Le bloc-notes du disquaire (numérique)


Un vendredi soir au Womex (d'autres notes)

par François Email

Au sous-sol, la soirée québécoise commence de façon torride : Joaquin Diaz fait jaillir de son accordéon des merengues endiablées. A ses pieds, les spectateurs dansent un peu comme des pingouins mais ça devrait s'arranger au cours de la soirée ...
Difficile de savoir quoi penser de la malienne Fatoumata Diawara, qui semble noyée dans la foule, coincée qu'elle est sur la plus mauvaise scène du Womex. Une chose est sure : elle mériterait plus d'attentions.
Dans les étages, la danse s'est faite plus fluide, grâce aux rythmes indolents du Sexteto Tabala de Palenque. Avec leurs voix et leurs tambours, ces Colombiens (qui ne sont pas six mais sept) savent décoincer les hanches grippées.

Desert slide
Une stagiaire adepte de la facilité avait un jour traduit "slide guitar" par "guitare diapositive". Ce glissement sémantique ferait sans doute sourire V.M. Bhatt, qui clôture - en ce qui me concerne - cette soirée. Avec lui, ni cliché ni poses. Son nouveau projet, "Desert Slide", est pour paraphraser Robbe-Grillet, un "glissement progressif vers le plaisir". Sa slide guitare (pour être précis, une mohan veena à 19 cordes) sous les doigts, il entraîne cinq musiciens du Rajasthan vers des hauteurs que nous n'avions pas encore atteintes depuis le début de ce Womex.

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