Musette iranienne
Entre deux articles un peu denses, quelques mots sur Sheilâ Nahrvar (شیلا نهرور), une chanteuse originaire du Gilân (une province du Nord de l’Iran) qui vit aujourd’hui au Canada. Sheilâ chante en gilaki, le dialecte du persan parlé dans le Gilân, qui est une sorte de ch’ti persan : un persan parlé assez vite, avec moins d’emphase que le persan iranien et en réduisant de nombreuses voyelles ce qui donne au final une sorte de bredouillement précipité mignon et amusant. Sheila Nahrvar chante des chansons traditionnelles comme Jom’eh Bâzâr (=le marché du vendredi), une reprise du chanteur gilaki Ahmad Âshourpour (احمد آشورپور), décédé en 2007 à l’âge de 88 ans :
Sheila Nahrvar n’a pas fait une carrière de chanteuse. Elle a fait des études d’anglais dans le Gilân puis à Shirâz et a très vite commencé à donner des cours de langues aux orphelins des villages du Gilân. C’est ainsi que lorsqu’elle sortit l’an dernier son premier cd, jâvedânehhâ-ye Gilân (جاودانه های گیلان), elle décida de reverser la totalité des profits des ventes aux orphelins du Gilân. Concrètement, Sheila ne passe pas par l’intermédiaire d’organisations de « bienfaisance », souvent rongées par la corruption. C’est elle-même, avec ses amis iraniens ou canadiens, qui se charge de l’acheminement des fonds et de leur distribution.
Voici une autre chanson amusante qui parle d’un kâkooleh. Je m’avance peut-être un peu, mais je dirais qu’il s’agit d’un oiseau. D’ailleurs, si des Gilakis lisent ce message, veulent-ils bien me dire ce qu’est un Sookooleh (سوکوله) ? A priori, le sookooleh mord car une chanson très drôle dit « Sookooleh marâ gazid ». J’ai eu deux trois conjectures d’Iraniens sur le sens du mot (bêbêtes qui piquent sur la plage,…), mais toujours aucune certitude. Les paris sont ouverts. En attendant le sookooleh, voici le kâkooleh :
Je profite de ce message pour annoncer le concert prochain de Daryâ Dâdvar à Paris. Elle aussi a chanté des chansons d’Ahmad Âshourpour, comme par exemple jinge jân. Mais ce que je préfère de Dayrâ Dâdvar, c’est sa reprise de la chanson Navâi. Attention, on quitte le Nord (les iraniens disent shomâl, synonyme de gens de bonne humeur, de baignades dans la caspienne et de zeitoon-e parvardeh – des olives enduites d’une sorte de pâte à l’ail châsse-vampire) pour se diriger doucement vers les soufis, sujets du prochain article :
Cet article est rédigé sur la base de deux articles en persan : une interview de Sheilâ Nahrvar sur le site de Radio Zamâneh, et une sur celui de Shahrgon.



28.06.10 22:53:15,
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