Fès - Jazz in Riad Festival 2009

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Clôture du festival : Jazz-Fusion et Jazz-Groove

par Jihane Bensouda Email

 

Dimanche 11 octobre, le festival touche à sa fin. La journée de conclusion de l’événement s’est faite en plusieurs temps.

 

16heures : Création originale avec le « Fes Label Jeunes Musiciens 2009 »

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dimanche après-midi, toujours sous un soleil rayonnant, le Musée Batha ouvrait ses portes aux musiciens Camille Cintas, Laurian Daire et Gérald Portocallis. Respectivement à la batterie, au clavier et à la batterie, le trio de jeunes talents se rencontraient pour une création originale d’une trentaine de minutes.
 
 
 
 
Après avoir présenté une introduction de quelques minutes dans la pure tradition du jazz classique, les musiciens se sont lancés avec brio dans un puissant morceau d’acid-jazz qui les place dans la digne lignée de groupes comme Corduroy ou Headhunters. L’originalité de cette formation, atypique en jazz, ajoutée à la technique dont les trois musiciens font preuve forcent à une reconnaissance plus élevée que celle de jeunes talents, celle de véritables révélations.
 
 

 

16heures30 : Interlude « place à la fanfare » Zéphyrologie

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Juste après le concert des trois Messieurs, le temps d’un changement de scène, les fanfarons de Zéphyrologie prennent place devant la scène pour partager leur jazz funk énergique avec le public.
 
Véritables boute-en-train, les dix musiciens du groupe sont maintenant largement connus à Fes pour avoir su conquérir le public partout où il se trouve. Zéphyrologie a désormais élu domicile à la Médina et au cours de ses déambulations, les gens se laissent inexorablement entraînés par la fièvre joyeusement cuivrée que les musiciens diffusent.
 
 
 
 
Dans l’espace plus restreint de l’avant-scène au milieu du jardin Batha, le groupe était tout aussi convaincant. Il nous a offert une demi-heure d’hymne à la joie aux accents louisianais.
 
 
 

 

17heures : Jazz Flamenco avec « Kader Fahem Hispanica Trio »

 

Le guitariste compositeur Kader Fahem est à raison reconnu comme l’héritier de Paco de Lucia. Sa précision, sa technique et sa sensibilité mélodique légitiment sans conteste la comparaison avec l’un des meilleurs guitaristes du monde.
 
 
Conduit à la basse par Apollo Munyanshongore et à la batterie par Jean-Marc Robin, l’Hispanica Jazz Trio, nouveau projet de Kader Fahem, mêle habilement jazz, flamenco et bossa nova.
 
 
 
 
Les musiciens nous ont offert en exclusivité une heure d’un concert savoureux.
 
 
 
 
 
 
 
 
Adoptant pour la première fois sur scène une guitare électro-acoustique, Kader Fahem a pu mettre en lumière son savant mélange de couleurs orientales et classiques.
 
 
 
La délicatesse du Kader Fahem Hispanica Trio est une véritable invitation à la contemplation poétique.       
 
 

20heures30 : « Musicology , thy name is woman »

 

Laissant la place aux femmes, le concert de clôture du festival était assuré par la sublime organiste  Rhoda Scott et son « Lady Quartet ». Surnommée « l’organiste aux pieds nus » ­ et ceci est véridique, Madame joue sans chaussure ­ Rhoda Scott a obtenu l’an dernier le prix le plus prestigieux du jazz, « le DjangodOr Franck Hagège » (du nom de son fondateur) qui consacre l’ensemble d’une carrière.
 
 
Son Quartet réunit la fine fleur du jazz féminin français. Sophie Alour, lauréate du DjangodOr 2007, catégorie Jeune Musicien, au saxophone ténor, Lisa Cat-Berro au saxophone alto et Anne Pacéo, deux fois nominée au Djangod’Or Jeune Musicien en 2008 et cette année encore, à la batterie.
 
