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Musique Ndebele (Afrique du Sud)

par Didier Email

L'invité d'honneur de ce Midem 2010 était l'Afrique du Sud, qui a proposé un éventail large de ses artistes lors de la soirée d'ouverture.
Je vous propose de découvrir Nothembi, ici en duo avec Phuzekhemisi.

Solo Ngiyathokoza

Le peuple Ndebele (AmaNdebele) trouve ses origines au 17ème siècle, lorsqu'il a migré de la province du Natal (région Nguni du KwaZulu-Natal), jusqu'au nord de Pretoria (Tshwane) sous la conduite du Roi Musi, avant de se fragmenter suite à la dispute de ses 5 fils lors de la succession.

De son vrai nom Peki Emmelinah "Nothembi" Mkhwebane, cette artiste est considérée comme la Reine de la musique Ndebele actuelle.
Dans les années 60, alors qu'ils travaillaient aux champs, sa grand-mère et d'autres membres de sa famille lui ont appris à jouer des instruments traditionnels Ndebele (isikumero, sorte d'arc à bouche monté sur une flûte de roseau - cf. image ci-desssous, l'isidonodono [une forme de Mbira spécifiquement féminin ou piano à pouces métallique ?] et la percussion iingubhe) ainsi qu'une guitare réalisée avec un bidon d'huile.

Nothembi - isikumero

En 1977, elle part travailler à Pretoria, où elle s'achète un clavier et une guitare acoustique. Elle commence à composer des chansons.
A partir de 1980, elle forme un groupe "Nothembi Nezelamani Zakonomazyana", que l'on peut librement traduire en "les frères du clan de Nothembi", qui se produit dans de nombreuses cérémonies tradionnelles et soirées culturelles.

En 1994, Nothembi crée sa propre maison de disques pour aider des artistes locaux dans les zones rurales. Cette même année, elle est conviée à jouer pour la cérémonie d'investiture de Nelson Mandela comme Président.

Voir d'autres artistes sud-africains présentés lors de cette soirée sur KoToNTeeJ.

Références complémentaires : Traditional music of South Africa par Laurie Levine (Drumcafé)

Ali Farka Touré et Toumani Diabaté : leur dernier album...

par Didier Email

5 ans après leur 1er album "In the Heart of the Moon", qui leur avait valu un Grammy Award, et 3 ans après le décès d'Ali Farka Touré, sortira en février 2010 un nouvel album réunissant ce grand bluesman et le joueur de Kora Toumani Diabaté.

Tout simplement nommé "Ali & Toumani", il fut enregistré en 3 jours à Londres en 2005 et c'est le dernier enregistrement d'Ali Farka Touré.

Voici la bande annonce

Lire la suite sur KoToNTeeJ.

Sauvons les instruments en voie de disparition...

par Didier Email

Lors du Womex qui vient de s'achever, j'avais prévu d'assister au showcase de Mamane Barka, que j'avais croisé dans le hall de l'hôtel avec son instrument étonnant. Malheureusement, un rendez-vous plus long que prévu m'en a empêché. Je me rattrape en vous le présentant ci-dessous.

Biram

Malam Mamane Barka est considéré comme le dernier maître traditionnel du (de la ?) Biram. C'est un instrument traditionnel utilisé dans la tribu Boudouma, des pêcheurs nomades qui vivent en bordure du lac Tchad, à l'est du Niger.
Le Biram est une sorte de harpe à 5 cordes, dont la forme évoque une pirogue, comme celles utilisées sur le lac. Seuls les initiés ont le droit d'en jouer...

Mamane Barka - biram

 

Les jeunes générations n'étant plus intéressées par cet instrument, il ne restait qu'un seul vieux maitre sur l'île Boudouma. Lorsque Mamane Barka, déjà musicien et lui-même un nomade de la tribu Toubou, eut connaissance de l'instrument, il décida de s'installer auprès du vieux maitre, d'apprendre la langue locale et le jeu du Biram.
Une bourse de l'UNESCO lui a permis d'atteindre son rêve : sauver cette harpe sacrée de l'oubli.

Après bien des rituels de purification, le vieux maitre accepta de réaliser son initiation et de lui transférer les chants mystiques traditionnels. Comme Mamane Barka était un fils des dunes, le vieux maitre lui offrit son dernier Biram en cadeau. Ecoutez...

Puisque ce billet est consacré aux instruments étonnants (pour lesquels j'avais déjà commis quelques billets sur mon autre blog - cf. le lien) , en voici un second...

Les Timbila

Toujours lors du Womex, j'ai diné avec un producteur et manager de Maputo au Mozambique. La conversation ayant dérivé vers les musiques traditionnelles, il m'a parlé longuement du Mbila (Timbila au pluriel), forme de xylophone que l'on ne trouve que dans une région de son pays. Voici ce que j'ai pu trouver à ce sujet.

 

Extrait du site de l'UNESCO

Les communautés Chopi, établies principalement dans la province d’Inhambane, dans le sud du Mozambique, sont réputées pour leur musique orchestrale. Leurs orchestres sont composés de cinq à trente xylophones en bois appelés timbila (mbila au singulier), de tailles et tonalités différentes. Les timbila sont des instruments en bois, confectionnés et accordés avec le plus grand soin. Ils sont fabriqués en mwenje, un arbre à croissance lente dont le bois a une grande résonance. Chaque lame de bois repose sur une calebasse qui fait office de résonateur. Elle est solidement fixée à l’aide de cire d’abeille et imprégnée d’huile de nkuso, conférant à l’instrument sa riche sonorité nasale et ses vibrations caractéristiques. Les musiciens sont aussi bien des maîtres que des apprentis de tous âges, les enfants jouant aux côtés de leurs grands-pères. Chaque année, plusieurs nouveaux morceaux sont composés et interprétés lors de mariages et autres événements sociaux. Les rythmes, à l’intérieur de chaque thème, sont extrêmement complexes si bien que le musicien exécute souvent des rythmes différents avec chaque main. Les compositions, qui durent près d’une heure, alternent des solos et des parties orchestrales sur différents tempos. Des danses timbila associées à la musique sont exécutées par deux à douze danseurs devant l’orchestre.

Tout concert de timbila commence par le m’zeno, un chant solennel entonné par les danseurs que les musiciens accompagnent en sourdine sur un rythme lent. Les textes, empreints d’humour et de sarcasme, évoquent des problèmes sociaux contemporains et rendent compte des événements survenus au sein de la communauté.

La plupart des joueurs expérimentés de timbila sont âgés. Si plusieurs maîtres ont commencé à former de jeunes musiciens et ont intégré des filles dans les orchestres et groupes de danse, les jeunes perdent de plus en plus le contact avec ce patrimoine culturel. En outre, la déforestation raréfie le bois nécessaire pour produire la sonorité particulière de ces instruments.

Il semblerait que certains artistes intègrent désormais cet instrument dans leurs compositions.

 

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