Accordéon & Accordéonistes


Archives pour: Janvier 2011

La photo : Ce Lundi Marceau rime avec Cavagnolo

par Philippe Krümm


Ce lundi envie de vous parler un peu de V. Marceau. La dernière fois que j’ai écouté le maître, c’était chez Robert Crumb ou nous avons fait tourner quelque 78 T …En se disant que vraiment l’homme était un très brillant accordéoniste. Un des maîtres des débuts. Un des apôtres de l’accordéon comme aurait dit Louis Peguri.
En écoutant à Marceau, je ne peux que penser aussi à Adolphe Deprince son camarade nordiste… Un autre jour, je vous en parlerais beaucoup plus.
 
Marceau Verschueren signait V. Marceau, ce qui faisait penser à de nombreux fans que l’homme se prénommait Victor et bien non !!!
Né le 29 déc. 1902 à Liévin, il est décédé le 22 oct. 1990 à Gournay sur marne .
Pour l’avoir rencontré plusieurs fois chez lui. Il était toujours impressionnant quand il prenait son accordéon. Il  posait l'instrument simplement sur ses genoux. Et sans bretelle ! Il faisait, même à la fin de ses jours, sonner avec virtuosité son gros Cavagnolo. On pouvait alors comprendre que son surnom de « roi des basses » n’était pas usurpé.
Et puis, la légende veut qu’au début des années 40 Marceau demanda aux frères Cavagnolo de lui concevoir un modèle avec les coins de la caisse classiquement carrés, arrondis ... Pour un contact plus doux….
J’aime lui attribuer cette belle réflexion ergonomique.
 
Je reviens à la photo ou le jeune Marceau exerce son talent sur un des modèles, sorte de chef d’œuvre de Dominico Cavagnolo…
L’histoire, veut aussi que Dominico rechercha des bois de chêne dans de vieilles armoires pour y sculpter ses modèles, chacun possédant le portrait et le nom d’un maître de la musique classique …
V.Marceau possédait le Wagner (donner des noms à un instrument me fait penser à ceux donner aux Stradivarius… ) .Alors les Cavagnolo de l’époque sont-il les Stradivarius De l’accordéon ?)…
En tout cas, le modèle Wagner allait très bien à Marceau qui savait faire ronfler les basses d’un accordéon comme personne.

Le village de l'accordéon au salon music and You 2010

par Philippe Krümm

Sur Indifférence, la valse de Murena et Colombo jouée par Marc O Connor au diatonique, Didier Roussin et  Didi Duprat à la guitare, Yves Rousseau à la contrebasse et P. Guigon à la batterie ( morceau extrait du splendide disque : Paris Musette vent d'automne vol.3). Thibault Krümm (13 ans) m'a fait pour mon blog ce petit cadeau. Une vidéo ou l'on peut croiser toutes les marques de ce village de l'accordéon, au salon Music and You, fort réussit . On y voit : Piermaria, Cavagnolo, Fizart, Marcel dreux, Roland, Coopé Armoniche, Maugein, Bonifassi, Bugari et  Le Cnima

La photo ce lundi ...C'est concertina

par Philippe Krümm

 

 

 

La photo ce lundi, c’est concertina !!!
 
 
Prise à Londres au studio Pitt & Son, 213 Bethnal Green Road un établissement créé en 1857 comme l’annonce la publicité, j’ai eu envie de vous présenter ce charmant jeune homme et son bel « anglo concertina » …. Juste pour dire aussi que j’aime face book qui m’a permis de retrouver un musicien, joueur d’anglo concertina, possesseur de quelques splendides Jeffries : Alan Day
Il fut entre autres musicien du Biggest trio in the world et de différents orchestres de Morris dance . Aujourd’hui pour mon plus grand bonheur et je pense de beaucoup d’amateur, on peut toujours l’entendre jouer ses splendides morceaux et est toujours un chercheur passionné de l’histoire de ce fantastique instrument…Alors ce lundi c’est le jour à Day !!!
 
