Cartographie musicale de la planète 2.
Pour compléter un premier post consacré aux "cartes musicales de la planète". Voici quatre nouvelles cartes collaboratives:
*Télérama.fr est à l'origine de deux initiatives intéressantes:
1. La carte de France en chansons:
"Un coin de rue, un monument ou tout simplement une ville : on connaît tous une chanson qui raconte ou simplement mentionne un lieu. Dutronc, NTM, Nougaro, Zebda et de nombreux autres ont chanté leur région d'origine. Et si on les répertoriait ?" [passage tiré du site du magazine]
Une carte collaborative proposée par Télérama.fr. La carte de France des chansons
2. Mondo Sono- Télérama.fr
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* Enfin, en parallèle à l'histgeobox (dont la carte est consultable ici), nous nous avons inauguré une nouvelle rubrique intitulée Loca virosque cano. Nous vous y présentons des titres évoquant directement ou non, différents lieux dans le monde.
Afficher Loca virosque cano sur une carte plus grande
Déjà sur l'histgeobox :
- The Beatles : "Penny Lane" et "Strawberry Fields" (1967) pour Liverpool (Royaume-Uni) : par vservat
- Gilbert Bécaud : "Nathalie" (1964), la Place Rouge à Moscou par Aug
- David Bowie : "Heroes" (1977) pour Berlin (Allemagne) : par vservat
- Jay-Z (Feat. Alicia Keys) : "Empire State of Mind" (2009) pour New York (NY-Etats-Unis) par Aug
- U2 : "Where the streets have no name" (1987) pour Belfast (Irlande du Nord) par vservat
- Bruce Springsteen, "American Land", (2006), pour Ellis Island, (NY-Etats-Unis) par vservat
- The Clash, "Guns Of Brixton" (1979), pour Brixton (Londres, Royaume-Uni) par vservat.
- U2 : "Zoo Station" (1991) pour Berlin, Allemagne, par vservat.
- Jacques Douai : "Au port du Havre" (1978), pour le Havre, France, par vservat.
- Anis: "Cergy", pour Cergy (95), France, par Blot.
* Sans lien cette fois avec la musique, Pierre Sérisier propose sur son blog une carte des séries américaines.
"Où se passent vos séries favorites ? Dans les grandes villes pour la plupart. Avec une sur-représentation de Los Angeles et de New York, bien que depuis quelques années Chicago et Miami semblent attirer les scénaristes. Bien sûr, les fictions ne sont pas tournées in situ, mais il est intéressant de voir le choix des localités." [tiré du blog de PS]
Afficher La carte des séries américaines sur une carte plus grande
Une carte des séries américaines proposée par Pierre Sérisier sur son blog.
Le musée Carnavalet fait revivre le peuple de Paris au XIX siècle.
Alors que l’histoire sociale est devenue le parent pauvre des programmes scolaires proposer une exposition sur le peuple de Paris au XIX siècle peut paraître un pari risqué. Il est pourtant tenu de fort belle façon par le le musée Carnavalet qui ne désemplit pas et qui nous confirme, si besoin en était que l’histoire sociale nous parle, et que les anonymes, qu’on les aborde individuellement ou collectivement, nous disent beaucoup du passé mais aussi de nous-mêmes, aujourd’hui.
Une tentative de définition :
Alors qu’il surgit en histoire dans le récit de Michelet le peuple reste un objet d’étude difficile à cerner, aux contours mouvants, aux visages multiples, et on apprécie que l’exposition s’ouvre par une tentative de définition. Aux deux extrêmités du grand écart qui en donne à un bout une image d’épinal pittoresque et à l’autre celle d’une populace dangereuse et vulgaire, quelques critères fédérateurs sont retenus pour définir le « peuple » : des travailleurs manuels, une faible éducation et des revenus modestes. C’est à partir de cette défintition que nous embarquons pour un voyage à travers le long XIX siècle de la Révolution Française à la Première Guerre Mondiale.
Un peuple en mouvement :
Le peuple de Paris au cours de ce long XIX siècle est affecté et accompagne de profondes mutations. En effet, du fait de la croissance démographique la population de la capitale s’accroit considérablement passant de 500 000 habitants en 1801 à 4 millions d'habitants en 1900. Cette montée en nombre est essentiellement dûe à l’apport de l’exode rural. Paris attire donc une population masculine dans la fleur de l’age, susceptible de vendre sa force de travail dans la capitale. Même si les migrations ne sont que saisonnières, laissant certaines régions aux mains des femmes devenues temporairement célibataires, le mouvement de fond de croissance de la population urbaine est en marche. L’adage selon lequel le parisien est avant tout un provincial déraciné est déjà tout à fait valide à l’époque !
Le peuple de Paris est également contraint de s’adapter et de se déplacer au gré des tranformations de l’espace parisien. Celui-ci est en complète reconfiguration sous les effets cumulés de l’industrialisation, de l’arrivée du chemin de fer mais aussi des grands travaux voulus par le baron Haussmann. Les quartiers centraux les plus populaires sont rénovés, l’ancienne enceinte des fermiers généraux devient caduque, Paris étouffe sous la pression démographique. L’enceinte Thiers va en constituer les nouvelles limites. Autour de celle-ci se développe la zone, territoire à l’urbanisation mal contrôlée, qui accueille les déplacés du centre, entâchée par sa mauvaise réputation.

