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A MAN & A MACHINE vol.3 (Cd2)
par pat shanga
# Warm Side
< 01 >> suicide « Diamond, fur Coat, champagne ».jpeg)
Plus chaud, plus glamour, « Diamonds » est une croonerie electro-disco où Vega affirme toute sa superbe en déclinant les valeurs bling bling du yuppisme américain.
< 02 >> cabaret voltaire « warm ».jpeg)


Originaire de Sheffield, bastion sidérurgique du Nord de l’Angleterre, Cabaret Voltaire est composé de Richard H. Kirk et Stephen Mallinder. Empruntant son nom au café dadaïste de Zurich (1916), ce duo électronique s’inscrit dans la mouvance Cold Wave industrielle à l’instar d’autres groupes british comme SPK, Throbbing Gristle ou Test Department. Très actif entre 1978 et 1986, Cabaret Voltaire signe de nombreux albums et maxis qui résonnent comme de véritables manifestes politiques et artistiques.
Warm préfigure tout le son dance électronique, à la fois minimaliste, complexe et orgasmique, qui déferlera en Angleterre à l’aube des nineties, sous l’oriflamme des Rave Parties.
Révérés par la scène électronique actuelle, les deux protagonistes de Cabaret Voltaire, désormais séparés, s’affichent aujourd’hui dans de très rares prestations de Vjaying ou Djaying.
< 03 >> OMD « Bunker soldiers ».jpeg)


Dansant et dynamique, Bunker Soldiers s’inscrit dans la veine synthétique et enjouée des débuts (« Electricity », « No Lege »…). Of All The Things We’ve Made est extrait de l’album – éponyme - le plus expérimental d’OMD (sous-titré « A Cyberspace Tribute to OMD ») qui mixe sons digitaux et samples radio. Une pure merveille d’électro-pop mélancolique où une guitare chorus se fond sur un piano intimiste et larmoyant.
< 04 >> drinking electricity « discord dance »
(1982)


Trio post punk d’Edimbourg composé d’Anne-Marie Heighway (voix), David Rome (guitare, voix) et Paul Edgley (basse). Ce n’est pas par hasard si leur premier single fut une cover d’un des plus grands titres du rock : Shake Some Action, des légendaires Flamin’Groovies. Un hymne à l’action scandé plus tard par les punks. Mettant en application cette volonté d’agir, le trio écossais créera son propre label au nom évocateur « Survival Records » qui deviendra un des labels référents de la minimal techno des années 80 avec des artistes comme Richard Bone ou Tik and Tok.
Simplicité des mélodies et des lignes musicales, séquences épurées, les bottines noires peuvent frémir à nouveau sous les pantalons straight. Le sentier du rebelle mène à la piste de danse. Impossible de résister à la flamboyance pop-disco de cette Discord Dance contenue sur le premier et unique album de Drinking Electricity. Collector.
< 05 >> chris & cosey « driving blind »
(1984)


Emanation de Throbbing Gristle formé à Londres en 1981 composé d’un homme au nom d’espion - Chris Carter - et d’une femme aux yeux bleus immenses dont le nom est inspiré d’un opéra de Mozart « Cosi fan tutte » (Elles font toutes ainsi). Cosey Fanny Tutti quant à elle, ne fait rien comme les autres. Artiste polymorphe, transgressive et radicale, son art est sa vie et sa vie est son art.
Annie Lennox, Dave Stewart et le génial Robert Wyatt (Soft Machine) ont collaboré avec ces pionniers de l’électro-pop moderne et de la glaciation des sentiments. Un Soft Cell version hétéro-sado-maso.
< 06 >> E.M.A.K. (elektronische musik aus koln)« film music »
(1982)


Ce collectif fondé en 1981 autour de Matthias Becker et de son petit studio 8-pistes, se mue en un label qui va éditer les morceaux de l’E.M.A.K..
Ces artistes underground sont aujourd'hui considérés comme un chaînon entre la scène Allemande des années 70 et des groupes comme Tangerine Dream et l’Electro-Pop.
Les membres composant tous séparément, E.M.A.K. explore différents genres musicaux dans une totale indépendance vis-à-vis des modes.
< 07 >> neu « dänzig »
(1986)



