Le péril jeune.
« Le père redoute ses enfants. Le fils s’estime l’égal de son père et n’a plus pour ses parents ni respect, ni crainte. Ce qu’il veut, c’est être libre. Les élèves couvrent leur professeur d’insultes. Les jeunes veulent tout de suite la place de leurs aînés; les aînés pour ne pas paraître retardataires ou despotiques, consentent à cette démission. »
Si ces propos sonnent à nos oreilles de manière familière, ils sont pourtant attribués à Platon, il y a plus de 2500 ans.
Sans remonter si loin, depuis le XIXème siècle, une partie de la classe politique et des médias ne rechigne pas à brandir à intervalle irrégulier et dans des contextes spécifiques, le "péril jeune". Les caractérisations dénigrantes et la hantise de la transgression imposent alors la figure de la délinquance juvénile, érigeant la jeunesse en menace.
La question s’inscrit donc dans une histoire longue qui tranche avec les perceptions de l’instant.
La « jeunesse coupable » est identifiée sous les monarchies censitaires et le second empire sous les traits des petits vagabonds des grandes villes (le gamin de Paris) et des nouvelles couches de migrants prolétarisés, entassés dans les faubourgs ou les quartiers pauvres ("les classes dangereuses"). Au début du XXè, la figure de l’ « apache » symbolise l’essor de la criminalité juvénile. La question disparaît avec la grande guerre pour ne ressurgir qu’aux lendemains de la suivante avec l’apparition du phénomène des « blousons noirs ». Depuis une trentaine d’années, elle se polarise sur la jeunesse immigrée de banlieue. Ces représentations alimentent une obsession sécuritaire, repérable d’un siècle à l’autre. En 1907 déjà, un reporter notait : «L’insécurité est à la mode, c’est un fait».

Personnage du tableau de Delacroix La Liberté guidant le peuple (1830) qui a inspiré à Victor Hugo le Gavroche des Misérables (1862).
C'est avec le XIX° que la délinquance juvénile devient un objet de préoccupation spécifique. La notion d'adolescence est encore plutôt floue et l'on parle plus volontiers "d'enfants". Le regard porté sur la jeunesse s'avère très ambivalent, à l'image de la figure du gamin de Paris qui émerge et se développe alors. Héroïsé par Victor Hugo sous les traits de Gavroche, le « gamin » jouit sous sa plume d’une image très positive qui masque en fait le regard majoritairement hostile que portent les élites sur les enfants des rues. Il n'est que de lire le cruel portrait qu'en dressent les Goncourt en 1866 : « «Je n’ai jamais vu dans l’enfance une pareille fleur de fumier, une pareille coulée d’argot, une âme si flétrie, quelque chose produisant en vous une répulsion, qui va presque jusqu’à la peur – toutes les corruptions et toutes les canailleries de Paris dans un petit monstre de l’âge de la Première Communion, poussé au moral comme un sang où se seraient succédé trois générations de vérole ; un de ces enfants où tout le mal, tout le vice d’une capitale de deux millions d’hommes est en effrayante miniature.» Misérable et vagabond, le gamin doit être encadré et remis dans le droit chemin. Ce sera le rôle des maisons de corrections à la discipline stricte. Or à la fin du siècle, "le gosse des rues" supplante le gamin de Paris. Les lois scolaires adoptées par la République naissante contribuent à modifier le regard porté sur cette jeunesse qui doit être désormais prise en charge et intégrée. Les enfants des rues ne sont plus envisagés comme des voyous, mais des victimes d'un ordre social injuste. La scolarisation de masse contribue alors à faire disparaître les hordes de gamins des rues livrés à eux-mêmes. L'archétype du danger social est désormais incarné par l'adolescent, dont l'apache s"ompose comme la figure la plus menaçante à compter des années 1900.