[source Wikipedia]
Enfin le Paris du XIX siècle n’est pas encore totalement le Paris ouvrier. C’est encore la ville des petits métiers, ceux des ambulants, des journaliers, qui forment un main d’eouvre souple aux activités des plus variées : porteur d’eau (ci-contre), marchand de coco, cette eau de réglisse rafraichissante, mais aussi vitrier, fort des Halles, égoutier, balayeur de rue. Certains travaillent à la capitale de façon saisonnière et se spécialisent par région : des maçons creusois aux ramoneurs savoyards, toute une panoplie de professions est présente dans la capitale, même si certains secteurs dominent (comme celui du bâtiment avec ses tailleurs de pierre, ses charpentiers et surtout ses habitudes d’embauche corporatistes que la loi le Chapelier ne brisera que difficilement). Il y a aussi cette foule de domestiques dont une des figures emblématiques est la bonne, à qui l’on réserve l’escalier « honteux » des immeubles.
Des hommes au travail donc, en nombre, mais aussi des femmes qui se spécialisent dans les métiers du textile et de linge : modistes, repasseuses, lingères dont la nature des activités se modifie avec l’emprise des exigences de la fabrication à la pièce dans le cadre de la révolution industrielle.
Dans l’intimité du peuple de Paris :
L’exposition, s’appuyant notamment sur les travaux de Georges Vigarello, nous propose de pénétrer dans l’intimité du peuple de Paris. Y sont présentés à la fois ses habitudes et codes vestimentaires, mais aussi l’étude de ses postures (les manches retroussées et le torse nu sont des signes d’appartenance au monde du peuple de la capitale qui aime à montrer sa force physique), de ses manières parfois groosières à l’image de celles de la « poissarde » (ci-contre, mains sur les hanches), l’évolution de son hygiène corporelle ou son goût très spécifique pour le tatouage.
Nous suivons le peuple de Paris dans ses logements souvent caractérisés par ce qu’on appelle la misère domiciliaire : des garnis dans lesquels règne la promiscuité, aux logements ateliers qui mêlent activité professionnelle et vie familiale dans un espace unique, souvent étriqué et malsain, en passant par les taudis, foyers à tuberculose, le logement est bien un des points noirs de la vie du peuple de Paris.
Ce peuple besogneux nous est aussi présenté dans ces moments de loisirs dont le cabaret est le point de ralliement du moins pour les hommes. On s’y retrouve pour jouer aux cartes, fumer la pipe et boire de l’absinthe. Une trilogie qui nous est familière. Il y a aussi les promenades du dimanche sur les Champs-Elysées, la pêche aux abords du Pont Neuf, le théatre et le spectacle de rue, la fête foraine. La vie du peupleparisien n’est donc pas que misère et labeur et comporte quelques compensations que l’exposition décline dans toute leur variété.

[Daumier, croquis pris au théatre, 1864]
Classes laborieuses, classes dangereuses :
L’exposition ne délaisse pas pour autant les figures fantasmées et violentes du peuple de Paris. Son apparition dans l’histoire reste associée à la période révolutionnaire et pour partie aux sans-culotte qui en sont l’incarnation la plus galvaudée. De ces classes dangereuses qui dressent des barricades à plusieurs reprises dans les rues de la capitale au cours de ce long XIX siècle, et dont la cosncience de classe est en formation sont extraites quelques figures emblématiques qui catalysent les peurs et par contre coup, les volontés de contrôle ou de repression du reste de la société : parmi elles le tsigane, figure de l’étranger, le gamin de Paris, les Apaches qui sèment la pagaille en bandes organisées au tournant du siècle ou encore les anarchistes. On peut constater que le goût conjugué du public et de la presse pourles hauts faits des malfrats permet déjà d’alimenter allègrement les rubriques faits divers des journaux.
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Au milieu du bruit et de la fureur du peuple, certains font le pari d’en extraire ou de fabriquer des « bons pauvres ». De l’hospice au livret ouvrier en passant par le développement de la prophylaxie morale sont autant d’indicateurs identifiés comme des moyens de remettre les brebis égarées dans le droit chemin. L’Eglise tente également un retour en force sur le contrôle des consciences et de la vie familiale en dépit du développement d’un anticléricalisme de plus en plus affirmé.
Des guinguettes aux barricades, voici donc une passionnante exposition sur le peuple de Pairs qui s’accompagne d’un catalogue qui est une mise au point scientifique remarquable avec des contributions aussi prestigieuses que pointues de G. Vigarello, F. Jarrige, N. Jacobwicz ou D. Kalifa.
Une recommandation pour finir : y aller le matin de préférence à l’ouverture pour en profiter pleinement, ne pas souffrir de la foule et faire la queue, l’exposition rencontrant un grand succès.
Quelques BD sur nos étagères...