Illustre groupe de rock allemand issu d’une scission de la première formation de Kraftwerk, Neu! fût particulièrement actif entre 1971 et 1975. Dans Neu! à l’inverse du futur Kraftwerk les bruits des machines sont faits par l’homme. Frappe hypnotique de Klaus Dinger à la batterie sur laquelle Michael Rother pose ses boucles de guitares séquentielles et ses envolées. Une musique véritablement expérimentale et futuriste fusionnant toutes les avant-gardes, adulée par les punks mais également idolâtrée par les pionniers de la musique électronique et industrielle. Définitivement inclassable…
Dänzig est une ode électro-pop dansante, incroyablement enjouée, qui devait faire partie du dernier album du groupe, enregistré en 1986 mais qui sortit plus de vingt ans plus tard, lorsque la mort de Klaus Dinger (2008) mit fin à une bataille judiciaire sans précédent opposant les membres du groupe au sujet de leurs droits d’auteur.
< 08 >> indoor life « voodoo »
(1981)


Formé en 1980, Indoor Life se fait connaître en évoluant dans la scène musicale avant-gardiste de San Francisco, animée principalement par les protagonistes du label Ralph Records (The Residents, Snakefinger, Tuxedomoon). Issus aussi du monde de l’art contemporain, les quatre membres du groupe décident de bousculer les codes en réduisant à néant le rôle de la guitare. Joe Sabella électronifie sa batterie et ses percussions ethniques, J.A Deane joue du trombone traité par des effets électroniques, et Bob Heffnar privilégie une basse fretless. Quant à Jorge Socarras, son approche du chant s’apparente à celle, obsédante et incantatoire, des gourous en transe.
Le titre Voodoo est la quintessence du langage musical singulier d’Indoor Life. Un long manifeste électro-dada de treize minutes où la voix de Jorge, fragile et envoûtante, à la limite de l’asphyxie, est transcendée par une rythmique élastique et des coups de cuivre déchaîné en rut. L’extase absolue.
Indoor Life - Voodoo by CelluloidRecords
< 09 >> los microwaves « tv in my eye »
(1981)


Des intonations de voix qui ne sont pas sans rappeler celles de B 52, de DEVO ou encore de Wall of Voodoo. Dissonances, bruits, fusion techno-punk et désarticulation du corps sur la piste de danse sont leur marque de fabrique.
Un groupe culte pour les groupes cultes. Un No Future version post punk ou new wave déjantée et des interrogations comme « Y’a-t-il une vie après le petit déjeuner ? ».
Dans l’enthousiasme économique des années 80, Los Microwaves ne voient qu’abrutissement des masses, aliénation par le travail et vies qui se consument à consommer.
< 10 >> the flying lizards « steam away »
(1981)
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Sous la houlette du producteur et ingénieur du son David Cunningham, le combo anglais électro-barjot The Flying Lizards se forme en 1979 autour d’un line-up à géométrie variable composé de Steve Beresford et David Toop pour la musique et de Patti Palladin, Deborah Evans et Vivien Goldman pour les voix.
Les deux premiers albums du groupe, l’éponyme The Flying Lizards (1979) et Fourth Wall (1980) affichent le même concept : un délicieux mélange de covers, de standards du rock et de la soul (Money, Summertime Blues d’Eddie Cochran, Move on up de Curtis Mayfield, etc…) et de titres originaux à dominante minimaliste et robotique.
Extrait du deuxième opus, Steam away est un instrumental entre bruitisme jovial et groove discoïd. The Flying Lizards se crashent en 1984.
< 11 >> Bene gesserit « kidnapping »
(1982)



Leur nom est un emprunt à l’ordre Bene Gesserit des cycles de romans Dune de Frank Herbert. Leur line-up est un couple à la ville comme à la scène : B.Ghola alias Alain Neffe (musique) et Benedict G., alias Nadine Bal (voix).
Leur style est singulier, inimitable : une electro-pop ludique et spontanée, laissant une grande place à l’improvisation et à l’humour, fabriquée à partir de petits synthés casios et de jouets.
Joyeux et dansant, Kidnapping s’inscrit dans la mouvance electro-hip-hop smurfisante new-yorkaise. C’est du Tom Tom Club au pays de la Leffe. BeNe GeSSeRiT est sans conteste une des grandes découvertes de ce troisième volume.
< 12 >> the dance « looking for the world »
(1982)



