Archives pour: Avril 2009
Chansons et sida.

Caricature de Plantu.
C'est en 1980 que les premiers cas, de ce que l'on n'appelle pas encore le sida, sont repérés à Los Angeles. Cinq patients sont atteints de violentes pneumopathie. Ils ont en commun d'être homosexuels et de se droguer. C'est la raison pour laquelle, certains ont voulu croire que le sida était l'affaire des gays. Dès 1983, on découvre que la transmission par voie sexuelle chez les hétéros est avérée. Cette maladie mortelle touche aussi les toxicomanes par injection, les hémophiles qui ont besoin de transfusions sanguines. Les scientifiques du monde entier entament alors des recherches sur ce mal qui fait de plus en plus de victimes. Le 20 mai 1983, l'équipe du professeur Montagnier, de l'institut Pasteur, identifie le nouveau virus. Simultanément, des chercheurs américains isolent le même virus que l'on nomme alors le VIH, virus d'ummunodéficience humaine. La maladie qu'il provoque sera appelée sida (syndrome d'immunodéficience acquise) à partir de 1985.

Le virus détruit les défenses naturelles du corps et provoque l'apparition de maladies graves. Le sida se transmet par relations sexuelles non protégées, par transfusion sanguine ou par l'allaitement d'une mère contaminée à son bébé. A partir de 1980, la maladie se répand rapidement dans le monde entier. Dans les pays riches, des campagnes d'information vont permettre de limiter l'épidémie, mais pas de l'arrêter. A l'heure actuelle, et malgré les progrès de la médecine, il n'existe toujours pas de vaccin contre le sida, mais désormais, une vingtaine de médicaments permettent de limiter l'évolution de la maladie. Ces antirétroviraux permettent de stabiliser le sida, mais en aucune façon de guérir de la maladie. Depuis 1996, avec l'utilisation de la trithérapie, le nombre de décès dus au sida a chuté sensiblement partout où les traitements sont disponibles.
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Depuis l'apparition de la maladie, 20 millions de personnes sont mortes du sida dans le monde et près de 40 millions de malades vivent avec le VIH aujourd'hui, 65% vivent en Afrique, principalement en Afrique subsaharienne.
L'Afrique est aujourd'hui le continent le plus touché. Au départ le sida est un sujet particulièrement tabou, car il est lié au sexe. Le manque d'éducation de nombreux malades entretient la culture de la superstition et du fatalisme. Pour beaucoup, les personnes atteintes du sida ont été frappées par une malédiction ou ensorcelées. Comme le rappelle Soro Solo, dans son émission l'Afrique enchantée, en Côte d'Ivoire, on attribue le décès de vedettes de la chanson ou de la télé à d'autres maladies que le sida, qui reste encore une maladie honteuse. Comme le rappelle Marc Gentili, président de l'Académie nationale de médecine, "le sida est plus dévastateur dans les pays pauvres, où il y a un manque d'hygiène et où les gens vivent dans la promiscuité. Les habitants ne peuvent pas se nourrir correctement. Les malades du sida ont besoin d'aliments riches en protides, difficiles d'accès et chers dans les pays d'Afrique." Les femmes restent les plus touchées par la maladie, dans la mesure où certains maris imposent des relations non protégées, alors qu'eux-mêmes sont contaminés. Elles donnent naissance dans la moitié des cas à des enfants séropositifs (c'est en Afrique que l'on trouve 90% des enfants infectés!). Bref les conséquences de la maladie s'avèrent particulièrement catastrophiques sur le continent.