Voici quelques BD qui traînent sur nos étagères depuis quelques temps ou qui viennent tout juste d'y arriver !
Les meilleurs ennemis : Une histoire des relations entre les Etats-Unis et le Moyen Orient par Jean-Pierre Filiu & David B. (Futuropolis, 2011; Première partie 1783-1953)
Dans le flot des nouvelles qui nous proviennent du monde entier, il est parfois difficile d’y voir clair. Que ce soit pour comprendre les enjeux d’une crise lointaine ou pour maîtriser les évolutions, le journal télévisé ou même la presse écrite sont souvent loin d’être suffisants. Vous serez sans doute sceptique si je vous dis que la BD peut y contribuer… Et pourtant, elle offre la possibilité d’embrasser de vastes sujets, parfois brûlants. Il en est ainsi de l’ouvrage à quatre mains signé par Jean-Pierre Filiu et David B. Ce projet, de l'aveu même des deux auteurs, est né à Blois il y a quelques années, lors des Rendez-Vous de l'histoire organisés chaque année sur les bords de Loire. Les débats et conférences permettent à des historiens spécialistes de différentes périodes et régions d'échanger avec leurs pairs ainsi que des écrivains...et donc des dessinateurs de BD ! Le goût de David B. pour l'histoire n'est pas nouveau. L'un des tous premiers articles de ce blog était consacré à sa série Par les chemins noirs sur l'aventure de D'Annunzio à Fiume. Jean-Pierre Filiu est pour sa part un historien réputé de l'Islam et des relations internationales, notamment à Sciences-Po. [Ci-contre, les deux auteurs présentant la BD à Blois, octobre 2011;Photographie Aug]
Ils ont donc choisi de retracer les relations entre les Etats-Unis et le Moyen Orient en remontant assez loin dans le temps, dès la création des Etats-Unis. Ils commencent même par évoquer l'épopée de Gilgamesh, récit babylonien antérieur au XVIIème siècle... avant notre ère ! Mais c'est pour mieux parler du présent et de la Guerre en Irak, à l'heure où les dernières troupes américaines viennent de quitter le pays. Ils alternent les temporalités et les échelles. Le premier volume couvre ainsi un siècle et demi, du bombardement de la Régence de Tripoli par des expéditions américaines (deux siècles avant l'intervention de 2011...) au coup d’Etat orchestré par la CIA pour renverser Mossadegh en Iran en 1953. Mais à l’intérieur de ce temps long qui permet de montrer les tendances sur le long terme, les auteurs se penchent sur des évènements ponctuels qu’ils estiment importants ou révélateurs des caractéristiques de la politique américaine au Moyen-Orient. Ainsi de la rencontre en 1945 entre le Président Franklin Rossevelt et le roi Ibn Saoud qui scelle l'alliance garantissant au premier un approvisionnement en pétrole et à l'autre la garantie de la sécurité. L'épisode iranien de 1953 occupe une large place tant il constitue pour la CIA un cas d'école de sa capacité à intervenir de manière indirecte mais très efficace, notamment en finançant ceux qu'elle veut favoriser. Rappelons que le coup d'Etat qui a permis au Shah de s'accaparer le pouvoir a été encouragé par les Américains après que le Premier Ministre Mossadegh, de tendance progressiste, ait décidé de nationaliser l'industrie pétrolière, se mettant à dos les Britanniques et les Américains. Quant aux échelles, on passe sans difficulté (c’est le grand avantage de la BD…) des grandes idées des relations internationales (isolationnisme, unilatéralisme, réalisme,…) aux anecdotes les plus improbables : les fils Saoud voulant regarder des films peu recommandables à bord du Quincy en 1945, le Shah d’Iran montant sur une table pour discuter avec Kermit Roosevelt de la CIA....
Vous ne vous ennuierez donc pas en lisant ce premier tome. Les deux autres tomes qui couvrent les périodes les plus récentes devraient suivre si le succès est au rendez-vous. Nous les attendons avec impatience ! Voici un extrait qui parle de la naissance du terme de "Moyen Orient" dans le discours occidental.

AD La Nouvelle-Orléans après le déluge par Josh Neufeld (La Boîte à Bulles, 2011)
Josh Neufeld est un dessinateur de New York. En octobre 2005, il s'est porté volontaire pendant quelques semaines dans le Mississippi pour venir en aide aux victimes de l'ouragan Katrina qui venait de frapper le Golfe du Mexique. Il y a beaucoup discuté avec les réfugiés
de la Nouvelle-Orléans de ce qu'ils avaient alors enduré. Il en a fait la base d'une BD, d'un "comic" au sens américain du terme. L'essentiel de son oeuvre n'est d'ailleurs pas une oeuvre de fiction mais relève du reportage BD voire du roman graphique. Son prochain travail (déjà publié en anglais) porte d'ailleurs sur Bahreïn). Ceux qui suivent Samarra connaissent notre intérêt pour la Nouvelle-Orléans. Je vous invite d'ailleurs à vous reporter à notre dossier sur le sujet pour en savoir plus sur l'histoire de la ville et l'ouragan Katrina.
