Samarra


Archives pour: Mars 2011, 18

Radiohead cuvée 2011

par died Email

Voilà, il était attendu...
 
 
 
Radiohead a sorti son 9ème album. Comme le précédent, il y a du marketing dans l'air : sortie mondiale....pas de disque...seule possibilité, le téléchargement à partir du site du groupe. En effet, depuis le dernier album (Rainbow), le groupe se passe de maison de disque et des circuits traditionnels de distribution. Un vrai luxe et une vraie piste de réflexion pour ce groupe atypique.
 
 
 
 
Oui, le clip est étonnant, ce chapeau melon....a un je ne sais quoi d'Orangemécaniquesque !!!!
 
Mais parlons d'abord du contenu : Radiohead nous a habitué à des mélodies léchées, à des arrangements complexes et soignés, à une voix haut perchée....le tout formant à chaque fois un merveilleux album.
On peut dire que ce dernier opus n 'échappe pas à la règle : il est exigeant, les mélodies ne se dégagent pas forcément à la première écoute et le côté électro peut dérouter les fans de la première heure. Il est incontestablement dans la lignée de Rainbow et de l'album solo de Thom York The Eraser.
 
 
 
Alors ne boudons pas, ce nouveau Radiohead....c'est une musique incantatoire, électro-spirituelle qui touchera l'amateur de sons et d'univers qui sortent des sentiers re-battus par le rock traditionnel.
 
 
 
Et puis, quand on a fini d'écouter cet album, rien n'empêche de replonger dans les précédents opus qui sont devenus de vieilles ritournelles qui font plaisir à l'oreille et rappelle le bon temps.
 
 
 
Pour le téléchargement légal : c'est ici : 7 euros en Mp3 11 euros en fichier Wav
 
 
JC Diedrich
 

Messerschmidt, figures et caractères grimaçants

par died Email

 


 


Jusqu'à présent Messerschmidt était pour moi, un ingénieur de l'aéronautique allemand dont le génie a permis pas mal de belles victoires à un certain Adolf....Oublions ces épisodes fâcheux et concentrons-nous sur un sculpteur mis à l'honneur par le Louvre depuis janvier.
Franz Xaver Messerschmidt né en Bavière en  1736 est un sculpteur atypique, longtemps oublié qui est redevenu à l'honneur ces derniers temps. Il est à l'origine d'une série de sculptures, d'autoportraits appelée "têtes de caractères".
Il s'inscrit à l'Académie des Beaux-Arts de Vienne en 1755 et devient rapidement un sculpteur de la Cour. Ces deux premiers bustes sont celui de l'impératrice Marie-Thérèse et de François Ier.
Son succès est précoce, il réalise une série de buste des grands de la Cour, dont par exemple le futur empereur Joseph II. Il enseigne comme professeur assistant à l'Académie des Beaux-Arts.

  
Mais sa carrière prend un mauvais tournant, il ne reçoit pas le poste à l'Académie qui lui était promis en raison de ses troubles cérébraux. Sa position décline et on lui reproche son style trop classique qui s'inspire trop directement de l'Antiquité. IL tente alors sa chance à Munich mais il n'y réussit pas plus. Il se retire alors à Presbourg avec son assistant et mène alors une existence isolée de tout.
 
 
A sa mort en 1783, son frère vend une série de 49 têtes dites de caractères à un cuisinier de Vienne qui les expose dans son restaurant.  Dix ans plus tard, elles sont exposées à l'hôpital communal. Désormais, ce sont les médecins, les psychiatres qui s'intéressent à ces têtes de caractère.


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 



 
A la fin du XIXe siècle, la collection est dispersée mais l'avant-garde viennoise s'intéresse enfin à ces têtes plus pour des raisons artistiques que psychiatriques.  Elles deviennent de véritables icônes dans le milieu viennois. 
En 1932, la publication d'un article de l'historien d'art et psychanalyste Ersnt Kris renforce encore l'intérêt des deux communautés (artistiques et scientifiques) pour ce groupe d'une  petite cinquantaine de statues grimaçantes.
 
 
Pourquoi toutes ces grimaces ? Pourquoi autant d'autoportraits grimaçants ?
Beaucoup interprètent ces effigies comme une représentation de la douleur physique, somatique et psychique de Messerschmidt. Une expression de ses démons, de ses tourments voire de ses hallucinations. Elles seraient en fait, une sorte de transfiguration de sa souffrance psychique. Ces autoportraits qu'il n'a jamais souhaité vendre, sont ainsi des prothèses avec lesquelles il conjurait ses démons et tentait de se réapproprier sa personnalité. 



Aussi, ce qui bouleverse dans cette série de portraits, c'est autant la maîtrise absolue de son art que ses souffrances intérieures qui se lisent sur les multiples facettes sculptées de ce même visage.

Jean-Christophe Diedrich


 

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