Les sommes considérables investies ces dernières années pour lutter contre le VIH/SIDA en Afrique subsaharienne semblent porter leurs fruits, mais les progrès restent inégaux et nécessitent encore des efforts accrus, notamment dans le domaine de la prévention, selon le Rapport sur l’épidémie mondiale de sida 2008, publié le 28 juillet par le Programme commun des Nations Unies sur le sida, ONUSIDA. Ce dont n'a certainement pas besoin l'Afrique, c'est en tout cas la venue d'un pape qui campe sur les positions officielles de l'Eglise. Le Vatican reste opposé à toute forme de contraception. Ainsi, en mars dernier, depuis l’avion qui le conduisait à Yaoundé, dans le cadre d’un voyage en Afrique, le pape Benoît XVI a lancé : abordant le problème du Sida, il a estimé que l’on ne pouvait « régler le problème de cette pandémie avec la distribution de préservatifs. » Au contraire, a-t-il insisté, leur utilisation aggrave le problème. »

A côté des associations telles que Aides (fondée en 1984) ou Act up, les artistes, notamment les musiciens, seront parmi les premiers mobilisés pour imposer les campagnes de prévention (pour l'utilisation du préservatif, de seringues jetables pour les toxicomanes).Line Renaud est une pionnière puisqu'elle fonde, dès 1985, l'Association des artistes contre le sida. En 1990 se monte l'association Sol en si, dont le but est d'aider les enfants de parents séropositifs. Surtout, la pandémie inspirera des chansons, plus ou moins réussies, autour de ce fléau.
1. Hilarion Nguema: "Sida" (1986). Derrière une rythmique enlevée, ce titre est révélateur de la méconnaissance de la gravité de la maladie, dans un premier temps tout cas. On y entend le chanteur gabonais Hilarion Nguema relativiser. Pour lui, il faut bien mourir de quelque chose.
2. Barbara: "Sid'amour à mort" (1987). Une chanson émouvante de la grande dame qui s'est engagée très tôt aux côtés des malades, mais tout cela loin des projecteurs. Elle fait distribuer des préservatifs lors de ses spectacles, joue dans les hôpiteaux... La première à aborder de front ce problème du sida en France. Le soir de la première de son spectacle au Châtelet, elle interprète ce titre en l'introduisant par ces mots: "c'est une chanson que j'aurais vraiment ne jamais avoir écrite".
3. Jean-Louis Aubert: "Sid'aventure" (1989). Ce texte plus allusif évoque lui aussi la maladie. D'ailleurs, Barbara et Aubert se retrouveront côte à côte autour de cette lutte contre le sida. Ils composeront ensemble une chanson intitulée "le couloir", dont ils abandonnent l'intégralité des droits à l'association Act Up.
4. Neneh Cherry: "I got u under my skin". Reprise d'un classique par Neneh Cherry pour une des nombreuses complations (15 à ce jour) élaborées par la Red Hot Organiszation qui lutte contre la pandémie.

