A MAN & A MACHINE vol.3
par pat shanga
«If you walk down the street, you can hear a symphony if you listen enough to capture it» Kraftwerk
# Cold Side
<< 01 >> RENÉ HALKETT, DAVID J « Armour »

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Alors tout jeune bassiste post-pubère du groupe gothique qui déferle sur la perfide Albion, Bauhaus, David Jay a l’idée géniale de contacter le peintre et poète René Halkett, l’un des derniers survivants du mouvement viennois des années 20 et 30.
Armé d’un petit magnétophone à cassettes, il enregistre le chantre octogénaire dans son cottage du Cornwell - où il s‘est exilé depuis la seconde guerre mondiale - qui déclame quelques poésies d’une voix chevrotante.
En studio, David Jay mixe les élégies d’Halkett avec une boîte à rythmes minimaliste et une guitare aigrelette et mélodieuse. Le résultat est saisissant, digne des plus beaux « Spoken Words » de William Burroughs ou d’Allen Ginsberg. Publié en 1981 sur le label 4AD, « Armour » sera un des deux titres du premier single de la longue carrière solo de ce bassiste incomparable partagé entre Bauhaus et Love and Rockets. Prochain album de David J à venir sur le label « Le Son du Maquis » à l’automne 2011.
<< 02 >> SUICIDE « Mr Ray »


Suicide, c’est avant tout la rencontre en 1969 de deux démiurges new-yorkais : Alan Vega, sculpteur et galeriste d’art et Martin Rev, jeune pianiste passionné de jazz, déjà lassé de ses expériences de big band.
Fan d’Elvis Presley et de Gene Vincent mais aussi de Silver Apples et de Can, le duo décide d’inventer un nouveau langage musical combinant l’énergie primaire du rock’n roll avec la froideur sophistiquée des machines naissantes. Un concept inédit et intello qui conduit le combo à vivre quelques bonnes années de galère : démos refusées, concerts miteux, publics hostiles. Il faudra la clairvoyance de Marty Thau, l’ancien manager des New York Dolls qui décide de financer le premier album éponyme de Suicide. Sorti en 1977, c’est un électrochoc, un OVNI, un opus cold et radical, qui est conspué et incompris par une presse et un public galvanisé par l’effervescence punk.
Découragés mais toujours enragés Martin Rev et Alan Vega convainquent leur vieil acolyte Rick Ocasek (The Cars) de les produire sur le label franco-américain esthète et émergent ZE Records (Michael Zilka et Michel Esteban).
C’est un nouveau chef d’œuvre. Dix titres, dix pièces maîtresses où figurent Mr Ray et Diamonds, Fur Coat, Champagne. Dans le premier track on retrouve, sur les tourneries syncopées de Martin Rev, la fougue rockabilly d’Alan Vega qui s’autorise même quelques mots en français (« Tu vois rien, Tu crois quoi » ) souvenirs d’une rupture violente avec une parisienne, pour conclure par un long cri orgastique définitif (« Good Bye !!! »).
Plus chaud, plus glamour, « Diamonds » est une croonerie electro-disco où Vega affirme toute sa superbe en déclinant les valeurs bling bling du yuppisme américain.
Quarante ans après sa création le duo éternel joue aujourd‘hui exclusivement ses deux premiers albums sur scène. La presse et le public désormais transgénérationnel l’ont bien dans le culte!
<< 03 >> WIRE « Ambicious »
D’obédience punk à ses débuts avec le mythique album Pink Flag (1977), ce groupe britannique s’oriente vers un son beaucoup plus complexe, plus structuré avec une plus grande utilisation des synthétiseurs. Lyrique et obscur, le style Wire est né. Il atteint ses sommets avec les deux opus suivants « Chairs Missing » (1978) et 154 (1979).
Après quelques années marquées par diverses aventures solitaires et collaborations avec d’autres groupes (Dome, The Emo Diet) les quatre Docteurs Mabuse du son post-punk se retrouvent et signent un album que l’on peut considérer comme un chef d’œuvre : « The Ideal Copy ». A propos de celui-ci un critique anglais écrira « c’est du New Order en robe de bure ».
Ambitious en est l’exemple parfait. Rythmiques percutantes, synthés dynamiques aux effets multiples et inédits et surtout les deux voix, à la fois chaudes et froides, de Colin Newman et Graham Lewis qui se renvoient des « Are you hot ?» comme deux pasteurs anglicans surexcités.
Une extase.
<< 04 >> DAMON EDGE « Alliance of Hearts »





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02.09.11 15:33:06,
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