Festival des Musiques Sacrées du Monde - Fès


Tags: zanzibar

06 juin : Africa spirit

par Mondomix Team Email

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Cette troisième journée du festival des musiques sacrées du monde, se déroule à nouveau sous le signe de l’Afrique, avec sur la grande scène de Bab Al Makina, l’ensemble soufi Mtendeni Maulid de Zanzibar et les Tambours Sacrés du Burundi... Deux approches très différentes du sacré qu’on a hâte de voir se confronter au public de Fès…

Complètement fascinantes en plein jour pendant les balances à Bab Al Makina, des ondulations des dix-huit danseurs de l'ensemble de ZAnzibar, vêtus du kanzu et du kofia, les tenues blanches traditionnelles, appartiennent au rituel du dhikr, un rituel chanté et dansé pour aller à la rencontre du divin.

 

 

 

Avant d’en faire l’expérience, allons découvrir une autre scène, celle d’Aït Skato, à quatre ou cinq kilomètres de là, sur la route de Marrakech. Aït Skato est un quartier des hauts de la nouvelle ville de Fès, coincé entre les quartiers chics et les immeubles récents des cités populaires.

 

Devant la scène, beaucoup de familles et de jeunes attendent le concert du groupe Gnaoua Click, l’une des multiples formations de fusion gnaoua du Maroc. Fondé en 2006, le groupe a été repéré par le festival Boulevard des Jeunes Musiciens de Casablanca la même année. Six garçons dans le vent, qui mélangent la musique gnaoua avec des genres plus contemporains : jazz, rock, ragga, ska, reggae.

Les Gnaoua Click ont délibérément choisi… de ne pas choisir et de tout jouer dans le même morceau. A vingt mètres derrière des barrières de sécurité, les jeunes, chantent, dansent et s’amusent sur cette fusion tous azimuts sympathique mais quand même un peu verte…

 

 

 

Retour à Bab Al Makina, pour retrouver nos soufis de Zanzibar, en plein Océan Indien... Les danseurs et chanteurs se balancent et imitent le mouvement des vagues de l’océan. Ils scandent des prières à l’attention du Très-Haut, et leurs visages, tantôt souriants, heureux, dévots, poétiques ou inspirés font souffler un vent de spiritualité sur le public. L’Ensemble soufi Mtendeni Maulid de l’île de Zanzibar (zenj : noir et bahr : mer en arabe) représente cette confrérie soufie, née de l’arrivée sur l’île au XIXè siècle de Musulmans chiites en provenance du Golfe persique.

 

 

La congrégation du tariqâ Rifaï, arrivée ensuite sur l’île et dont les musiciens sont issus, date du XIIè siècle. Elle est la plus répandue dans le monde arabe, oriental et asiatique. Cette confrérie soufie pratique toujours ses cérémonies de sama (l’écoute et la pratique du chant de manière extatique) et du dhikr (rituel chanté pour aller à la rencontre du divin). 

 

 

Vidéo prise pendant les balances

 

 

Pas le temps de se remettre de nos émotions, que les Tambours Sacrés du Burundi  arrivent sur scène, un à un, portant sur la tête, un tambour sacré taillé dans le bois umuvugangoma, et de l’énergie brute. Au Burundi, pays d’Afrique centrale, voisin de la Tanzanie, du Rwanda et de la République Démocratique du Congo, les tambours sacrés sont bien plus que des instruments de musique. « Ingoma » signifie à la fois « royaume » et « tambour », et au XVI è siècle, les rythmes sacrés cadençaient tous les moments de vie de la cour royale du premier roi Ntare Rushatsi Cambarantama, littéralement, « Le Roi Hirsute ».

 

 

 

 

Depuis 1966, le Burundi n’a plus de roi, mais des présidents. « Aujourd’hui encore, le chef de l’Etat burundais ne peut pas se déplacer sans tambour », explique le porte-parole du groupe. « Et tous les hôtes de marques sont accueillis à l’aéroport par des tambourinaires… ». Sur la scène, chacun devient à son tour chef d’orchestre et initie un rythme différent, qui raconte les funérailles, célèbre la moisson ou le mariage. Symbole de puissance, de bénédiction et du sacré, les tambours ne sont cependant pas autonomes : ils sont complètement reliés au corps acrobate du danseur, qui dirige les quinze tambourinaires… 

 

 Vidéo intégrale du spectacle sur ARTE Live Web

 

 

 

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