James White, devenu à la scène James Chance, avait décloisonné à la hache avec un titre comme « Contort Yourself », fusionnant No Wave/Funk/Free Jazz et Dance. Cette fusion ouvrira la voie à d’autres artistes et The Dance en fait incontestablement partie. Une chanteuse ultra-sexy, des rythmes provenant de différents genres musicaux, l’heure est à nouveau venue de se contorsionner sur la piste de danse.
Looking for the World fait partie de la bande son du film de Claire Danhier sur la No Wave, « Blank City ».
< 13 >> yukihiro takahashi « taxman »
(1994)


A la fin des années 70, le pays du soleil levant dévore économiquement l’hypermarché mondial en l’inondant d’électronique de loisirs.
A la froideur teutonne d’un Kraftwerk où les hommes deviennent des machines vient s’opposer une cinglante réponse japonaise : Yellow Magic Orchestra, réponse du pays de la technologie où les hommes aiment les machines.
De ce groupe émergera le génial Ryūichi Sakamoto mais également Yukihiro Takahashi qui nous rappelle ici son amour pour les Beatles. Cover de George Harisson, Taxman est publié sur l’album Mr YT en 1994.
!! pas de video - ni lien pour le titre "taxman", alors un petit titre de 1985 >> walk to the beat
< 14 >> the android sisters « robots are coming »
(1984)



Au début des années 80, des millions de personnes aux USA écoutent un petit feuilleton radiophonique de trois minutes diffusé quand les gens vont ou reviennent du travail. Ruby: Adventures of A Galactic Gumshoe est produit par une organisation à but non lucratif créée par Tom Lopez dont le but affiché est d’éveiller la conscience des auditeurs à travers un moment de divertissement laissant de vraies questions à méditer. Ruby sera diffusé dans plus de vingt-trois pays. Les Androïd Sisters, créatures musicales de Tom Lopez et Tim Clark, sont allées chercher leur nom dans la nouvelle de Philipp K. Dick qui inspira Blade Runner.
Les Android Sisters sont aussi avant-gardistes qu’une Laurie Anderson qui ne se serait pas prise au sérieux tout en délivrant une intelligente critique sociale. Star Trek épouse Groucho Marx. Avec Robots Are Coming, laissez-vous emmener par une des plus belles intro de la musique électronique. Un chaînon manquant entre Kraftwerk et Yellow Magic Orchestra.
< 15 >> moebius & plank « nordÖstliches gefühl »
(1981)


Conny Plank, mentor de Kraftwerk, et de Dieter Moebius, le co-fondateur de Kluster. L’apport de Conny Plank à la production musicale est colossal. Chef d’orchestre du studio capable de faire dialoguer les machines en intervenant manuellement de manière musicale. Bowie, Eno, Echo & the Bunnymen, Les Rita Mitsouko, Einstürzende Neubauten, Ástor Piazzolla, The Damned, Psychotic Tanks, DAF et Nina Hagen pour n’en citer que quelques uns feront appel à ses services. La musique de Moebius & Plank, joyau intemporel, atteint le sublime par son génie technologique absolu. Conny Plank est mort en 1987 à l’âge de quarante-quatre ans. Dieter Moebius continue sa carrière en solo.
MODE IDÉALE
par pat shanga
// Séduction éléctronique
# MODERNE


Moderne est un groupe Français fondée en 1979 à Tours
Pour le premier album "Moderne" en 1980, le groupe est formé de Gérard Lévy (compositeur et producteur), Thierry Teyssou (textes et producteur), Bernard Guimond (chanteur) et Patrick Millerioux (Artist vidéaste)

>> moderne "Vers l'Est" 1980 (Arabella)
Pour leur deuxième album "L'espionne aimait la musique" en 1981, Bernard Guimond est remplacé par Dominique Marchetti.


>> moderne "Switch on Bach" 1981 (Arabella)
>> moderne "Jodo-O-Dojo" 1981 (Arabella)
>> moderne "Jodo-O-Dojo" 1981 (Arabella)
Globoïd
par pat shanga
// Sensibilité mécanique
# MECANO

©Kees Tabak
Mecano est un groupe hollandais. Aux coeurs d'Amsterdam, Dick Polak, un intellectuel peintre crée un groupe punk.
Il recrute deux guitaristes Corrie Bolten et Pieter Kooyman, un batteur Tom Lebbink et un bassiste Théo Bolten (frère de Corrie).
La critique est unanime en Europe et aux Etats-Unis.
"Dès le début, Mecano a été bien plus qu'un simple groupe de rock. Il s'agissait davantage d'un concept total, basé autant sur la peinture et la littérature que sur la musique.
Avec toile de fond le surréalisme, l'influence de Majakowsky, les années 20 et 30, le groupe d'André Breton et Paul Éluard, la poésis.." Dick Polak
Le groupe se sépare rapidement après deux concerts mythiques au Gibus en 1981.
Dick en profite pour faire de la peinture, du son et participe à la réalisation du deuxième disque de Minimal Compact avec Marc Hollander de Crammed Discs!

