Archives pour: Janvier 2009, 12
Les grandes figures du blues 2: Jimmy Reed.

Jimmy Reed est l'un des bluesmen les plus populaires de l'après guerre. Au cours des années cinquante, il devient le plus gros vendeur de Chicago blues.
A partir de l'entre-deux-guerres, des milliers d'Afro-américains quittent la misère du vieux sud pour les grandes métropoles industrialisées du nord, dans l’espoir d’une vie meilleure. Bien souvent la désillusion est au rendez-vous. En effet, la ségrégation socio spatiale sévit aussi dans le nord. Des quartiers exclusivement noirs se constituent et se transforment en ghettos, délaissés par les populations blanches et par tous ceux qui ont les moyens de s’installer ailleurs.
Chicago reste la destination reine. Les migrants pauvres s'installent dans les quartiers délabrés du sud et de l'ouest de la ville (South side et West side). Ces ghettos noirs avec leurs codes propres sont bientôt livrés aux gangs organisés. Ainsi, l'espoir d'une vie meilleure dans les métropoles du nord s'estompe très vite pour de nombreux migrants confrontés à une "jungle de béton" (cf: Herzaft). Pour échapper aux sordides conditions d'existence, les habitants des ghettos noirs se divertissent dans les nombreuses tavernes et boîtes de nuits enfumées où l'alcool coule à flot. C'est aussi dans ces lieux que s'épanouit une musique directement inspirée du blues du Delta. Mais, cette musique se "développe dans un contexte orchestral surélectrifié où domine l'interaction de la guitare et de l'harmonica, soulignée par une rythmique lancinante (batterie et bientôt basse électrique)".
Une nouvelle scène blues se constitue ainsi dans le South side Chicago à la fin des années quarante. A partir du milieu de la décennie suivante, Jimmy Reed s'impose vite comme le héros le plus populaire du Chicago blues.
Mathis James Reed naquit le 6 Septembre 1925 à Leland, dans le Mississippi. Il déménage pour Chicago pendant la seconde guerre mondiale. Il signe en 1953 sur le label Vee-Jay, spécialisé dans le blues de Chicago. A la fois guitariste et harmoniciste il se fait accompagner par son ami le guitariste Eddie Taylor.
En mars 1955, son titre "You don't Have To Go" devient un tube dans les classements Rhythm & Blues. Durant les six années qui suivent, il ne place pas moins de 18 titres dans le top 20. Il compte de nombreux aficionados à Chicago même, mais aussi dans le sud profond. Guitariste assez sommaire, Reed sait s'appuyer sur le talent de Taylor. Surtout, le chanteur se forge un son unique. Sa compagne "Mama Reed" l'aide à accoucher de très belles compositions sur lesquelles sa voix traînante fait merveille. Reed mâche ses mots, son accent du sud profond est à couper au couteau, pourtant la magie opère. Ses blues nonchalants sont absolument irrésistibles.
Ci-dessous, une video intéressante dans la mesure où on y voit Presley reprendre un titre de Reed. Or, un montage superpose la voix de Reed sur les images, ce qui permet de mesurer la différence de style.
Son influence sera énorme sur les chanteurs du jeune rock'n'roll (sur Elvis Presley notamment). Puis, au début des années 60, ses compositions et son style influencent considérablement les jeunes pousses du rock britannique: Animals, Rolling Stones, Yardbirds... A partir de la seconde moitié des années soixante, des ennuis de santé et l'irrépressible penchant du chanteur pour l'alcool précipitent sa déchéance. Il meurt d'une attaque le 29 Aout 1976 à Oakland, Californie.
Source: - G. Herzaft:"Le blues", que-sais-je?, PUF, Paris, 1994, pp71-72.
Liens:
* Les grandes figures du blues:
- Les grandes figures du blues 1: Sonny Terry et Brownie McGhee.
* Ci-dessous, une série d'articles consacrée aux pionniers du blues
- Les pionniers du blues 10: Leadbelly.
- Les pionniers du blues 9: Blind Gary Davis.
- Les pionniers du blues 8: Blind Willie McTell.
- Les pionniers du blues 7: Blind Willie Johnson.
- Les pionniers du blues 6: Blind Lemon Jefferson.