5. Mano Solo (1993): "Pas du gâteau". Chanson marquante, même si elle n'est pas directement centrée sur le sida. Mano Solo y fait en tout cas référence à sa maladie et clame son envie de vivre malgré tout. Mano Solo regrettera sa prise de position, puisque de nombreux medias l'étiquettent comme le "chanteur à sida".
6. Franco: "Attention na sida". Sur ce titre, le grand maître de la rumba congolaise, Franco Luambo Makiadi, chante alternativement en français et en lingala. Il chante:
"Et vous Monsieur , et vous citoyens
Attention aux prostituées
Evitez des partenaires multiples
Et vous Madame et vous la citoyenne
Exigez des messieurs le port d'un préservatif
Mettez vous même un produit qui vous protège
Ouvriers, bureaucrates, cadres
A l'atelier, à l'usine, au bureau
Dans vos causeries , répandez le message de la lutte contre le SIDA
Celui qui en sait plus, renseigne son prochain
Ne vous gênez pas
Le temps passe vite,
Et avec lui meurent chaque jours les victimes du SIDA
Le bon remède c'est l'information
Le meilleur remède c'est de bien se préserver ".
(...)
Educateurs à l'école, au collège, au lycée et même à l'Université
Les parents comptent sur vous pour les épauler dans cette exaltante tâche d'éducation des jeunes
Parents ne vous couvrez pas la face
Dites à vos enfants, dites à ces jeunes tout ce que vous savez sur et contre le SIDA
Chercheurs du monde entier attention,
C'est à vous qu'appartient l'efficacité de la lutte contre le SIDA
Nous attendons le vaccin
Nous attendons le médicament
Ils tarderont à venir, certes, 5, 10 ans
Echangez-vous les expériences
Ne travaillez pas en cercle fermé
Le temps presse
Le mal vous lance progressivement un défi
Un défi qui paraît inébranlable
Comme PASTEUR, comme FLEMING, comme CURIE,
Comme tant d'autres génies du siècle dernier
Sachez à votre tour vaincre ce mal qui terrorise l'humanité
Chassez du corps humain ce fléau qui l'anéanti
Ne perdez pas du temps en vous disputant sur la paternité de telle ou telle découverte
Cela ne vous avancera pas !
Bo sala mosala mama
Ba chercheurs bo tika ko kabola bikolo mama
Médecins vous savez mieux que quiconque comment le SIDA s'attrape
Ne montrez pas au malade que vous avez peur de lui
Ne détruisez pas, par votre langage, par votre comportement, le moral du malade
Même s'il est mourant, c'est par vous que tout le corps médical prendra courage
Pour soigner cette terrifiante maladie, le SIDA
Médecins attention au secret médical, c'est un secret professionnel
Le dossier du malade ne concerne que le malade ou ses proches
Ne dites pas à n'importe qui, n'importe quoi qui puisse éveiller la panique
Votre devoir est comme toujours sacré"
(...)
"Gouvernants des pays riches
Aidez les pays pauvres, offrez leur les moyens de lutter contre le SIDA
Ne leur fournissez pas des armes qui les incitent à s'entretuer
L'arme idéale c'est la lutte contre le SIDA frères et soeurs
Nations du monde entier entraidez vous
Faites des échanges sur vos expériences sur le SIDA
Multipliez rencontres, conférences afin que des connaissances se développent
Autorités politiques,
Utilisez les radios, les télévisions, les journaux
Pour informer les populations des dangers du SIDA
Il faut les informer comment en être protégé
Un même combat doit nous mobiliser
Nous devons tous lutter contre le SIDA.....Ah !"

Paroles trouvées sur ce site.
7. Raggasonic: "J'entends parler du sida" (1993).
8. M: "Le radeau" (2003). Chanson, elle aussi très allusive, qui dépeint la mort d'une malade.
Sources:
- Les docs de l'actu n°6. "Les 100 dates de l'histoire du XXème siècle", p97.
- Les docs de l'actu n°9. "L'atlas du monde", pp78-79.
- Playlist chanson: le sida dans la chanson (Télérama.fr).
- P. & J.P. Saka: "L'histoire de France en chansons", Larousse.
- L'Afrique enchantée (France inter) du 22 mars 2009: "quand le sida est arrivé..."
- 2000 ans d'histoire (France inter) du 30 mars 2009: le sida.
Liens:
- Sida en Afrique: les progrès ne sont pas homogènes.
- "Le pape sourd au sida" sur l'excellent blog de Colette Braekman.
Liens:
- Franco chante attention au Sida.
- Red Hot Organization mobilise les artistes contre le Sida.
Arthur H et la soif de l'or.

Le 24 janvier 1848, James Marshall, découvre des pépites d'or dans un gros tas de cailloux alors qu'il répare un moulin à eau. L'annonce officielle de la découverte entraîne aussitôt la ruée vers l'or, direction la Californie.
Le talentueux Arthur H conte les mésaventures d'un de ces chercheurs d'or. Il souligne l'espoir immense qui habite ces hommes qui ont souvent tout quitté et son interprétation semble insister sur "la fièvre de l'or" qui brûle l'homme de l'intérieur. Il dépeint aussi les douleurs physiques liées à la quête des précieuses pépites.
Lire l'article et écouter ce superbe morceau sur L'Histgeobox.
3 films sinon rien !
La Vague, un film choc

