Festival des Musiques Sacrées du Monde - Fès


Tags: amadou et mariam

05 juin : Un samedi soir à Fès

par Mondomix Team Email

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« Venez, essayez ! »

Sur la place Bab Boujloud, proche de l’une des portes d’enceintes de la médina, les familles fassies se préparent à assister au premier concert gratuit du festival : les Issawas de Fès avec le chanteur marocain Abdellah Yaacoubi. La confrérie soufie des Issawas a été créée à Meknès, la ville voisine, par Muhammad Ben Aïssa, appelé par ses fidèles « Le Maître Parfait ». Les musiciens et Abdellah Yaacoubi sont donc très attendus dans la capitale spirituelle du Maroc.

 

 

 

Sur la place, l’ambiance est carrément populaire : vendeurs de glaces et de ballons, jeux de foire, mais aussi plusieurs attroupements qui suscitent notre attention. Ici, un sahraoui propose des médicaments traditionnels à base de sang d’hirondelle, d’œufs d’autruche, de poudres vertes, d’herbes mystiques. Il exhibe un iguane du grand-sud dans une cage et promet des jours meilleurs à tous ceux qui achèteront un sachet d’une drôle de mixture. Un peu plus loin, un loto traditionnel se déroule dans le plus grand sérieux.

 

Enfin, un Sahraoui fait des fortunes en proposant aux passants un jeu apparemment simple: enfiler un anneau maintenu au bout d’une canne à pêche sur des goulots de bouteilles de Coca-Cola ou Fanta. Chronomètre en main, il court d’un bout à l’autre du cercle, reprend les cannes, empoche l’argent et fait la démonstration. Celui qui réussit (malgré le vent qui se lève) empoche cinq dirhams, cinq fois la mise de départ.

 

 

 

 


 

« Allez, marquez ! »

A l’angle, sur la terrasse du café, les hommes ont les yeux rivés sur un petit écran de télévision : le Maroc joue contre la Tunisie en match retour des éliminatoires du Championnat d’Afrique des Nations qui se déroulera au Soudan en 2011. On en est aux prolongations. Mais les Lions de l’Atlas perdent face aux Aigles de Carthage… « Si vous aimez le sport, glisse notre voisin, il faut aller au stade de basket du 11 janvier ». Ce soir il y a un événement exceptionnel : le champion Mustapha Lakhsem, 36 ans, onze fois champion du monde de kick-boxing combat contre un Russe pour le dernier match de sa carrière… Avant d’aller boxer, allons d’abord danser devant la scène Bab Makina.

 

 

Ce soir, pour la première fois au Maroc, Ben Harper devait remonter aux racines de la musique populaire américaine : gospel, blues, folk… Mais la veille de son départ, il s’est cassé le bras en tombant de skate board… En remplacement express, c’est la Bamako connexion qui investit la scène. En première partie Djelimady String Theory, le trio du talentueux guitariste Djélimady Tounkara remonte aux racines du blues. Deux guitares, une basse : simple, efficace et ambiancé. Djélimady descend de scène pour faire danser le public, qu’il trouve sans doute un peu loin de lui dans un morceau salsa endiablé…



 

« Moi, je m’en fous ! »

Amadou Bagayoko et Mariam, les stars du Mali, montent sur scène pour une ambiance fête du village. Ils présentent leur album Welcome To Mali. Ci-dessous la vidéo du morceau Batoma, l’histoire d’une femme qui laisse ses enfants à la maison pour aller, danser, chanter et tchatcher au bar du coin. Ah Batoma, ce n’est pas sérieux… !

 

 

« Lakhsem, Lakhsem ! » !!

Après le concert d’Amadou et Mariam, on a décidé de suivre les conseils du spectateur de Bab Boujloud : direction le gymnase Daumas et le championnat du monde de kick-boxing. Si dans la médina, le public applaudit les Issawas de Fès, dans la ville nouvelle, l’objet du sacré est ailleurs : dans la victoire de son champion.

 

A 36 ans, Mustapha Lakhsem, surnommé « l’hélicoptère » pour ses coups de pieds légendaires a disputé 62 combats et en a gagné 55 dont plus de la moitié par KO. Plusieurs fois champion du monde, il combat ce soir contre le Russe Alexy Rybkin dans la catégorie poids lourd. Le gymnase est plein à craquer et l’ambiance surchauffée.

 

Avant le match crucial, dix combats, dont un combat féminin qui oppose la jeune marocaine Asmae Ouazri, originaire de Casablanca et la championne française Laetitia Lambert. Mais la Marocaine Asmae Ouazri finit par l’emporter après douze combats acharnés de deux minutes. Après un interlude improbable, où des danseurs hip-hop au look punk breakent sur la musique du film Amélie Poulain ( !!), c’est enfin le moment tant attendu par tout le public. 

 

Véritable star populaire, Mustapha Lakhsem a choisi de repousser de deux ans la date de sa retraite, pour ne pas décevoir son public. Hommes, femmes et enfants brandissent son portrait et font claquer des tambours.

Les spots sont braqués sur la sortie des vestiaires, et la star du kick-boxing apparaît, entouré d’une armée de gardes du corps, dans un peignoir de satin siglé de vert et rouge : les couleurs du drapeau marocain.

 

Sur le ring, les deux champions chantent leurs hymnes nationaux. Alexy Rybkin reste concentré, les yeux rivés sur le drapeau russe, tandis que des centaines de personnes entonnent avec Lakhsem l’hymne chérifien. Le combat commence et la tension monte avec le nombre de rounds. A droite du ring, la mère, la femme et toute la famille de Lakhsem assiste à la rencontre. Pour elle, comme pour ces centaines de fans, l’enjeu est immense. Pour le dernier combat de sa carrière, Lakhsem réaffirme sa position de champion du monde de kick boxing. Le Maroc a gagné, le sacre du champion a bien eu lieu.


Soirée kickboxing dans la nouvelle ville

 

 

 

 

 

 

 

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