Et je vous mets une petite vidéo ou Alan joue « the rosbif waltz », valse que j’avais composée au sein de « Paris Centre » et que je jouais après avoir chanté « les aminches «  de Renaud » …Souvenir, souvenir…

 

la photo du lundi est une affiche du film Chansons de Paris

par Philippe Krümm

 

Et youpi ! je viens de récuperer entoilée magnifiquement par Thierry Billard, un grand professionnel, une affiche du Film Chansons de Paris avec en vedettes :

Georges Thill est un ténor français né le 14 décembre 1897 à Paris et décédé le 15 octobre 1984 à Draguignan dans le Var.

et Armand Bernard est un comédien français né le 21 mars 1893 à Bois-Colombes (Seine, aujourd'hui Hauts-de-Seine).Il apportait une note comique par sa diction grave. Cet acteur est décédé le 13 juin 1968 à Paris. (On est vraiment intelligent avec wykipédia la belle invention américaine qui faite ses 10ans - 15 janvier 2001- Mais je reste un adepte et un admirateur inconditionnel de l'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert )

 

Chansons de Paris est un film de Jacques de Baroncelli (1881-1951), tourné en avril 1934, sorti le 14 juin 1934; scénario de Henri Dupuy-Mazuel et André-Paul Antoine (1892-1982); musique de Maurice Yvain; lyrics de Max Blot; décors de Léon Barsacq (1906-1969) et Claude Bouxin

 

Deux chômeurs, Georges et son ami Armand, chantent dans les rues. Georges a une très belle voix. Il est fiancé à une petite dactylo, mais l'argent leur manque pour se marier. Un impresario, ayant au passage entendu Georges, le fait entrer dans une boite de nuit. Remarqué par une écuyère de cirque, Georges la suit sur la piste, mais un rival jaloux incendie l'automate où le chanteur est enfermé. Celui-ci est sauvé par son copain Armand. Pour éprouver la solidité de l'attachement de l'écuyère, Georges feint d'être resté aphone après l'accident; aussitôt, la directrice du cirque et l'écuyère déchirent son contrat et le chanteur, éclairé sur les vrais sentiments de son amie, revient à la petite dactylo. Tout finit par s'arranger au mieux ; Georges, après une audition à l'Opéra, y débute d'une façon triomphale dans « Lohengrin ».

 

je 'n'ai pas vu ce film. Mais jouer les chansons de Paris sur un petit diato "allemand" deux rangs 8 basses....Il fallait être très fort .

 

Merci au site :  www.hervedavid.fr

 

Mort d'un ami de l'accordéon : Jacques Demarny

par Philippe Krümm

 

Le parolier Jacques Demarny, inséparable d'Enrico Macias pour lequel il avait écrit "Les gens du Nord" et "Enfants de tous pays", est mort mercredi à l'âge de 85 ans, a-t-on appris jeudi auprès de la Sacem, dont il avait présidé à deux reprises le conseil d'administration.

Interview parue dans Accordéon & Accordéonistes N° 98 (Juin 2010)
 
Jacques Demarny
 
Jacques Demarny est une figure historique de la Sacem. Un ardent défenseur dans les réunions internationales des droits d’auteurs. Il est aussi auteur, artiste, amateur d’accordéon… Retour sur une toute petite partie d’une incroyable vie, digne d’une belle biographie.
 
Vous êtes parisien ?
Ma mère était chanteuse lyrique classique. On vivait en Algérie Elle est venue accoucher en France. Je suis né en 1925. Comme il y avait des complications, l’accoucheur ne savait pas comment faire, il a donc embarqué ma mère pour la France. Et je suis né à Paris 13e, à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière, avec une surprise : un frère jumeau, Jean. Puis on est retourné en Afrique du Nord.
 
Quelles sont les premières musiques que vous avez entendu ?
De la musique classique. Et ma mère me chantait des berceuses. Mes premiers souvenirs de chansons un peu variétés datent des années 1930, avec la découverte de Charles Trenet. Ma mère avait un phono à manivelle, elle achetait des 78 tours. Elle possédait une série de disques intitulée “Un mois de vacances”, regroupant des chansons de Jean Nohain, Mireille, etc. Avec mon frère, on était bercés par ça. À 8 ou 10 ans, on a commencé à chanter ensemble, à faire les pitres, des imitations, quand on recevait des amis.
 