L'auteur suit cinq personnages pour explorer cinq manières différentes de traverser l'épreuve terrible du passage du cyclone. Son usage de la couleur est intéressant dans une ville où la couleur de peau peut déterminer beaucoup de choses, à commencer par la vulnérabilité face aux aléas. Les images sont en effet saturées par une couleur qui domine chaque séquence : le cyclone, l'inondation, la vie après. Même si la réaction des autorités est abordée, c'est une histoire vue d'en bas qui nous est contée au travers de la lutte pour sauver ce qui peut l'être, la perte des repères habituels, la disparition des objets les plus chers, l'altération des capacités de jugement, la violence individuelle ou institutionnelle, la solidarité, l'absence de solidarité...
Le titre évoque d'ailleurs l'idée que ce fut pour beaucoup une "année zéro". A.D. en anglais signifie Anno Domini (Année du Seigneur), c'est l'équivalent de notre "après Jésus-Christ". (pour voir le blog de Josh Neufeld)
Voici un petit extrait issu de la version originale :

Une balle dans la tête par Corbeyran et Jef (Emmanuel Proust, 2009)
La dernière BD dont je vous parle aujourd'hui a pour décor l'Irlande. Elle associe, ce qui n'est pas courant, le conflit nord-irlandais et les mythes les plus anciens de l'île. L'histoire met en scène des jeunes de l'IRA, luttant contre la présence britannique au début des années 1970. Le chef du groupe se fait tirer dessus lors d'une manifestation qui dégénère. Son frère est prêt à toutes les représailles. Pour éviter un bain de sang, l'un des membres du groupe décide de renouer avec des pratiques occultes traditionnelles pour identifier le tireur...
Il se rend donc régulièrement dans un tumulus qui ressemble fortement à celui de Newgrange qui ne se situe pas au Nord mais dans la République d'Irlande, tout près du site de la fameuse bataille de la Boyne (1690). Il s'agit d'un monument construit à l'époque néolithique (vers 3200 av. J.-C.). Sa pièce centrale est éclairée lors du solstice d'hiver. Le site est classé au Patrimoine mondial de l'UNESCO. Le voici en photo suivi de deux extraits de la BD [photos Aug].


Par dessus l'épaule de Léonard de Vinci, peintre à la cour de Milan. Une exposition de la National Gallery de Londres


The Hour, la série sur l'Angleterre des années 50
Il ne faut plus s'étonner aujourd'hui, les séries TV sont devenues en une décennie un genre cinématographique à part entière....où les scénaristes mettent en place dans la longueur des personnages complexes et des intrigues haletantes. The Hour est l'exemple de la série réussie.

Bien plus encore, elle est une série estampillée "qualité supérieure" et "appellation d'origine contrôlée"production BBC à consommer sans modération. Cela tombe bien, il n'y a que 6 épisodes pour cette première saison. Aussi a-t-elle tout de suite attiré mon attention. Non seulement parce qu'elle a l'originalité de nous emmener dans une époque peu explorée par les séries mais parce que la photographie est soignée.
En un clin d'oeil, les décors, les costumes nous plongent dans ll'Angleterre du début de la Guerre froide avec un rare sens du détail (voir les illustrations). L'histoire nous conduit successivement dans les rues de Londres, les appartements au confort limité ou dans un manoir de l'aristocratie britannique. Mais l'essentiel de l'intrigue se déroule dans les bureaux et les studios de la BBC. Le décor s'inscrit plus largement dans une toile de fond historique, l'affaire du canal de Suez en octobre-nov 1956 et la répression soviétique en Hongrie.

Deux jeunes journalistes se voient confier une nouvelle émission d'information à la BBC. Bel Rowley (Romola Garaï qui a déjà tourné pour les plus grands : Woody Allen, Kenneth Branagh ou François Ozon) est la principale héroïne et vient de se voir attribuer le poste, très convoité de productrice de l'émission : ce qui est assez rare pour un époque plus marquée encore qu'aujourd'hui par la mysoginie. Jeune mais aussi jolie, elle entraîne dans son aventure son camarade, Dominic West qui est de la trempe des journalistes incorruptibles qui ne lâchent jamais leur enquête contre vents et marées : un vrai pitbull (tout le contraire de Claire Chazal) qui cherche la vérité sur une sombre histoire. Mais revenons à l'émission !

The Hour diffusée à la BBC semble jouer sur la nouveauté. Son présentateur, un bellâtre séducteur, ambitieux peine à trouver ses marques mais il emballe quand même la belle productrice. The Hour rencontre alors le succès tant espérer car l'émission sait parler d'actualité tout en essayant (sans jamais y arriver complètement) de s'extraire de la contrainte de la censure du pouvoir politique....C'est là tout l'intérêt de la série : comment les démocraties (déjà anciennes) gèrent la liberté de l'information à la télévision dans les années 50 ? A l'instar du Ministère de l'information dans la France gaullienne, les Britanniques de la BBC doivent aussi apprendre à composer avec les maîtres censeurs qui traînent dans les couloirs et les bureaux de la BBC.