>> mecano "Robespierre Re-Marx" 1983 (Divine)
Dick évoque la révolution française dans les deux titres de ce 45 tours.
En février 82, il décide de remonter Mecano le temps d'un disque. Il en assurera la batterie, Tom Lebink étant devenu chanteur satirique aux Pays-Bas.
// Oriental Wave Rock
# MINIMAL COMPACT

Minimal Compact est un groupe formé à Tel-Aviv, en 1981, par Malka Spigel (Bassite et chanteuse), Samy Birnbach (Chanteur et parolier) et Berry Sakharof ( guitariste et chanteur). Tres vite, ils s'installe à Amsterdam.
Ils seront rejoint en 82 par Max Franken (Batteur) et en 84 par Rami Fortis (guitariste et chanteur).
Ce sont les premiers artistes signé chez Crammed Discs.
Ils mélangent le punk rock, le funk et leurs influences orientales natales..
>> Minimal Compact "Statik Dancin' " 1981 (Crammed Discs)
Samy Birnbach n'est autre actuellement que Dj Morpheus
Ici avec les The Penelopes
Minimal Compact Story dans Tracks/Arte
Dressed in Black
par pat shanga
/// Dark Disco
Comodore 64... into ...goto .... Dance...!
>> Computer "Come and dance" 1977

Un bon petit disque de Disco produit par J.K Porry qui n'est autre que Jean-luc Azoulay un des deux fondateurs de AB production !!!
Une belle curiosité... avec une jolie pochette qui m'a fait un clin de l'oeil dans un vide grenier cet été, loin d'imaginer que j'achetais un disque du producteur de Bioman ou de Rox et Rouky
Autre production de Jean-Luc Azoulay.......*****
>> Love Robot "Slaves of Pleasure" 1978
>> the greens "you want my body" 1984

pas beaucoup d'infos... si vous en avez .... n'hesitez pas!!!!
sur le label Malaco
je vous trouverai de quoi l'ecouter bientôt