Vous apprend-on la musique ?
Ma mère ne voulait pas. Elle a compris très tôt qu’on était attirés par ça. Mais comme elle avait connu la crise de 1920/1925 — c’est d’ailleurs pour ça d’ailleurs qu’elle s’était retirée en Algérie — elle ne voulait surtout pas qu’on soit artistes mais plutôt officiers, militaires. « Dans un premier temps, faites des études. Après, vous ferez ce que vous voudrez », nous disait-elle. Donc on a fait des études en Algérie. Puis nous sommes rentrés en France. Mon grand-père était très malade et ce fut la Seconde Guerre mondiale. On n’est jamais retourné en Algérie. Mon grand-père était farouchement anti-allemands. Tout le monde dans ma famille est rentré en résistance très tôt, en juin 1941, dans le réseau Arc-en-Ciel. Mon frère et moi, à 16 ans, on a suivi. On a fait la guerre comme ça. Le réseau a été dénoncé. Une grande partie a été arrêté. Ma mère, mon frère et moi, nous sommes passés entre les mailles du filet.
 
Pendant cette période, vous n’écoutiez pas de musique ?
Ah si, on se passait tout ce qui est américain. On s’amusait juste à chanter comme ça, pour la famille. Il y avait des surprises parties entre les copains. On était frondeurs, on provoquait les Allemands.
 
Aviez-vous déjà commencé une carrière d’artiste ?
Je voulais être comédien. Et il m’est arrivé une anecdote prémonitoire. Fin 1943, on tournait un film le long de la Seine, en face de là où nous sommes actuellement (dans son bureau de la Sacem, à Neuilly-sur-Seine, NDLR). On venait de finir et on revenait prendre le bus. À ce moment-là, il y a eu une rafle. On nous a plaqué contre le mur, les Allemands hurlaient « papiers, papiers ». On savait qu’on était recherchés. Nous avions des fausses cartes d’identités - c’est comme ça que j’ai pris le nom de Demarny - Un soldat vient, regarde nos cartes, ne comprend rien à celles-ci. Il appelle un officier et, à un moment donné, nous dit : « Raus ! Raus ! » Si à ce moment-là, on m’avait dit « dans quarante ans, il y aura une très belle maison en face et tu en seras un jour président », j’aurais pensé : « Ils sont fous ! » Quand je suis arrivé à la Sacem (1) et que j’ai constaté cette vue, je me suis souvenu tout de suite de cet instant où j’avais une mitraillette braquée sur le ventre.
 
Après la guerre vous développez votre carrière d’acteur ?
Je décrochais des petits rôles dans des films. Mais tout de suite après la guerre, on voulait chanter, pour gagner un peu de sous.
Avec Jean, on avait monté un numéro de cow-boys, les Frères Zorro. On arrivait avec des fouets, des masques. Ça n’a pas marché du tout. Puis mon frère se marie. Je me suis retrouvé tout seul. J’ai un impresario. Je fait un peu de théâtre. Le statut d’intermittent du spectacle n’existait pas, on bouffait uniquement lorsqu’on travaillait. Puis mon frère a été malheureux parce qu’il a divorcé. Ma mère nous a dit : « Pourquoi ne remonteriez-vous pas votre numéro ? Pas les Frères Zorro, mais quelque chose où vous chanteriez et dansez ? » Donc, on a monté un spectacle. Mon frère s’est révélé un excellent comique. Il avait une figure en caoutchouc, une gueule marrante. Il avait un don naturel, cette espèce d’aura comique, de faire rire une salle en ne disant rien. En disant juste des mots comme « papa, maman », tout le monde se marrait.
 
Vous les trouviez où, ces chansons ?
Des copains en faisaient. En général, je n’écrivais pas mes chansons à l’époque. J’aurai vraiment dû le faire. J’écrivais des poèmes très jeunes. Tous les copains qui faisaient des chansons me disaient : « Mais la poésie, c’est pas des chansons. » Je n’ai pas pensé à ce moment-là qu’ils avaient peur de la concurrence.
On faisait des chansons un peu comiques, des chansons comiques fantaisies. L’une d’elles s’intitulait Dix kilomètres, elle racontait l’histoire d’un gars amoureux (avec un thème russe). Il était toujours en train de lui courir après une fille. Une chanson complètement stupide mais agrémentée d’une danse que faisait mon frère. De temps à autre, on proposait une chanson sérieuse, qui tranchait complètement. On a ainsi été parmi les créateurs, avant Mouloudji, de Comme un p’tit coquelicot, avec une mise en scène spéciale. C’était une chanson très triste, là mon frère devenait sérieux. Donc on avait un numéro très ouvert.
 
Vous étiez accompagnés par un orchestre ?
C’était avec un orchestre quand on passait à Pacra, l’ABC… Mais quand on chantait en attraction dans les cinémas de Paris et sa banlieue, les petits galas, fêtes des mères, arbres de Noël, on avait juste un pianiste.
 
