Babel Blog Music

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Tags: niger

Sauvons les instruments en voie de disparition...

par Didier Email

Lors du Womex qui vient de s'achever, j'avais prévu d'assister au showcase de Mamane Barka, que j'avais croisé dans le hall de l'hôtel avec son instrument étonnant. Malheureusement, un rendez-vous plus long que prévu m'en a empêché. Je me rattrape en vous le présentant ci-dessous.

Biram

Malam Mamane Barka est considéré comme le dernier maître traditionnel du (de la ?) Biram. C'est un instrument traditionnel utilisé dans la tribu Boudouma, des pêcheurs nomades qui vivent en bordure du lac Tchad, à l'est du Niger.
Le Biram est une sorte de harpe à 5 cordes, dont la forme évoque une pirogue, comme celles utilisées sur le lac. Seuls les initiés ont le droit d'en jouer...

Mamane Barka - biram

 

Les jeunes générations n'étant plus intéressées par cet instrument, il ne restait qu'un seul vieux maitre sur l'île Boudouma. Lorsque Mamane Barka, déjà musicien et lui-même un nomade de la tribu Toubou, eut connaissance de l'instrument, il décida de s'installer auprès du vieux maitre, d'apprendre la langue locale et le jeu du Biram.
Une bourse de l'UNESCO lui a permis d'atteindre son rêve : sauver cette harpe sacrée de l'oubli.

Après bien des rituels de purification, le vieux maitre accepta de réaliser son initiation et de lui transférer les chants mystiques traditionnels. Comme Mamane Barka était un fils des dunes, le vieux maitre lui offrit son dernier Biram en cadeau. Ecoutez...

Puisque ce billet est consacré aux instruments étonnants (pour lesquels j'avais déjà commis quelques billets sur mon autre blog - cf. le lien) , en voici un second...

Les Timbila

Toujours lors du Womex, j'ai diné avec un producteur et manager de Maputo au Mozambique. La conversation ayant dérivé vers les musiques traditionnelles, il m'a parlé longuement du Mbila (Timbila au pluriel), forme de xylophone que l'on ne trouve que dans une région de son pays. Voici ce que j'ai pu trouver à ce sujet.

 

Extrait du site de l'UNESCO

Les communautés Chopi, établies principalement dans la province d’Inhambane, dans le sud du Mozambique, sont réputées pour leur musique orchestrale. Leurs orchestres sont composés de cinq à trente xylophones en bois appelés timbila (mbila au singulier), de tailles et tonalités différentes. Les timbila sont des instruments en bois, confectionnés et accordés avec le plus grand soin. Ils sont fabriqués en mwenje, un arbre à croissance lente dont le bois a une grande résonance. Chaque lame de bois repose sur une calebasse qui fait office de résonateur. Elle est solidement fixée à l’aide de cire d’abeille et imprégnée d’huile de nkuso, conférant à l’instrument sa riche sonorité nasale et ses vibrations caractéristiques. Les musiciens sont aussi bien des maîtres que des apprentis de tous âges, les enfants jouant aux côtés de leurs grands-pères. Chaque année, plusieurs nouveaux morceaux sont composés et interprétés lors de mariages et autres événements sociaux. Les rythmes, à l’intérieur de chaque thème, sont extrêmement complexes si bien que le musicien exécute souvent des rythmes différents avec chaque main. Les compositions, qui durent près d’une heure, alternent des solos et des parties orchestrales sur différents tempos. Des danses timbila associées à la musique sont exécutées par deux à douze danseurs devant l’orchestre.

Tout concert de timbila commence par le m’zeno, un chant solennel entonné par les danseurs que les musiciens accompagnent en sourdine sur un rythme lent. Les textes, empreints d’humour et de sarcasme, évoquent des problèmes sociaux contemporains et rendent compte des événements survenus au sein de la communauté.

La plupart des joueurs expérimentés de timbila sont âgés. Si plusieurs maîtres ont commencé à former de jeunes musiciens et ont intégré des filles dans les orchestres et groupes de danse, les jeunes perdent de plus en plus le contact avec ce patrimoine culturel. En outre, la déforestation raréfie le bois nécessaire pour produire la sonorité particulière de ces instruments.

Il semblerait que certains artistes intègrent désormais cet instrument dans leurs compositions.