La presse populaire en plein essor impose le terme apache pour désigner les jeunes délinquants issus du milieu ouvrier, qui permet en outre de cristalliser l'anxiété d'une société industrielle en pleine mutation. Les journaux placent le fait divers à la une et donnent une large publicité aux méfaits des jeunes voyous qui opèrent en bandes, formant pour les observateurs une véritable micro- et contre-société. Né sur le pavé de Paris, l'Apache vit dans les quartiers excentrés de la capitale depuis la destruction du vieux Paris populaire par Haussmann (Belleville, la Chapelle, la Villette au Nord et à l'est, Javel, Grenelle et la Glacière au sud). Pour se faire comprendre facilement, sans éveiller les soupçons, les Apaches apprennent à jaspiner le jars, c'est-à-dire parler l’argot. Dans leurs bouches, les policiers se transforment en "roussins", les couteaux en "surins", les femmes en "gerces"... L'apache est dépeint comme un oisif qui vit des charmes de sa "gonzesse". Quand il n'est pas souteneur, il se fait voleur. Groupés en bandes, ils obéissent à un chef. La grande guerre clôt ce « moment apache » et l'angoisse sécuritaire qui l'accompagne. Il faut attendre la seconde guerre mondiale pour observer un phénomène comparable, dans un contexte néanmoins très différent.

Dès son avènement, le régime de Vichy cherche en effet à encadrer « la jeunesse » en lui inculquant les principes moraux de la Révolution nationale. Ceux que l’on appelle les zazous ne se reconnaissent pas dans ce carcan strict. Citadins, et surtout parisiens, les zazous revendiquent leur liberté et se distinguent par un genre de vie susceptible de les distraire du contexte sociopolitique pesant. Agés de 18 à 25 ans, ils fréquentent les cafés du Quartier Latin et raffolent des dancings, écoutent du jazz, arborent des vestes longues et des pantalons larges (quand Vichy appelle à utiliser le tissu avec parcimonie), portent des cheveux longs. Sans remettre en cause frontalement les idées de Vichy, leur retrait assumé des affaires publiques et leur style de vie excentrique et anticonformiste les placent en porte-à-faux. Au moment où Pétain réclame un engagement de tous pour la patrie, les zazous font preuve de nonchalance et refusent de travailler, autant de pratiques sociales intolérables pour un pouvoir qui combat "l'esprit de jouissance". Initialement considérés comme des snobs ou des "fils à papas" inoffensifs, les zazous sont bientôt perçus par la presse collaborationniste comme une jeunesse dépravée à éradiquer. Une autre jeunesse, la Jeunesse populaire française, organise des expéditions punitives contre les zazous. Molestés, rasés, ils sont envoyés à la campagne pour constater sans doute que "la terre, elle, ne ment pas." Cette répression précipite le déclin du phénomène zazou.
La paix revenue et la République restaurée, les jeunes déviants n’en continuent pas moins d’inquiéter. Dans la seconde moitié des années 1950, alors que les Trente Glorieuses assurent au pays une relative prospérité, les changements que connaît alors la société française font craindre "une crise de la jeunesse". Le 24 juillet 1959, deux groupes de jeunes provoquent des incidents dans le XVème arrondissement. Le lendemain, une bande de garçons sème la terreur dans un dancing de Bandol. Aussitôt la presse nationale fait sa Une sur les "Blousons noirs", nouveau synonyme de « mineurs délinquants ». Le phénomène inquiète et peut être relié à l'apparition d'une "culture jeune" dont les référents culturels se trouvent outre-Atlantique. Férus de rock'n'roll, ils admirent de jeunes acteurs tels le Marlon Brando de "l'équipée sauvage » ou le James Dean de "la Fureur de vivre". D’aucuns dénoncent l'influence nocive de la culture américaine sur une jeunesse en manque de repère. "... La lecture des "comics"... le goût du cinéma, de la télévision qui engendre la passivité, tout pousse le jeune vers le climat de la bande..." peut on lire dans un article du Figaro en août 1959. Armés de chaînes de vélos ou de cran d’arrêt, ces jeunes issus de la classe ouvrière, âgés de 15 à 20 ans, arborent blousons de cuir noir et jeans. Journaux et reportages télévisés se gargarisent des cas de viols collectifs, d’actes de vandalisme en marge des concerts des vedettes: (débordements après un concert de Vince Taylor à l'Olympia en 1961). Ce battage médiatique se poursuit de 1959 à 62, avant de disparaître aussi vite qu’il était apparu. Au fond, les BN forment une microsociété, refuge pour une jeunesse à la recherche de sensations, refusant le destin tout tracé de leurs parents qui triment à l’usine.

