Sakifo Music Festival


SAKIFO 2010 - 5ème jour - Le Risofé

par Squaaly Email

Dimanche 8 août - 9h : Le Risofé

Juste quelques toutes petites heures de sommeil et dès 9h retour sur la scène de Terre Sainte où est mijoté entre bleu du ciel et de la mer, le Risofé. Cette tradition culinaire réunionnaise consiste à préparer un riz avec les restes du cari de la veille, afin que les travailleurs et travailleuses des champs puissent attaquer leur journée de labeur sans craindre la faim.


               



Réarrangée à la sauce Sakifo, cette recette populaire préparée par une association des femmes de marins-pécheurs (AFEMAR – Alizées du Cap) ne précède plus les travaux des champs, mais un concert où le patrimoine musical de l’île est mis en avant. « Idéal pour se réveiller même si on n’a pas encore dormi » explique le programme du Sakifo.



                

                           René Lacaille, un “tonton” sur l'île !



Confié cette année à René Lacaille, le risofé est l’occasion pour l’accordéoniste désormais installé dans les environs de Grenoble de présenter pour la toute première fois son nouveau projet : Fanfaroné. « A la Réunion, on ne dit pas René comme en métropole, mais Roné. Alors, cette fanfare est un peu la mienne » explique celui qui s’était déjà produit sur cette scène il y a deux ans au côté de Danyel Waro, Loy Erhlich… lors de l’hommage à Alain Peters. « J’adore les cuivres et ce depuis mon plus jeune âge. Dans le groupe de papa, il y a toujours des cuivres. C'est un hommage à ses instruments, à mon père et à la musique de mon enfance à travers une série de séga réarrangé à ma sauce. ». Sa fanfare n’a rien de déambulatoire. « Avec mon accordéon c’est un peu compliqué ! » ajoute-t-il en faisant sourire l’assistance réunie en masse sur ce bord de mer, malgré les quelques gouttes de pluie qui auraient pu faire craindre le pire. Il n’en sera rien. Pour nombre des participants, pas question de louper le risofé. Parmi eux, Suzie, chapeau rouge et grand sourire, la propre sœur et marraine de René Lacaille, chante, danse et apostrophe en créole son benjamin depuis les premiers rangs, déclenchant l’hilarité du public.



     

                       Suzie, la sœur et marraine de René Lacaille

La bonne humeur est générale et l’idée du vivre ensemble largement partagée. Ici, on est en famille. A commencer par les Lacaille, qui sur scène sont au nombre de 4. René le père, sa fille Oriane et deux de ses neveux. Son fils Marc aurait du être de la partie, mais une tournée avec Cocorosie le tient éloigné de ce risofé. Tant pis pour lui !



                                         

                                          Sa fille Oriane

                

                 et deux de ses neveux (en bleu uni pour le premier et à rayures pour le second)



Le riz est délicieux (il s’en écoulera 260kg) et le rougail relevé à souhait. Quant au répertoire choisi par “Roné”, il est composé de vieux thème de l’île, de chanson de Jules Arlanda, Claude Vinh San… réarrangé  pour que Alain Debiossat (Sixun), Yann Denèque (Swing Gadjé), et Julien Eil (Compagnie des Musiques à Ouïr) trouvent toutes leurs places. « Je puise volontiers dans les recueils du label réunionnais Takamba pour construire notre tour de chant. C’est la première fois que nous le jouons et je suis ravi que ça soit là » commente celui qui revient de plus en plus fréquemment sur l’ïle de son enfance. « Il faut dire que le Prix Charles Cros dont j’ai été gratifié, m’a remis à la place que j’avais ici avant de m’expatrier. Comme si ce prix remis en métropole m’avait quelque peu consacré ici. ». René Lacaille et son Fanfaroné, seront le 6 novembre Plougastel en Bretagne et le du 3 au 5 décembre invité par le festival de jazz de Bras Panon à l’Est de l’ïle. « Si j’ai quitté l’île, c’est parce qu’il me semblait à l’époque qu’il était difficile de tenir en restant ici. Gilbert (Ziskakan) que l’on a vu hier sur la grande scène du Sakifo s’en sort bien, mais ça bouffe beaucoup d’energie. Pour moi à chaque fois que je reviens ici, c’est tout neuf et j’aime bien ça ! ».

 


         

            Un bout de la fanfare à René de dos et Yann Bellec, le clarinettiste, de face



Peu avant la fin du concert, aux environs de midi, “Roné” invite sur scène quelques amis présents comme le percussionniste Laurent Dalleau, la troupe de percussions de traditions indiennes Les Tambours Sacré de Réunion.

 

                 

                   Laurent Dalleau - Les Tambours Sacrés de Réunion à la sortie des loges


« Les Tambours Sacrés, Ce sont eux qui m'ont donné le sens du rythme » expliquait René le lendemain dans les colonnes du Journal de l'île de la Réunion, avant d'avoouer « Il ya des tas de d'accordéonistes qui sont bien meilleurs que moi, mais j'ai quelmque chose qu'eux n'ont pas : le rythme ! ». C'est donc dans un magnifique z'embrocal percussif que s'est conclu ce concert, non sans avoir inviter sur scène Danyel Waro. ce dernier ne répondant pas, René expliquera en créole que le chantre du maloya s’est couché trop tard pour être là, une absence qui n'empèche pas le concert de prendre des allures de feu d’artifice diurne. Le soleil brille et la journée est loin d’être fini.

 

              

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