Musiques Métisses


J1 : Ouverture du festival

par Jean-Sébastien Josset Email

La 34e édition du Festival Musiques Métisses d'Angoulême s'est ouverte ce vendredi 29 mai 2009 sur le site de l'Ile de Bourgines, située en contrebas de la ville. C'est un soleil estival qui accueilli une programmation plus que délicieuse avec Justin Adams et Juldeh Camara, Trio Rosenberg, Sanseverino, Les espoirs de Coronthie, So Kalmery, Erik Aliana...

Justin Adams et Juldeh Camara ont ouvert les festivités ce vendredi par une rencontre explosive entre un rock blues de ce qu'il ya de plus puissant (n'oublions pas que Justin Adams, avant d'avoir lancé les Tinariwen,  a collaborré avec Robert Plant, eh oui quand même !) et l'incroyable jeu de riti du gambien Juldeh Camara. Ces deux musiciens hors pairs se sont rencontrés il y a deux ans et en sont aujourd'hui à leur deuxième disque, "Tell no lies". Sur le plateau de France Inter pour l'enregistrement de L'Afrique enchantée (1) et sur la grande scène du festival le soir, Adams et Camara nous ont embarqué dans une transe à la croisée du rock briton et blues du désert...

Le riti est un instrument de musique traditionnel malien, utilisé par les griots. Il est souvent décrit comme un violon, mais à une seule corde. En véritable virtuose, Juldeh Camara en a révélé l'incroyable palette sonore et les pouvoirs envoûtant qui vont avec. Sa prestation n'a laissé personne indifférent. Après le passage de Juldeh sur la scène de France Inter, un homme s'assoie à notre table et nous dit : "Ce joueur de riti est vraiment très très doué, c'est remarquable, d'autant plus qu'il est très difficile d'accorder cet instrument traditionnel". Le compliment vient d'un grand saxophoniste guinéen, qui n'est autre que le "maître" Mamadou Barry.

Les espoirs de Coronthie

Avant de venir sur le site du festival, on peut parier qu'une grande partie du public n'avait jamais entendu parler des "Espoirs de Coronthie". Aujourd'hui, les nombreux spectateurs qui les ont vu se produire dans l'espace Mandingue, ne sont pas prêts de les oublier ! Les Espoirs de Coronthie est une formation de jeunes hommes issus du quartier populaire Coronthie à Conakry. Avec leur voix exceptionnelles, les trois leaders du groupe et leurs musiciens redonne un souffle nouveau et un groove résolument moderne au répertoire traditionnel guinée.




Dans la salle, les premiers rangs sont assaillis par les jeunes filles de la communauté guinéenne de la région. Elles reprennent en coeur, avec une justesse incroyable (se placant parfois même sur une autre tonalité !) les paroles des chansons. A chaque fois qu'un des trois chanteurs prend le lead, c'est une salve d'applaudissements et de cris qui salue l'événement. On comprend alors l'ampleur d'un phénomène qui dure depuis 10 ans. Jouissant d'un statut de rock star en Guinée, cette formation exceptionnelle est en passe d'élargir encore un peu plus son public. Un vrai bonheur !

http://www.myspace.com/espoirscoronthie

Sanseverino



Le dernier concert de cette première soirée était entre les mains de Sanseverino. Discret depuis la sortie de son disque, "Autrement" (2006), nous avons naturellement demandé à ce maître de l'improvisation ce qu'il mijotait à quelques heures de son concert :

"Qu'est ce que je mijote ? (rires) Et bien en ce moment je mijote un album électrique, voire rock... Mais ce soir on va se replonger dans le son d'avant et refaire des tas de chansons qu'on avait pas joué depuis longtemps. Mais surtout nous allons rencontrer le Trio rosenberg qui va nous rejoindre sur scène après leur concert. On joue ensemble parce qu'on se marre bien et surtout pas pour faire "ouais ce serait vachement bien qu'on joue ensemble !" (rires). Mais je suis très fier de jouer avec eux car je pense que c'est un des meilleurs groupes de swing du monde".

Après un concert endiablé du Trio Rosenberg (le public dansait, ce qui est plutôt rare pour un concert de swing), Sanseverino a donc investit la grande scène de l'Ile de Bourgine. Après avoir interprété en solo trois titres inédits en guise d'ouverture, dont le très drôle "Je suis un malade mental", Sanséverino, rejoint par ses musiciens (Hervé Legeay toujours aussi impressionnant à la guitare, idem pour GP Cremonini à la contrebasse) a littéralement enflammé une salle déjà bien chauffée. Il revisite pendant près d'une heure son répertoire ("Les films de guerre", "J'ai un homme dans ma vie", Les embouteillages (à 200 km/h!!!)) et on mesure, pour lui aussi, à quel point il est devenu populaire tant le public (de 8 à 78 ans, si si!) connaît les paroles des chansons par coeur. Il est ensuite rejoint sur scène par le Trio rosenberg pour une fin de soirée en feu d'artifice de swing manouche. 

Jean-Sébastien Josset

 
 

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