Le duo fonctionnait bien ?
À l’époque, il y avait des numéros de duettistes qui se mettaient des moustaches, des trucs, etc. Nous, on ne faisait pas ça. On était très bien habillés mais on avait un numéro de clown et d’Auguste, sans maquillage. Moi je faisais le clown blanc, Jean faisait l’Auguste. Quand je rentrais sur scène, je disais : « Mesdames, messieurs, ne faites pas attention à mon frère. Ma mère m’a demandé que je m’en occupe. Il est un peu simplet. » Pendant ce temps, il faisait l’andouille à côté de moi. On faisait des gags visuels aujourd’hui difficiles à expliquer. On avait une petite célébrité. On a écumé toutes les grandes salles, les casinos de France et de Navarre. Sous le nom Les Frères Demarny, “les jumeaux de la chanson”.
 
Avez-vous enregistrez ?
Oui, plusieurs disques chez Pacific. Ça marchait plutôt bien. Mais il y avait des moments creux. Puis sont arrivés le microsillon et le yé-yé vers 1959. À ce moment-là, on se produisait dans un grand cabaret des Champs-Élysées, le Carroussel. On faisait notre numéro comme d’habitude et on voit arriver un gars d’une émission de radio qui nous dit : « Il est formidable, incroyable, votre numéro. C’est marrant, j’ai l’impression que vous faisiez un vieux numéro. » Là, ça a fait tilt. Je me suis dit : « On n’a plus de maison de disques pour nous soutenir. Notre duo existe depuis quinze ou seize ans. Dans l’esprit du public, on est un vieux numéro. Donc on est cuit. » Je dis à mon frère : « Il faut qu’on arrête. » On a fait notre dernier gala à Montrichard, dans le Loir-et-Cher. Puis j’ai travaillé seul en tant que chansonnier. Je racontais des blagues, des histoires. Je suis resté dans le métier, passant dans beaucoup de cabarets, etc. J’ai monté un spectacle avec la femme une danseuse, avec qui j’étais à l’époque. Nous sommes partis au Moulin Rouge de Bruxelles. Le directeur de ce lieu m’a nommé directeur artistique. Je formais tout le monde, j’animais toute la soirée. C’était en 1960/1961. Je faisais des blagues, mon truc de chansonnier. Un jour, arrive un numéro des enfants de Zavata, Lydia et ses deux frères, et leur mère. Un numéro de jonglage. Mais mal présenté, avec des costumes étriquées. Je leu air dit : « Il faudrait régler votre intervention pour la rendre plus moderne. » J’ai monté à titre bénévole leur numéro. Un jour, Lydia a rencontré Jérôme Médrano. Il voulait remplacer son monsieur loyal qui était malade. Elle lui a conseillé de me rencontrer. Je suis allé voir Jérôme, un homme très élégant, distingué. Il m’a fait enfiler la veste rouge avec la queue de pie : « Avancez sur la piste, parlez, annoncez quelqu’un. » Après, il m’a dit : « Je vous engage. Je suis étonné par la facilité avec laquelle vous arrivez. » Bien sûr, j’avais quinze ou vingt ans de scène d’expérience, c’était facile pour moi.
 
