Catégorie: babelmed
Djeli Moussa Diawara, Korafola
J'ai rencontré Djeli Moussa Diawara pour le concert de Kora Jazz Trio lors de Babel Med Music 2009 et depuis nos chemins se sont croisés régulièrement, donnant lieu à des projets en cours de développement.
Djeli Moussa a un parcours musical incroyable : jeune griot traditionnellement formé au balafon (l'instrument de son père), il passe ensuite à la Kora et s'initie tout seul à la guitare. Il suit son demi-frère, Mory Kanté, à Abidjan et accompagne des groupes ou joue avec le sien, tant avec ce dernier instrument qu'avec sa Kora, dans de nombreux hôtels de la place.
Il enregistre son premier album en 1982, connu sous le nom de Yasimika. Les 4 titres de ce 1er opus ont durablement marqué les mémoires des amateurs de musiques du monde, sur tous les continents. Une surprise se prépare autour de cet album, mais chut...
Profitons, d'ailleurs, de ce billet pour saluer la mémoire de Charlie Gillett, écrivain, présentateur de radio à la BBC et musicologue averti, qui vient de nous quitter. Il reparlait régulièrement de cet album, qu'il avait distribué au Royaume-Uni sur son label Oval.
Depuis Djeli Moussa a croisé de nombreux artistes (Ali Farka Touré, Carlos Santana, Manu Dibango, Janice deRosa, Stephan Eicher, Cheick Tidiane Seck, Mayra Andrade...), sur scène et en studio, s'est essayé à des styles variés, bien loin de la tradition Mandingue pure (Flamenco, Blues, Jazz...) sans jamais l'oublier totalement.
De sa rencontre lors d'une tournée avec le guitariste Bob Brozman nait en 2000 l'album Ocean Blues - from Africa to Hawaii.
Retrouvez les tous les 2 ci-dessous en 1999 au Festival Living Treasures en 1999 :
Depuis cette époque, la Kora de Djeli Moussa a bien évolué : elle est passée à 32 cordes, tant en acoustique qu'en électrique. En effet, marqué par ses années de guitare, lors de son retour à la harpe-luth, il lui manquait les gammes mineure et majeure. Il fit alors ajouter les cordes supplémentaires, comme le fit Orphée sur sa lyre, ce qui lui permet de disposer aujourd'hui d'un instrument unique. D'autant qu'il a su développer le jeu correspondant... Bien évidemment, cela ne signifie pas qu'il a oublié la gamme pentatonique et le doigté Mandingue pour autant...
Voici un court extrait d'un solo enregistré ce dimanche 9 mai, lors de la clôture du festival "L'Afrique dans tous les sens", avant le concert de Kora Jazz Trio, qu'il a fondé au début des années 2000 :
Cette reprise de l'un de ses anciens titres, Moya, vous permet de découvrir l'étendue de son jeu avec sa Kora acoustique à 32 cordes et la richesse de sa voix.
Enjoy!
Djeli Moussa a aussi mis en ligne il y a quelques jours, un nouveau clip, destiné aux publics d'Afrique : Guinée Malgache, où est célébrée la rencontre entre la Kora Mandingue et l'accordéon diatonique de Régis Gizavo.
Edition spéciale : Kora Jazz Trio (jour 3 - 27/03/09)
Vous allez me dire qu'il m'aura fallu bien du temps pour terminer mon "reportage" de Babel Med 2009.
Il y a de nombreuses raisons à cela...
Avant de rentrer dans les détails, une petite vidéo publiée par Mondomix et Arte TV de ce concert :
J'ai découvert Kora Jazz Trio pour la sortie de leur 2ème album. A l'époque, je roulais beaucoup la nuit, pour rentrer chez moi en province, et régulièrement j'écoutais FIP qui avait sélectionné le titre "La mer" de Charles Trenet, repris merveilleusement par le Trio. Bien sûr, j'ai couru acheter le CD dès que j'ai pu...
Comme j'ai pu l'expliquer sur mon blog KoToNTeeJ, j'ai grandi au son du Jazz et complété mon éveil musical par les sons d'Afrique très vite. Et plus j'écoute de musique Africaine, plus j'écoute de Jazz... Et bien sûr, lorsqu'un musicien de Jazz revient aux racines de sa musique (Art Blakey...) ou qu'un artiste/groupe Africain confronte son instrument avec des jazzmen Américains (Foday Musa Suso avec Herbie Hancock ou Jack DeJohnette par exemple) ou complète son environnement musical en ouvrant son style vers d'autres variations (Osibisa, Xalam...), on apprécie toute la richesse du crossover s'il est bien maitrisé et qu'il porte ses fruits...
Je ne vais pas jusqu'à dire que Kora Jazz Trio est la quintessence de cette fusion, mais il se dégage des 3 albums, et entre autres des reprises (Thelonious Monk, Charlie Parker ou Ibrahim Ferrer...), un je ne sais quoi auquel je ne peux résister...