On ne sort pas indemne de ce film. Il nous offre un rappel salutaire : la démocratie est le résultat d'un travail de construction permanente et est sans cesse en danger. C'est sans doute l'essentiel du message transmis par l'histoire. De quoi s'agit-il ?
Un professeur plutôt anarchiste dans ses idées comme son mode de vie est chargé par sa direction de traiter pendant toute une semaine du thème de l'autocratie. Malgré sa réticence initiale, il prend le sujet à bras le corps et décide de faire à ses élèves une démonstration par l'absurde. Pour cela, il met en pratique dans la classe certains principes comme la discipline, la solidarité du groupe, la cohésion qui passe parfois par l'exclusion ou la stigmatisation de ceux qui ne se conforment pas aux règles communes. Bien sûr, les élèves semblent tomber un peu naïvement dans le panneau, mais le mérite du film est de montrer comment ce groupe solidaire offre des repères aux plus paumés et un exutoire aux frustrations des adolescents. En analysant le processus de construction du mouvement de la vague (Die Welle), Dennis Gansel nous permet de mieux comprendre comment des circonstances historiques ont permis l'arrivée au pouvoir de régimes totalitaires. Les dialogues entre les jeunes pourraient avoir lieu dans n'importe quel pays pour l'essentiel. Il y a cependant des discussions intéressantes sur la possibilité du retour du nazisme en Allemagne et sur le poids de la responsabilité des générations actuelles dans les crimes du IIIème Reich.
Je ne vous raconte pas la suite pour ne rien gâcher et vous incite fortement à aller voir le film. Précisons qu'il est inspiré d'une expérience menée en 1967 en Californie par un professeur d'histoire. Un roman de Ted Strasser, publié en 1981, a relaté l'expérience. L'histoire est également disponible en BD (illustrée par Stefani Kampmann).Le livre et la BD sont publiés chez JC Gawsewitch éditeur, ou en poche chez Pocket.
En savoir plus ici (infos, dossier de presse) et sur le blog Zéro de conduite.
Welcome, bienvenu ?
Aucun lien avec le film précédent ? Pas si sûr.... Une polémique a d'ailleurs opposé le nouveau ministre de l'immigration Eric Besson et le réalisateur Philippe Lioret sur le parallèle établi par ce dernier entre la situation des Juifs sous l'occupation et celle des clandestins en transit vers le Royaume-Uni dans la ville de Calais. L'histoire : Un jeune kurde irakien de 17 ans (superbement interprété par Firat Ayverdi) tente de passer en Angleterre pour rejoindre la fille qu'il aime. Il est décidé à traverser la Manche à la nage. Pour cela, il prend des leçons auprès d'un maître-nageur de Calais interprété par Vincent Lindon qui se prend de sympathie pour lui. Le mérite du film est de nous rendre concrêt et humain ce que les journaux télévisés évoquent périodiquement. Pas de chiffres mais les histoires personnelles bouleversantes de ces parias des temps modernes que sont les migrants, refoulés des magasins, causant des ennuis judiciaires à tous ceux qui tentent de les aider au nom de la solidarité humaine la plus élémentaire. Je ne sais pas si ce film peut changer quelque chose au débat français sur l'immigration, mais il apporte sa contribution et elle me semble fondamentale. Vincent Lindon, d'ordinaire assez peu engagé, a dit avoir été personnellement choqué par ces lois qui condamnent tous ceux qui tentent d'aider les migrants. Espérons qu'il en sera de même pour beaucoup d'autres.
En savoir plus sur le blog zéro de conduite.
Les Trois Royaumes, dans la Chine du IIIème siècle
Tout autre style avec le film de John Woo inspiré d'un classique chinois du XIV ème siècle écrit par Luo Guanzhong. L'histoire (d'après le site du film) :
"En 208 de notre ère, l'Empereur Han Xiandi règne sur la Chine pourtant divisée en trois royaumes rivaux [Wei, Shu et Wu]. L'ambitieux Premier Ministre Cao Cao rpeve de s'installer sur le trône d'un empire unifié, et se sert de Han Xiandi pour mener une guerre sans merci contre Shu, le royaume du Sud-Ouest dirigé par l'oncle de l'Empereur Liu Bei. Celui-ci dépêche Zhuge Liang, son conseiller militaire, comme émissaire au royaume de Wu pour tenter de convaincre le roi Sun Quan d'unir leurs forces. A Wu, Zhuge Liang rencontre le Vice-Roi Zhou Yu, celui-ci est marié à la belle Xiao Qiao, également convoitée par Cao Cao... Très vite, les deux hommes deviennent amis et concluent une alliance. Furieux d'apprendre que les deux royaumes se sont alliés, Cao Cao envoie une force de 800 000 hommes et 2000 bâteaux pour les écraser. L'armée campe dans la forêt du corbeau, de l'autre côté du fleuve Yangtzé, dans le camp de la falaise rouge, sont installés les alliés. Face à l'écrasante supériorité de Cao Cao, le combat semble joué d'avance, mais Zhou Yu et Zhuge Liang ne sont pas décidés à se laisser faire."

