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J8 : Bled Sound System
Dernière virée dans le quartier populaire de Qamra, pour une soirée encore assez déjantée, sous le signe de la fusion marocaine avec les pionniers Darga et Hoba Hoba Spirit… « I have music, they call it world music, no, no, no, it’s just the music I have… » chantent les Hoba.
Allez hop, un dernier petit tour à Qamra ! Les pionniers de la fusion marocaine sont attendus par environ 40 000 personnes : Darga, puis le Hoba Hoba Spirit, pour danser sur les nouveaux rythmes du bled reggae-raï-gnawa-rock’n’funk ! Darga a fait partie, comme le Hoba Hoba de cette explosion musicale marocaine, dans les années 2000. Originaires de différents quartiers de Casablanca, les musiciens de Darga, ont grandi avec dans les oreilles l’international son du bled de leurs aînés: Raïna Raï, pionniers de la fusion reggae-raï dans les années 80 en Algérie, l’Orchestre Nationale de Barbès et bien sûr les tontons de Gnawa Diffusion. « Tous ces groupes-là nous ont apporté une autre vision de la musique du Maghreb. Quand on était gosses, il n’y avait qu’un seule chaîne de télé et on était obligés de regarder les shows musicaux du samedi soir avec du chaâbi, du hassani (Sahara), du gnawa, du berbère, etc. Du coup, tout le folklore marocain coule dans notre sang. En même temps, on écoutait du Bob Marley, du James Brown, et puis les Raïna Raï… ».
Les potes de quartier décident donc de fonder un groupe et remportent six mois après le second prix du Boul’vard des jeunes musiciens, tremplin de jeunes talents qui a fait émerger toute cette génération de groupes fusion et hip-hop au Maroc. L’année suivante, ils jouent devant des milliers de personnes au festival Gnaoua d’Essaouira. C’est parti, les albums sont distribués de la main à la main, sur le net, et à chaque concert, la foule est toujours plus dense… Ce soir, une foule groove à perte de vue sur le nouveau son du bled de Darga et Hoba Hoba Spirit.
Exploser les codes
La seule façon de diffuser la musique au Maroc serait donc la scène ? Nabil le chanteur de Darga : «C’est très nouveau cette culture de concerts au Maroc. Il y a cinq ans il n’y avait rien du tout à Rabat par exemple. Petit à petit ça prend. En dehors des festivals, il n’y a pas de lieux où on peut jouer, mais t’as vu, le public est là et attend ça avec impatience… ». Reda Allali guitare et voix charismatique de Hoba Hoba Spirit se rappelle de la série concerts organisée exclusivement pour le public féminin sous la bannière d’une marque de cosmétiques « C’était du délire ! Elles étaient entre femmes, donc tout était possible ! J’ai vu des femmes voilées défaire leur foulard pour l’attacher autour des hanches et danser, c’était génial ! Au Maroc, certaines musiques font exploser les codes de la société marocaine, et c’est complètement admis. Le chaâbi ou le gnawa permettent complètement de se lâcher. Par exemple si avec ton gumbri (basse gnaoua ndr), tu joues un certain rythme qui fait appel à un esprit féminin par exemple, toutes les filles vont se mettre à draguer, et dans ce contexte là, ça ne posera de problème à personne… ». Mohamed, chant et gumbri dans le groupe Darga explique que du côté du gouvernement il y a aussi une évolution « Comme on dit ici, mieux vaut faire de la musique que faire des bombes et je pense que tout le monde l’a bien compris. Le gouvernement a vu que la musique est une soupape pour toute la société, et notamment pour la jeunesse. Donc il commence à comprendre que c’est important de soutenir cette nouvelle musique … La vie est dure ici au Maroc. Ca permet de lâcher de la pression… Nous, et d’autres musiciens comme les Hoba, on est fiers de pouvoir dire on est Marocains, voilà la musique qu’on fait. Voilà à quoi ressemble le Maroc aujourd’hui ».//
http://www.myspace.com/dargafusion
http://www.myspace.com/hobahobaspirit



23.05.09 16:02:08,
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