Samarra


Archives pour: Mai 2011

"The day John Kennedy died"

par blot Email

L'assassinat de John F. Kennedy le 22 novembre 1963 bouleverse une Amérique majoritairement attachée à son président. Une terrible onde de choc déferle sur le pays et le monde entier. Presque instantanément, les chaînes de télévision interrompent leurs programmes pour diffuser la nouvelle. Sur CBS, le journaliste vedette, Walter Cronkite, ému, retire ses lunettes et reste sans voix avant de se reprendre (voir ci-dessus vers 5 minutes 10 après le lancement de la video) . La Une du journal Le Monde résume la situation: “A l'est, comme à l'ouest, l'assassinat de John Kennedy soulève consternation et inquiétude.

 

La bourse de Wall Street connaît même un vent de panique puisque l'indice Dow Jones cède plus de vingt points.

 

Caroline et John Jr, les enfants du président s'ébattent joyeusement dans le bureau ovale de la Maison Blanche. [Cecil Soughton 1962]

 

Quatrième président américain en exercice assassiné, John F. Kennedy est à n'en pas douter le plus pleuré, à la fois en tant que chef d'état, mais aussi comme s'il s'agissait d'un membre de la famille. Dès ses débuts en politique, les grands médias en ont fait leur chouchou, multipliant les reportages complaisants sur la famille Kennedy. JFK se forge ainsi une image de play boy, père attentionné de deux adorables enfants. La première dame devient rapidement une icône de la mode, incarnant la quintessence du bon goût. Les journaux et magazines populaires, en particulier LIFE, qui diffuse à près de 8 millions d'exemplaires chaque semaine, consacrent de nombreuses couvertures à cette famille idéale… La maison du clan, sise à proximité du cap Cod, est investie en permanence par des journalistes amis. Pour beaucoup il s'agit donc presque d'un deuil personnel.

 

 

Lire la suite de l'article sur l'histgeobox.

 

Retour sur le 17 octobre 1961 avec le rappeur Médine

par Aug Email

Photographie de Jean Texier, pour le journal l'Humanité

 

Voilà un rappeur qui, selon ses propres mots, "ne parle que de guerres, d'histoire-géographie". Il a donc toute sa place dans l'histgeobox. Dans sa chanson "17 octobre", Médine nous relate ce qui s'est passé à Paris, en pleine Guerre d'Algérie, ce 17 octobre 1961. Il replace la journée dans le temps long des relations complexes et tendues entre la France et sa colonie. Sa connaissance de cette histoire et la force qu'il met à la transmettre en font un rappeur atypique.
Nous commençons par la musique en vous proposant le clip et les paroles de la chanson. Dans un deuxième temps, VServat nous fait le récit de cette journée et évoque la manière dont sa mémoire a évolué dans le temps jusqu'à aujourd'hui. Enfin, nous avons demandé à Nathanaël, qui connaît et apprécie l'oeuvre de Médine depuis plusieurs années, de nous retracer le parcours du rappeur. Quelques liens, lectures et prolongements terminent l'article.
Mais place à la musique et bonne lecture !

 

Rendez-vous sur l'histgeobox...

 

 

 

Dernière carte postale du Japon de Florent Chavouet : Manabé Shima.

par vservat Email

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
F. Chavouet, Manabé Shima.
 
 
 
La parution de ce deuxième volume de Florent Chavouet est porteuse d'une bien mauvaise nouvelle : il quitte le Japon. Après avoir croqué Tokyo du haut de sa chaise pliante dans l'incomparable "Tokyo Sanpo", il se met en quête, pour nous faire partager ses derniers mois au Japon, d'une destination insulaire "petite par la taile et le nombre de ses habitants, et isolée mais ncore accessible". Adieu la mégalopole et les koban tokyoïtes, bonjour Manabé Shima, caillou de 1,49 km² de la préfecture d'Okoyama, dans la mer de Seto. Inutile de vous faire des cheveux blancs si vous ne situez pas car, d'une part, Florent Chavouet est un as de la cartographie (si bien qu'il nous gratifie d'une carte de l'île élaborée par ses soins et détachable en fin de volume) , et, d'autre part, une foisla dernière page tournée, cette petite île n'aura plus aucun secret pour vous. En effet, "Manabé Chiba" est une sorte de guide touritisque, humoristique et coloré de cette minuscule île japonaise.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
A voir à Manabé Shima :
 
Si vous décidez de vous embarquer avec Florent Chavouet pour Manabé Shima, il faudra consentir à vous arrêter dans les hauts lieux de l'île.
 