Les blousons noirs vivaient dans la capitale ou dans les cités qui sortent alors de terre en périphérie des grandes villes. Vingt ans plus tard, dans ces cités HLM de banlieue les troubles se multiplient, souvent à la suite de meurtres à caractère raciste ou de contrôles policiers qui dérapent. De véritables émeutes urbaines éclatent ainsi dans la banlieue lyonnaise_ aux Minguettes en 1981, à Vaulx-en-Velin en 1990_ dans l’ensemble des quartiers sensibles du territoire après la mort de deux adolescents à Clichy-sous-Bois (93) en octobre 2005. Ces émeutes mettent en évidence les difficultés d’existence auxquelles sont confrontés de nombreux jeunes, souvent issus de l’immigration. Les grands ensembles, largement dégradés depuis leur création, connaissent un processus de ghettoïsation caractérisé par la concentration des populations pauvres, majoritairement jeunes et issues de l’immigration, touchées par le chômage et la dissolution du lien social. Les difficultés économiques et d’intégration contribuent à alimenter une petite délinquance endémique fondée sur les vols avec violence, rackets, cambriolages, mais aussi l’essor du vandalisme qui revêt des formes très spectaculaires telles que les « rodéos », incendies volontaires de véhicules et de biens publics. Ce phénomène préoccupant est exploité par une idéologie sécuritaire souvent teintée de racisme.
Le 25 octobre 2005, le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy répond à la salutation d’une habitante d’Argenteuil : « Vous en avez assez de cette bande de racailles… On va vous en débarrasser. »

Paris Match "dialogue avec ses lecteurs", en janvier 1962.
* Au-delà des différences et du contexte forcément spécifique dans lesquels s’inscrivent les épisodes précédemment évoqués, de nombreuses permanences et similitudes peuvent être relevées. Avec le développement de l'ère médiatique, ce thème stéréotypé devient omniprésent et s'appuie sur des forfaits réels, mais largement exagérés.
Dans tous les cas précédemment mentionnés, la jeunesse des auteurs d’actes délictueux est brocardée. Le Petit Journal peut écrire en 1907 : «L’opinion publique s’émeut du nombre sans cesse croissant des jeunes criminels.[…] En aucun temps, on ne vit dans le crime pareille précocité, et il est à craindre que ce fléau ne soit pas enrayé de sitôt, car la progression est constante des crimes et délits commis par des jeunes gens. » L’assertion selon laquelle « des jeunes de plus en plus jeunes commettent des actes de plus en plus graves », a valeur d’axiome, alors qu’elle est difficilement vérifiable.
Le grégarisme de ces « jeunesses dangereuses » alimente un sentiment de peur. Le phénomène des bandes d’apaches, de blousons noirs ou de jeunes des cités, qui se rassemblent pour en découdre en certaines occasions, inquiète des pouvoirs publics prompts à dénoncer leur violence. La plupart des affrontements opposent les bandes entre elles ou avec les forces de l’ordre. En 1902, une jeune prostituée, Amélie Elie alias Casque d'Or, est l'objet d'une lutte sanglante entre deux chefs de bandes rivales, Manda de la Courtille et Leca de Charonne, en plein Paris. En janvier 2001, deux importants groupes de jeunes banlieusards se bagarrent à la Défense, à la grande stupeur des passants. Affrontements d’autant plus anxiogènes qu’ils se déroulent hors du « cadre naturel » des bandes, les fortifs pour les uns, les cités banlieusardes pour les autres.
