Le bloc-notes du disquaire (numérique)


Tags: mexique

Un jeudi soir au Womex (quelques notes)

par François Email

C'est une question de fidélité; j'aurais bien du mal à ne pas aimer un concert de Liber Teran, la voix de Los De Abajo. Pourtant, sa présence ce soir sur la scène du Womex sous son seul nom est une mauvaise nouvelle. Elle sonne le glas de mon groupe de rock mexicain favori. La formation qui l'entoure désormais est tout aussi pléthorique mais le concert pâtit d'un public clairsemé et peu concerné. A la réflexion, outre un public à Copenhague, il manque peut-être à ce nouveau groupe la multiplicité des talents et des univers qui faisait la force des chansons à tiroir de Los De Abajo. A suivre pour en avoir le coeur net ...
A l'étage au dessus, Antonio Zambujo est, comme à son habitude, bon comme du bon vin. Un vrai Bordeaux, tout en rondeurs, disons un Sainte-Croix Du Mont. Parfois, la douleur pointe sous la douceur mais l'ivresse l'emporte toujours. Le fado nouveau est arrivé !

Antonio Zambujo
Petit coup de mou : je n'arrive pas à m'enthousiasmer pour le concert de Yom, l'auto-proclamé "nouveau roi de la clarinette klezmer", à qui je n'ai pourtant rien à reprocher ...
Tiens, il y a des pygmées à Madagascar ? Ah, non, c'est juste Damily qui joue sur la plus mauvaise scène du Womex. Les têtes des musiciens dépassent à peine de la foule massée près d'eux. Damily ? Un groove brisé, haché, qui ferait pourtant danser un unijambiste ...
Les habitués du Womex ne mesurent sans doute pas l'honneur qui leur est fait : Papa Wemba arrive sur scène à l'heure et achève la soirée par un concert plus que décent, ponctué de tubes des années RealWorld ("Yolele", "Show me the way", ... ah, quels souvenirs !) et pimenté par les interventions du guitariste congolais le plus sympathique de la nouvelle génération, Olivier Tshimanga.

L'année du Mexique commence mal ...

par François Email

Après cette année très étrange, censément consacrée à la Russie et aux pays africains "indépendants" (tout est relatif, comme disait Einstein) depuis 50 ans mais pendant laquelle tous les regards ont convergé vers l'Afrique du Sud et pendant laquelle ce sont les Roms qui ont été à la fête ... Après cette année très étrange, donc, l'année 2011 risque d'être plus baroque encore puisque ce sera "l'année du Mexique". Ca tombe bien, c'est un film mexicain qui vient de remporter l' "Abrazo" du Festival du Cinéma d'Amérique Latine de Biarritz. Et pas n'importe quel film : "Revolucion", un film qui évoque l'héritage de la Révolution Mexicaine. Pour cela, dix réalisateurs ont chacun tourné un court-métrage. Parmi eux, Rodrigo Plá (l'auteur du thriller social "La zona"), Carlos Reygadas (l'auteur de "Batalla en el cielo"), Gael García Bernal (acteur craquant chez Alejandro González Iñárritu, Walter Salles, Pedro Almodóvar, Michel Gondry, Jim Jarmusch, ...), Rodrigo García (le fils de Gabriel García Márquez), ... Que du beau linge !


Le film sortira en novembre 2010, pour commémorer les 100 ans de cette révolution, officiellement lancée le 20 novembre 1910. Il sera visible dans de nombreux pays ... mais pas en France, la production ne trouvant pas de distribution sur place. L'année du Mexique commence mal ...  

Accidents de calendrier

par François Email

La « Saison de la Turquie » en France s'achève officiellement fin mars. Mais déjà « l'année de l'Afrique », supposée célébrer les cinquante ans d'indépendance de la plupart des Etats d'Afrique francophone, a commencé. Et une fantomatique « Saison Russe » semble sur le point de démarrer, tandis que des rumeurs annoncent une « Saison du Mexique » pour l'automne. Tout en sachant que les festivals du début de l'été n'auront que les mots « Afrique du Sud » à la bouche ... En bref, c'est la foire d'empoigne dans le calendrier culturo-politique. Pour s'y retrouver, notre plate-forme n'évoquera que les temps culturels qui comptent vraiment. La « Saison de la Turquie » était de ceux-là. Nous en dresserons un premier bilan dès demain avec une compilation exclusive.

Saison Turque

Haute fidélité (1) : Mono Blanco

par François Email

L'un des plus grands plaisirs des disquaires numériques, c'est de pouvoir mettre en valeur des artistes qu'ils admirent depuis longtemps. C'est le cas cette semaine avec Mono Blanco, un groupe mexicain dont les disques reviennent régulièrement sur ma platine depuis plus de 15 ans. En France, on connaît très mal la musique du Mexique et de l'Amérique Centrale. On croit malin de ricaner à propos des mariachis (dont, en réalité, on ne sait pratiquement rien) mais on ignore que d'extraordinaires musiciens traditionnels se cachent dans les villages qui entourent Veracruz. C'est là que règnent la "Negra Graciana" et - surtout - Mono Blanco (en français : "singe blanc"), un groupe qui réunit plusieurs générations de virtuoses du "son jarocho" (un style, rapide, dansant, qui emprunte autant aux cultures amérindiennes qu'à celles de toute la Caraïbe). L'un de leurs nombreux albums vient d'être rendu disponible en numérique. Nous avons donc présenté le groupe dans la case "A découvrir" de la page "Amériques". Un collègue, convaincu par ce qu'il a entendu, m'a proposé de l'y maintenir une deuxième semaine ! Vous avez donc une seconde occasion de découvrir Mono Blanco ...

Mono Blanco

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