>> That Thing "That Thing" 1978

pas d'infos... si vous en avez .... n'hesitez pas!!!!
http://www.artdecade.us/thatthing_thatthing.mp3
À NOTER >> un très bon edit plus facile à trouver de Cosmo Vitelli sur son label I'm a Cliché
MEN MACHINES IMAGES
par pat shanga
/// A MAN & A MACHINE Vol.2 DISC1
Selected by Philippe Pierre-Adolphe & Stephane Ritzenthaler
No Futur, New Futur
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>> SUICIDE "Ghost Rider" 1977
Duo d’artistes vénérés qui ont largement contribué à la redéfinition du champ de l’esthétique rock, Martin Rev et Alan Vega démarrent en 1971 dans la mouvance new-yorkaise bientôt entraînée par Patti Smith, New York Dolls, The Ramones, Television et Talking Heads. Mais c’est en 1977 que Suicide se fait connaître, subissant ainsi l’incompréhension de la presse et des publics en pleine effervescence punk. Véritable homme orchestre, Rev arbore sur scène un clavier froid et violent, impose une musique binaire, répétitive et syncopée, d’où émergent les cris et complaintes magnétiques d’Alan Vega, inspirées des faces b des 45 tours d’Elvis Presley. Le titre « Ghost Rider » qui date de cette année synthétise à lui-seul cette essence minimaliste animale. Dix ans plus tard, Suicide publie l’album A Way Of Life qui, grâce à la participation de Ric Ocasek (The Cars), se farde d’une production glamour et déchirée. « Wil In Blue » qui en est extrait est dominé par cette maîtrise absolue de la technologie signée Martin Rev et sublimée par la voix définitivement rocailleuse et orgastique de Vega. Combo inclassable et pluridisciplinaire, Suicide continuera de hanter encore longtemps les mémoires de nos révolutions technologiques.
>> SHRIEKBACK "Accretions" 1982
Formé par Barry Andrews (ex XTC), Carl Marsh et Dave Allen (ex Gang Of Four), Shriekback se complait avec goût et efficacité dans la fusion d’influences funks, tribales et électro. Un peu à l’instar des Talking Heads, un titre comme « Lined Up » révèle ainsi dans quelle mesure la musique des machines comme celle issue d’instruments plus classiques ont en commun une dynamique répétitive et hypnotique. Paru sur le mini LP Tench, « Accretions » témoigne de cette urgence des débuts, avant que leur groove froid modelé par une basse organique ne laisse plus tard la place à une pop surproduite et plus lyrique.
>> FAD GADGET "Coitus Interruptus" 1980
Fad Gadget est un groupe new-wave créé en 1979 à Londres par Frank Tovey. Son premier album Fireside Favourites, considéré aujourd’hui comme un chef d’œuvre absolu, se distingue par un son ultra synthétique et un contenu technologique avant-gardiste. Extrait de cet opus intemporel, « Coitus Interruptus » contient toute la quintessence de ce style : rythmique percussive déjà traitée en boucle, synthés lyriques et nerveux crachant des textures analogiques inédites, basse tapageuse en avant, et voix sépulcrale baignée dans un humour noir et désespéré. Adulé par les membres de Depeche Mode, Fad Gadget a connu une carrière bien plus confidentielle que celle de ses admirateurs. Souffrant de problèmes respiratoires depuis son enfance, il meurt à l’âge de 45 ans d’une crise cardiaque en 2002.
>> POLYPHONIC SIZE "Party" 1980
Entité musicale d’exception de la scène pop, new wave, et électro belge et européenne, Polyphonic Size est d’abord le projet solo de Roger-Marc Vande Voorde. Bientôt accompagné de Kloot Per W., Martine Bourlée, Ann Vandewalle, et France Lhermitte, le groupe est aussi connu pour ses nombreuses et déterminantes collaborations avec notamment Jean-Jacques Burnel des Stranglers, Daniel B. de Front 242, Luc Van Acker (artiste polymorphe qui a aussi participé aux aventures de Shriekback ou d’Arbeid Adelt !), Jean-Marc Lederman des Weathermen, ou encore Daniel Darc de Taxi Girl. « Space Rejection » est issu de Algorhythmic, leur tout premier EP remarqué par Jean-Jacques Burnel qui produira plusieurs de leurs prochains albums, et dont on entend justement la voix et la basse sur ce « Je T’ai Toujours Aimée » que Dominique A revisitera vingt ans plus tard avec brio et élégance.
>> CABARET VOLTAIRE "Diskono" 1982
Originaire de Sheffield, bastion sidérurgique du Nord de l’Angleterre, Cabaret Voltaire est composé de Richard H. Kirk et Stephen Mallinder. Empruntant son nom au café dadaïste de Zurich (1916), ce duo électronique s’inscrit dans la mouvance cold-wave industrielle à l’instar d’autres groupes british comme SPK, Throbbing Gristle ou Test Departement. Très actif entre 1978 et 1982, Cabaret Voltaire signe de nombreux albums et maxis qui résonnent comme de véritables manifestes politiques et artistiques. Extrait de The Crackdown, « Diskono » en est une illustration parfaite : voix scandées et traitées avec des effets de reverb, diffusant des messages anti-violence et anti-crise économique sur une longue boucle disco-indus, martelée et obsédante.
