Le bloc-notes du disquaire (numérique)


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Un samedi soir au Womex (dernières notes)

par François Email

J'ai peut-être trop traîné dans les bistrots de Barbès. Certainement, même. Du coup, j'ai bien du mal à apprécier le chaâbi algérois s'il n'est pas chanté pour le peuple bruyant et remuant qui l'écoute d'ordinaire (c'est ce que signifie "chaâbi" : "populaire"). Le spectacle du talentueux Kamel El Harrachi me semble perdre tout son charme dans l'atmosphère policée de la grande salle du Womex. C'est dommage. J'espère qu'il décrochera malgré tout des concerts ... 
Au sous-sol, belle plongée dans le blues du Pays de Galles. D'une voix qui évoque celle de P.J. Harvey, une brune au teint pâle chante en gallois les histoires de jalousie et de déchéance les plus gothiques que l'on puisse trouver dans le répertoire traditionnel du Royaume-Uni. Derrière elle, une harpe et une guitare électrique s'entre-déchirent. C'est 9Bach et c'est une belle découverte ...

Bomba Estereo
Je remonte à temps pour voir les Colombiens de
Bomba Estereo entonner leur grand classique, "Fuego", dans une version encore plus énergique que celle de l'album. C'est jeunes gens sont de bienheureux fous, je les laisse à leur folie.
A l'année prochaine, Copenhague !

Un vendredi soir au Womex (d'autres notes)

par François Email

Au sous-sol, la soirée québécoise commence de façon torride : Joaquin Diaz fait jaillir de son accordéon des merengues endiablées. A ses pieds, les spectateurs dansent un peu comme des pingouins mais ça devrait s'arranger au cours de la soirée ...
Difficile de savoir quoi penser de la malienne Fatoumata Diawara, qui semble noyée dans la foule, coincée qu'elle est sur la plus mauvaise scène du Womex. Une chose est sure : elle mériterait plus d'attentions.
Dans les étages, la danse s'est faite plus fluide, grâce aux rythmes indolents du Sexteto Tabala de Palenque. Avec leurs voix et leurs tambours, ces Colombiens (qui ne sont pas six mais sept) savent décoincer les hanches grippées.

Desert slide
Une stagiaire adepte de la facilité avait un jour traduit "slide guitar" par "guitare diapositive". Ce glissement sémantique ferait sans doute sourire V.M. Bhatt, qui clôture - en ce qui me concerne - cette soirée. Avec lui, ni cliché ni poses. Son nouveau projet, "Desert Slide", est pour paraphraser Robbe-Grillet, un "glissement progressif vers le plaisir". Sa slide guitare (pour être précis, une mohan veena à 19 cordes) sous les doigts, il entraîne cinq musiciens du Rajasthan vers des hauteurs que nous n'avions pas encore atteintes depuis le début de ce Womex.

Un jeudi soir au Womex (quelques notes)

par François Email

C'est une question de fidélité; j'aurais bien du mal à ne pas aimer un concert de Liber Teran, la voix de Los De Abajo. Pourtant, sa présence ce soir sur la scène du Womex sous son seul nom est une mauvaise nouvelle. Elle sonne le glas de mon groupe de rock mexicain favori. La formation qui l'entoure désormais est tout aussi pléthorique mais le concert pâtit d'un public clairsemé et peu concerné. A la réflexion, outre un public à Copenhague, il manque peut-être à ce nouveau groupe la multiplicité des talents et des univers qui faisait la force des chansons à tiroir de Los De Abajo. A suivre pour en avoir le coeur net ...
A l'étage au dessus, Antonio Zambujo est, comme à son habitude, bon comme du bon vin. Un vrai Bordeaux, tout en rondeurs, disons un Sainte-Croix Du Mont. Parfois, la douleur pointe sous la douceur mais l'ivresse l'emporte toujours. Le fado nouveau est arrivé !

Antonio Zambujo
Petit coup de mou : je n'arrive pas à m'enthousiasmer pour le concert de Yom, l'auto-proclamé "nouveau roi de la clarinette klezmer", à qui je n'ai pourtant rien à reprocher ...
Tiens, il y a des pygmées à Madagascar ? Ah, non, c'est juste Damily qui joue sur la plus mauvaise scène du Womex. Les têtes des musiciens dépassent à peine de la foule massée près d'eux. Damily ? Un groove brisé, haché, qui ferait pourtant danser un unijambiste ...
Les habitués du Womex ne mesurent sans doute pas l'honneur qui leur est fait : Papa Wemba arrive sur scène à l'heure et achève la soirée par un concert plus que décent, ponctué de tubes des années RealWorld ("Yolele", "Show me the way", ... ah, quels souvenirs !) et pimenté par les interventions du guitariste congolais le plus sympathique de la nouvelle génération, Olivier Tshimanga.

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