Quel ne fut donc mon plaisir, lorsque, ayant prévu de venir assister à ce Babel Med 2009, je découvrais que le Trio serait présent également...
Comme vous le savez, j'étais donc "reporter spécial" de Mondomix lors de cet événement, et j'ai eu la chance (merci Benjamin !) de participer à leur interview sur le stand du magazine avant de les voir sur scène le soir même.
Kora Jazz Trio a été créé par Djeli Moussa Diawara (Kora et chant, Guinée) avec Abdoulaye Diabaté (piano, Sénégal) et Moussa Cissoko (percussions, Sénégal) et a, à ce jour, réalisé 3 albums :
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- Djeli Moussa Diawara est un Griot koriste Guinéen, demi-frère de Mory Kanté, compositeur, chanteur et interprète, innovateur de son art avec une Kora à 32 cordes.
Musicien depuis son plus âge (balafon, guitare), il a croisé la route de nombreux artistes, tels Ali Farka Touré, Bob Brozman, Johnny Copeland ou Stephan Eicher par exemple, et a enregistré son 1er album à Abidjan en 1982. - Abdoulaye Diabaté est un pianiste Sénégalais, esthète du piano sans frontière et diplômé du Conservatoire.
En plus d’avoir été chef de l’Orchestre National du Sénégal, il a eu de nombreuses expériences musicales : Manu Dibango, Mory Kanté, Papa Wemba, Salif Keita, Sekouba Bambino... - Moussa Cissoko, lui aussi Sénégalais, est un Griot maître de la percussion, qui a travaillé avec des artistes aussi divers que Peter Gabriel, Jacques Higelin ou Manu Dibango.
Rentrant à mon hôtel, après cette dernière journée de salon et de concerts, un peu fourbu je l'avoue, je trouve assis dans le lobby Djeli Moussa en conversation avec quelques membres d'un autre groupe musical... Je les salue et suis invité à les rejoindre...
Nous avons passé un long moment à discuter Djeli et moi...
Mais je vous en parlerai dans un autre billet... car c'est une autre histoire...
J'ai commis une courte vidéo avec ma petite caméra Kodak Zi6, bien loin de la qualité de celle présentée en tête de ce billet, la voici...
Vous pouvez retrouver toutes mes autres vidéos sur ma chaine YouTube : KoToNTeeJ
Edition spéciale : FG Kuduro Sound System (jour 2 - 27/03/09)
Le 27 mars, la journée se clôturait par une prestation de Frédéric Galliano et de son Kuduro Sound System :
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Globalement, je fus assez déçu, car nous avons surtout eu droit côté musique à du "Frédéric Galliano" et côté animation sur scène à 4 jeunes ambianceurs (2 filles + 2 garçons) tout autant tchatcheurs que danseurs, s'inspirant du Kuduro...
Kuduro ? Késako ?
Si l'on repart à "l'étymologie" (si, si ! on peut !), Kuduro ou Kuduru, vient du portugais cu duro, donc "cul dur". C'est un genre tant de musique que de danse, créé en Angola par Tony Amado au milieu des années 90, considéré comme le premier exemple de musique électro africaine.
Frédéric Galliano, DJ et producteur émérite, a certainement été l’un des premiers à découvrir le potentiel du Kuduro. S'il a compris comment exploiter cette musique urbaine via Kuduro Sound System en l'intégrant à ses propres mixes, ce que je connaissais sur disque, et qui me réjouissait d'avance, n'est pas réellement ce que nous avons eu ce soir là, même s'il a réussi à faire monter la température de cette fin de 2ème jour. Certaines personnes auraient même quitté la salle, "choquées" de voir les danseuses mettre en avant leur fessier lors de déhanchements rythmés et suggestifs...
Pour revenir à la musique, il y manquait ses racines africaines, ses beats percussifs... remplacés par du DJing bien classique et pas forcément savoureux... (hormis son classique sample de Grace Jones... cf. 2ème vidéo ci-dessous)
Bien sûr, la petite troupe d'ambianceurs apportait son semblant de touche "locale" et tentait de nous convaincre que nous assistions bien à une prestation Kuduro-esque, mais il y manquait les enchainements, les pas de danse "en ligne"... Rien ne sert de se trémousser, si c'est sans chorégraphie... Rien ne sert de crier "KUDURO", si le fond musical en est tellement éloigné...
Voici 3 extraits de ce live du 27 mars, filmé avec ma petite caméra et qui m'a laissé, au final, sur ma faim...
Pour en savoir plus sur les origines du Kuduro...
J’avais emporté avec moi une petite caméra Kodak Zi6. Si sa senbilibilité est très bonne pour l’image, le micro incorporé est un peu faible… Vous pouvez retrouver ces vidéos sur ma chaine YouTube : KoToNTeeJ
Update 09/07/09 : Le clip officiel de Dama S. & KUDURO SOUND SYSTEM "Danse avec moi, Kuduro !" est lancé aujourd'hui et vient compléter la sortie de l'album...








11.05.10 22:17:43, 


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