Samarra


Archives pour: Septembre 2009

Massacres en Guinée Conakry.

par blot Email

Ce lundi 28 septembre 2009, à Conakry, en Guinée, la répression sanglante d'une manifestation de l'opposition par l'armée s'est soldée par des dizaines de manifestants tués.

 

Policiers arrêtant un manifestant à Conakry le 28 septembre 2009.

 

Le massacre a eu lieu à l'issue d'un rassemblement au stade de Conakry. Les "forces vives" du pays (opposants politiques, syndicats, société civile) avaient appelé à une grande manifestation pour protester contre l'éventuelle candidature de Moussa Dadis Camara aux élections présidentielles de janvier 2010. Ce dernier est l'homme fort de la junte militaire qui s'est emparée du pouvoir par la force à la mort de Lansana Conté, en décembre 2008. Des centaines, puis des milliers de personnes étaient au rendez-vous, bien que la manifestation ait été interdite par les autorités. C'est alors que des bousculades et un mouvement de foule ont eu lieu aux abords du stade. Les militaires réagirent en lançant des gaz lacrymogènes, avant de tirer à balle réelle sur la foule. Très vite, des dizaines de corps jonchent les rues. Les médecins dans les hôpitaux parlent de carnages (ils ont dénombré 58 victimes par balle. Aujourd'hui le bilan total des victimes s'éléverait à plus de 150). 

 

Si les premiers échauffourées ont eu lieu dans le stade, les militaires se sont ensuite lancés dans une chasse aux opposants, notamment dans les quartiers populaires de Conakry. Cette traque a fait de nombreux blessés, en particulier deux dirigeants de l'opposition ( l’ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, candidat à l’élection présidentielle et leader de l'Union des forces démocratiques de Guinée; ainsi que l’ancien chef de gouvernement Sidya Touré, leader de l’Union des forces républicaines). Par ailleurs, il semblerait que les autorités tentent de masquer leur forfait en dissimulant les cadavres, acheminés au siège de la junte, le camp Alpha Yaya Diallo. Depuis, Dadis Camara a minimisé sa responsablité dans ce massacre et s'en est pris (sans surprise) à l'opposition: "ce sont les responsables de l'opposition qui ont commandité un acte criminel, qui ont conduit les hommes à la boucherie au profit de leurs propres ambitions".

 

 

Depuis plusieurs mois, le contexte politique est très tendu en Guinée Conakry. La semaine dernière, une manifestation dans la deuxième ville du pays (où les forces de l'opposition semblent puissantes) aurait rassemblé 20 000 personnes. Les manifestants protestent, là aussi, contre la candidature probable de Dadis Camara aux élections. Le spectre d'élections truquées et d'une poursuite de la dictature plane en effet au dessus du pays. Il faut dire que les Guinéens ont malheureusement l'habitude de ce type de scénario. 

 

Il y a quelques mois, nous nous étions intéresser à l'histoire de la Guinée, premier pays d'Afrique noire francophone à accéder à l'indépendance. Nous y exposions nos craintes aux lendemains du coup d'état. Or malheureusement, tout semble se dérouler comme "prévu". Dadis Camara est le troisième dirigeant du pays depuis 1958, après les 26 ans de pouvoir autoritaire de Sékou Touré, et les 24 années de dictature militaire de Lansana Conté. A l'issue de son putsch, le 23 décembre 2008, Dadis Camara s'était engagé (comme le font à peu près tous les dictateurs en herbe) à ne pas se présenter aux futures élection et à laisser le pouvoir aux civils.

 

 

 

En Guinée,  les militaires succèdent aux militaires. Or, depuis 50 ans, l'armée guinéenne tient le pays dans sa main. Cette mainmise de l'armée se retrouve très tôt dans le domaine culturel comme le prouvent les nombreux enregistrements réalisés par les formations vedettes de l'ère Sékou Touré. Ce dernier se servait en effet de la musique à des fins de propagande. Des concours régionaux permettaient de sélectionner les meilleures formations musicales. Ces dernières étaient alors choyées par le régime qui fournissait les instruments et mettait à la disposition des artistes un studio d'enregistrement et une compagnie de disque nationale (Silyphone). En retour, les musiciens se faisaient les thuriféraires du régime et multipliaient les louanges. Une foule de chansons célèbrent ainsi Sékou Touré ou son illustre ancêtre (Samory), mais aussi le parti unique (PDG) et bien sûr ... l'armée. La preuve ci-dessous avec le dos de la pochette d'un 33 tours, "Guinée an X", une compilation des grands succès musicaux des années Touré.