Enfin, il y a une enquête policière : des morts, des assassinats.....et un truc plus grave qui rime avec espionnage. Mais je n'en dis pas plus !
Un article dans un autre blog compare cette série à Mad Men, il y a des liens, c'est sûr mais pas tant que cela. Et comme dans Mad Men, le générique est extraordinairement réussi.
Enfin, voici la bande annonce sur la BBC two !
Jean-Christophe Diedrich
Fred Herzog ou la Street Photography en couleur
http://www.lacritique.org/article-fred-herzog-un-coloriste-canadien-d-exception
Muscle Shoals: l'autre capitale de la soul sudiste 1
La région des Shoals se situe dans le nord-est de l'Albama, aux confins du Tennessee et du Mississippi. Quatre agglomérations, Florence, Tuscumbia, Sheffield et Muscle Shoals y furent édifiées le long du Tennessee. La zone reste enclavée tout au long du XIX° siècle, jusqu'à la canalisation de la Tennessee River en 1911. Cinq ans plus tard, un barrage, le Wilson Dam, permet de produire de l'électricité et d'attirer de nouvelles activités (production de nitrates). En 1932, dans le cadre du New Deal, F.D. Roosevelt sélectionne les Shoals pour sa politique de grands travaux pilotée par la Tennessee Valley Authority. Cette dernière y prévoit la construction de 16 nouveaux barrages; autant d'équipements qui attirent dans la décennie suivante de nouvelles industries désireuses de profiter d'une électricité bon marché (textile, aluminium...).
Les Shoals se trouvent en plein coeur de la Bible belt. Le puritanisme ambiant explique le vote d'une loi de 1955 décrétant "secs" les comtés de la région (Lauderdale et Cobert). Jusqu'en 1982, cette prohibition locale empêche l'organisation de concerts live par les clubs et les bars, privant les musiciens du coin de nombreuses scènes potentielles.
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Le Tennessee depuis le Wilson Dam à Muscle Shoals (septembre 1927).
C'est au cours des années 1950 que l'industrie du disque décolle véritablement avec le triomphe d'Elvis Presley qui se produit d'ailleurs au Community center de Sheffield devant certains les musiciens en herbe du cru. Sam Phillips, le producteur du King et patron de Sun Records, est justement originaire des Shoals, une région où cohabitent blues noir et hillbilly blanche, tous deux teintés par une forte tradition religieuse.
Grâce à l'essor des radios locales qui diffusent leurs morceaux, de petites maisons de disques indépendantes apparaissent au sortir de la seconde guerre mondiale. En 1959, Tom Stafford, le fils du principal pharmacien de Florence, s'associe à Billy Sherril et Rick Hall, deux jeunes chanteurs-compositeurs membres des Fairlanes, pour fonder Florence Alabama Music Enterprises à l'acronyme prometteur (FAME). Un petit studio voit le jour au premier étage de l'officine paternelle et devient aussitôt le point de ralliement de tous ce que la région compte de musiciens (le batteur Donnie Fritts, le pianiste Spooner Oldham, mais aussi les auteurs compositeurs Dan Penn et Billy Sherrill)...
Mais très vite, les relations entre Stafford, Sherrill et Hall virent à l'aigre. Ce dernier reproche à ses deux associés leur manque d'ambition et précipite la rupture. Sherrill et Stafford gardent le studio, alors que Hall conserve le nom de Fame, c'est-à-dire pas grand chose. A ce propos, Dan Penn se souvient: "Ils [Stafford et Sherill] lui ont laissé le nom Fame, et c'était à peu près tout. Un jour, environ un mois après son départ, j'ai croisé Rick à Florence. Il avait une feuille de papier qui dépassait de sa poche revolver, et je lui ai demandé ce que c'était. Et il m'a répondu: 'C'est la Fame Publishing Company. C'est ma compagnie.' C'est tout ce qui lui restait: un bout de papier. Et il faut respecter un type qui est parti d'un bout de papier pour arriver là où il est arrivé."
Rick Hall en compagnie d'Otis Redding lors d'une séance d'enregistrement d'Arthur Conley, protégé de "Big O".
Dans l'immédiat, ce fiasco plonge Rick Hall dans le gouffre. Il mène une vie de bâton de chaise qui l'éloigne des Shoals pour quelques mois. Mais l'homme est un battant et parvient à rebondir quelques mois plus tard.
Grâce à un coup de pouce financier de son beau-père, et tout en continuant son boulot de vendeur de voitures, Hall loue un vieil entrepôt de tabac en piteux état sur la Wilson Dam highway qu'il transforme en studio d'enregistrement. Il y enregistre dans un premier temps des jingles et spots de pub pour des entreprises locales. En 1961, son ancien collaborateur Tom Stafford, lui confie Arthur Alexander, un excellent chanteur qui travaille en tant que groom au Sheffield Hotel. Dès la première écoute de "You better move on", Hall est persuadé qu'il tient un tube. Bien épaulé par la première section rythmique FAME (1), le chanteur atteint grâce à cette composition la 24ème place du Billboard lors de sa sortie en 1962.
