Musique au caravansérail

Par Nicolas Filicic

Tags: arménie

Le substrat culturel multiethnique de l’Azerbaïdjan

par nicolas filicic Email

 

Juste devant notre maison s’élève la porte de Tsitsianachvili et là aussi du sang humain a coulé, beau et noble. Cela remonte à bien des années, à l’époque où notre pays, possession perse, devait verser un tribut au gouverneur de l’Azerbaïdjan [l’action se passe en 1806]. Le prince, alors général dans l’armée du tsar, assiégea notre cité, sur laquelle régnait Hassan Kuli khan. Ce dernier ouvrit les portes de la ville, fit entrer le prince et déclara qu’il se rendrait au grand tsar blanc. Le prince, accompagné de quelques officiers, pénétra dans la ville. On dressa une estrade sur la place derrière la porte, des bûchers brûlèrent, des bœufs y furent mis à rôtir. Le prince Tsitsianachvili, [Paul Tsitsianov] qui avait trop bu, posa sa tête fatiguée sur la poitrine de Hassan Kuli khan. Alors, mon ancêtre, Ibrahim khan Chirvanchir, tendit à son maître un grand poignard recourbé. Hassan Kuli khan prit l’arme et trancha lentement la gorge du prince. Le sang gicla sur ses vêtements, mais il continua jusqu’à ce que la tête du prince lui reste dans la main. La tête fut placée dans un sac avec du sel et mon ancêtre la porta au roi des rois à Téhéran. 

 

Kurban Saïd (Lev Nussimbaum), Ali et Nino, Nil éd. 2002, trad. De l’allemand par M.F. Demet

 

 

L’objectif de cet article est de tenter une approche de la musique d’Azerbaïdjan, de ses différents genres et de ses sources d’inspiration, en observant l’histoire du pays et des différents peuples qui s’y trouvent rassemblés. L’extrait littéraire ci-dessus fait état d’un pays ‘annexé’ à la Perse, cible d’assauts de l’Empire Russe, dont on sait qu’il parle une langue turque. Revenons 2500 ans plus tôt pour observer les origines de cette situation.

 

Le Sud de l’Azerbaïdjan, qui était au début du Ier millénaire av. JC vraisemblablement une partie de la Médie, fut intégré à l’Empire achéménide dès sa fondation, au VIème siècle av. JC. A cette époque, la culture dominante reposait sur le mazdéisme et la langue principale, l’azéri ancien, était une langue iranienne qui aurait en partie survécu dans les dialectes parlés par les Tates ou les Talyches. Après l’invasion d’Alexandre, la région se détacha rapidement de l’Empire séleucide et prit le nom d’Atropatène qui pourrait être à l’origine du nom d’Azerbaïdjan.  L’Atropatène correspond aujourd’hui aux deux provinces d’Azerbaïdjan qui appartiennent à l’Iran, c’est-à-dire au sud du fleuve Aras.

 

Quant au territoire de l’Azerbaïdjan actuel, situé approximativement entre le Grand et le Petit Caucase, il constituait naturellement, de par sa topographie, une zone de partage des empires. Ainsi, à l’instar de son voisin du Sud, l’Atropatène, ce territoire du Nord a été peuplé pour partie d’indo-européens du groupe iranien, mais il semble s’être trouvé exactement sur la ligne de partage entre les Mèdes et les Scythes. En effet, avant la fondation de l’Empire achéménide, les Mèdes se trouvaient plutôt au Sud du Fleuve Aras (Iran actuelle) et les Scythes plutôt au Nord du Grand Caucase (Fédération de Russie actuelle). Mais dès la fondation du Royaume Achéménide, la Médie (intégrée à la Perse) s’étendit jusqu’au Grand Caucase, atteignit la ville de Darband et repoussa les Scythes au Nord des Montagnes. Le territoire de l’Azerbaïdjan fut donc intégré à l’Empire achéménide, en maintenant toutefois sur son territoire certains peuples scythes comme les Alains, souvent présentés comme les ancêtres des Ossètes, indo-européens de langue indo-iranienne.

 

Plus tard, à la chute de l’Empire achéménide, le Royaume d’Arménie, jusqu’alors satrapie de l’empire achéménide, obtint son indépendance. Il connut une importante expansion, pour atteindre son apogée sous Tigrane II, au 1er siècle avant jésus Christ. La carte ci-dessous montre que toute la partie méridionale de l’Azerbaïdjan actuel, entre Aras et Kura, faisait alors partie de l’Arménie.