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>> SNOWY RED "EUROSHIMA (Wardance)" 1988
Hymne indispensable de la new beat de la fin des années 80, « Euroshima » est la face b de « Treat Me », sorti chez Dirty Dance, entre synth-pop et minimal teintée dark wave. Ex punk, Micky Mike autoproduit un premier album éponyme sous le nom de Snowy Red en 1981 et rencontre dès lors un succès critique et public, confirmé au fur et à mesure de sa discographie et de la création d’un véritable groupe actif qui enregistrera notamment dans le studio de ses amis de Tuxedomoon. Prévoyant de relancer l’aventure dans la seconde moitié des années 2000, Marcel Thiel décède en mai 2009 à l’âge de 52 ans. eta> eta> eta> eta> eta> eta> eta> eta> eta> eta> eta>
>> PIL "Carrering" 1979
À la suite d’un premier album diversifiant déjà l’univers des influences des défunts Sex Pistols, John Lydon (ex Johnny Rotten) et Jah Wooble s’accompagnent de Keith Levene et Karl Burns et mettent au point un nouvel opus depuis considéré comme un classique de l’histoire du rock et des musiques urbaines. Présenté sous la forme d’un coffret réunissant trois maxi 45 tours, Metal Box est un florilège d’improvisations et de mélodies avant-garde, portées par un post-punk sage des enseignements de groupes allemands comme Can et Neu !, mais tiraillés par un funk froid, dub étrange et hanté. Titre phare de cet instable chef d’œuvre de Public Image Limited, « Careering » et son synthétiseur criard incarne à lui-seul son esprit tourmenté et audacieux, traversé par la vitesse d’une époque et la fusion de ses éléments.
>> DAF "Als Wär's Das Letzte Mal" 1981
Deutsche-Amerikanische-Freundschaft comme signe de complicité. Peuplée d’uniformes de la US Army, Düsseldorf voit en 1978 la rencontre d’un passionné de Béla Bartok, Robert Görl, avec un punk immigré d’Espagne, Gabi Delgado-Lopez. Le duo signe chez Mute, prend pour modèle Suicide et le transplante à sa manière jusqu’au fin fond des nuits berlinoises. Voix scandée en loop, rythmique percutante issue d’une vraie batterie, et Korg quasi monoton plongent la musique de DAF dans un minimalisme suintant qui se poursuivra dans les albums solos parus au gré de leurs multiples séparations. Refusant systématiquement que leurs titres figurent au sein de compilations, ce A Man & A Machine II fait dès lors figure d’exception.
>> KAS PRODUCT "Never Come Back" 1982
Orchestré par l’exigence sonore de Spatsz et sublimé par le flot haletant à la limite de la rupture et de la syncope de Mona Soyoc, Kas Product est un autre duo français new wave pendant un temps injustement oublié. Très vite salué par la critique, le talent des Nancéiens, avec une dimension peut-être davantage européenne que française, n’est pourtant pas reconnu à sa mesure pendant leur période d’activité. Après une séparation en 1988 et une reformation éphémère au milieu des années 2000, on les retrouve sur diverses compilations et le duo gagne enfin ses lettres de noblesses pour devenir une référence définitive de l’histoire de la new wave. Réalisé pendant les années 80 « Crash » est finalement publié la première année de la décennie suivante, tandis que « Never Come Back », paru sur l’album Try Out (réédité par le label New Rose), est reconnu comme l’un des grands classiques de Kas Product.
>> THE HUMAN LEAGUE "The Black Hit Of Space" 1980
À l’instar de Cabaret Voltaire ou Soft Cell, The Human League est issu de la désespérante ville de Sheffield. Fondé en 1977 par Martin Ware et Ian Craig Marsh (qui s’éloigneront du groupe dès 1980 pour former la British Electric Foundation, puis Heaven 17), le projet The Human League est ensuite mené de front par Phil Oakey qui recrute Joanne Catherall et Susan Ann Sulley aux voix, et Philip Adrian Wright aux claviers. En pleine austérité tatcherienne, la ligue humaine aligne les hits glamours sur fond de pop marxiste, avec pour objectif de nous faire danser et d’exercer notre conscience politique. Après leur séparation au milieu des années 90, ils reprennent du service en 2005 et alternent productions studio et tournées avec la même incandescence.
>> CHARLES DE GOAL "Radio On" 1980
Réussissant à entretenir son anonymat pendant les premières années du projet, le talent de Patrick Blain traverse le temps, reconnu par la scène rock et coldwave au delà même des frontières de l’hexagone. Fin des années 2000, il remet sur pied Charles De Goal et enregistre ainsi son cinquième album sous ce nom, accompagné notamment des membres de Monkey Test, groupe punk dans lequel il officie au milieu de cette décennie. Paru sur l’album Algorythmes sorti en 1980 sur le label émergeant New Rose, « Radio One » est l’année suivante le premier single de cette entité. Il témoigne de la nervosité d’alors, jeté en français, et planté dans l’atmosphère Joy Division et Fad Gadget.