[Les Trois royaumes, source]
C'est un film de guerriers mélomanes, capables des pires violences dans la journée puis de conter fleurette à leur épouse le soir venu. Quelques acteurs sortent du lot comme le japonais Takeshi Kaneshiro et le remarquable Tony Leung, l'une des plus belles gueules du cinéma asiatique. Il figure toujours en bonne place dans les films de Wong Kar-Waï. Je vous en avais parlé pour son rôle dans le passionnant Lust Caution qui se déroulait pendant la Seconde Guerre mondiale à Shanghaï.
Deux scènes mémorables, celle où deux des guerriers font une sorte de "boeuf" en jouant sur des instruments à cordes de l'époque. On a l'impression d'entendre deux bluesmen du delta du Mississippi... Et puis une partie de ballon assez étrange, un sport qui ressemble un peu à du football mais avec plusieurs buts.
Vous pouvez prolonger par la lecture du livre (chez plusieurs éditeurs) ou des différents manhuas et mangas qu'il a inspiré :
- Li Zhiqing, Les trois Royaumes, Toki, 2008 (5 tomes parus en français). Un manhua chinois.
- Buronson et Ryōichi Ikegami, Lord, Pika éditions, 2008 (5 tomes parus en français). Une vision japonaise.
Staff Benda Bilili: "Très très fort!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!".