Vous étiez Roger Lanzac avant l’heure ?
Exact, c’est ça. Alors il m’a gardé. Le cirque allait très mal. Médrano avait des difficultés et savait qu’il allait être obligé d’arrêter. Il m’a demandé : « Je voudrais quand même finir en beauté. Que pourrait-on faire ? » Je lui propose mon idée : « Le prochain spectacle, vous le faites en tenue de soirée obligatoire. J’assurerai la présentation. » Il m’a dit banco. Les gens arrivaient en smoking, magnifiques. J’avais enregistré un texte on entendait une voix qui disait : « Clown (à ce moment-là, le projecteur s’allumait sur Alex Zavatta), ton cirque meurt. Il ne tient qu’à toi de le réveiller. Tu veux un orchestre ? Demande-le. » Le clown faisait un signe et l’orchestre était éclairé. Et tout apparaissait comme cela. Ça a été un triomphe. J’ai été le dernier monsieur Loyal du dernier voyage de Médrano. À la suite de ça, je me suis retrouvé en difficultés, sans contrat. Un chanteur connaissait très bien Louis Merlin à Europe n°1. Merlin était embêté, il préparait la première tournée du podium de cette radio dans toutes les plages. Il avait besoin d’un avant-courrier. Quelqu’un qui installe les lieux. Merlin m’a dit : « Si vous voulez, vous pouvez organiser cette tournée. » Ce que j’ai fait. L’équipe d’Europe n°1, satisfaite de mes services, m’a rappelé trois jours après : « Le podium vient de partir avec le Tour de France. On n’a personne pour s’occuper des réservations des hôtels. » Je leur dis : « Si vous voulez, je peux gérer cela. » J’ai rejoint le podium d’Europe 1 à Limoges. Là, je suis tombé sur Claude Agnelli, patron des animateurs de cette radio, qui m’a dit : « Mais j’ai besoin d’un gars qui soit avec moi, j’ai plein de jeux. Tu restes avec moi. » Et nous voilà partis tous les deux sur le Tour de France. Pendant celui-ci, il y avait des jeux animés par Jacques Martin, Harold Kay. J’ai dit à Claude : « J’aimerais bien faire un jeu comme ça. Ça ne me paraît pas difficile à faire. » Et j’ai fini par être animateur de jeu avec succès. À l’époque, je suis tombé sur les paroles d’une chanson yé-yé insipide. Je me suis dit : « C’est pas possible qu’on puisse gagner de l’argent en écrivant des conneries pareilles. » J’ai démarré comme ça.
 
C’était vos premières relations avec la Sacem ?
Non, je suis rentré à la Sacem en 1949 avec mon livre de poésie.
À partir de 1958/1959, j’ai la chance d’avoir un ou deux succès de bal avec Marie-José qui avait chanté Adieu mon amour, que j’avais écrit. Et quand j’avais des chansons qui pouvaient aller à quelqu’un, je connaissais beaucoup de monde dans le métier, alors je pouvais téléphoner directement à la personne. Quand j’avais un titre pour Dario Moreno ou Tino Rossi, je leur disais que j’avais une chanson pour eux, ils venaient me voir, ils la prenaient et voilà.
 
Comment a débuté votre épopée avec Enrico Macias ?
Je l’ai rencontre en 1962. Claude Agnelli faisait la programmation des “Musicorama”. Je lui disais : « Il faudrait vraiment faire passer Enrico Macias. » À force, il m’a dit : « OK, t’es gentil, tu me parles plus de ton pied-noir. Je te promets, il fera cette émission. » C’est comme ça que Macias a fait le premier “Musicorama”, avec des vedettes comme Peter, Paul & Mary. Il a joué cinq chansons. Il a mis le feu parmi les spectateurs. Incroyable.
 
Combien de chansons avez-vous écrit pour Macias ?
En 35 ans de carrière, je n’ai jamais compté. Peut-être 300 à 350.
 
Et en tout, combien en avez-vous écrites ?
1 200 à 1 500. Mais certains auteurs ont écrit beaucoup plus que moi. Je préfère toujours dire que sur les 1 200 que j’ai écrites, j’en ai quand même 800 enregistrées à la Sacem. Les chansons dans le tiroir n’ont aucune importance.
 
Quand vous quittez Europe n°1, c’est pour devenir auteur à part entière en plus de votre carrière d’artiste ?
J’avais une bonne voix, du rythme, du charisme, je chantais bien. Mais je ne sais pas me “foutre à poil”. Je suis un homme pudique. Je ne voulais pas tourner dans un métier dans lequel je n’aurais pas évolué parce que j’avais une espèce de pudeur. Et j’étais très bien en coulisse. J’étais ravi de faire chanter les autres.
 

Alors vous faites chanter les autres, et vous prenez des responsabilités au sein de la Sacem…

Quand ça a commencé à rigoler un peu pour moi, que je pouvais enfin vivre de mon travail, Mai 68 arrivait, je me suis dit : « C’est marrant, je rencontre des copains qui me disent “il faut se battre pour le droit d’auteur”. Ce métier m’a remis en selle, je ne peux pas partir comme un voleur. Il faut que je fasse quelque chose pour lui. » En 1970, je suis devenu secrétaire du groupement variétés pendant neuf ou dix ans, tout en étant au comité directeur des variétés. Je me suis passionné pour le droit d’auteur. Autour de moi, on me disait : « Tu devrais te présenter à la Sacem. » Mais je n’y comptais pas du tout. J’ai connu la Sacem quand j’y suis rentré parce que j’avais trois sous à toucher. Après trois tentatives, j’ai été élu au conseil en 1976. Depuis, je n’ai plus quitté le conseil. En plus du droit d’auteur, je me suis intéressé au droit international. Ça a même un peu empiété sur mon métier de créateur.
 