A la fin de cette année, grâce aux bénéfices engrangés, Hall peut construire un vrai studio au 603 East Avalon Avenue. Seul maître à bord dans son antre, il fait tour à tour office d'ingénieur du son, directeur artistique, arrangeur. En tant que producteur, il façonne un son spécifique, entre R&B et country, qui s'affranchit des clivages culturels traditionnels. Pour fabriquer ce que l'on désigne désormais sous le terme de country-soul, Hall s'appuie sur une section rythmique très efficace (2) et dispose en la personne du jeune guitariste Jimmy Johnson, d'un homme à tout faire très précieux. Enfin, les auteurs maisons Dan Penn, Donnie Fritts, Spooner Oldham complètent cette équipe de choc.

La petite renommée acquise par Hall grâce au hit d'Alexander convainc un manager d'Atlanta, Bill Lowery, d'envoyer à Fame ses poulains: les Tams, Tommy Roe... Si ces derniers ne remportent qu'un succès d'estime, cela suffit néanmoins à attirer de nombreux Afro-américains qui viennent tenter leur chance à Muscle Shoals au moment où Nashville, capitale de la country, leur reste fermée.
Pour l'heure, Hall est aux abois financièrement et décide alors de jouer son va tout. Début 1964, il se lance avec Dan Penn dans une tournée des stations de radios du Vieux Sud afin de convaincre quelques DJ de diffuser un morceau de Jimmy Hughes en lequel ils croient. Histoire de se donner toutes les chances possibles, les deux complices accompagnent les 45 tours pressés pour l'occasion de bouteille de Whisky...
Distribué par Vee-Jay, Steal away est un succès, qui renforce un peu plus la notoriété de FAME. Début 1965, Hall se croit enfin tiré d'affaire. C'est alors que les musiciens du studio, lassés d'être payés avec un lance-pierre, désertent les Shoals pour tenter leur chance à Nashville. En urgence, puisant dans le vivier de musiciens locaux, le producteur monte un nouvel orchestre composé du guitariste Jimmy Johnson, du batteur Roger Hawkins, du bassiste Albert "Jr" Lowe et de Spooner Oldham au clavier. Après des journées de répétition, l'équipe se soude et parvient à trouver une alchimie qui ne tardera pas à faire mouche en studio.

Dans l'immédiat, Hall retourne aux affaires courantes et auditionne des dizaines d'artistes pour tenter de décrocher le tube susceptible d'assurer définitivement la pérennité de sa petite entreprise. Il décroche enfin la timbale au printemps 1966.
En réalité ce n'est pas lui, mais le DJ d'une radio locale et récent fondateur d'un studio d'enregistrement à Sheffield, Quin R. Ivy, qui découvre la perle rare: Percy Sledge, un garçon de salle de l'hôpital de Sheffield. Ce dernier vient d'enregistrer pour Ivy une ballade intitulée When a man loves a woman. Il est accompagné lors de l'enregistrement par les musiciens de Fame dont Ivy prend l'habitude de louer les services avec l'assentiment de leur patron. Ravi du résultat et convaincu qu'il tient là un tube, le producteur vient demander conseil à Hall. Ce dernier contacte alors Jerry Wexler, le vice-président et principal directeur artistique d'Atlantic Records, maison de disque phare en matière de rythm & blues. Dès sa sortie en mars 1966, le morceau devient un succès colossal, un véritable standard qui se vendra au total à 20 millions d'exemplaires!
En jouant les entremetteurs, Hall attire l'attention d'Atlantic. Un partenariat fructueux s'engage. En froid avec l'équipe STAX de Memphis avec laquelle il collaborait jusque là, Wexler décide désormais d'envoyer ses poulains à Muscle Shoals: Don Covay (dont le timbre de voix ressemble de façon troublante à celui de Mick Jagger), puis Wilson Pickett en mai 1966.
Le chanteur, natif de l'Alabama, hésite pourtant à y remettre les pieds compte tenu du racisme ambiant. (3) Ses craintes sont levées dès son arrivée dans les studios où règne une atmosphère spéciale. La voix puissante de Pickett, magnifiée par la section rythmique maison, fait merveille sur les 11 titres enregistrés pour l'occasion. Un tube s'en dégage, Land of 1,000 Dances, qui convainc Wexler de la pertinence de son choix.
Fame est définitivement lancée et attire le gratin de la musique soul sudiste. Ainsi, un DJ de Pensacola, Papa don Schroeder, y envoie à son tour les artistes qu'il manage. Oscar Toney Jr, Sam McClain, James et Bobby Purify y enregistrent quelques très belles faces. Toujours en 1966, Otis Redding, la vedette de chez STAX, accompagne son protégé Arthur Conley à Muscle Shoals qui y obtient l'année suivante un succès avec Sweet soul music. En janvier 1967, l'étoile montante de la soul américaine, Aretha Franklin, accompagnée de son mari et de Wexler, vient enregistrer chez FAME.