 

 

 

L'enregistrement suivant, intitulé armée guinéenne, est interprété par le Bembeya Jazz National, le groupe le plus célèbre des années Sékou Touré. La musique est sublime, bien qu'elle vante les mérites de l'armée qui continue de faire le malheur de l'écrasante majorité des Guinéens.  

 

 

Sources:

-Un reportage diffusé sur France 24.

- Article du Télégramme.

 

Liens:

 

- La musique comme outil de propagande dans la Guinée de Sékou Touré.

- Tiken Jah Fakoly et Didier Awadi: "Quitte le pouvoir". -

Willy Ronis, le photographe humaniste

par died Email

 
Sa mort, courant septembre est passée presqu'inaperçue. Bien sûr Télérama et Libération ont fait leur Une sur la disparition du photographe à la longévité exceptionnelle. Mais Willy Ronis est longtemps resté dans l'ombre de Robert Doisneau ou de Cartier-Bresson.



Qui était Willy Ronis (Ronisen de son vrai nom), en quoi son oeuvre est-elle humaniste ?

Né à Paris en 1910, il est le fils d'un immigré juif ukrainien qui fuyait les pogroms. Sa mère est pianiste, il rêve lui aussi de devenir musicien mais à son retour de service militaire, son père photographe, lui demande de l'aider à son atelier.

Sa carrière de photographe débute vers 1936, à la mort de son père lorsqu'il abandonne le studio pour se lancer dans la photo de rue.
Très vite, il apprend à saisir des instants, des personnages ....Son sujet de prédilection est la rue, plus précisément les quartiers populaires : Ménilmontant et Belleville.

"Je ne mets pas en scène, je négocie l'aléatoire", cette phrase résume le travail patient de Willy Ronis, observateur infatigable de la beauté fugace des scènes de la vie. Il saisit d'abord, les milieux populaires dans leurs loisirs mais également dans leurs luttes : les manifestations du Front Populaire sont les premiers clichés qu'il réussit à vendre, les occupations d'usine avec cette femme qui harangue la foule lors des grèves à Citroën (1938).

Rose Zehner est cette femme qui a osé prendre la parole au milieu de cette foule en colère. Longtemps ce cliché est resté dans les cartons du photographe. Quarante ans plus tard, il publie et expose la photographie, la cousine de Rose contacte alors Willy Ronis. 




Des histoires comme cela, Willy Ronis en raconte des dizaines et des dizaines à travers ses interviews ou ses livres.

Une autre photographie est prise en 1947 à Joinville lors d'un reportage sur les guinguettes. Chez Maxe, Ronis est immédiatement attiré par un groupe de danseurs. Il n'arrive pas à les prendre d'aussi loin, il s'installe sur une chaise et fait signe au danseur accompagné de deux femmes de s'approcher. L'ayant remarqué, le danseur continue à danser tout en s'approchant. Elégant et sûr de lui, le jeune homme laisse transparaître sa jeunesse et sa robustesse. Mais quand la musique s'est arrêtée et qu'il a repris sa place, Ronis s'aperçut qu'il avait un pied bot, handicap complètement invisible pendant la danse et sur le cliché.

Laissons s'exprimer encore WIlly Ronis pour comprendre son art :

" Le moment où je choisi de prendre une photo est très difficile à définir. C'est très complexe. Parfois, les choses me sont offertes, avec grâce. C'est ce que j'appelle le moment juste. Je sais bien que si j'attends, ce sera perdu, enfui. J'aime cette précision de l'instant. D'autres fois, j'aide le destin. Par exemple, ici, je sais que le premier couple ne s'est rendu compte de rien, mais pour avoir cette photo précise, je les ai vraiment appelés, mes danseurs. L'histoire ne s'arrête pas là. Il y a trois ans, j'ai reçu une lettre de la danseuse qui est sur la droite. Elle me disait qu'elle voyait cette photo de temps en temps dans la presse et qu'elle tenait à me dire combien elle était touchée par tout ce qu'elle représentait. Sa jeunesse, l'ambiance de ces guinguettes, et bien sûr la jeune fille qui dansait sur la gauche qui était une copine d'enfance. Mais le garçon, non, elles ne l'avaient plus jamais revu. Elles n'avaient dansé que cette fois-là avec lui."