 
On commencera par le bar piégé d'Ikkyu San, grand amateur de Shôshû, dans lequel vous pouvez prendre un abonnement quotidien, hebdomadaire ou mensuel. Attention, si vous ne vous asseyez pas au bon endroit, vous pourriez bien en resortir après la fonte des glaces. Si jamais vous ne trouvez pas Ikkyu San dans son bar, il y a quelques chances de le rencontrer au temple, en maître de cérémonie "distribuant du Dieu" dans un équilibre précaire (rapport à son alcoolémie).
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Florent Chavouet, Manabé Shima.
 
 
Sur Manabé Shima, le port est, bien évidemment,  un lieu stratégique. Il faudra, par conséquent, faire un arrêt au Kaisôten d'Atsumi, mère de 5 enfants et tenancière du lieu. Ce faisant, vous en profiterez  pour passer vous coups de fil car c'est là que se situe le seul téléphone de l'île.
 
 
Aucune chance que vous manquiez le gori-gori, surtout les soirs de fête, ce sera d'ailleurs peut être l'occasion de participer à un somptueux barbecue tout en torturant un tako innocent mais sûrement délicieux cuit de cette façon.
 
 
Ne partez pas de l'île sans faire quelques lichés romantiques devant un spot labu-labu.
 
 
 
A faire sur Manabé Shima :
 
 
Impossible de s'ennuyer sur ce caillou !  
 
 
Tout un éventail d'activités sont à votre disposition :
 
 
- s'exercer à la pêche au crabe ou au tako, ou au fugu, ou encore à toute une série d'autres poissons aux noms aussi mystérieux qu'évocateurs. A déguster accompagnés de légumes locaux cultivés en toute quiétude grâce à diverses sortes d'épouvantails.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
F. Chavouet, Manabé Shima, pêche au crabe.
 
 
 
- étudier les moyens de transports locaux et leur customisation : la mini-car (le "chaînon manquant entre la tondeuse à gazon et l'automobile"), la mamie mobile qui présente de grandes possibilités en matière de tuning, le vélo de Mr Technologie, ou le pick up d'Ikkuya San.
 
 
 
- observer les techniques de combat et les conquêtes territoriales des différents gangs de l'île : celui du caïd, ou celui des Hippies. Parfois des luttes hautement stratégiques s'engagent pour la simple possession d'un trou dans le mur nécessitant la maîtrise de techniques de combat affûtées.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
F. Chavouet, Manabé Shima, questions géopolitiques.
 
 
- participer aux festivités de l'île : les hana-Bi forcément nocturnes, une représentation de kagura, une tentativede capture d'umibotaru.
 
 
Si vous vous y perdez un peu dans tout ça, pas de panique un lexique est fourni à la fin pour y voir plus clair. En outre si vous bouquinez manabé Shima sur la plage, un cahier de jeu est fourni est habilement dissimulé à l'intérieur. 
 
 
 
C'est donc une excursion en immersion complète à laquelle nous convie l'auteur. Mais par delà l'exotisme et le ton un peu moqueur (mais souvent très tendre) qu'il emploie, c'est avant tout pour les merveilleuses compositions graphiques de Chavouet qu'on souhaite rester et retourner sur son île japonaise. Dans une explosion de couleurs franches et toniques, il arrive par l'acuité de son regard et la restitution d'une foule de détails, à rendre très proche l'univers de l'île et de ses habitants y compris les plus encombrants et sans gêne. Et quand il repart au bout de 2 mois de Manabé Shima, on regrette que le séjour ait été si court. 
 
 
 
Vivement le prochain carnet de voyage car Florent Chavouet, on vet bie le suivre au bout du monde.
 
Pour suivre Florent Chavouet et déguster de savoureux sushis plusieurs adresses rendez vous sur son site  ou sur son blog
 

Femmes tondues à la Libération.

par blot Email

Femme d'un collaborateur tondue lors de la Libération de Marseille, le 23 août 1944. (Photographe: Carl Mydans).