L’intense territorialisation de ces phénomènes constitue un autre point commun. Les rixes entre bandes ont souvent pour motif le contrôle de territoires, identifiés comme des fiefs à défendre, à coups de surin, de chaînes de vélo ou aujourd’hui d’armes à feu. L’intrusion des forces de l’ordre dans ces quartiers suscite l’ire des jeunes et expliquent qu’ils servent de cibles privilégiées.
L’apparition des différentes figures de la délinquance juvénile procède largement d’une surexposition médiatique. Ainsi le gamin de Paris, les blousons noirs, les apaches sont des productions multi médiatiques mobilisant toutes les formes de productions culturelles disponibles. Presse, littérature, puis cinéma et télévision abordent à loisir les traits constitutifs de ces archétypes: leurs codes, rites, argot et costumes. Les médias d’information utilisent d’ailleurs les mêmes procédés tout au long de la période en érigeant des faits divers exceptionnels en événements symptomatiques de l’époque, afin de suggérer que les mœurs se détériorent. A cet égard, les phénomènes apaches et blousons noirs relèvent en grande partie d’une construction médiatique, non pas que les faits incriminés n’existent pas, mais parce que leur description exagère considérablement le phénomène. L’enflure médiatique contribue ainsi largement à alimenter la peur du jeune. Impossible de nier pour autant l’existence de périodes de fortes tensions sociales s’accompagnant d’une aggravation objective et réelle de la délinquance juvénile.
Les délits reprochés frappent aussi par leur permanence. Il s’agit avant tout de délits mineurs. Vols et petits trafics, sont autant de modalités de survie pour le gamin de paris ou l’apache, auxquelles se greffent les attraits propres à la consommation et aux frustrations qu’elle engendre dans nos sociétés d’abondance. Ces larcins ciblent les nouveaux biens de consommation – voitures et mobylettes chez les blousons noirs, téléphones portables aujourd'hui. Des délits plus graves sont aussi commis. Ainsi on reproche aux blousons noirs de viols collectifs qui ne sont pas sans évoquer les tournantes dans les cités.
A toutes les époques, la société alentour n’a de cesse de comprendre les raisons de la délinquance juvénile. Les autorités pointent du doigt les nouveaux médias dont l’influence pernicieuse ne fait aucun doute : théâtre de boulevard sur le gamin de Paris, cinéma et radio chez les blousons noirs, internet pour les jeunes de banlieues. Les causes de la délinquance juvénile seraient aussi à rechercher du côté d’un encadrement familial défaillant, à l’absentéisme des pères, à une éducation laxiste ou encore à l’oisiveté, « mère de tous les vices »... Les apaches vivent en marge du monde de l’usine et des charmes de leurs gonzesses. Blousons noirs et jeunes de banlieues, désoeuvrés, « tiennent les murs » en contrebas des HLM, sans chercher à travailler. La marginalisation sociale, subie ou assumée, perturbe des sociétés structurées autour du travail salarié.
Aujourd’hui, la misère accroît les problèmes familiaux (divorces, diminution de l'autorité parentale). La mort des grandes croyances collectives affecte nos sociétés consuméristes, de plus en plus individualistes. La disparition de structures d’encadrement des jeunes, liés au militantisme politique ou syndical, la raréfaction des éducateurs, les difficultés d'adaptation de la France à la massification de l’enseignement font que, dans les quartiers populaires, les parents restent désormais souvent les seuls pour encadrer les jeunes. Autant d’éléments qui permettent sans doute de comprendre le durcissement apparent de la délinquance ces dernières années.