 

Les années 40 et 50, l'école humaniste française, autour du Groupe des XV ( 15 photographes  dont Doisneau se réunissant  régulièrement à partir de 1946) connaît une sorte d'apogée. Willy publie ses photos pour de nombreux journaux et arrive également à publier ses livres (qui ne sont pas tous un succès).

 

Durant les années 60 et 70, Willy Ronis doit quitter la capitale et s'installe dans le Midi où il enseigne son art. Ces années sont un peu des années d'oubli, les photographes qualifiés d'humanistes (Ronis, Doisneau, Boubat, Izis) sont passés de mode mais dans les années 80 avec la mode du rétro, on les redécouvre : on republie poster, carte postale et autres supports d'un Paris disparu : Doisneau, Boubat et Ronis, bien sûr.
Des livres sont republiés. J'ai entre les mains, une nouvelle édition de Belleville Ménilmontant chez Hoëbecke datant de 1999 dans laquelle Willy Ronis représente pour cette 3è réédition, de nouveaux clichés et Didier Daeninckx, le romancier de talent qui nous emmène dans une petite histoire dans ce quartier populaire.

Le photographe infatigable continue à hanter les rues des quartiers populaires parisiens encore quelques années....saisissant les Parisiens dans un Paris qui s'est transformé, tours, de verre cabines téléphoniques, voitures....les visages, les attitudes nous racontent toujours les mêmes histoires.



Finissons ce portrait de Willy Ronis en évoquant  Le mineur silicosé, 1951...le portrait de ce mineur usé par la vie, le travail, la maladie.... ne devrait pas vous laisser insensible.

Lors d'un reportage à Lens, on avait conduit Ronis, chez un mineur silicosé. Ce dernier était très malade et en avait plus pour très longtemps. Il regardait dehors, fumait encore et encore. Il est mort quelques mois après à l'âge de 47 ans....


 

 






Willy Ronis, Ce jour-là, Folio, 2008, 192 p
Willy Ronis, Didier Daeninckx, Belleville Ménilmontant, 1999, 99 p.

 

JC Diedrich

La guerre de Corée en chansons.

par blot Email

Trois marines américains guardent 3 prisonniers nord-coréens (1950).

 

 

En 1945, les Soviétiques et les Américains libèrent la Corée de l'occupation japonaise. La Corée est alors occupée par les Soviétiques au Nord du 38è parallèle (Nord) et les Américains au Sud. Elle subit un sort dentique à celui de l’Allemagne. Sous l’effet de la guerre froide, 2 Etats coexistent de part et d’autre du 38e parallèle: l'un soutenu par les Etats-Unis et dirigé par Syngman Rhee, au sud et l'autre, communiste, au Nord, dirigé par Kim Il-Sung.

 

 

Le 25 juin 1950, les Nord-Coréens déclenchent l'offensive, très probablement sur ordre de Staline qui veut, après l’Europe et le revers de Berlin, pousser ses pions en Asie. Ce conflit meurtrier inspira les musiciens américains, à commencer par le bluesman JBLenoir ("Korea blues"), un habitué des textes engagés, mais aussi, et plus récemment, le groupe Cake ("I bombed Korea every night").

 

 

Nous vous en parlons davantage sur l'Histgeobox.

De la Havane à Kinshasa: on danse la rumba.

par blot Email

Comme nous vous le disions il y a peu sur Samarra, si les Barbudos cubains ne sont pas parvenus à exporter leur révolution en Afrique, il en va tout autrement des rythmes et musiques de l'île.Une vogue afrocubaine exceptionnelle s’empare de toute l’Afrique subsaharienne, avant même les indépendances.

 

Orquestra Aragon.

 

* Une influence culturelle majeure.

