Africolor

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Empire Mandingue..

par africolor Email

Après l’Ethiopie, dont la musique a été fêtée avec éclat par tous les groupes (Badume’s Band, Bruit du [sign], Tigre des Platanes) embrasés par la danse hallucinée d’un Melaku Belay au sommet de son art, retour au cœur du programme d’africolor avec la musique de l’empire mandingue.

Il y a vingt ans, c’est par l’intermédiaire de la communauté malienne installée autour de Saint-Denis que j’ai compris que je programmais un festival d’un type un peu spécial. Le 22 décembre 1989, quand Nahawa Doumbia débarquait à l’aéroport et qu’elle demandait des pièces de monnaie pour pouvoir téléphoner, on ne s’attendait pas à voir le théâtre Gérard Philipe plein à craquer du public malien pour le soir de Noël. Cette communauté, et la relation qu’elle entretient avec les artistes, m’ont fait comprendre comment mener africolor sur toute la Seine-Saint-Denis.

La place de la musique mandingue reste donc toujours très forte pendant le festival. Founé Diarra, une jeune chanteuse de Bamako, ouvre le bal en trio à Pantin mercredi (concert complet).

 

Samedi 19 décembre, au Nouveau Théâtre de Montreuil, rencontre remarquable et délicate entre le quartet de Jacky Molard, violoniste inspiré entouré de musiciens raffinés (Hélène Labarrière à la contrebasse, Yannick Jory au saxophone alto et Janick Martin à l’accordéon) et le trio de Founé Diarra (Alhassane Sissoko au djembé, qu’on a souvent entendu avec Nahawa Doumbia, et Kassim Sidibé au kamele n’goni, qui a joué avec Oumou Sangaré).

En première partie, solo de kora, l’instrument emblématique du Mandé, avec Sambou Kouyaté.


Dimanche, final de cette 21ème édition à la MC93 de Bobigny.



Un final qui s’annonce enfiévré, avec le Quatuor Béla qui fera vibrer ses cordes autour du n’goni de Moriba Koïta, suivi de l’égérie de la transition démocratique au Mali, Djéneba Seck. Le point d’orgue excitant d’une cuvée d’africolor dont on reparlera.


 

Philippe C., le 15 décembre 2009

Photographies :
Djénéba Seck, par Sylla, N'Diale, par Bill Akwa, Sambou Kouyaté par Emmanuel Bles africolor 08, Quatuor Béla, par Hélène Bozzi, Moriba Koïta par Catherine Millet

L'Aventure du temps

par africolor Email

Après une fin de semaine dernière tonique (les Renegades faisant sauter le public de Stains, Sayon Bamba lançant le coupé décalé au Bourget, Houria Aïchi et Cheikh Lounès faisant éclater les youyous à Clichy), africolor entre maintenant dans les aventures inédites. Pour fêter nos 20 ans, j’aurais pu concocter tranquillement une programmation en forme de bilan et inviter les artistes qui ont fait l’histoire du festival (Tony Allen, Femi Kuti, Papa Wemba, Nahawa Doumbia, Oumou Sangaré, Angélique Kidjo ou Cesaria Evora par exemple qui avaient joué dans les toutes premières éditions avant 1995). La nostalgie aurait été au rendez-vous, l’auto-congratulation en prime.

 
Sylvain Kassap et Trio Lolo + par Nestor Da
 
Dans cette période de « crise », c’était sans doute plus reposant. Les commémorations n’étant pas ma tasse de thé, j’ai préféré privilégier les rencontres improbables entre des musiciens que rien ne rapprochait à priori. Rien, sauf le plus important : la curiosité de la musique de l’autre, l’envie de rencontre et de dialogue pour créer un espace de confrontation et d’échange. Cette cinquième semaine d’africolor sera donc ponctuée de tous ces risques musicaux.
  
On vous espère curieux et en nombre pour découvrir ce nouveau répertoire musical qui s’ébauchera en direct. Dès mercredi à 18h30, on en « cause » ensemble à partir de cette citation de Simha Arom (présent à l’Espace 1789 de St Ouen, avec Philippe Nahon, le chef d’orchestre d’Ars Nova, Sylvain Kassap, le compositeur de « La langue d’après Babel », Nicolas Stephan, le leader du Bruit du [sign], Houria Aïchi qui commentera son travail avec l’Hijâz’Car et Jean-Christophe Frisch de l’Ensemble baroque XVIII-21) : 

 

« Même si les musiciens africains n’ont ni écriture ni chef d’orchestre, ils savent parfaitement ce qu’ils font, et chacun d’eux, pour pouvoir jouer ou chanter sa partie, doit évidemment la connaître… Lorsque l’un d’eux la joue seul, je suis à même de savoir ce qu’il fait. Encore faut-il saisir comment cette partie se combine avec celles des autres et trouver le régulateur du temps qui est commun à toutes, c'est-à-dire déterminer le métronome inhérent à la musique, qui traverse, qui strie l’ensemble. »

 

C’est le point de départ de tous les croisements musicaux qui vont nous emmener jusqu’à la fin du festival. Que ce soit à Saint-Ouen vendredi 11 décembre avec Ars Nova, au TGP de Saint-Denis samedi 12 (à 19h!) et dimanche 13 (à 16h!) avec Le Bruit du [sign], le Tigre des Platanes et le Badume’s Band, au Blanc-Mesnil les 14 et 15 décembre avec Farenji et l’Ensemble XVII-21, ou à Montreuil le samedi 19 avec le Jacky Molard Quartet, on partira en quête de ce « métronome » avec Melaku Belay & Fendika, Hawa Sissao, Trio Lolo, Founé Diarra et Etenesh Wassié.
 