 

Source : S. BUTLER, the Atlas of Ancient and Classical Geography, 1907

 

Face à cette expansion, les tribus caucasiennes vivant dans le Grand Caucase et sur ses piémonts se sont unies. Les tribus vivant à proximité de la mer Caspienne ont formé l’Albanie Caucasienne (ou Aghbanie, correspondant plus ou moins au Arrān persan - mais n’ayant aucun rapport avec l’Albanie balkanique), un territoire bordé par le fleuve Kura au Sud, le Royaume d’Ibérie à l’Est, la mer Caspienne à l’Ouest et la ville de Darband au Nord. Ce territoire correspond aujourd’hui à la moitié Nord de l’Azerbaïdjan, y compris la péninsule d’Apchéron, et au Sud du Daghestan. On dit que l’Albanie caucasienne aurait rassemblé vingt-six tribus caucasiennes, parmi lesquels les Lezguins, les Darguins, les Avars, les Laks, etc., qui se sont rapidement fédérées sous un roi commun et furent christianisées au IVème siècle ap. JC, sous influence de l’Arménie. Le royaume adopta une langue unifiée, l’albanien. L’albanien était une langue caucasienne du groupe Lezguien qui possédait son propre alphabet qui n’a été découvert que très récemment.  Des documents écrits ont été retrouvés montrant des similitudes entre l’alphabet albanien et les alphabets géorgien et arménien, les deux alphabets chrétiens du Caucase à cette époque (pour en savoir plus, des documents sont disponibles en ligne).

 

L’Azerbaïdjan antique regroupe donc ces trois composantes : la composante irano-mazdéenne, la composante arménienne et la composante caucasienne. Attardons-nous un peu sur cette composante caucasienne que nous laisserons ensuite de côté pour reprendre le fil de l’histoire de l’Azerbaïdjan qui verra l’avènement des deux envahisseurs dont l’héritage est sûrement le plus visible dans l’Azerbaïdjan actuel : les Turcs et les Russes.

 

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Toutes les tribus caucasiennes regroupées dans l’Albanie du Caucase, possédaient leur propre langue qu’elles ont, pour la plupart, conservée jusqu’à ce jour (pour combien de temps encore ?). Les langues caucasiennes sont en générale des langues agglutinantes qui possèdent un très grand nombre de consonnes. Et, comme les enregistrements sonores sont souvent plus parlants que les signes de l’alphabet phonétique quand il s’agit de consonnes occlusive éjectives uvulaires, je vous propose cette intervention de Georges Charachidzé à propos du Oubykh, une de ces langues du Caucase dont le dernier locuteur est décédé il y a une dizaine d’années :

 

[si vous voulez voir cette vidéo, tapez Last Ubykh Lesson dans You Tube. Je ne peux pas l’insérer car l’adresse de la vidéo contient des caractères interdits par le blog…]

 

A la différence du Oubykh, de nombreuses langues sont encore actives et leur culture productive, par exemple la langue du peuple Avar, implanté au Daghestan mais aussi dans certaines vallées du Nord de l’Azerbaïdjan. Voici deux chansons accompagnées du ‘tambur’ traditionnel avar :

 

 

Je vous avoue que je ne comprends pas grand chose à la langue avar, cependant, outre deux-trois allusions religieuses, on entend bien prononcer le nom de Hadji Mourad. Ce caucasien, héros de la nouvelle éponyme de Tolstoï, s’est illustré au XIXème siècle dans la lutte contre les Russes mais aussi contre les imams mourides prônant la guerre sainte, et c’était justement un Avar.

 

On trouve sur la toile d'autres chansons traditionnelles en avar, par exemple Kak vy avarcy par Akabar Dzhamaludinov. J’ai trouvé cette chanson sur le site www.dagistan.net. Si vous êtes intéressés par la pop en langue caucasienne, ce site vous offre l’embarras du choix. Je vous conseille sur le sujet Fatima ou Marina Moustafaeva et la règle particulièrement absconse qui semble indiquer si pour telle ou telle chanson il convient de porter le voile ou d’exhiber une redoutable permanente dont le rayon de courbure des boucles semble corrélé à la hauteur des talons…

 

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Restons-en là sur les peuples caucasiens pour revenir à une vision d’ensemble de l’Azerbaïdjan. Le substrat multiethnique complexe que nous avons identifié poursuivit son développement en se modifiant pendant tout le règne des Sassanides. Au VIIème siècle de notre ère, l’hégire fut le premier d’une longue série de bouleversements qui touchèrent le Caucase. Le territoire de l’Azerbaïdjan actuel passa sous domination Abbasside et connut l’islamisation au même titre que la majeure partie de l’empire Sassanide. Puis, dès le XIème siècle, les tribus de Turcs Oghuz d’Asie Centrale converties à l’islam lors de leurs migrations vers le Sud-Ouest entrèrent dans le Caucase.

