque.

 

Un beau gosse, Gérard Bocquet "virtuose accordéoniste de l'A.B.C. et de la radio" et son gros Coopé.

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