Lévitation Azmari, par Pierre Fleygnac
C’est une affaire passionnante, une aventure ébouriffante où il n’est pas question de nostalgie, ni de temps qui passe, mais du présent des musiques. Soyons curieux, échappons au convenu, risquons le voyage pour rejoindre ces défricheurs qui prennent leur destin en main en inventant une nouvelle langue.

Mi-parcours

par africolor Email

Déjà douze concerts derrière nous ; nous sommes maintenant à mi-festival. On ne va pas revenir sur chaque épisode musical de l’itinérance d’africolor, mais une remarque s’impose : vous avez été beaucoup trop nombreux à manquer « L’homme avion » samedi dernier. La rencontre entre le formidable quintet de Vincent Courtois et Ze Jam Afane, le conteur frondeur, a pourtant tenu toutes ses promesses. Je les reprogrammerais donc l’an prochain car il y a des concerts qu’il faut imposer. Surtout quand la proposition musicale illumine les propos en dérapage contrôlé de la panthère noire (Ze signifie panthère en boulou et c’est pour qu’il parte à la chasse au savoir que son père l’a nommé ainsi). Merci à Thomas Bonin, le professeur des chorales du conservatoire de Villepinte, qui a dirigé en douceur une trentaine d’enfants accompagnant du souffle et du chant celui qui croyait que lorsqu’on montait dans un avion, c’était pour aller directement au ciel.

Vous ne pourrez pas manquer par contre les Renegades qui jouent encore deux fois (jeudi à l’Université Paris 13 de Villetaneuse et vendredi à Stains, concert auquel vous pourrez vous rendre en navette spéciale qui part de la Porte de La Chapelle à 19h30) : ils ont fait un triomphe au Sax dimanche. Leur version de Schubert sur bidons et la seconde partie calypso a lancé la furia.

Samedi soir, africolor vous laisse le choix, un choix cornélien comme on les aime ! Au Bourget, c’est Sayon la superbe qui tiendra la scène avec ses compères de Marseille pour lancer le pont avec Conakry, sa ville natale. A Clichy, l’Hijâz’Car emportera sur ses arrangements raffinés l'impeccable Houria Aïchi, avant de laisser la place au chaâbi de Cheikh Lounès Kheloui.

Dernier message : n’oubliez pas non plus le concert à venir du Bruit du [sign] avec Mélaku et Zenash, le couple ébouriffant de danseurs éthiopiens (dimanche 13 décembre) : les répétitions laissent penser que cette cérémonie du café (« Yebuna Seneserhat » en éthiopien) fera date.

Orkès Karousel, Rasinaz, Ahmed Fofana par Emmanuel Bles

par africolor Email

Orkès Karousel : Jean-François Mandrin (sax) et Lulu Nativel (caisse claire)

 

Rasinaz .. En haut à gauche, Mmadi et Nicolas Moucazambo

Christine Salem - Soubi

 Kungobram

Ahmed Fofana et son invitée outre atlantique, Nicole Jones

En clôture de la soirée du 22 novembre à Achères, la Djembéjamsession menée par Jean-Christophe Bénic

3ème semaine

par africolor Email

C’est la troisième semaine d’Africolor, avec six concerts jusqu’à dimanche. Des concerts qui feront valser, de la rumba au calypso et de l’Afrique centrale à Trinidad. 

Démarrage en trombe dès ce mercredi soir avec le Staff Benda Bilili. Pas la peine d’en rajouter sur ce groupe, car on se bousculera à la Dynamo pour pouvoir guincher sur leur rumba déjantée.


Moussa Héma par DArtisD, Le quatuor de griottes et Dédé Saint-Prix
Pour continuer, cap jeudi sur l’école de musique du Pré-Saint-Gervais où chaque année on se délecte à l’écoute, en toute proximité, des musiques acoustiques sans amplification. Au programme, le balafoniste Moussa Héma, passeur d’une musique séculaire qui ferait pâlir Steve Reich, et le pont lancé entre les Antilles et le Mali avec Dédé Saint Prix, et le quatuor de Griottes monté par Fanta Disco.
 
Ousmane Danedjo

 

Jean-Didier Hoareau, Lafous; Corine Thuy-Thi, Tipari

Vendredi nouvelles émergences : avec Ousman Danedjo à Tremblay-en-France, qui malaxe mbalax, chant wassoulou et musiques brésiliennes, pendant que Bondy crée l'évènement en invitant Corinne Thuy Thi et Lafous qui lancent chacun leur tour une version revisitée du maloya.

  

Samedi à Villepinte, jazz et palabres, du Cameroun à l’Afrique du Sud avec le tout en douceur Ze Jam emmené par le violoncelle de Vincent Courtois pour un western électrique, puis Tumi and the Volume, les quatre gâchettes de Johannesburg et leur rap de haute volée ; un prélude à 2010, où les musiciens d’Afrique du Sud viendront en force pour africolor…*

* Une navette aller/retour partira pour le concert à 19h de la Place de la Nation, 2 avenue du Trône devant la brasserie le Dalou. (sans réservation)

 

Dimanche enfin, symphonie pour bidons géants avec les Renegades, véritables champions du steel pan à Trinidad. Une ouverture en costume et nœud papillon pour interpréter Franz Schubert le romantique, suivie d’un deuxième set débordant qui nous mènera en plein carnaval : ska, calypso et rythmes collés serrés.

Six concerts pour enterrer le débat sur l’identité nationale décrétée en préfecture et le changement de couleur du mariage blanc qui passe au gris pour donner des gages à tous les esprits chagrins.

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