Remise du prix Baxter 2010 à Fabien Veyriras
Votre tendresse pour l’accordéon apparaît quand ?
Elle est là depuis toujours. Quand j’étais chanteur, je travaillais toujours avec beaucoup d’accordéonistes. Je les ai tous connus. J’ai connu Deprince, Murena, Gus Viseur, Émile Prud’homme, bien avant Vacher mais il y a très longtemps. Après, je les ai tous croisés : Verchuren, Aimable, Yvette, j’ai fait le Tour de France avec elle. Après, il y en a plein d’autres aujourd’hui plein de jeunes formidables. J’aime l’accordéon parce que c’est l’instrument qui me met en joie. Allez savoir pourquoi. Dans ma famille, ils se marrent parce qu’ils n’aiment pas tous cet instrument. Mais moi, si jamais je me réveille du mauvais pied et que j’entends papapapa (il chantonne un air d’accordéon, Indifférence NDLR), je suis heureux. Deux choses me rendent heureux : Nat “King” Cole et l’accordéon.
Propos recueillis par Philippe Krümm
(1) : Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique.

 

La photo du lundi : l’accordéon au temps des diligences

par Philippe Krümm


 
 
L’attelage est à la pause, pour M. Magnani photographe à Varallo . Donc une voiture de propriétaire, 4 roues avec un attelage double. Deux cochers et leurs chambrieres . Et surtout 14 gaillards dont deux accordéonistes . Celui de gauche semble avoir un diatonique (mixte ?) Mariano Dallapé (maison fondée en 1876 à Stradella). Alors que celui de droite nous présente un petit quatre rangs chromatique ? Et comme Varallo est dans la province de Vercelli pourquoi pas un Ranco Antonio di Giuseppe, maison fondée en 1890.
De quand date cette photo ? …Certainement du début du vingtième siècle.
Au passage en 1905 Domenico Cavagnolo se lançait également à Vercelli dans la fabrication et nous saluons Guy Fressenon qui aujourd’hui préside à la destinée de la belle marque centenaire. et nous lui souhaitons une belle première année...
 
J’aime cette photo pour l’ambiance qui y règne et en plus elle m’a été offerte par le camarade Robert Crumb alors …Que du bon !

Albert Raisner musicien avant tout

par Philippe Krümm


 
Albert Raisner, né à Paris le 30 sept 1922 est décédé le 1er janvier 2011
Petite rencontre de Bernard Deharbe (ancien rédacteur en chef du magazine "artistes et Variétés") avec cet attachant musicien, accro de l'harmonica, a qui l'on doit également un livre sur l'instrument à anche libre : Le livre de l'harmonica paru en 1961 aux Presses du temps présent.
 
Ma rencontre avec Albert Raisner est pour moi comme un souffle de jeunesse, souvenir d'un temps où je l'appelais encore « Monsieur Raisner ». Le décor : au domicile d'Albert, un grand appartement parisien à Paris, près de la Porte de Saint-Cloud, un jour de juin dernier en pleine canicule.
 
Où es-tu né et que faisaient tes parents ?
Je suis né à Paris dans le dix-huitième arrondissement, vers Montmartre. Mon père était pianiste amateur et m'a donné le goût de la musique. Au lycée, j'étais déjà passionné par elle et le piano. Bach ou Mozart m'intéressaient plus que les chansons entendues à la radio à cette époque, à l'exception de Charles Trenet.
 
Pourquoi t'es-tu mis à l'harmonica ?
C'était l'instrument en vogue. C'était facile pour séduire les filles ! Plus sérieusement, pour faire de la musique, il faut d'abord la mélodie, les harmonies, les accords, comme au piano ou à l'accordéon. On se rodait, on jouait dans les cours un peu partout, à Belleville où ailleurs, et l’on s'est vite fait remarquer. La chance aidant, nous sommes passés au Théâtre de l'Étoile puis à l'ABC, suivi d'une tournée pour l'armée américaine. C'était parti. Puis arriva André Dionnet à la basse, à qui j'ai appris les rudiments de la musique. Par la suite, il maîtrisa bien son rôle. En plus de sa petite taille, il possédait des dons innés de fantaisiste, excellent danseur de claquettes, entre autres. Il apportait un côté burlesque suivant les morceaux utilisés. En 1953, nous avons reçu le Grand Prix du disque avec “Le Canari” de Poliakin. Puis nous avons donné des galas, tourné en France et à l'étranger. C'était aussi l'époque du Club de l'Harmonica que j'avais fondé, rue des Petites Écuries dans la capitale.
 
