Magique Tunisie: troisième jour
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Contes Kabyles
Pour cette troisième journée, le soleil a déserté la Prairie des Filtres. Un temps grisonnant qui n’empêche pas les mots de rebondir, de conter des aventures qui prennent source au sommet des montagnes de la Kabylie, dans ces villages où les fils de traditions épiques remontent celui des conversations. Il y est question d’une ogresse, d’un petit garçon haut comme un grain de couscous, d’un épicier, incarnés
par la conteuse polymorphe Aïni Iften, à la narration parsemée de comptines et jingle pub. Des aventures rocambolesques à déguster sur un tapis volant propice aux songes, la tête face aux nuages dans lesquels se reflètent, en volume, les personnages.

Djerba Internationale: groove insulo-planétaire
Sur la Scène Village, une île prend ses quartiers, dérive sur la Garonne, celle de Djerba la Tunisienne, Djerba la belle, célèbre pour ses plages et son tourisme de masse. Tout commence en 2001, lorsque le jeune musicien Kais Melliti débarque à Paris. Dans ses valises : son oud, son clavier, et les airs traditionnels de son île, revisités en grand angle par des oreilles curieuses, avides d’une multitude de styles glanés, apprivoisés, aimés. Une soif d’ouverture facilitée par
l’ébullition musicale de la capitale française, qui lui permet d’accoster tous ces rivages, du jazz au rock, du funk à la soul, en passant par le raï. Constitué d’émérites musiciens dont certains ont aiguisé leurs arts aux côtés de Khaled ou Amina, Djerba International donne la pleine mesure à des envies d’échappées belles et de fusion. Un violon virtuose, une section cuivre solaire, une guitare swinguée, une raïta nostalgique, une assise rythmique solide, des arrangements
audacieux, un chant enlevé… : les 11 membres – tunisiens et français – de ce combo délivrent une énergie originale qui tend vers le funk, flirte avec le zouk, décliné, ici, en tunisien. De jolies réussites, quelques ratés aussi, mais l’ensemble révèle de belles promesses, qui placent au cœur de son univers ce mot magique, « groove ». Assurément de quoi situer le petit territoire de Djerba sur la mappemonde musicale ! S’ils ont écumé les scènes tunisiennes, Rio Loco constitue leur première prestation française. Une exclusivité, qui, malgré le temps et un public plus clairsemé qu’à l’accoutumée, a réussi à convaincre ! A suivre…
Biyouna, l'égérie
Elle a une gueule, c’est
sûr, burinée par le temps et les émotions, la colère et la tendresse, l’amour et les excès, une vie de romance, lisible dans les sillons de ses rides, dans son regard facétieux, sur son visage-parchemin, à pages ouvertes. Comme elle crevait l’écran, l’Algéroise Biyouna crève les planches. Et ce n’est pas tant pour son chaâbi mâtiné de pop et d’accents yé-yé que nous l’aimons...Bien plutôt pour son personnage, égérie fantasque et colorée, diva qui essaime des embrassades et des effusions, caresse son public de ses jolis caprices (« Je veux ce drapeau », dans lequel elle s’enroule), ses allures de stars qui se la raconte avec superbe, et l’infinie humilité de celle qui n’a plus rien – ou tout – à prouver. Une présence de chaque instant, qui ne cesse de chavirer le public.

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U-Cef: sous le signe de la fusion
Changement d’ère, de temps et de mode, sur la scène Pont Neuf. Direct from London, le trublion marocain U-Cef mêle musique gnawa, ahwach de l’Atlas ou malhoun..., à de l’électro, du funk, du reggae, de la samba… pour repousser toujours plus loin les limites de la fusion. Mais à vouloir tout embrasser, l’artiste parfois mal étreint. Si certains morceaux s’envolent, convainquent par leur groove, décollent grâce à leur efficacité, d’autres au contraire retombent comme autant de soufflets, qui n'empruntent dans les styles inspirants que de fades clichés, mélanges d’artifice et d’influences, dont l’on peine à deviner la pertinence…Un show inégal, donc, malgré toute la sympathie affichée et réitérée de U-Cef pour Toulouse et son public !.jpg)
©Stéphane Chambon
span style="line-height: 115%;">A quelques pas de là, commence un concert capital. Il est fort. Très fort. Très très fort. Très très très…bon. A chaque prestation, au détour de chaque projet, on ne peut que reconnaître, admirer et s’incliner bien bas devant l’immense talent d’Erik Truffaz. Sa trompette s’est frottée à bien des territoires, a essuyé des frontières, franchi des barrières, toujours avec brio, facilité, impertinence et fougue ! N’en jetez plus…les mots m’en tombent. C’est en 2001, qu’il fonde son Ladyland Quartet, machine à groove torride, tuerie rythmique: un clavier rhodes virtuose et funky au son inégalé, une basse grondante aux patterns redoutables, une batterie qui tricote, et des plages de trompettes reconnaissables entre mille…accueillent le Tunisien Mounir Troudi, superbe chanteur charismatique, qui unit à son esprit jazz, rock & blues des influences bédouines, et la mystique soufie. Il y a de l’écoute dans l’air, de la foi, du rythme, de la joie, du génie. Le public se rue en masse, et ne quitte le site qu’à la toute fin du concert. Merci, merci!
size: larger;">A demain !

Erik Truffaz ©Stéphane Chambon

Mounir Troudi©Stéphane Chambon



20.06.09 15:12:40,
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