Coup de projecteur aujourd'hui sur la musique jubilatoire de ce groupe congolais composé de huit Kinois malmenés par l'existence: le Staff Benda Bilili ("regarde au-delà des apparences" en lingala). Depuis une dizaine d'années, ces handicapés animent les nuits de Kinshasa grâce à leur musique survoltée, savant mélange de rumba zaïroise, de funk jamesbrownien et de mélodies cubaines.
Ricky, le meneur-chanteur du Staff, Koko, le guitariste aérien, Théo, Djunana, Kabosé, Cavalier, Zadis et le benjamin Roger (18 ans),connaisent la capitale de la RDC comme leurs poches. Ils sillonnent la ville sur leurs improbables motos customisées et adaptées à leurs handicaps respectifs. Mis à part, leurs activités musicales, ils continuent de survivre grâce au système D et à des activités plus ou moins licites (trafics de cigarettes ou de boissons..). Mieux vaut en tout cas ne compter que sur soi dans cette métropole qui s'est développée de manière anarchique. A l'indépendance, en 1960, la ville comptait 400 000 habitants, 1 million dix ans plus tard et huit fois plus aujourd'hui. Dans une récente enquête menée par Médecins du monde, on peut lire: "Elle (Kinshasa) exerce un énorme pouvoir d'attraction et continue à absorber les populations rurales à un rythme soutenu, mais il semble que la seule chose qui se soit développée soit le sous-développement lui-même." La ville, en état de désagrégation continuelle, manque de tout: routes asphaltées, eau courante, électricité, égouts...
Entre 30 000 et 50 000 enfants abandonnés sillonnent la ville, en quête de moyens de survie, enchaînant les petits boulots (cireurs, gardiens de voitures, vendeurs à la sauvette) ou les menus larcins. On les appelle les shégués. L'origine du nom n'est pas claire. Pour certains, il s'agit d'une contraction de Che Guevara, qui enrôla de nombreux enfants soldats dans son armée lorsqu'il vint, avec quelques barbudos, tenter de créer un foyer révolutionnaire au Congo. Pour les autres, c'est une référence ironique à l'espace Schengen, qui a bloqué l'accès à l'Europe pour de nombreux Congolais. Roger, le plus jeune membre du Staff, était un de ces shégués lorsqu'il fut repéré par Ricky, en 2005. Ce dernier prit l'ado sous sa protection et fut immédiatement séduit par sa maîtrise d'un instrument de son invention, le Satongué, composé d'une corde, d'une boîte de conserve et d'un arc en bois.
Par chance, le groupe fut repéré par deux jeunes Français vivant à Kinshasa, fondateurs d'une société de productions vidéos, la Belle Kinoise. Ils convainquirent Crammed discs, un label indépendant belge, de signer le Staff. Aussitôt, les musiciens enregistrèrent leurs chansons avec du matériel de fortune dans le zoo de Kinshasa. Ainsi, il nous est désormais possible d'écouter leur disque "Très très fort" en Europe (le cri de ralliement du Staff). De fait, rarement un album a aussi bien porté son nom. Loin de tout misérabilisme, il propose une poignée de titres bourrées d'invention et d'énergie. Une musique tout bonnment irrésistible.
Sources:
- Article de Yann Plougastel pour Le Monde 2 du 11 avril 2009.
Liens:
- le site Myspace du Staff.
- Présentation de l'album sur Crammed discs.be.
- Africamix: "Staff Benda Bilili, stars de Kinshasa la déglingue".
- Africamix: "benda Bilili, perles musicales des rues de Kinshasa".
Naissance du Ghana.
Kwame Nkrumah, troisième en partant de la gauche, lors de la célébration de l'indépendance du Ghana.
La Gold Coast devient la première colonie d'Afrique sub-saharienne à accéder à l'indépendance. Elle abandonne alors son toponyme colonial et se rebaptise Ghana, en référence à un ancien Empire africain.
Le retentissement de cet événement est immense en Afrique noire et Accra devient la capitale des peuples en lutte. Durant la nuit du 6 mars 1957, des manifestations de joie et de jubilation ont lieu dans la capitale du Ghana.
Lord Kitchener [1922-2000], Afrodescendant de Trinidad, grand maître du Calypso, célèbre dans son morceau Birth of Ghana l'avènement du nouvel Etat.
"Monsieur le président..."
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Il y a cinquante ans disparaissait Boris Vian. Ce touche-à-tout de génie a notamment écrit et interprété des chansons drôles ou plus sérieuses. La plus célèbres reste sans doute le déserteur.
Histoire du Zimbabwe en musique.

- Bobby Kalphat: "South West of Rhodesia". Retour sur la période coloniale, au temps de la Rhodésie du sud et son régime raciste.
- Bob Marley: "Zimbabwe". Le reggaeman donne un concert à Harare le jour de l'indépendance de la Zimbabwe et compose aussi un morceau en l'honneur de la jeune nation.
- 152. Chiwoniso: "Matsotsi" (2008). Le titre Matsotsi (”les voleurs”) de Chiwoniso nous permet de retracer l'histoire du Zimbabwe depuis l'indépendance. De nombreux fléaux (provoqués par l'incurie du régime) se sont abattus sur le pays: famines, choléra, inflation galopante… Mais, la pire entrave au bon fonctionnement du pays reste certainement son indéboulonnable dictateur: Robert Mugabe.
- Les chants de libération du Zimbabwe. Retour sur les chimurenga songs, ces chants de lutte des zimbabwéens en guerre contre les autorités coloniales (Thomas Mapfumo, Stella Chiweshe...).






30.04.09 08:22:18,
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