>> MODERNE "Vers l'Est" 1980
Coupable de deux seuls albums, Moderne est un groupe de pop électronique français, originaire de la ville de Tours (centre France), avec aux manettes et aux voix Thierry Teyssou, Gérard Lévy, Dominique Marchetti, Bernard Guimond et Patrick Millerioux. Admirateurs de Kraftwerk, ils partent enregistrer à Düsseldorf sous la direction de leurs idoles Joschko Rudas et Henning Schmitz dans le studio utilisé pour Man Machine. Froid, synthétique, naïf et métallique, Modern est tout à fait représentatif du style de l’époque et de ses évocations SF et romantiques. Sorti en 1980, juste avant l’apparition des radios libres, « Vers l’Est » est soutenu par quelques programmes audacieux, mais ne bénéficiera de quasiment aucune promotion et se retrouvera vite enterré avant d’être exhumé vingt ans plus tard par le label new-yorkais Minimal Wave.
>> SIMPLE MINDS "Real To Real" 1979
Groupe phare des années 80 à l’instar de Depeche Mode , The Cure et U2, Simple Minds sort ses deux premiers albums en pleine euphorie technologique déclenchée par la récente domination des instruments électroniques et l’apparition de nouvelles machines. Même s’il se pare déjà du style flamboyant qui fera leur identité musicale et leur succès mondial, « Real To Real » révèle dans son approche évanescente et torturée les débuts quasi-expérimentaux des Ecossais.
Simple Minds Premonition 1979 >>> (pas trouvé de video de real to real)
>> CRASH COURSE IN SCIENCE "Kitchen Motors" 1979
Né de la rencontre en 1979, de Dale Feliciello, Mallory Yago et Michael Zodorozny, CCIS est toujours sur la brèche, avec une production débridée, autant controversée que respectée. Avec un style volontairement amateur, travaillé entre autres à grands renforts de jouets électroniques, ces étudiants en art enregistrent dès leurs débuts des pièces expérimentales, mais toujours pourvues d’un sens de l’humour et de la légèreté reconnus. Remixé notamment par Vitalic et David Carretta, ces musiciens de Philadelphie continuent d’exercer de leur influence auprès de la scène électro contemporaine. Face b de leur premier single, « Kitchen Motors » préfigure toute une attitude à laquelle des groupes comme Chicks On Speed, CSS ou encore le Tigre peuvent dès lors s’identifier.
Crash Course in Science - Carboard Lamb
Crash Course in Science (face b de Kitchen motors)
>> LAURIE ANDERSON "Sharkey's Night" 1984
Figure importante de la scène new-yorkaise de l’art contemporain à partir des années 70, Laurie Anderson s’intéresse aux dimensions médiologiques des technologies et le rôle qu’elles exercent auprès des sphères socioculturelles. Plutôt attitrée aux productions arty, elle détient malgré elle un succès mondial cosmique avec le titre « O Superman (For Massenet) », qui sort en 1981 et bénéficie du soutien des principaux prescripteurs de musique pop du moment. Déclinant son implication dans la performance multimédia jusqu’à la conception de disques (parfois issus de collaborations avec son complice Lou Reed, mais aussi avec Ryūichi Sakamoto, Hector Zazou, Brian Eno, Philip Glass, David Sylvian, Peter Gabriel et bien d’autres), elle co-signe sur son second album, avec le feu démoniaque William S. Burroughs, « Sharkey’s Night » ; un titre court et nerveux sur lequel le poète beat vient déclamer une poésie insomniaque, frappée d’un groove mécanique et froid.
>> PERE UBU "Blow Daddy-O" 1978
Groupe éternel, adulé et toujours en activité, Pere Ubu est une figure essentielle de l’underground américain, le soleil post-punk et sans concession né des cendres de Rocket From The Tombs qui se donnait déjà pour ambition de révolutionner le rock. Cultivant dans le même élan la confidentialité et les désapprobations commerciales, la musique de David Thomas et de ses musiciens Peter Laughner, Tom Herman, Tim Wright, Allen Ravenstine, Scott Krauss, puis Tony Maimone demeure depuis la fin des années 70 une influence primordiale et régulièrement citée par chacune des générations de musiciens se réclamant de leurs expérimentations et de leurs parti pris. « Blow Daddy-O » est évidemment de cette veine instrumentale et bruitiste, transition vers le dernier titre de Dub Housing, leur LP de 1978, et remise à zéro des compteurs de la musique rock qui se verra redéfinie la décennie suivante par l’apparition de nouvelles performances technologiques.
Pere Ubu - Birdies (Urgh! A Music War)



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