Dès son entrée en studio, la puissance émotionnelle que dégage la voix d'Aretha galvanise les musiciens qui excellent sur le premier morceau, I never loved a man. Pourtant, en dépit de cette réussite totale, les esprits s'échauffent rapidement dans le studio. Hall, habitué à tout superviser, supporte mal le dirigisme de Wexler. Rapidement les insultes fusent, provoquant l'annulation de la séance et le départ précipité de la chanteuse.
Jamais plus Wexler ne mettra les pieds dans les Shoals, même s'il reste convaincu du talent des musiciens de FAME. Le roué directeur artistique parvient à attirer le groupe à New York sous le prétexte d'enregistrer un album du saxophoniste King Curtis. Or, une fois cet enregistrement terminé, il en profite pour terminer celui de l'album d'Aretha Franklin et c'est un Hall furieux qui apprend que ses hommes ont servi à asseoir la notoriété de la chanteuse.
Si la rupture est belle et bien consommée entre Wexler et Hall, leurs intérêts bien compris les incitent néanmoins à poursuivre une collaboration à distance. Pour quelques mois encore, les artistes Atlantic se rendent chez FAME, sans leur mentor, qui y est désormais persona non grata. Dans le même temps, la compagnie new yorkaise distribue Clarence Carter, un chanteur compositeur aveugle qui enchaîne les succès tout au long de l'année 1968.
L'immense succès remporté par Aretha Frankin avec l'album I never loved a man (sur lequel figure entre autres Respect, Do right woman, do right man) confirme la magie de Fame et décide d'autres patrons de maisons de disques à y envoyer leurs artistes.
Stan Lewis, patron de Jewel / Paula/ Ronn y mène ses chanteurs soul à l'instar des Wallace brothers, de Ted Taylor ou encore de Toussaint McCall...
De même, les frères Chess de Chicago, à la tête d'un des labels de référence dans le domaine du rythm & blues, signent un contrat avec Hall. Le studio d'Alabama accueille alors Laura Lee, la merveilleuse chanteuse louisianaise Irma Thomas, le duo Maurice & Mac, Kip Anderson et surtout Etta James.
Celle-ci débarque dans les Shoals à la fin août 1967. Son arrivée, à la tête de plusieurs caniches et d'une collection de manteaux de fourrure bien inutiles à cette saison en Alabama, suscite les moqueries de l'équipe FAME,tout du moins jusqu'à ce qu'elle chante.
Etta James enregistre chez FAME une série de morceaux sublimes, en particulier I'd rather go blind, une ballade soul portée par sa magnifique voix et des cuivres étincelants.
Or, de nouveau, Hall doit faire face à une défection brutale de ses musiciens, le 20 mars 1969. Cette fronde semble avoir encore une fois pour origine la maigreur des cachets touchés ceux qui restent les artisans essentiels du succès du label. Décidés à enfin voler de leurs propres ailes, Jimmy Johnson (guitare), Roger Hawkins (batterie) , David Hood (basse) et Barry Beckett (clavier) rachètent un studio de musique country. Ce cube de brique sis au 3614 Jackson Highway à Sheffield, devient le Muscle Shoals Sound studio, nouvelle usine à tube dont nous reparlerons bientôt.
Au bout du compte, si la fréquence des changements de personnels chez FAME s'avère préjudiciable sur le long terme, elle permet toutefois à de nouveaux talents de percer. Par exemple, Hall recrute en 1968 Duane Allman, un jeune prodige de la guitare qui se distingue, entre autres, par un solo de guitare d'anthologie sur Hey Jude des Beatles repris par Wilson Pickett.
Hall réussit sans peine à réunir une nouvelle section rythmique, le Fame Gang, dont il s'assure l'exclusivité des services. (4) Pour compléter son équipe, il recrute une section de cuivres appelée les Muscle Shoals Horns. Enfin, un accord de production et de distribution signé avec Capitol contribue au regain d'activité de FAME records. Aussi, le succès se maintient grâce à l'enregistrement de pointures soul telles que Spencer Wiggins, Willie Hightower, Bettye Swann ou Candi Staton.
Pourtant, au début des années 1970, le studio ne semble plus si irrémédiablement lié à la soul. D'une part, Hall entend diversifier sa ligne éditoriale et n'hésite plus à multiplier les incursions dans l'univers de la country (Bobbie Gentry), du rock (Eddy Mitchell), de la variété-pop (Tom Jones, Paul Anka, Osmonds). (5) D'autre part, à partir de 1975, Rick Hall, malade, décide de lever le pied et réduit considérablement son activité (passant de 15 albums enregistrés annuellement à un seul).
Une question reste posée: comment expliquer que ce coin paumé du nord de l'Alabama se soit imposé la Mecque de la soul sudiste et une véritable usine à tubes entre la fin des années 1960 et le début des années 1970?
Si il n'y a aucun déterminisme géographique dans ce succès, force est de constater qu'un son parfaitement unique a été produit au cours de cette période à Muscle Shoals, un son comparable par son originalité, à ceux de la Motown à Detroit ou de Stax à Memphis.
