Catégorie: Manga
Traits Résistants : l'exposition.
En mars dernier, Xavier Aumage, archiviste au Musée de la Résistance Nationale de Champigny sur Marne nous accordait deux entretiens retranscrits sur Samarra. Il avait alors coiffé une deuxième casquette, celle de commissaire de l'exposition intitulée "Traits Résistants", organisée par le CHRD (1) de Lyon.Dernière carte postale du Japon de Florent Chavouet : Manabé Shima.





Japon : Quand les mangas envisagent le pire
Voici plusieurs mois, un peu par hasard, j'ai lu plusieurs mangas dont le point commun était d'envisager des scénarios catastrophes suite à des tremblements de terre au Japon. Je ne suis pas un grand fan de science-fiction, mais chacun à leur manière ces trois mangas me permettaient d'en apprendre plus sur la manière dont les Japonais vivent avec ce risque permanent. Le séisme de magnitude 9 (apparamment sans précédent depuis plus de 100 ans) qui s'est produit vendredi 11 mars, semble dépasser les scénarios les plus pessimistes avec l'enchaînement d'un séisme, d'un tsunami et d'explosions dans des centrales nucléaires. Voyons au travers de ces trois mangas comment leurs auteurs ont envisagé le pire.
Tokyo Magnitude 8 : entre humanité et barbarie
Quel comportement adopter en cas de séisme ? Les médias français nous rabattent les oreilles avec la parfaite préparation des Japonais aux séismes et leur calme stoïque en pareille circonstance. C'est sans doute en partie vrai mais jusqu'à quel point un être humain est-il prêt ?
Furaya Usamaru a décidé d'explorer cela en imaginant un séisme de magnitude 8 en plein coeur de Tokyo. Une telle éventualité n'est bien sûr pas à écarter. Le dernier grand tremblement de terre ayant touché la capitale est celui de 1923, le plus meurtrier à ce jour de l'histoire contemporaine du Japon, et il n'était "que" de magnitude 7,9.
L'histoire démarre donc sur l'île d'Odaiba, un terre-plein en baie de Tokyo (cerclé de rouge sur la carte). C'est un des rares terre-pleins de la baie dédié aux loisirs et aux commerces. Il a été construit dès le XIXème siècle pour la défense de la ville et progressivement transformé dans les années 1960. On y trouve le siège de Fuji TV, une grande roue, une réplique de la statue de la liberté, des muséess, des centres commerciaux. L'île est desservie par un métro aérien automatique, le Yurikamome qui la relie au centre de Tokyo par le Rainbow Bridge. On voit tout cela au fil de la série ainsi que des explications sur la manière dont le terre-plein a été constitué.
Jin Mishima, l'un des personnages, vient à Odaiba passer un entretien d'orientation et croise une ancienne connaissance de lycée : la jeune Nanako Okano, au look très gothique... Lorsque le séisme se produit, tout semble chamboulé. L'île s'enfonce et il faut fuir. Commence alors un périple au travers des quartiers du
centre de Tokyo, de Roppongi à Shibuya. Roppongi d'abord, quartier réputé pour sa vie nocturne, très prisé par les étrangers. Passage par la Tour de Tokyo, construite sur le modèle de la Tour Eiffel en 1958 (à droite). L'occasion de mesurer l'étendue des dégâts dans la ville. Shibuya enfin, quartier branché fréquenté par les jeunes, centre de la mode, à l'image de la Tour 109, rebaptisée Tour 009 et théâtre de scènes dramatiques dans la série (à gauche).
Tour à tour, les héros sont confrontés à des dilemmes moraux et à une série de personnages très variés et pas tous sympathiques. Privés d'informations, de nourriture, d'eau, de l'intimité la plus élémentaire, ils bénéficient parfois de la solidarité et de l'humanité de certains, mais aussi se heurtent à la méchanceté qu'entraine quelquefois ces privations. Usamaru met en scène quelques unes des dérives constatées lors des catastrophes : Exploitation de la faiblesse par des mouvements sectaires, viols, vols, crimes en tout genre font donc également partie de ce manga.