 

La musique cubaine notamment, amenée par les marins de passage, bénéficie d’un engouement extraordianire. Les boîtes de nuit dans les villes portuaires accueillent les marins et donc les musiques cubaines. Certains groupes cubains deviennent d'ailleurs particulièrement populaires en Afrique à l'instar de l'Orquestra Aragon (adepte des charangas, cha cha cha) , la doyenne des formations cubaines qui vient de souffler ses soixante-dix bougies... En 1959, le groupe monte sans hésiter dans le train de la révolution castriste et devient même  l'ambassadeur de la musique cubaine à l'étranger. A partir de 1971, le groupe mène plusieurs tournées en Afrique où l'Aragon a acquis une immense popularité. Rafael Lay Jr explique: "ces voyages étaient en outre financés par notre gouvernement, c'était une façon de poursuivre l'aventure africaine du Che." Le groupe créé d'ailleurs une rythme inspiré de ses expériences en Afrique de l'ouest, le chalonda. 

Dans l'autre sens, des étudiants africains se rendent à Cuba pour étudier et enregistrer (voir ci-dessous le cas des Maravilhas de Mali).

 

 

 

Cha cha cha, merengue, pachanga deviennent extrêmement populaires en Afrique et inspirent à leur tour les chanteurs et musiciens locaux. Ceci vaut particulièrement pour le Congo où la rumba congolaise s’impose très vite (les Congolais empruntent notamment aux Cubains, le jeu des claves). Ailleurs, des groupes tels que le Bembeya Jazz national en Guinée, l’orchestre Baobab au Sénégal, les Maravilhas de Mali mettent les musiques cubaines à l’honneur, reprenant de nombreux standards dans leur répertoire où en introduisant des cuivres et rythmes typiquement cubains dans leur musique.

Au fond, cette influence musicale cubaine en Afrique est un juste retour des choses, dans la mesure où la rumba cubaine est un mélange de musiques latino-américaine et de rythmes importés par des esclaves d'Afrique centrale au milieu du XIXème siècle. Toutefois, ne nous y trompons pas, si les Congolais se réapproprient cette musique enivrante, ils y ajoutent leur touche personnelle: une polyphonie de guitare, qui remplace  le piano adopté par les Cubains.

 

Dans son livre "Afrique noire, histoire et civilisations", E. M'Bokolo revient sur la genèse de la rumba congolaise. Cette danse est adoptée dès les années 1930 par les Congo bars, des lieux de sociabilité masculine, fondés sur des relations de travail et de voisinage. "Le développement de la rumba correspond à un besoin d'autonomie, sinon à une volonté de résistance, à l'égard des pouvoirs coloniaux, dont la politique consista (...) à contrôler les loisirs des Noirs." "Son développement accéléré après 1940 serait dû à la conjonction de plusieurs facteurs: l'existence de puissants moyens de diffusion, en particulier Radio-Brazzaville, l'ancienne station de la France Libre; l'émulation entre les grands centres urbains, en particulier entre Kinshasa et Brazaville; le mariage heureux entre les artistes congolais et "les pauvres blancs" de Léopoldville." En effet, les immigrants grecs ou chypriotes qui contrôlent alors une partie du commerce de détail fondent les premières maisons d'édition de disques d'Afrique noire. Une industrie musicale unique en Afrique voit le jour et assure le triomphe de créateurs exceptionnels tels que l'African Jazz de Joseph Kabasele, l'O.K. Jazz avec Franco Luando Makiadi ou encore l'orchestre des Bantous de la capitale

Dès le début des années 1970, la rumba congolaise commence à perdre du terrain au profit de nouveaux foyers musicaux.

 

Nous vous proposons ci-dessous, une sélection de quelques morceaux de cette salsa/rumba africaine, où l'influence cubaine est toujours décelable.

 

 

 Le Bembeya Jazz national.

 

1. Bembeya Jazz National: "Sabor de guajira"(1968). Le Bembeya est une formation guinéenne très connue qui prit s'en essor dans le cadre de la politique d'authenticité développée par Sékou Touré en Guinée au lendemain de l'indépendance. Touré tourne le dos à l'ancienne métropole (la France). La Guinée se réclame alors du marxisme-léninisme et les accords de coopérations sont nombreux. La musique du Bembeya, synthèse parfaite des styles afro-cubain et mandingue, se veut aussi un puzzle de toutes les traditions guinéennes.