Plusieurs éléments d'explication semblent pouvoir être avancés. Soulignons d'abord l'extraordinaire densité de musiciens talentueux dans ce secteur; de jeunes blancs fascinés par les musiques noires en dépit de la stricte ségrégation qui règne alors dans l'Alabama. Depuis leurs plus jeunes années, Rick Hall, Dan Penn ou encore Jimmy Johnson se sont amourachés du rythmn and blues qu'ils entendent sur les ondes locales. Tous aspirent à produire une musique s'en approchant.
Bref, si les lieux n'ont rien de magique, on ne peut attribuer la qualité des productions FAME qu'à l'alchimie touvée par les principaux protagonistes du studio: des dizaines de musiciens talentueux (Jimmy Johnson, Duane Allman, Bobby Womack...), des auteurs surdoués (Dan Penn, Spooner Oldham, George Jackson...), des voix exceptionnelles venues chanter dans les micros du studio (Wilson Pickett, Etta James, Candi Staton pour n'en citer que quelques uns), enfin Rick Hall.
Certes, ce patron est un tyran qui paye au lance-pierre ses collaborateurs, mais il possède aussi une excellente intuition et une oreille très sûre. En dépit de son autoritarisme, sa direction artistique procède d'un processus collégial. Meneur d'homme extrêmement exigeant, il sait, en contrepartie, tirer le meilleur de ses musiciens. Enfin, sa volonté de fer lui a permis de toujours rebondir (comme lors des départs successifs de ses sections rythmiques) et de mener à bien son entreprise.
Au fond, le soulman chicagoan Jerry Butler est peut-être celui qui identifie le mieux ce qui fit la force du Muscle Shoals sound: "Que vous soyez noir ou blanc, si vous étiez du Sud, ces chansons vous parlaient. C'est le pouvoir universel de la musique. Ceux qui entendaient les enregistrements d'Aretha Franklin réalisés à Muscle Shoals n'avaient pas la moindre idée que ses accompagnateurs étaient blancs. Ils s'en fichaient. L'important était la grâce divine. ça n'avait rien à voir avec la couleur de peau. Seul le groove comptait."
Ainsi, par l'entremise de FAME, la paisible bourgade de l'Alabama se transforma au cours de cette poignée d'années en un riche creuset qui permit à l'évidente collusion musicale entre Afro-américains et poor Whites de s'épanouir pleinement.
* Repères discographiques.
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Les enregistrements réalisés dans le studio FAME font l'objet ces derniers mois de somptueuses rééditions. Le label Kent a sorti récemment des disques consacrés à Jimmy Hughes, Spencer Wiggins, George Jackson et Candi Staton. Le volume réservée à cette chanteuse formée à l'école du gospel est de toute beauté. Elle y excelle sur toutes les faces gravées, en particulier les ballades lentes.
Enfin, le coffret The Fame Studios story 1931-1973 résume en 75 morceaux les plus belles années du label. Le copieux livret en retrace les grandes heures.
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Notes:
1. David Briggs au piano, Jerry Carigan batterie, Terry Thompson et Peanut Montgomery à la guitare
2. Jerry Carrigan, Norbert Putnam, David Briggs, Terry Thompson.
3. Sam McClain rapporte par exemple: "Dieu sait que Muscle Shoals et Florence sont des nids de rednecks, mais ce n'était pas le cas en studio. En revanche, il suffisait de sortir du studio et d'aller chercher à manger pour s'apercevoir que dehors, c'était une autre histoire."
4. Les guitaristes Travis Wammack, Junior Lowe, le batteur Freeman Brown, le bassiste Jesse Boyce, le claviériste Clayton Ivez, tous placé sous la direction de l'arrangeur Mickey Buckins.
5. Ce groupe composé de 5 frères d'une famille mormone de l'Utah connaissent un succès inouï. Une Osmondmania gagne ainsi les Etats-Unis au début des années 1970.
Pour terminer, une sélection de quelques morceaux enregistrés chez FAME.
1. Candi Staton: "That's how strong my love is"
2. Wilson Pickett: "Hey Jude"
La célèbre reprise du standard des Beatles avec le solo de guitare lumineux de Duane Allman.
3. Etta James: "Fire"
4. Irma Thomas: "A woman will do wrong"
5. Arthur Conley: "Let nothing separate us"
6. Unknown female: "Another man's woman, another woman's man"
7. Willie Hightower: "Back road into town"
8. Laura Lee: "Dirty man"
9. Aretha Franklin: "I never loved a man the way I love you"
Sources:
- Sebastian Danchin: "Muscle Shoals. Capitale secrète du rock et de la soul", les cahiers du rock, Ed. autour du livre, 2007.
- Sebastian Danchin, "Encyclopédie du rhythm & blues et de la soul", Fayard, Paris, 2002.
- Peter Guralnick, "Sweet soul music, rhythm & blues et rêve sudiste de liberté", Allia, Paris, 2004
- Michka Assayas: "Dictionnaire du rock", t.2 de M à Z, coll° Bouquin, Robert Laffont, 2003.





23.01.12 20:59:28, 









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