 

La tonte des femmes à la Libération est un phénomène massif qui aurait touché environ 20 000 personnes dans toutes les régions de France. Des mentions de tontes se retrouvent dans 77 départements sur les 90 de l'époque. Elles se déroulent aussi bien dans les grandes villes qu'en zone rurale. L'extension du phénomène est telle que le journal La Libération de l'Aunis et de la Saintonge évoque des gamins qui, par mimétisme, " jouent au maquis (...) [et] 'tondent' trois petites filles".
En certains lieux, le nombre de victimes s'avère d'ailleurs considérable: 80 femmes à Beauvais le jour de la Libération, une trentaine à Chatou... De véritables cortèges de tondues sont attestés dans plusieurs villes françaises.
Les tontes n'ont donc rien de marginal et ne sauraient être attribuées à un mouvement spontané, une éruption de violence vite refermée une fois la libération du territoire effective. Elles s'imposent comme un événement à part entière, ayant sa propre dynamique.

Pourquoi la tonte a-t-elle représenté le châtiment des femmes par excellence ?

 

Nous tentons d'y répondre sur l'histgeobox.

 

Les frères Caillebotte au Musée Jacquemart-André.

par vservat Email

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les frères Caillebotte, Gustave et Martial, Anonyme.

 

 

 

 

 

 

L'un s'appelle Gustave,il est peintre, l'autre se nomme Martial, il est compositeur de musique mais pratique, en amateur, la photographie.

 

Le premier, bien que connu des plus grands peintres de son époque dont il a collectionné les oeuvres et dont il fut l'ami parfois (comme Renoir), ne fut que tardivement présenté au grand public, le second n'est presque jamais sorti de l'ombre.

 

Depuis l'exposition qui lui fut consacrée en1994 au Grand Palais on connaît mieux le premier, au moins pour son tableau des "Raboteurs de parquet" ; les photos de son frère sont inédites.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 [G. Caillebotte, Les raboteurs de parquet, 1875]

 

 

 

 

 

 

Aujourd'hui, ils sont de nouveau réunis, par l'intermédiaire de leurs œuvres, au Musée Jaquemart- André, en une exposition qui sait jouer subtilement des liens fraternels unissant Gustave à Martial : les frères Caillebotte. 

 

 

 

Deux frères proches qui évoluent dans un univers bourgeois : 

 

 

Avec cette exposition on pénètre dans l'intimité familiale des frères Caillebotes. L'affection des deux frères  fut, semble-t-il, renforcée par la perte rapprochée des trois autres membres de leur famille proche  : le père (Martial, qui meurt en 1874) puis, le frère René (qui décède à 26 ans, en 1876) et enfin la mère, Céleste, qui les suit en 1878., Habitant depuis leur enfance dans un hôtel particulier au 77 rue de Miromesnil, ils élisent alors  domicile commun  au n°31 boulevard Haussmann. A l'abri du besoin pour un moment en raison de l'héritage familial, ils se rendent acquéreurs d'une propriété au bord de la Seine, au petit Genevilliers, sur la rive opposée à Argenteuil. Gustave en fera sa résidence permanente à partir de 1888.

 

 

 

En parcourrant les salles, on devient vite des familiers des membres de la famille Caillebotte, l'oeil du photographe y fait sans doute pour beaucoup. Que l'on s'installe dans l'intimité bourgeoise d'un salon parisien ou dans le décor plus champêtre du petit Genevillers. Les photos de Martial nous entrainent à la découverte de tous les membres de la famille, fixant sur l'image des moments importants de la vie de ses membres (comme lorsque son fils se sépare de sa longue chevelure voir photo ci dessous) ou les immortalisant dans des moments du quotidien. Au piano, au jardin, au coin du feu, dans la cuisine, avec Renoir et sa femme...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[Les enfants de Martial Caillebotte au Petit Genevillers

et Jean qui perd sa longue chevelure à 10 ans]

 

 

Et que peint son frère ?  Des portraits bien évidemment, de sa mère, Céleste, de Mme Renoir, un déjeuner, un moment de lecture dans un fauteuil. Ames sœurs, les deux frères croisent leurs regards sur les mêmes sujets ; c'est le fil rouge de l'exposition et il est très bien illustré.