 

Il semble donc que le territoire de l’actuel Azerbaïdjan ait adopté une langue turque aux environs du XIème siècle. Par la suite, et jusqu’au XVIIIème l’Azerbaïdjan est resté dans l’empire perse dirigé essentiellement par des dynasties turcophones : Ghaznavides, Seldjouqides, Timourides, Safavides (sur les origines controversées et la langue des Safavides, l’article de Wikipédia est particulièrement riche de citations intéressantes) ce qui lui a permis de conserver l’usage d’une langue turque, devenue l’azéri moderne, bien que le persan, et dans une moindre mesure l’arabe, fussent encore très utilisés dans un certain nombre de domaines. Prenons par exemple le poète Nezâmi, né à Ganja (aujourd’hui Gəncə) au XIIème siècle, qui compte parmi les plus grands poètes de langue persane.

 

Venons-en à la dernière pièce du puzzle, s’il en est : au XVIIIème siècle, la Russie se mit à convoiter [en réalité, à la suite des actions menées auparavant, notamment par Ivan IV] le Caucase et Pierre le Grand y envoya les premières expéditions qui aboutirent, un siècle plus tard, à la signature du Traité de Golestân (12 octobre 1813). Par ce traité, la Russie se voyait attribuer tout le Caucase du Nord, y compris le Daghestan et une partie de l’Azerbaïdjan. Cette situation fut entérinée en 1828 par le Traité de Torkmantchaï qui ajoutait aux possessions russes la totalité du Sud Caucase jusqu’au fleuve Aras, formant jusqu’à ce jour la frontière entre Azerbaïdjan et Iran (pour toutes ces questions, je vous conseille Les frontières du Nord de l’Iran de Mohammad Mokri édité par la fabuleuse maison Geuthner en 2004).

 

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Je ne suis pas historien et me trompe peut-être (et dans ce cas, je vous invite à m’en faire part), mais il me semble que, au vu de ce que nous avons identifié ci-dessus, en dépit de la proximité géographique et de l’apparente proximité linguistique, les liens historiques de l’Azerbaïdjan avec l’Empire ottoman furent extrêmement ténus. L’Azerbaïdjan a été en partie occupé par les Ottomans à la fin du XVIème siècle (avant que Shah Abbas Ier ne reprennent le contrôle du territoire), il a apparemment subi quelques incursions ottomanes au XVIIIème siècle lors de la désagrégation de l’Empire safavide (mais à cette période, l’Empire ottoman était déjà en nette régression du côté oriental), mais il ne fut ni une possession réelle et durable de l’Empire ottoman, ni un berceau historique des tribus nomades turciques (territoire des Göktürks).

 

Pour en revenir à la musique, ceci expliquerait la présentation que fait Jean During des musiques azéries dans le livret d’un disque d’Alim Qasimov : « Beaucoup d’éléments de la musique azéri se retrouvent dans la musique persane, et, d’une manière générale, de l’avis des Azéris eux-mêmes, elle se rattache à cette grande famille, et non au monde turc ou centre-asiatique. La plupart des mélodies et des modes ont des noms persans et sont connus sous des formes similaires ou assez proches en Iran. Bien entendu, en dehors de son style propre, le Mugham possède des traits spécifiques uniques, tout particulièrement en ce qui concerne les intervalles et les modes. »

 

Concernant le style propre du mugham, j’ai retrouvé en écrivant cet article une vidéo que j’écoutais souvent il y a quelques années et que j’avais un peu perdue. C’est un documentaire sur le mugham en 6 parties. En voici la première partie qui est intéressante parcequ’elle met en scène, dans un style très pastoral, un mugham ‘dialogué’. On a l’habitude d’entendre des chanteurs de mugham seuls ou éventuellement en duo dans le cas d’Alim Qasimov avec sa fille, Ferghana. Mais Alim Qasimov et Ferghana Qasimova se complètent plus qu’ils ne dialoguent (voir par exemple vidéo dans Pas de week-end prolongé mais un programme chargé!). En revanche, dans la vidéo ci-dessous, on a probablement une sorte de Jeu de Robin et Marion (« - Eh Robechon, l’heure va. Viens à moi, s’iront jouer… ; - Eh Marion, l’heure va. Je viens à toi… ») dans lequel les personnages se répondent :

 

 

Pour conclure cet article plutôt long, je propose de ne pas parler des Ashiq (ou Ashugh) qui mériteront bien un post spécifique un jour ou l’autre, mais de présenter deux morceaux azéris très différents qui me semblent très proches de certains types de musique que l’on peut trouver en Iran.