 
Venues distiller leur groove sur la scène du Palais Batha, les quatre ladies ont charmé le public au rythme de leurs compositions ­ Madame Rhoda Scott connaît plus de mille morceaux par cœur et compose la majeure partie de son répertoire ­ ou de leurs reprises.
 
 
 
Ces dernières font d’ailleurs hommage aux plus grands musiciens, du « Tom Thumb » de Wayne Shorter au « Driftin’ » de Herbie Hancock, en passant par « Pistachio », poème composé par le directeur musical de James Brown, Pee-Wee Ellis et « L’Hymne à l’amour » d’Edith Piaf.
 
 
 
 
Les quatre artistes ont su prouver que le jazz n’est pas uniquement affaire d’hommes.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La sixième édition du « Fes, Jazz in Riad festival » est désormais terminée et, sa fantastique programmation qui relève d’un choix minutieux combinée à ses merveilleux lieux d’implantation confèrent au festival la qualité d’être l’un des meilleurs festivals de jazz existants.      
 

 

 

 

Métis Jazz au Palais Batha

par Jihane Bensouda Email

  

Après-midi « jazz coloré » avec Tangora
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Sous la plus haute branche du chêne du jardin Batha, un rossignol chantait. A 16heures, sous un ciel immuablement bleu, la douce et chaude voix de Tangora s’élevait, au cœur du Musée Batha. Pour accompagner Madame, Messieurs Eric Vinceno à la basse, François Laiezau à la batterie et Mario Canonge au piano.
 
 
Avec une énergie contagieuse et une chaleur irrésistible, le groupe entrait en communion non seulement avec le public mais encore avec la nature. L’œuvre de cette dernière a d’ailleurs fait chanter un oiseau comme s’il répondait à l’exquise Tangora.
 
Vestale du « Métis-Jazz », Tangora a affermi, une fois encore, le caractère personnel de son style, l’habile rencontre entre jazz, biguine, calypso ou afro-cubain qu’elle retranscrit un peu plus à chaque morceau.
 
 
 
 
 
 
 
 
D’un hommage au Steel pan, instrument national de Trinidad-et-Tobago et outil majeur du calypso, la philomèle Tangora nous a interprétés, pour le plus grand bonheur du public, la chanson « Ya Habibi Taal Gheyabak » de l’immense Farid El Atrache en déclarant qu’elle ne « pouvait pas venir à Fes sans lui rendre hommage ». Les virtuoses ont enchaîné ensuite avec le titre éponyme de l’album « Colorada », un « hymne au métissage et à la créolité ».
 
 
 
 
 
 
Véritable fil conducteur du festival, le saxophoniste Olivier Temime a rejoint le groupe le temps d’un morceau.
Le directeur artistique du festival, Jean-Claude Cintas a imaginé une maxime « laisse brûler le jazz, à chacune de ses phrases, il nous embrase… » dont on vérifie la véracité davantage à chaque concert et, il émane de Tangora plus qu’un embrasement, un envoûtement.
Madame Tangora et ses musiciens se produiront sur la scène du New Morning, à Paris le 29 octobre.
 
 
 
 
 
Soirée Jazz Méditerranéen avec le Don Billiez Orchestra
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
A la nuit tombée, aux alentours de 20heures30, la même scène du jardin intérieur du Musée Batha accueillait le grand saxophoniste Don Billiez. Avec son orchestre, Arthur Justo Billes à la batterie, Philippe Anicaux à la trompette, bugle, tuba et trombone, Christophe Garreau à la basse, Yves Prevel au piano et Hatef Sedkaoui au chant, le concert de Don Billiez s’ancrait dans la prolongation parfaite d’une journée placée sous le signe coloré du latin-jazz.
 
 
Aux virtuoses succèdent les virtuoses et l’énergie diffusée dans l’après-midi par Tangora précédait celle de la puissante formation du Don Billiez Orchestra.
 
