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le FIFDH 2010
Je t'imagine déjà, oh toi le lecteur assidu du blog planqué, au chaud dans ton canapé et la canette de 1664 à bout de bras, ou en bon geek que tu es devant ton écran au boulot en train de prendre ta pause le sandwich rillettes dans la main gauche et la main droite bien ancrée sur la souris, te disant :
" FIFDH 2010...FIFDH, FIFDH, qu'est ce qu'ils ont encore inventé pour nous envoyer voir des films réalisés par des personnes au talent non contestable certes, mais malheureusement seulement connus de leur maman ...bon alors voyons le FIFDH, le Festival International des Fromages De Hollande? ahh nooon, bien sur, les Femmes Infidèles et Fières De l'Hetre...ouai bof...non franchement je ne vois pas, s'il te plait gentil blogueur éclaire ma lanterne!"
Eh bien plus sérieusement, le FIFDH c'est le Festival International des Droits de l'Homme dont la nouvelle édition aura lieu du 9 au 16 mars 2010 au cinéma Le Nouveau Latina à Paris ( 20 rue du temple, 75004).
Une vingtaine de films documentaires ayant pour point commun de traiter du thème général des Droits de l'Homme sont programmés, chaque fois en présence du réalisateur, et accompagnés d'un débat avec la salle et un autre intervenant. Deux jurys composé de journalistes, réalisateurs, membres d'ONG désigneront les meilleurs films dans deux catégories : Documentaires de Création ainsi que Dossiers et Grands Reportages. Sont également prévues deux masterclass ayant pour but de faire parler un réalisateur de son parcours et de son travail afin de transmettre un savoir-faire autour d'un échange approfondi avec le public, ainsi qu'une expo photo sur le conflit qui opposent depuis des années l'Etat et les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) en Colombie.
Ainsi, de L'affaire Coca-Cola traitant du combat de deux avocats américains contre les abus généralisés de grandes multinationales, à la situation actuelle au Guatemala pris dans une importante criminalité urbaine, en passant par la Birmanie ou l'Iran, et encore les Pygmés Bagyéli du Cameroun, c'est à un véritable tour du monde que nous invite ce festival.
Tour du monde des injustices, conflits oubliés, ségrégations, mais également des solidarités nationales ou internationales, de l'espoir et des combats menés dans le but d'apporter un peu d'huile dans les rouages de notre chère vieille planète. Si le spectateur peut sortir de ces projections se sentant plus conscients, plus éveillés, voir plus motivés pour apporter son grain de sel, je crois que le but des organisateurs sera pleinement atteint...
Les mots de Vincent Mercier, directeur du FIFDH, illustrent bien ce projet : " Le festival donne rendez-vous à tous ceux et celles qui ses sentent concernés par la défense des droits de la personne humaine et souhaitent réfléchir sur les moyens d'agir. Nous ne pouvons laisser croire aux héros [...] de ces films [...] que leur histoire n'a pas de sens, que leur lutte est vaine, que leur cri de souffrance se perd dans le vide" .
Vous retrouverez bien sur votre fidèle envoyée spéciale en direct du Festival pour vous faire un débriefing du maximum de séances qu'elle aura eu l'occasion de voir.
A bientot!
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Tout le programme, les informations pratiques, bref tout ce dont vous avez besoin, sont sur le site du festival ou sur le blog des Jeudis du Festival (projections mensuelles organisées en continuation du FIFDH).
Le cinéma tchèque des années 1960
Comme la Nouvelle Vague en France, le Cinema Novo au Brésil ou le Free Cinema en Angleterre, la Tchéquie a connu dés la fin des années 50 un véritable renouveau cinématographique caractérisé par un désir accru de liberté. Mais si la Nouvelle Vague s’est révoltée contre un type de société réactionnaire et contre le « cinéma de papa », c’est contre le totalitarisme et un système de censure féroce que s’est élevé le cinéma tchèque de cette époque.
Nous sommes en effet en plein ère post-stalinienne, où la créativité culturelle est encore synonyme de danger et le contrôle de la création artistique nécessaire pour l’opération de propagande nationale en cours depuis plusieurs décennies..
C’est contre un cinéma sclérosé, que l’on nomme « réaliste-socialiste », et dans un souci de liberté qu’une génération de cinéaste réaliseront des films d’une étonnante ardeur, et d’une grisante liberté. Leurs films sont des critiques acerbes de la société, mais on y retrouve également une légèreté et un grand désir d’humanisme.
Deux facteurs principaux ont permis l’ascension de cette petite dizaine de cinéaste. Tout d’abord la création de l’école publique de cinéma la FAMU (l’Ecole Supérieure de Cinéma de Prague) de laquelle presque tous sont issus, et qui compta parmi ses professeurs de grands noms de la vie culturelle tchèque tel Milan Kundera. Mais c’est principalement la mort de Staline en 1953 et la déstalinisation amorcée par Khroutchev dès 1956 qui commença petit à petit à ouvrir une brèche dans laquelle les artistes ont su s’engouffrer rapidement.
C’est au travers de quelques films que je vous propose un bref aperçu de ce courant important mais sans doute trop peu connu, en espérant que cet humble article saura vous donner l’envie d’en savoir plus !