- Les pionniers du blues 5: Blind Blake.
- Les pionniers du blues 4: Son House.
- Les pionniers du blues 3: Mississippi John Hurt.
- Les pionniers du blues 2: Skip James.
- Les pionniers du blues 1: Charley Patton.
* Des BD et des mangas sur le Blues :
- Sur les traces du bluesman Robert Johnson en BD et en manga
* Et comme le Blues, ce n'est pas qu'en Amérique...
- A la découverte du blues touareg
* Jimmy Reed sur la Hype machine.
La figuration narrative ce n'est pas du Pop Art !
La Figuration narrative ce n'est pas du Pop Art !
Bernard Rancillac, Bloody comics, 1977
Quels sont les principes de ce courant pictural ?
Naissance et polémiques
Le mouvement voit le jour en 1964 à l'occasion d'une exposition intitulée "mythologies quotidiennes" au musée d'art moderne de Paris. Ce mouvement apparaît au moment où l'abstraction connaît un déclin alors que la BD, le cinéma et la photographie s'imposent comme des arts à part entière.
La technique et les thématiques s'apparentent quelque peu au Pop Art. Pour distinguer la figuration narrative, Gérard Gassiot-Talabot, critique d'art de l'époque explique que le mouvement n'a pas rompu "avec les moyens picturaux traditionnels" alors que "le Pop Art a choisi l'évidence brutale du sujet, sans interprétation plastique".
La figuration narrative tente également de prendre en compte l'image de masse de la société de consommation. Mais la critique n'est pas tendre et dénonce cette jeune génération d'artistes comme étant seulement justement à la remorque même du Pop Art....
Toujours Gérard Gassiot-Talabot constitue une typologie des oeuvres du mouvement en définissant quatre types de narration: l'anecdotique, l'évolutive, les scènes cloisonnées et la juxtaposition de plans temporels.
Une nouvelle génération de peintres
Dîner de vernissage de l'exposition "Mythologies quotidiennes", 1964
Plus de 34 peintres participent à la première exposition "mythologies quotidiennes" dont Rancillac, Télémaque, Arroyo, Klasen, Martial Raysse ou Niki de Saint Phalle.
Tous ont en commun d'explorer un nouveau figuratif en s'inspirant de l'actualité de l'époque, de la société de consommation et de son nouvel univers matériel mais également en allant puiser dans les tableaux du passé, des figures ou des attitudes. L'entremêlement des techniques et des influences constituent avec la narration la recette de ce mouvement qui ne va durer qu'une petite quinzaine d'années.
Une peinture qui se politise progressivement
Les sujets choisis par ces peintres sont de plus en plus inspirés de l'actualité et d'une certaine manière d'une prise de position : la guerre du Vietnam inspire, Cuba ou l'IRA également. En 1968, les ateliers populaires des Beaux-Arts voient une large participation des peintres de cette école dont Fromanger, Rancillac ou Arroyo.
Gilles Aillaud, la bataille du riz, 1968.
Le mouvement semble connaître ses derniers avatars quand le peintre Géard Gassiot-Talobot réunit une nouvelle fois tous les artistes à l'occasion d'une nouvelle exposition intitulée " Mythologies quotidiennes 2" en 1977.
Jean-Christophe Diedrich
Sources : Bergerot Anne, Catalogue de l'exposition sur la figuration narrative, Paris 1960-1972, au Grand Palais 16 avril - 13 juillet 2008.
Voici quelques tableaux qui ont attiré mon attention :
Eduardo Arroyo, Grand pas du St-Bernard, 1965
Equipo Cronica, Las Meninas...... revisitées.
Fromanger, Boulevard des Italiens
Hervé Télémaque, Banania n°3, 1964
Neil Young:"Cortez the killer".

Hernan Cortés débarquant au Mexique.
Dans son morceau Cortez the killer, Neil Young oppose la cruauté du conquistador aux munificences de l'empire aztèque. Il décrit les sociétés précolombiennes de manière idéalisée et évoque très rapidement Cortés, le présentant comme l'assassin des populations et le fossoyeur de ces civilisations brillantes.
Lire la suite de l'article et écouter ce superbe morceau du Loner.





12.01.09 22:35:37,
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