Par les débats qu’elle suscite la délinquance juvénile est devenue dans nos sociétés un sujet de préoccupation prioritaire. Les périodes de tensions alimentent une surenchère sécuritaire qui évite de se poser les raisons des déviances. Ainsi le phénomène apache impose un vaste débat sur la sécurité. La presse dénonce "l'armée du crime" composée de milliers de voleurs et d'assassins. D'aucuns parlent d'une "crise de la répression". L'inefficacité de la police et le laxisme supposé de la justice seraient à l'origine du récidivisme. En 1907, le Petit Journal déplore: "Jamais les criminels n'ont été aussi précoces qu'aujourd'hui. Et, comme par un défi au bon sens, c'est à l'heure ou le manque d'éducation a supprimé pour eux toute sanction morale qu'on s'applique à adoucir les sanctions pénales et à leur enlever la dernière crainte qui leur restait: celle du gendarme." Bien sûr la réalité s'avère beaucoup plus complexe, mais l'épouvantail apache, habilement utilisé par les contempteurs d'une République encore fragile, aboutit au maintien de la peine de mort après d'âpres débats parlementaires. Aujourd’hui, les « sauvageons » et autres « racailles » stigmatisés à l’envi nourrissent une idéologie sécuritaire aux forts accents xénophobes. Quand certains proposaient de fouetter les apaches, on suggère désormais d’identifier les délinquants potentiels (sic) dès 3 ans.
Le facteurs explicatifs de la délinquance juvénile présentés avec une certaine hauteur de vue par Robert Badinter.
Les réponses avancées face aux jeunes déviants oscillent entre prévention et répression. Jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, les enfants, restent soumis aux mêmes peines que les adultes. Les monarchies constitutionnelles opèrent une distinction. Des lieux spécifiques apparaissent pour prendre en charge l’ « enfance coupable » comme la prison pour mineurs de la Petite Roquette, des maisons de corrections. L’action répressive y prend le pas sur l’éducatif. En 1905, le juriste Paul Cuche aspire à transformer les colonies pénitentiaires en « véritable bagne pour enfant.» L’ordonnance de 1945 promulguée par le gouvernement provisoire rompt avec cette logique en affirmant le primat de l’éducatif sur le répressif et place cette question sous l’angle de la protection de l’enfance.
Ci-dessous une sélection de morceaux.
L'inévitable Aristide Bruant nous propose une virée chez les apaches. La rumeur et le 3ème Oeil se chargent de donner la parole à la jeunesse "des tiéquar". Brigitte Fontaine en duo avec M ressuscite la chanson d'Andrex sur les Zazous. Quant à Renaud, il est une bande de jeune à lui tout seul (enfin c'est lui qui le dit...).
Sources:
- Dominique Kalifa : « Crime et culture au XIXème siècle », Perrin, 2005.
- Ludivine Bantigny et Ivan Jablonka (dir.) «Jeunesse oblige. Histoire des jeunes en France, XIXe-XXIe siècle» (avec Ivan Jablonka), PUF, 2009.
- L'émission "Concordance des temps" (France Culture) du 3 juillet 2010: "Les bandits imberbes: délinquance juvénile et angoisse sociale". Jean-Noël Jeanneney reçoit Jean-Jacques Yvorel.
- Jean-Jacques Yvorel: "Le plus grand danger social, c'est le danger imberbe" (La vie des idées.fr).
- Bruno Icher: "Zoot alors", Libération du 14 août 2010.
- Dossier "Chantons sous l'occupation" du Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon.
- Deux posts que nous avons consacré aux apaches sur l'histgeobox (via les chansons de Bruant).
Liens:
- Jean-Pierre Trescol propose une étude de la chanson La chasse à l'enfant de Prévert et Kosma.
- Entretien avec Marwan Mohammed "De quelles bandes parle-t-on?" (Télérama.fr).
- "Enfants bagnards" (Historia).





17.04.11 22:02:00,
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