 
 
 
Le concert nous a également offert l’opportunité de découvrir la voix hallucinante de Hatef Sedkaoui, jeune chanteur tunisien, accompagnant merveilleusement les compositions tantôt funk, tantôt jazz, tantôt fusion afro funk latin jazz.
 
 
 
 
 
 
Et, pour ne pas faillir à sa réputation de musicien tellement sollicité qu’il est sur tous les plans, Olivier Themime nous a fait don d’un splendide duo de saxophones avec Don Billiez.
 
 
 
 
 
Une journée plus que festive !        

 

 

 

 

 

Ouverture du "Fes, Jazz in riad festival"

par Jihane Bensouda Email


La capitale Idrisside et première cité du Maroc détient en son sein une magie que l’on pourrait attribuer tout à la fois à son rôle de berceau du soufisme, à son expansion culturelle originelle ou à son caractère insaisissable.

 

La sixième édition du Fes, jazz in riad festival, œuvre séduisante de la fondation Esprit de Fes dont la direction artistique revient à Monsieur Mohamed Kabbaj, sonne comme une mise en abîme de la ville elle-même. Les rencontres de différents styles de jazz incarnés par divers musiciens répondent en écho aux rencontres culturelles qui marquent l’histoire de cette ville. La soirée d’ouverture du festival, vendredi 9 octobre, s’ancrait dans la célébration et le scellement de sa labellisation Django d’Or – Trophées Internationaux du jazz en accueillant le David Reinhardt Trio.

 


Dans le splendide jardin arabo-andalou du Palais Batha, « Musée des Arts et Traditions populaires », sous le mysticisme d’un chêne géant et multi-centenaire, David Reinhardt, petit-fils de Django, muni de sa guitare, ouvrait le bal.

 

Accompagné de l’organiste Florent Gac et du batteur Yoann Serra, le trio a inauguré cette sixième édition en offrant d’abord au public quelques classiques de jazz comme le fameux morceau « Here, that’s a rainy day » (1959) de Jimmy Van Heusen et  Johnny Burke.

 

Une fois le ton donné et la conquête du public assurée, la scène s’est agrandie pour accueillir deux autres musiciens de renom, Jean-Marc Jafet à la basse et Olivier Temime au saxophone. Le Quintet nouvellement constitué, véritable extase mélodique, parsemait d’un ballet de fleurs musicales le jardin aux allures de riad.

 

Si l’héritage familial d’une tradition musicale n’est pas toujours chose facile à gérer tant par l’impression d’un devoir de dépassement de l’autre que par un besoin naturel d’une émancipation créatrice d’unicité, la manière dont David Reinhardt caresse sa guitare relève à la fois d’un « Reinhardtisme » à l’état pur et d’une originalité que nul ne peut lui contester.

 

 

Ainsi, pour paraphraser Jean le Rond d’Alembert, le David Reinhardt Trio et le Festival de Jazz de Fes ont d’emblée su répondre à la question « Qu’est-ce qu’une ouverture ? ». C’est la pièce de musique qui commence un festival et qui doit préparer l’auditeur à ce qu’il va entendre.  

Rencontre avec David Reinhardt :

 

 

 23heures : After-Show au Majestic

 

Le concert a pris fin aux alentours de 22 heures 30 et c’est une petite heure plus tard, à l’intérieur du grand restaurant "Le Majestic" que le groupe Zéphyrologie proposait un After-Show musical.  Composé de dix musiciens, sections cuivres et percussions, la musique de Zéphyrologie est à 35% funky, 35% jazzy, 30% rock et 100% festive. Nous aurons la merveilleuse occasion de les suivre à travers leurs déambulations dans la Médina, mais pour l’heure, nous nous préparons au concert « Métis-jazz » de Tangora dont nous vous donnerons des nouvelles très vite.

 

 

Jihane Bensouda