En 1960, après une douzaine d'années de bons et loyaux services, vous vous séparez. Adieu le Trio Raisner ?
Dix ans auparavant, l'harmonica était en vogue. Nous étions 400 000 harmonicistes en France et soudainement, les goûts ont changés. Le rock'n'roll et la guitare électrique ont pris le devant de la scène. Il fallait s'y résoudre, les temps changent, l'harmonica ne faisait plus recette. J'ai changé totalement de style, à l'opposé de mes expériences précédentes en faisant toutefois de temps à autre un clin d'œil à l'harmonica. J'ai lancé l'émission “Âge tendre et tête de bois” que j'ai animé pendant plusieurs années. J'ai fait connaître à la télé un grand nombre de jeunes artistes : Adamo, Sheila, Richard Anthony, Dick Rivers et tant d'autres. En parallèle, j'animais une autre émission à la radio dite nationale, à l'époque “Feux de joie”, en direct car dans les années 1960, on ne trichait pas !
 
Quelques mots sur la carrière discographique du Trio Raisner ?
J'ai dû enregistrer dans ma carrière au moins trois mille titres et vendu des milliers d'albums chez Polydor, en France, Allemagne ou Autriche, Decca ou Festival.
 
Comment vois-tu l'avenir de l'harmonica ?
Ce ne sera jamais aussi puissant que dans les années 1950 ou 1960, malgré les efforts de notre ami Jean Labre qui a présidé France Harmonica pendant une dizaine d'années. Je souhaite bonne chance à son successeur, le talentueux Jean-Claude Lavergne. Néanmoins, l'harmonica diatonique prend désormais une place importante. Ses performances actuelles où se croisent les dièses et les bémols rappellent maintenant les sonorités proches de l'harmonica chromatique. J'apprécie le talent de Jean-Jacques Milteau, Michel Herblin ou… Jean Labre.
 
Et maintenant, tu dors sur tes lauriers ?
Non, sur un oreiller comme tout le monde !
Propos recueillis par Bernard Deharbre.

La photo du lundi : Ris-Orangis 1984… ..Rien que de la nostalgie !

par Philippe Krümm

 

 
 
 
Voilà donc une petite photo prise lors d’un stage d’accordéon diatonique, lors des grandes heures du folk club de Ris-Orangis.
Le cliché date de 1984 …27 ans…On était jeune, beau et on aimait déjà le diatonique...
Bon, ben, voilà j’ai vraiment des trous de mémoire. J'ai un peu honte…
Alors aidez moi à retrouver tous les noms des présents à ce stage « historique ».


Debout à droite
Philippe Bruneau et Dorothée Hogan
Debout à Gauche votre serviteur et Pascal Cochet
Accroupi Daniel Rouiller

 

 
Et sur les 4 rangs de bas en haut et de gauche à droite
- Premier rang
1 Jean Christophe Lequerré, 2 Bruno Priez, 3 Serge Desaunay, 4 ?, 5 Claude Aubry, 6 ?, 7 ?, 8 Daniel Denechau, 9 ?, 10 ?, 11Christian Juret
 
- Deuxieme rang
1?, 2 ?, 3 Nathy Falgeirac, 4 Michel Pichon, 5 Gilles Poutoux, 6 Sylvain, 7 ?, 8 ?, 9 ?, 10 ?, 11 ?
 
- Troisieme rang
1 ?, 2 Michel Esbelin, 3 Victor Vammale , 4 Joël , 5 ? , 6 ?, 7 Caroline Blin, 8 Denis Levraux, 9 ?, 10 ?, 11 Stéphane Milleret, 12 ?
 
-Quatrieme rang
1 ? 2 ? , 3 ? , 4 ?, 5 Helmut Hohner , 6 Marc Perrone, 7 Luc Aubard, 8 ? , 9 ?, 10 ?, 11 ?, 12 ?,13 ?

 

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