Internet, politiquement neutre ?
La revue "Books" nous refait le coup du dossier sur Internet. Mais, autant le dossier précédent, paru l'été dernier et intitulé "Internet rend-il encore plus bête ?", était brillant, autant celui-ci, titré "Internet contre la démocratie?" sonne un peu creux. Il n'est constitué en fait que de deux copieux articles. Le premier, à propos de la façon dont les Etats totalitaires, notamment en Biélorussie et en Iran, retournent contre leurs opposants les nouvelles technologies, est confus. Le second, à propos de Wikipedia, est passionnant mais ambivalent. Il mérite tout de même d'être lu, comme les papiers à propos de Garcia Marquez, d'Aung San Suu Kyi ou sur l'Islam en France.

Seule véritable faute de ce numéro, une phrase de l'édito qui énonce qu' "Internet est comme toutes les nouvelles technologies : politiquement neutre". C'est vrai si la politique consiste à choisir entre le PS et l'UMP, les Démocrates et les Républicains, les Conservateurs et les Travaillistes. Mais, si on donne à ce mot un sens plus large, plus proche de son étymologie, c'est malheureusement faux : ces nouvelles technologies viennent clairement du camp de la société de consommation. Elles nous incitent à changer d'outils régulièrement, à voir le monde à travers leur écran, à écouter le monde à travers leurs bruits. C'est ce que je fais, je le reconnais. Mais je n'ai pas oublié qu'il existe ailleurs des sociétés qui vivent en contact direct avec la nature et pratiquent une certaine frugalité. Les nouvelles technologies ne leur sont pas favorables. Le rédacteur en chef de Books semble l'avoir oublié ...
Saint Shane
Avec quelques jours d'avance, c'est un miracle de la Saint-Patrick : Shane MacGowan, le chanteur des Pogues, est de retour. Et en plus avec un single destiné à aider Haïti ! Lire à ce sujet mon article sur Mondomix.

June Tabor
Pour beaucoup sur le vieux continent, le folk anglais reste un territoire inexploré , une forêt foisonnante qui impressionne et que l'on ne sait comment pénétrer. Sur la plate-forme, j'indique parfois des clairières d'où s'échappent d'antiques mélodies. Cette fois, c'est l'un des sommets de cette forêt que je vous conseille de gravir. Désignée sur les cartes sous le nom de "June Tabor", la colinne est constituée des très nombreux enregistrements que la chanteuse a déposés là en 40 ans de carrière.

Au sommet, un fort vent nous apporte les airs de la terre anglaise et la vue est si dégagée qu'on aperçoit les gratte-ciels du jazz et les temples de la musique contemporaine. Mais, si vous souffrez du vertige, ne vous aventurez pas par là : le chant de cette grande dame est parfois abrupt et ses thèmes sont souvent d'une noirceur telle qu'elle pourrait donner aux plus sensibles l'envie de se jeter dans le vide ...

L'OVNI Zazou
J'avoue mal connaître la discographie du prestigieux producteur qu'était Hector Zazou. Je n'ai dans ma discothèque que "Zazou Bikaye", sa collaboration avec un musicien congolais. Mais il m'a suffi de savoir qu'il était tenu en haute estime par mes collègues de Mondomix pour l'imaginer en esthète d'avant-garde, érudit et audacieux. Quelle n'a pas été ma surprise quand j'ai découvert son dernier projet, posthume : un disque de reprises de classiques de lère disco sur un mode orientalisant. J'y ai jeté une oreille déconcertée et, sans détester, je n'ai rien entendu d'absolument extraordinaire. Un connaisseur de l'oeuvre de Zazou pourrait-il me dire comment considérer ce disque ? Comme une pause ludique ? Comme un hommage nostlagique aux mélodies qui ont rythmé les nuits blanches de sa jeunesse ? Comme un projet qui n'aurait peut-être pas abouti s'il n'était pas décédé en 2008 ? De mon côté, le mystère reste entier ...
Levé, levé, Ayiti, levé !
Notre compilation haïtienne continue de provoquer l'intérêt, y compris chez nos amis anglophones. Le service anglophone de RFI a réalisé une belle émission et publié un article à son sujet et le site Moth Magnet renvoie les internautes vers la page de "SOS Haiti". Merci à tous ...
La Nouvelle-Orléans, encore et toujours
A lire : un petit article écrit pour fêter la sortie d'un album exceptionnel du Preservation Hall Jazz Band avec une belle brochette d'invités (Andrew Bird, Pete Seeger, Dr. John, les Blind Boys of Alabama, Ani DiFranco, Steve Earle, Merle Haggard, Richie Havens, Tom Waits, ...).

Incroyable mais vrai
Lu dans le nouveau livre de Damien Millet & Eric Toussaint, "La crise, quelles crises ?" (Editions Aden), ces propos de Lawrence Summers tenus en décembre 1991 : "Les pays sous-peuplés d'Afrique sont largement sous-pollués. La qualité de l'air y est d'un niveau inutilement élevé par rapport à Los Angeles ou Mexico. Il faut encourager une migration plus importante des industries polluantes vers les pays moins avancés. ... L'inquiétude à propos des agents toxiques sera de toute évidence beaucoup plus élevée dans un pays où les gens vivent assez longtemps pour attraper le cancer que dans un pays où la mortalité infantile est de 200 pour 1000 à 5 ans".
Ce qui est désespérant, c'est que Lawrence Summers a été choisi par Obama pour devenir le directeur du Conseil économique national de la Maison Blanche. Tout le monde peut changer, bien sûr. Mais pour décrasser des synapses aussi profondément attaqués par le cynisme, je ne vois que la greffe de cerveau ...

M beaucoup
Vous l'aurez probablement vu dans nos mises en avant de cette semaine : monsieur Meiway fête ses 20 ans de carrière avec un nouvel album baptisé "M20". Joyeux anniversaire, l'ami !

Nom de code : THD
J'ai participé mardi dernier à un débat à propos de l'énigmatique "THD". Derrière ces trois lettres, se cache le "Très Haut Débit", une évolution d'Internet qui va à nouveau changer la donne pour l'industrie musicale, comme pour le reste de l'industrie culturelle (cinéma, littérature, ...). La vitesse de "téléchargement descendant" (action qui consiste à télécharger un fichier depuis le réseau) va être multipliée par 4 et la vitesse de "téléchargement ascendant" (action qui consiste à envoyer un fichier sur le réseau) par plus encore.
C'est là une chance à saisir pour les plates-formes de téléchargement légales, comme la nôtre, les sites de V.O.D. ("video on demand" : location temporaire de films sous la forme de fichiers numériques) ou de streaming (écoute ou visionnage en ligne). Mais l'opportunité est également belle pour les adeptes du partage et du téléchargement illicites : récupérer un album ou un film depuis un site tel que MegaUpload va devenir dans deux ou trois ans une simple formalité. Si, d'ici là, nous n'avons pas convaincu tous les mélomanes de préférer l'offre légale, le téléchargement illicite va encore gagner des points. Ce n'est malheureusement pas le moment de nous reposer !
Alterpresse
Alterpresse, l'agence de presse haïtienne que nous soutenons avec la compilation "SOS Haïti" vient de m'envoyer deux photos de ses anciens locaux pour nous faire comprendre l'ampleur des dégâts. Je vous les transmets ...





17.03.10 16:49:30, 