Chanson, rock, jazz, tant de couleurs...
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Hindi Zahra, folie berbère
Un joli grain de voix à la douceur d’une Joan Baez, se niche tout au cœur d’un paysage rieur, une fresque colorée qui assume ses errances sans erreur, du jazz à la soul, du reggae au folk, de la langue arabe à celle de Shakespeare, le tout pimenté d’essences orientales gnaouas et amazihes. Née à Khourigba au Maroc, sur le plateau des phosphates, héritière des Berbères, la pétulante Hindi Zahra chante l’amour avec une lumineuse sensibilité, une fraîcheur sans artifice, servie par un swing délicat. Dans le public, les hanches vacillent et les doigts claquent la mesure. Comme les rayons du soleil, son joli chant dépouillé, tour à tour céleste et terrien, vient chatouiller les oreilles des premiers visiteurs. Des effluves de miel flottent dans l’air.
Idir: une histoire d'amour avec le public
Avec ses affiches de prestige qui laissent défiler les noms de stars, Rio Loco séduit chaque année une population d’émigrés, heureuse de retrouver les idoles de leurs pays d’origines. Une majorité de Maghrébins se donnent ainsi rendez-vous aux premières loges. Après le roi Khaled, c’est au tour d’une autre icône d’enflammer la scène du Pont Neuf, nimbée d’une splendide lumière rose. Comme Brassens possède ses moustaches à pipe et Gainsbourg sa tête de chou, les
petites lunettes, l’air bonhomme et la guitare d’Idir se reconnaissent entre mille : un membre de la famille, et du patrimoine. Entre lui et son public, s’est nouée une histoire d’amour depuis A Vava Inouva, chanson qui l’a propulsé en 1973, pour ne jamais se relâcher. Une intimité, une complicité qui se déchiffre dans les yeux émus d’admirateurs fervent. De la fosse à la scène, circulent des histoires de nostalgie, d’amour et d’exil, l’incarnation de la terre kabyle, la foi en la montagne et le ciel. Du chantre, la foule reprend les refrains en chœur, divisés en 1000 sourires-souvenirs.
Après 1h30 de bonheur, le public laisse enfin son héraut quitter la scène. Une demi-heure de battement pour pique-niquer au bord de l’eau, savourer des discussions partagées, l’écho d’une convivialité jouissive, qui se propage doucement entre tous.
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Maroc’n’Roll : Najat Aatabou & Justin Adams
Assurément rock ! Des milliers de youyous s’envolent et claquent pour accueillir une artiste au caractère bien trempé, qui a lancé sa carrière en 1981 sur ce cri du cœur : « J’en ai marre ! ». Marre des traditions à l’étroit dans leurs carcans, du « mektoub » (destin) dont la chape parfois paralyse…A grands coups de riffs de guitare, de batterie pulsée, d’une énergie inaltérable divulguée en éclats de rire irrépressibles, Najat Aatabou secoue, électrise, dynamise un public venu en masse ce soir-là sur la Prairie des Filtres. A l’initiative de Rio Loco, son art se parait ce soir des cordes du génial guitariste britannique Justin Adams.
Toute une génération danse, scande ses paroles, l’interpelle. Comme à l’accoutumée, une ambiance torride règne. La transe plane, là, quelque part, parcourt la peau en autant de frissons.
Trio Joachim Kühn/Majid Bekkas/Ramon Lopez: fusion sous les étoiles
How high the Moon ? Tout là haut, là haut. La journée s’achève sur un magnifique concert du trio formé par le légendaire pianiste de jazz Joachim Kühn, le maître du gumbri gnawa Majid Bekkas, le percussionniste Ramon Lopez. Autour du piano virtuose et sensible, swingué à souhait, s’enroulent les basses de l’instrument gnaoua, et les rythmes alambiqués mais toujours groovys d’un batteur rigolo. Dans cette alchimie- osmose, chacun laisse à l’autre sa liberté, lui ouvre des portes pour accueillir son univers. Frais, virtuose, inventif, joué à la perfection et sans prétention : la Fusion prend ici tout sons sens, et revigore. Bref, j’ai kiffé ;).
Leïla Saïda! 



19.06.09 14:05:29,
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