Le synopsis de ce film est tout simple : nous sommes dans un petit village tchèque, tout ce qu’il y a de plus banal. Avec son facteur, son boulanger, son mignon petit clocher, son instituteur....Quoique l’instituteur ne semble pas si banal, il détonne même dans le paysage. Complètement à contre-pied du quand-dira-t-on et des règles de bienséance traditionnelle, il encourage les enfants de sa classe à développer leur imagination et à rire en écoutant les contes du clochard marginal du village aux grand dam du directeur de l’école et des parents.
Bref, rien de bien extraordinaire..jusqu’à l’arrivée d’une troupe de magiciens ambulants qui prend place dans le village pour une représentation, parmi eux il y a la belle Diana et son chat à lunettes (peut être un clin d’œil à Lewis Caroll) et c’est à partir de là que tout s’emballe.
Si le début du film est cynique quant à la vie des villageois un peu reclus sur eux même, il en reste tendre et dresse un portrait pittoresque de la vie campagnarde tchèque de la première moitié du XXème siècle. L’image des enfants et de leur instituteur est attendrissante, même si l’on sent de l’hostilité à l’égard de ce dernier, cela renforce l’aspect romantique du personnage. Le début du film se développe lentement, dans un climat printanier, les images sont belles, le réalisateur reste conventionnel…tout va bien.
C’est avec l’entrée en scène du chat, et surtout de ses fameuses lunettes, qui permettent la percée aux grands jours de tous les défauts cachés des personnes, que le spectateur se retrouve embarqué dans une folle danse endiablée, aux couleurs psychédéliques, qui l’abasourdi. Le rythme du film change complètement et laisse une sensation assez étonnante. La scène du spectacle est assez longue, et s’achève dans un souffle dionysiaque. Puis le film ralentit petit à petit jusqu’à la fin qui reprend la même temporalité qu’au début..Ambiance printanière etc… etc…
Dans ce film Jasny dénonce les asservissements aveugles aux règles, la morale réactionnaire, et dans la foulée les comportements hypocrites ou complices de l’hypocrisie. C’est une invitation à la résistance créative, au sens critique, que nous offre Jasny.
« Les petites marguerites » de Vera Chytilova sorti en 1966
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Marie I et Marie II sont les deux héroïnes du film de Vera Chytilova. Pourtant on ne sait pas bien s’il s’agit bien de deux personnes différentes ou de deux versions de la même. Marie I est toujours avec Marie II, mais elles ne se distinguent jamais vraiment dans leur continu quête de l’absurde et de la destruction.
La narration du film est totalement déconstruite, on passe d’une scène à l’autre sans logique apparente, les deux filles effectuent des scènes creuses à répétition (ouverture-fermeture d’une porte). Mais en fait la forme du film accompagne et sert le discours sous jacent des petites marguerites.
La rébellion contre le réactionnisme, un fort féminisme, et la déconstruction de tout dans un rapport au monde pourtant très fort rend ce film dérangeant mais en même temps presque hypnotisant.
La dernière scène aux allures orgiesque dans laquelle les deux filles se vautrent dans un buffet bourgeois, faisant de la balançoire sur le lustre au dessus de la table dansant, mangeant, détruisant, pour ensuite essayer de tout remettre en place dans un effort pathétique, donne envie de rire et de pleurer à la fois. On assiste à une véritable profanation de la nourriture qui prend la forme de pourriture, et laisse petit à petit le malaise s’installer.
Ce film s’apparente à une fable, tout en en refusant la forme et les conventions d’écriture, fuyant tout schéma pré-établi. Déroutant et fascinant, drôle et malsain, le film ne se laisse enfermé dans aucun stéréotype et n’en reste que plus attirant.
"L'As de Pique" de Milos Forman sorti en 1964
L'adolescence est un age ingrat...on ne le répètera jamais assez! Tellement ingrat que bien rares sont les films qui arrivent à traiter de cette période de la vie de façon juste et sans tomber dans les clichés. Loin des mélos sentimentaux dans lesquels des caricatures de jeunes boutonneux découvrent les prémisses des travers amoureux à grands coups de roulage de pelles gluantes, ou des films alarmistes sur la dérive de la jeunesse actuelle, parce que bon Dieu c'etait pas comme ça de mon temps quand meme, j'vous le dit moi!!
Il existe donc entre ces deux poles, des films offrant un regard simple et souvent très tendre de leurs personnages en proie avec les affres de l'adolescence .C'est à cette catégorie qu'appartient L'As de Pique de Milos Forman.
En suivant le quotidien de Petr, jeune homme manquant cruellement de confiance en lui, et se livrant aux activités de jeunes de son age ( première expérience dans le monde du travail, premier amour..), Milos Forman retrouve des thèmes qui lui sont chers : le conflit de générations, l'ennui et la lourdeur pesant dans une société gouverné par un régime totalitaire, ainsi que le sentiment d'oppression voir d'étouffement que l'on peut ressentir lorsqu'on est contraint de rester dans un environnement dans lequel on se sent étranger.
Ce n'est pas le film de Milos Forman que j'ai préféré, mais il reste un beau film à voir pour le tableau de la jeunesse citadine tchèque de cette époque qu'il nous offre, ainsi que pour la beauté de sa réalisation tout en simplicité et véracité.

- Pour en savoir plus sur le cinéma tchèque de cette époque voir la collection DVD de la maison d'édition et de distribution Malavida. Chaque DVD est accompagné d’un petit livret présentant soit une interview du réalisateur, soit l’extrait d’un livre spécialisé.
- Pour les livres : Culture tchèque des années 60. Textes réunis par Michael Wellner-Pospisil et Jean-Gaspard Palenicek. L’Harmattan 2007.



24.02.10 11:46:39,
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