Le premier morceau est un très beau chant tiré de l’anthologie du label Melodia sur la musique d’Azerbaidjan. Il y a des petites erreurs dans la numérotation des morceaux du cd, mais il s’agit probablement du Shur Tasnifi chanté par A. 
Mamedov accompagné par les musiciens de l’ensemble Khamaum :

 

 

Je trouve ce morceau très proche du chant katouli du Mazanderan (province du Nord de l’Iran, elle aussi sur les rives de la mer Caspienne) :

 

 

Enfin, pour finir sur une note plus joyeuse (quoique…), voici une chanson de la chanteuse azérie Şövkət Ələkbərova :

 

 

Je pense que cette mélodie aurait également sa place dans une chanson iranienne. En entendant cette chanson, je pense par exemple à la chanson populaire iranienne (probablement d’origine lore) Dokhtar-e Boyer Ahmadi :

 

 

La finalité de ce blog n’est pas de tirer des conclusions, encore moins d’échafauder des théories en l’absence de réelles recherches universitaires ou ethnographiques. On peut néanmoins admirer la formidable diversité musicale (et donc culturelle) préservée dans un petit pays si souvent absorbé par des grands empires dont certains ont procédé à de réelles mises à sac du patrimoine culturel.

 

Sayat Nova – La couleur de la grenade

par nicolas filicic Email

 

La Couleur de la Grenade est le nom d’un film réalisé en 1969 par Sergey Paradjanov, réalisateur soviétique né en 1924 à Tbilissi (Géorgie) de parents Arméniens. Le film évoque la vie et l’œuvre de Sayat Nova, poète et troubadour arménien du XVIIIè siècle.

 

 

Une scène de la Couleur de la Grenade

(Source : L’observatoire : article détaillé sur le film et l’œuvre de Paradjanov ; nombreuses photos)

 

Par delà Sayat Nova, la couleur de la grenade est un film chargé de références dans lequel Paradjanov expose nombre de symboles de la culture arménienne : avant tout le catholicisme et les traditions de l’Eglise arménienne, mais aussi la tradition agricole de la région avec la préparation du vin, du pain lavash, la culture des grenades, toute la ‘vie’ de la laine depuis les bergers et leurs moutons jusqu’à la confection des tapis, sans oublier la musique. La musique du film, constituée exclusivement d’airs et chants arméniens ou géorgiens, fait la part belle aux kémantchés, duduks, et autres dafs régionaux.

 

Le film est assez hiératique, bien plus pictural que narratif. Il est composé d’une dizaine de tableaux retraçant la vie du poète de manière relativement chronologique et ponctués d’intertitres probablement extraits de son œuvre. Mais la force du film, outre l’aspect culturel évoqué précédemment, réside ans la puissance des images. Chaque scène apparaît comme une composition photographique à laquelle le choix des décors (essentiellement minéraux), la beauté des visages et des corps ou encore l’utilisation des couleurs confèrent une beauté pénétrante.

 

Il va de soi qu’un tel film, dans sa promotion des cultures régionales ou même dans la sensualité qu’il affichait, ne faisait pas les affaires du Kremlin. Cela s’ajoutait à la flamboyance de Parajdanov, à sa notoriété grandissante à l’Ouest, aux accusations d’homosexualité qui pesaient sur lui et déboucha sur une déportation au goulag dès 1973.

 

Ce fut le début d’une période sombre pendant laquelle Paradjanov ne fut guère en mesure de travailler. Il faut ensuite attendre les années 80 où, aidé par un assouplissement de la censure mais aussi par le soutien d’autres cinéastes mieux en vue, il dirige la Légende de la Forteresse de Suram (1984) et Ashik-Kérib(1988).

 

Ashik-Kérib est basé sur une courte nouvelle de Mikhail Lermontov (Ашик-Кериб, texte intégral en russe) où il est également question d’un poète musicien. Mais à la différence de Sayat Nova, Ashik-Kébir était un poète turcophone et le film est donc tourné en azéri. Ce tournage a eu lieu juste au moment du massacre de Sumgaït, un pogrom azéri qui a coûté la vie à de nombreux Arméniens. Il était alors délicat pour un Arménien de tourner un film en azéri avec de la musique azérie, mais qu’à cela ne tienne, Paradjanov a mené à bien son projet. Quelques détails sur cette décision et ce tournage sont relatés dans un article du Brosse Street Journal (Sergey Parajanov, A film maker once and for all).

 

Enfin, pour en revenir à Sayat Nova et à la musique, signalons d’une part que les images du film la Couleur de la Grenade ont été utilisées par le groupe iranien Kiosk dans le clip de la chanson Yarom Bia. Le résultat est superbe (vous aurez le plaisir d’apercevoir au passage notre cher Mohsen Namjoo) :

 

 

 

 

Et d’autre part que les poèmes de Sayat Nova sont encore chantés aujourd’hui, par exemple Yes Qo Ghimete (Je ne connais pas ta valeur/Tu es comme une pierre précieuse). J’ai découvert cette chanson il y a presque 10 ans sur le disque Ot bielova do tchornova Moria de Bielka Nemirovski. C’est un beau disque regroupant des chansons originaires de différentes régions de Russie, malheureusement je ne suis pas sûr qu’on puisse encore le trouver. Mais un autre chanteur que l’on connaît bien a chanté cette même chanson :

 

 

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