 

 

 

Deux scènes intimes par Gustave Caillebotte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[Mme Caillebotte mère, 1877]

[Intérieur, femme à la fenêtre, 1880]

 

 

 

Rendre compte des bouleversements de l’époque :

 

 

L'interêt de l'exposition ne réside pas seulement ce qu'elle dit de l'univers bourgeois ou dans ce qu'elle propose en matière de regards posés en mirroir par deux frères aux productions artistiques complémentaires. En effet, elle attirera aussi ceux qui s'interessent à l'histoire en elle même ou à travers les témoignages qu'en portent les oeuvres d'art. Celui des Frères Caillebotte est précieux à double titre puisque par la photo aussi bien que par la peinture, il forme une description picturale très riche de ce que fut Paris dans la deuxième moitié du XIX siècle.  Les percées haussmaniennes, la rue, les places, la révolution des transports et plus généralement l'âge industriel passent à l'examen de leurs yeux avertis.

 

Gustave déploie sa palette de couleurs pour illuminer Paris vu du balcon de son appartement boulevard Haussman, il l’éteint pour saisir Paris sous la neige, il fait merveilleusement miroiter la pluie sur le pavé parisien [ci dessous, à gauche, Paris, Temps de pluie, 1877] .Il peint un rond point servant de refuge aux piétons, laissant poindre une certaine espièglerie vis à vis de la frénésie de la vie parisienne qui s'épanouit sous ses fenêtres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Martial mène un travail parallèle : il photographie son frère qui traverse, avec sa chienne Bergère [ci -dessus à droite, 1892], la place du Carrousel, rendant justice à la beauté du pavé parisien, fixe les embouteillages de fiacres avenue de l’Opéra ou la place de la Concorde sous la neige adoptant, à l’instar de son frère, un point de vue souvent surplombant. Quand Gustave peint les peintres en bâtiment [G. Caillebotte, Les peintres en bâtiment, 1877] , Martial photographie les ouvriers réparant l’Arc de Triomphe [ci dessous, à gauche, 1892] . C'est évidemment d'un seul Paris dont il est question ici, celui des beaux quartiers, mais doit-on pour autant bouder le plaisir de ce que les deux frères nous en disent ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et puis, il y a cette fabuleuse révolution des transports et de l’industrie, ce chemin de fer qui déchire un paysage verdoyant et inhabité, ce pont de l’Europe près de Saint Lazare (que Gustave Caillebotte a peint de nombreuses fois) duquel on peut admirer les voies ferrées qu’il permet d’enjamber[ ci dessous à gauche, G. Caillebotte, Le Pont de l'Europe, 1876], ou encore cette grande fabrique à Argenteuil avec ses cheminées sur le bord de la Seine [ci dessous à gauche, G. Caillebotte, La fabrique à Argenteuil, 1888].

 

Des photos de Martial sur ce thème, on retiendra peut etre celle des passagers attendant le train à même les voies car il n'y avait pas encore de gares pour chaque arrêt si bien que les passagers devaient faire signe au machiniste : ici, on hélait le train comme on hèle aujourd’hui un taxi [ci-dessous, à droite, non datée]. Et cette locomotive rutilante lancée à pleine puissance d’où s’échappe un panache de fumée blanche. Autres fumées… Martial photographie aussi la Seine à Argenteuil ; au loin on distingue les grandes cheminées fumantes d’une fabrique [ci-dessous à droite, 1891].

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'exposition, il faut le signaler, laisse une place également importante à ce qui constitua des passions partagées par Gustave et Martial Caillebotte, loin du bruit et de la fureur de Paris et de ses transformations. Le jardin, la nature et le yachting. Peut être moins porteuses de sens historique, cette partie de l'exposition permet d'apprécier toute la palette des talents de frères Caillebotte et de les suivre dans une autre partie de leur univers marquée par la douceur de vivre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[à gauche, photo de G. Caillebotte par son frère, dans ses serres, 1892] et [à droite, G.Caillebotte, Les roses du jardin du petit Genvillers, 1186]

 

 

 

L'exposition : "Dans l'intimité des frères CAILLEBOTTE, Peintre et photographe" se tient au Musée Jacquemart-André, jusqu'au 11/07/2011. Pour de plus amples renseignements : le site de l'exposition.

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