 

En route pour Babel Med Music 2009...

par Didier Email

Du 26 au 28 mars se tient la 5ème édition de Babel Med Music, à Marseille. J’avais participé à l’édition précédente, comme simple visiteur. Cette année, j’ai la chance d’y assister comme « reporter », enfin blogueur surtout… ;-)

Pour ce cru 2009, Babel Med Music semble présager 3 jours très denses, avec entre 1500 et 2000 professionnels des musiques du monde attendus pour le marché professionnel en journée et 30 concerts, qui présenteront des artistes de 20 pays… Un beau plateau dans un lieu étonnant, sur les anciens docks de Marseille, en pleine transformation depuis plusieurs années.

Avant de vous présenter mon programme personnel, petit flashback sur 2008.

L’année dernière, assistant au Midem comme chaque année, je m’étais étonné du peu de présence de la World Music : l’état du marché général de la musique, les coûts inhérents à ce salon annuel et les faibles retours perçus par certains exposants avaient commencé à faire fuir les « petits » producteurs ou éditeurs. Même la Francophonie, malgré son engagement habituel, était une grande absente… A mon interrogation, il m’avait été conseillé de me rendre à Marseille et de visiter Babel Med Music. Ainsi fut fait…

Sur mes 2 jours de présence, j’ai pu croiser quelques labels, découvrir quelques artistes et assister à quelques concerts… Il est vrai qu’avec 3 salles en simultané, on peut goûter un peu de tout, et s’installer lorsque ambiance, musique ou rythmes coulent agréablement au fond de nos oreilles… J’ai ainsi passé un excellent moment avec le groupe Nigérien Mamar Kassey et son chanteur-flûtiste Yacouba Moumouni, excellent ambianceur…

J’ai aussi découvert Amarg Fusion, d’Agadir, au son très rock avec son groove qui allie la tradition berbère aux instruments modernes, ou Ska Cubano.

J’ai surtout pu rencontrer Mo DJ et son Djembeni. Mo, le DJ Malien, ancien vendeur de cassettes à la gare de Bamako, mixe et remixe désormais tout ce qui lui passe sous la main ou presque, que le son soit africain ou non… et si possible les 2 en même temps…

Et cette année, alors ? Bon, pour faire court, la présence au Midem 2009 de World Music était… inexistante ou presque… Donc, Babel Med Music 2009 devenait un point de passage obligé pour mes oreilles affamées… Et, cerise sur le gâteau, me voici sur le blog dédié de Mondomix pour cet événement… avec la casquette de blogueur/reporter… Que du bonheur !

Qu’ai-je donc prévu pour ces 3 jours ? Déjà, en tant que « reporter », je vais tenter de rencontrer artistes et labels, avec bien sûr ma préférence pour tout ce qui s’écoute en provenance de l’Afrique sub-Saharienne… J’ai déjà une petite liste ! Eternel fouineur sur le Web et les réseaux sociaux (ici par exemple), j’ai découvert quelques nouveaux artistes intéressants et je vais donc tenter d’en savoir plus : King Ayisoba du Ghana, Paco Koné du Mali, Kora Jazz Trio, Frédéric Galliano Kuduro Sound System … sans compter tous ceux que je découvrirai sur place…

Et puis, bien sûr, les concerts. J’ai déjà ma petite liste des « à ne pas rater », et j’irai ensuite trainer mes oreilles à droite et à gauche.
Voici mon programme, à priori, et souhaitant qu’il n’y en ait pas trop au même moment :

  • jeudi 26 = Wasis Diop (Sénégal), Sayon Bamba (Guinée) et probablement Novalima (Pérou),
  • vendredi 27 = Frédéric Galliano Kuduro Sound System (Angola), Les Bantous de la Capitale (Congo) et probablement Deba (Mayotte),
  • samedi 28 = Kora Jazz Trio (Guinée / Sénégal) !!!

Joli petit programme en perspective, n’est-il pas ? Et j'irai bien sûr écouter le maximum d'autres artistes.

Bon, j’ai bouclé ma valise, j’ai mon billet de train, mon ordinateur, mon appareil-photo, ma mini-caméra… A demain, pour le début de mon « reportage » ;-)

PS : pour ceux qui veulent découvrir le travail de mon ami Mo DJ, ils peuvent écouter et télécharger (légalement) le mix d’une heure qu’il a réalisé pour la sortie du dernier album d’Amadou et Mariam.