Sakifo Music Festival


SAKIFO 2010 - 4ème jour

par Squaaly Email

Samedi 7 août

 

Lauréat du Prix Musiques de l’Océan Indien, le Mami Bastah ouvre la soirée sur la scène Filaos. Son répertoire de chansons traditionnelles inspirées par le quotidien de son village situé dans les hautes terres de son île manque parfois de relief.

 

Sensation du jour

 

Ziskakan, ne vient pas simplement donner un concert.

 

 

« Gilbert Pounia et ses musiciens ont largement fêté ses derniers mois, les 30 ans de Ziskakan » confie Jérôme Galabert. « Ziskakan étaient même déjà programmé lors de l’édition précédente du Festival. C’est pourquoi il fallait donner une résonance autre, créer un contexte particulier à ce concert. Nous avons imaginé avec sa fille Maya, l’enregistrement de ce concert sur la grande scène (Salahin) » Disponible en CD et DVD sur Sakifo Records, ce témoignage sera commercialisé en novembre sur l’île et au printemps en métropole et à l’international. Alex, le rappeur, Prix Alain Peters 2009, a rejoint pour un titre le groupe, juste avant que M, toujours sur l’île vienne à son tour partager ce moment de fraternité.

 

 

 

              
                   
M, Alex, Gilbert Pounia et les deux guitaristes de Ziskakan

 

« Ça s’est fait naturellement » expliquait le lendemain, le chanteur croisé sur Terre Sainte, à l’occasion du risofé, le concert dominical qui clôt habituellement le festival. Accessible, le musicien que tout le monde connaît sur l’île et plus encore dans ce quartier de St-Pierre où il a élu résidence, est félicité, remercié pour son concert et plus généralement pour la totalité de son œuvre. Ziskakan est un monument ici. Il a contribué au même titre que Danyel Waro ou Ti-Fock à rapprocher les Réunionnais de leurs musiques. Chacun d’eux a tracé sa voie, marqué son empreinte. Celle de Ziskakan est généreuse et souriante comme son leader. C’est la main sur le cœur qu’il a accepté d’interpréter pour les lecteurs de ce blog une des chansons de Madoré, ce « cagnard (voyou) de luxe des rues » confie-t-il avant d’ajouter : " Il faisait le tour de l’ïle avec sa guitare sur laquelle il plaçait 4 accords (do, sol, fa, ré) et coulait des textes qu’il n’écrivait jamais."

 

 

 

               

 

 

 

Le Public se partage ensuite entre Filaos et Poudrière. Sur la première des deux scènes, Le Mauricien Désiré François et sa formation Cassiya introduisent pour la première fois le séga cuivré de leur île au Sakifo. « C’est important pour tous ceux qui aiment ce genre populaire » affirme Jérôme Galabert. « C’est une vraie reconnaissance de leur goût ».

 

 

 

 

 

 

Quant à la Poudrière, elle s’enflamme dès les premières notes du show de Féloche. En trio, et avec un brin de folie, Féloche revisite la musique cajun comme seul Higelin pourrait le faire. La mandoline de Féloche envoie le bois, soutenue par une contrebasse efficace et une choriste qui est aussi accordéoniste et trompinettiste. Darwin avait raison ? Allez savoir !

 

 

 

 

 

Etre ensemble, voilà ce que signifie le terme lingala Bisso na Bisso, le nom du projet emmené il y a une décennie par le rapper sarcellite Passi. De retour sur scène, à la faveur d’un nouvel album paru l’an dernier, le gang afro-européen a quelque peu oublié d’injecter dans son hip-hop les frénétiques tourneries congolaises, d’infuser ces rythmes affolants. Ça jumpe, plus que ça ondule. Pétard mouillé de la soirée, Bisso na Bisso ne séduit que les fans de hip-hop et encore, ceux qui n’ont pas fait le choix d’aller découvrir les jeunes trublions de Sexion d’Assaut, programmés le même soir ailleurs dans l’île.
 

 

Non loin de là, dans sa loge, Iliana, la chanteuse des Colombiens de Bomba Estereo s’echauffe, non par des vocalises, mais par des étirements digne d’une lionne au réveil. Il faut dire que la miss coure, saute dans tous les sens tel un Marsupilami.



  
 

 

Peu avant le concert, Simon Mejia, le bassiste, programmateur, VJ ET FONDATEUR du groupe, qui a initié le mix électro-cumbia et fondé Bomba Estereo, prend le temps de nous présenter ses collègues (dalons en créole). « Iliana chante et joue des perçus de temps à autre, Kiké est à la batterie et Julian à la guitare. Nous avons démarré par un mix électro-cumbia, mais allons sur le prochain album fouiller d’autres rythmes afro-indigènes » confie-t-il, avant d’ajouter « Certains nous reprochent de dénaturer la cumbia en y intégrant le rock, l’électro ou le hip-hop. Je ne crois pas qu’on affadisse quoi que soit, on élargit juste le spectre. »

 

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Musique colombienne, la cumbia a envahi l’ensemble du continent sud-américain. Ce succès s’explique d’après Simon « par le fait que cette musique est beaucoup plus facile à danser que la salsa. De plus, historiquement, les premiers disques pressés dans les années 50 ont été des albums de cumbia réorchestrés d’où une diffusion à l’échelle de toute l’Amérique du Sud. ». Sur la route depuis plus de deux mois, Simon et ses amis attendent avec impatience le retour au pays, afin de finaliser leur troisième opus dont la sortie pourrait bien avoir lieu au premier semestre 2011.



DJ Mo, passe aux platines dans la foulée du concert de Bomba Estereo. Malheureusement, un souci technique (un des rares du festival) complique son début de set, diluant un peu l’énergie et la foule des spectateurs. Le DJ qui a fait danser Bamako avant de s’installer à Paris, fait montre de son savoir faire pour remobiliser l’assistance. Lui qui a remixé plus d’un titre d’Amadou et Mariam se fait plaisir, servant un mix afro-electro où les rythmes d’Afrique de l’Ouest ne se laisse pas supplanter par le beat ravageur du kuduro.



    

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