 

2. Maravillas de Mali: "Lumumba". Le Mali devient indépendant en 1960. Le nouveau leader du pays, Modibo Keïta opte pour le socialisme (adapté aux réalités africaines) tout en défendant l'idée du non-alignement. L'économie est rapidement socialisée, tandis quil multiplie les accords de coopération technique, culturel. Le souvenir de Lumumba est ici chanté par les Maravillas de Mali, un orchestre malien formé à Cuba.

 

3. Orchestra Baoba: "El carretero". Cette formation sénégalaise star reprend ici un classique cubain (écrit par le merveilleux Guillermo Portabales et popularisé par le Buena Vista Social Club).

 

4. Gnonnas Pedro: "Yiri yiri boum". Le Bénin de Mathieu Kérékou se réclame là encore du marxisme léninisme, toutefois les mauvaises langues parlent plus volontiers de "laxisme-béninisme". Le pouvoir en place accordent une grandes importances aux formation musicales du pays. Certaines d'entre elles jouissent d'ailleurs d'une très grande popularité (notamment l'Orchestre Poly-rithmo de Cotonou qui parvint pendant un temps à concurrencer sérieusement Fela. Nous vous en reparlons très bientôt). Gnonnas Pedro est aussi le leader d'un de ces groupes clefs du funk béninois.

 

Africando.

 

5. Africando: "Yay boy". Ce groupe d'afro-salsa ne cesse de mettre en valeur les liens entre les rythmes d'Afrique et ceux de Cuba. La formation fut créée en 1992 par deux cadors de la musique d'Afrique de l'ouest: le producteur sénégalais Ibrahim Sylla et le flûtiste  malien Boncana Maïga, membre fondateur des Maravhilas de Mali, formé au conservatoire de la Havane de 1963 à 1973.

 

6. African Jazz: "indépendance cha cha". Joseph Kabasele, connu sous le pseudo de Grand Kalle, fonde en 1953 l'orchestre African Jazz avec lequel il révolutionne la musique congolaise, en électrifiant la rumba nationale, y introduisant également tubas et trompettes. Jusqu'en 1963 Grand Kallé et l'African Jazz figurent parmi les artistes les plus populaires d'Afrique. Nous avons déjà présenté ce morceau, véritable hymne des indépendances africaines, sur l'histgeobox.

 

7. Franco: "Tcha tcha tcha de mi amor". Grand rival de Kabasele, Franco reste sans conteste le plus populaire des chanteurs congolais.

 

8. Tabu Ley et l'African fiesta: "Guantanamera". Autre classique cubain interprété par le rossignol congolais. Ce remarquable chanteur racontait qu'il avait dû apprendre des rudiments d'espagnol afin de pouvoir intégrer l'African Jazz de Kabasele. Dans les années cinquante, vouloir faire carrière sans maîtriser la langue des Cubains était impensable.

 

Sources:

- E. M'Bokolo: "Afrique noire, histoire et civilisations, .

- Mondomix n°36 avec un article consacré aux 70 ans de l'Orchestra Aragon.

- Florent Mazzoleni: "Les musiques africaines".

- L'Afrique enchantée: émission Africuba.

 

Ecouter:

* Deux des huit titres précédents sont issus de deux très belles compilations consacrées à l'influence cubaine dans la musique africaine.

- "Congo to Cuba", du label américain Putumayo (2002).

 http://ecx.images-amazon.com/images/I/51JFYRSD4ZL._SL500_AA240_.jpg

-" De Dakar à Cuba, on danse la rumba", du label français Cantos (2005) avec entre autres: Franco, Tabu Ley Rochereau, Orchestra Baobab, Bembeya Jazz, Grand Kalle, Gnonnas Pedro... (voir le détail ici).Ne sachant trop comment intituler cet article, je me suis inspiré de ce disque.

http://www.afrisson.com/local/cache-vignettes/L350xH350/arton2297-42df9.jpg

 

Sources:

- Mondomix n°35, juillet-août 2009.

