Le bloc-notes du disquaire (numérique)


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Le théorème du 20 / 80

par François Email

Grève de la distribution des journaux hier. Ne trouvant ni Libé ni le Canard, je me suis rabattu pour la première fois sur Bakchich. Et je suis assez déçu. Pas de véritable enquête, une paresse intellectuelle palpable et des plumes qui manquent singulièrement d'inspiration. Le pire est - il fallait s'y attendre - un article sur l'industrie du disque. Son auteur avoue que son texte n'est que la retranscription d'une conversation à une terrasse de café avec un responsable de major. Ces brèves de comptoir nous sont pourtant assénées comme des vérités scientifiques. Notamment le théorème du 20 / 80 : "20% des artistes d'un label font vivre les 80% restants". C'est Alain Bashung qui est cité en exemple, lui qui a entamé "sa carrière en 1966, pour ne connaître son premier succès qu'en 1981". Le pauvre Bashung doit se retourner dans sa tombe. Certes, il a enregistré son premier 45 tours en 1966, à 19 ans, mais il a ensuite travaillé pour d'autres, notamment Dick Rivers, et n'a publié que 3 ou 4 autres 45 tours avant de sortir son premier album solo, "Roman-photo", en 1977. On ne peut donc pas dire qu'une maison de disques l'a porté à bout de bras pendant 15 ans. Au mieux (et il faudrait vérifier), sa maison de disques l'a soutenu à perte pendant 3 ans, de la sortie de "Roman-photo" à celle du single "Gaby, oh Gaby", son premier succès.

Bashung
Mais, surtout, ce type d'exemple n'est plus du tout d'actualité. Les majors ne se préoccupent plus de la carrière à long terme de leurs artistes, elles ne cherchent que des projets profitables à court terme. Les labels indépendants aimeraient avoir les moyens de soutenir des artistes plusieurs années mais elles ne les ont plus. C'est au final aux artistes de financer leurs expérimentations ...
Si les journalistes de Bakchich veulent comprendre l'industrie musicale, qu'ils m'offrent un demi sur une terrasse ensoleillée, je leur raconterai probablement moins d'âneries ...

Joyeux Nobel et encore bananier

par François Email

"Joyeux Nobel et encore bananier" chantait Bashung quelque part sur "Passé le Rio Grande" (avant de glisser "J'annule la manucure, ça lui fera les pieds", encore un coup de Boris Bergman). Je souhaite aux très nombreux lecteurs de ce blog une année bashunguienne : tendrement absurde, poétiquement érotique et inconsolablement drôle ...

Le bon goût des années zéro

par François Email

"Le bon goût, c'est mon goût" disait Dali. Il avait tort : le bon goût, c'est mon goût à moi. Voici donc la liste (dans le désordre) des 10 (+ 1) disques qui m'ont marqué ces 10 dernières années :
Anthony & the Johnsons « I am a bird now »

I am a bird now
Salif Keïta « Moffou »

Salif Keita
Joe strummer « Streetcore »

Joe Strummer
Various artists « Drop the debt »

Drop The Debt
Tiken Jah Fakoly « Coup de gueule »

Tiken
Sufjan Stevens « Come on feel the Illinoise »

Sufjan Stevens
Toto Bona Lokua « Toto Bona Lokua »

Toto Bona Lokua
Massilia Sound System « 3968 CR 13 »

Massilia Sound System
Thomas Mapfumo « Choice chimurenga »

Thomas Mapfumo
Los de Abajo « Cybertropic Chilango Power »

Los de Abajo
Alain Bashung « Dimanches à l'Elysée »

Bashung
Bon, d'accord, il y en a onze. Mais c'est une façon de rendre hommage à Bashung, dont je n'ai pas encore écouté le live, que j'espère bien trouver sous le sapin.

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