- F. Mazzoleni:"l'épopée de la musique africaine", Hors collection, 2008.

- E. M'Bokolo:"Afrique noire, histoire et civilisation", Hatier, 2008.

- Deux émissions de l'Afrique enchantée: Africuba et Cubafrica.

 

Liens:

 

- "Quand les Cubains tentaient d'exporter la révolution en Afrique". Le premier épisode de l'influence cubaine en Afrique.

- "Che Guevara est lui aussi Africain".

- Afrisson: "la salsa africaine" avec une petite discographie savoureuse.

- Article de RFI sur la rumba congolaise.

Remontez le boulevard des indépendances avec la Fabrique de l'Histoire.

par blot Email



L'émission La Fabrique de l'Histoire, diffusée du lundi au vendredi sur France culture de 9h05 à 10h, consacre une série documentaire aux indépendances africaines (du 21 septembre au 2 octobre 2009). Les radios francophones publiques se sont associées afin de mener à bien ce projet (coordonné par Emmanuel Laurentin et réalisé par Charlotte Roux de Radio France). Les différentes radios partenaires (la première chaîne de Radio-Canada, la Première de la Radio Télévision Belge Francophone, Espace 2 pour la Radio Suisse Romande et France Culture pour Radio France) ont délégué un journaliste ou un producteur et ont pris en charge les reportages dans deux pays.


Ces 8 émissions ont pour objectif de comparer différents types de décolonisation et d'accès à l'indépendance. Ainsi, elles s'intéressent à trois anciennes colonies françaises (la Guinée Conakry, le Mali), une belge (le Congo), deux britanniques (la Zambie et le Kenya) et deux portugaises (la Guinée Bissau et l'Angola).

Carte de la décolonisation en Afrique. Cliquez sur la carte afin de l'agrandir (la cartothèque du Monde diplomatique).

 

Voici le programme

1. La Guinée Conakry, par Anik Schuin, réalisation : Didier Rossat
2. Le Congo, par Emmanuel Laurentin, réalisation : Charlotte Roux
3. Le Mali, par André Zaleski, réalisation : J.-M Vierset
4. Le Kenya, par François Bugingo
5. Le Togo, par André Zaleski, réalisation : J.-M Vierset
6.La Zambie, par François Bugingo, réalisation
7. La Guinée Bissau, par Anik Schuin, réalisation : Didier Rossat
8. L'Angola, par Emmanuel Laurentin, réalisation : Charlotte Roux

 

A ne pas rater donc...

 

Liens :

 

* Anik Schuin a produit pour l'émission "Les temps qui courent", sur Espace 2-La RSR, une série de cinq émissions consacrées à la Guinée Bissau et à la Guinée-Conakry. La RSR les met en écoute libre jusqu'au 31 octobre 2009.
1. Après le coup d'Etat, la Guinée aujourd'hui

2. Au sujet de Camp Boiro
3. Sanderval à Conakry
4. Guinée-Bissau : la difficile réconciliation
5. Eradiquer le paludisme.

 

A écouter sur ce site (volet gauche).

 

* Dossier consacré à cette série "Boulevard des indépendances" sur France Culture. L'émission est disponible en podcast pendant une semaine environ.

 

Les hymnes ont une histoire: Union soviétique, puis Russie.

par blot Email

Affiche de propagande soviétique. Soldat de l'armée rouge terrassant la "vipère fasciste".

 

Jusqu'en 1944, l'hymne soviétique restera l'Internationale. Cependant, depuis l'année précédente, donc en pleine guerre contre le nazisme, Staline avait décidé de doter le pays d'un nouvel hymne. Cette décision s'inscrit dans l'exaltation patriotique d'alors, le "petit père des peuples" ayant joué à fond cette carte afin de remobiliser les Soviétiques malmenés au cours des premiers mois du conflit. Staline convoqua donc au Kremlin poètes et musiciens officiels. Après avoir rejeté 27 textes et plusieurs mélodies, il choisit une musique d'Alexandre Alexandrov (qui est aussi le fondateur des choeurs de l'Armée rouge). Pour les paroles, il retint un texte du poète officiel de l'époque Sergueï Mikhalkov. Ce dernier y loue les mérites de Lénine et surtout des Staline, puis il évoque également la grande guerre patriotique que l'URSS livre alors à la Wehrmacht: "Notre armée est sortie renforcée des combats / Nous libérerons notre pays de ses vils envahisseurs !".

 

Cet hymne eut une histoire mouvementée et fut modifié avec la destalinisation, avant de servir de base à l'hymne russe. Nous revenons sur ces adaptations sur l'histgeobox.

Une sélection musicale de rentrée (Augmix #11)

par Aug Email

  • Commençons par un titre de Bob Dylan de 1965 "Highway 61 Revisited" où il évoque une autoroute coupant les Etats-Unis du Nord au Sud en reliant la Nouvelle-Orléans à sa ville natale de Duluth (Minessota) près de la frontière du Canada. La route de la liberté pour Dylan vers le sud et de nombreuses inspirations musicales, notamment le blues. Pour faire connaissance avec cette route, vous pouvez lire la série d'articles passionnants publiés cet été dans Le Monde par Nicolas Bourcier.

 

  • Poursuivons avec Kamel El Harrachi, un chanteur algérien qui a repris le nom d'artiste de son père, auteur du célèbre "Ya Rayah" et figure du chaâbi. Son album Ghana Fenou, en même temps qu'un hommage à son père, est aussi son premier. Et cela semble très prometteur. Ecoutez plutôt... [Plus d'infos sur Mondomix]
  •  Petit détour par le Cap-Vert et par ....Rochefort avec la chanteuse Mariana Ramos. J'ai eu la chance d'assister à la répétition d'un de ses concerts cet été. C'était un vrai enchantement. Comme vous avez été sages, en voici un petit extrait filmé par mes soins :

 

 
  •  Allez, un peu de rap pour continuer. Je vous ai sélectionné un titre du groupe Sexion d'assaut qui s'intitule "Tu t'es ficha" (spéciale dédicace à Emma, Pierre et Hélène !). Ecoutez ces 8 MC parisiens, c'est un régal.
  • Vous aimez le rap suisse ? Vous ne connaissez pas ? Moi non plus, à part depuis quelques temps le rappeur Stress qui s'est rendu célèbre en s'attaquant au très populiste Christoph Blocher, leader de l'UDC, parti d'extrême droite un temps associé au pouvoir. Sa chanson "F**k Blocher" n'est pas sur Deezer mais je vous en ai mis deux autres qui sont plutôt conscientes.

 

  • Du rap toujours, mais pas seulement, avec Guru et son Jazzmatazz. Guru c'est la moitié de Gangstarr (avec DJ Premier), mais c'est aussi la volonté de créer une musique originale à partir de beaucoup de choses. L'expérience Jazzmatazz, entamée en 1993, c'est poursuivie en 1995,  2000 et 2007. Pour ma part, j'ai commencé avec le volume 3 intitulé Streetsoul qui m'a emballé. je compte bien explorer les autres volumes. Pour le moment, je vous ai choisi deux titres : Une reprise avec "Plenty", chanté en duo avec Eryka Baduh et "Certified".

 

  • Direction l'Angleterre et l'East End londonien avec Speech Debelle, une jeune rappeuse qui croit aux vertus de la parole, c'est le titre de son album et de l'une des chansons qui est magnifique : Speech Therapy (Le mot signifie également orthophonie en anglais). A la production, Wayne Lotek qui produit également les disques de Roots Manuva dont je vous ai déjà dit du bien sur ce blog.[Plus d'infos sur Speech Debelle]

 

  • Retour à la chanson pour terminer. Dans ma sélection du mois de mai, je vous avais sélectionné un titre de Melody Gardot. Depuis, j'ai pris la peine de véritablement l'écouter, et pas seulement sur internet. Ecoutez, c'est simple, c'est bouleversant, émouvant, apaisant. D'ailleurs c'est ce que j'écoute en écrivant cet article. Je vous ai choisi deux titres : Le sublime "Some Lessons" de son album Worrisome Heart et la chanson-titre de My One And Only Thrill.

 

 Voici la playlist. Bonne écoute !

Découvrez la playlist Back to school jam avec Speech Debelle

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