La série, au-delà de l'aventure vécue par les différents personnages, envisage tous les phénomènes observés lors d'un séisme et ses conséquences aussi bien géophysiques (liquéfaction, répliques, incendies en série) que sur les comportements.
Usamaru Furuya, Tokyo Magnitude 8 (série de 5) Panini-Manga
Spirit of The Sun : le Japon coupé en deux
On connait l'intérêt de Kaiji Kawaguchi pour la politique et la diplomatie. Je vous ai déjà parlé ici de deux de ses séries : Eagle (10 volumes), qui racontait la campagne électorale d'un Américain d'origine japonaise pour les présidentielles de 2000. Zipang (série en cours) imaginait un navire de guerre japonais du début du XXIème siècle en plein coeur de la bataille de Midway en 1942.... Avec la série Spirit of the Sun, il imagine un tremblement de terre sans précédent et des éruptions volcaniques en série, dont celle du Mont Fuji. Mais contrairement à Tokyo Magnitude 8, il étudie assez peu les conséquences du tremblement de terre à l'échelle locale. Son terrain de jeu, ce sont les relations internationales, même lorsqu'il nous plonge au coeur de la pègre de Taïwan ou au milieu des Japonais réfugiés dans ce même pays. Le héros, enfant au début de l'aventure qui se déroule sur plusieurs années, a fui le Japon mais continue de rechercher ses parents ou d'obtenir des informations sur eux.
Si des Japonais sont obligés de se réfugier à l'étranger, c'est que le Japon connait une situation tout à
fait exceptionnelle. L'île principale d'Honshu est en effet coupée en deux à hauteur du lac de Biwa , des anciennes capitales Nara et Kyoto jusqu'à Osaka qui est engloutie. L'aide internationale apportée par la Chine et les Etats-Unis se transforme vite en volonté de contrôle facilitée par l'effondrement des institutions. Le Japon est donc coupé en deux parties : le Sud est sous protectorat chinois et le Nord sous protectorat américain ! C'est donc clairement aux conséquences géopolitques du cataclysme que s'intéresse Kawaguchi. De nombreux tomes se déroulent à Taipei, capitale de Taïwan où sont réfugiés des milliers de Japonais. Les relations difficiles entre habitants taïwanais d'origine et ressortissants japonais, passée la compassion, s'avèrent de plus en plus tendues. La minorité japonaise est au coeur d'enjeux qui la dépassent, aussi bien dans la politique taïwanaise que dans les relations entre les pays de la région. Kawaguchi sait mettre le doigt où ça fait mal : il dénonce la xénophobie d'où qu'elle vienne en envoyant aux Japonais un message du type "et si c'était vous ?".
Kaiji Kawaguchi, Spirit of the Sun (17 volumes tous parus), Tonkam
La submersion du Japon : forces profondes
Des trois mangas, c'est sans doute celui qui s'approche le plus du scénario de 2011. Le titre en lui-même semble prédestiné...
Au départ, il s'agit d'un roman de Komatsu Sakyo, publié en 1973, qui a connu un grand succès, probablement parce qu'il a mis des mots sur une angoisse ancestrale : le réveil des volcans et l'engloutissement du pays. Adapté au cinéma, à la télévision ou à la radio, il a donc également été mis en dessin par Ishiki Tihihiko. Il a une dimension beaucoup plus ésotérique et surnaturelle que les deux précédents. Tout est fait pour susciter le malaise. On a l'impression de forces telluriques à l'oeuvre, de phénomènes étranges annonciateurs d'une catastrophe.
Une partie de l'intrigue repose sur l'association improbable entre deux caractères forts , le jeune Toshio Onodera, pilote de sous-marin et le Professeur
de géologie Yusuke Tadokoro. Ces deux personnages, à commencer par le pilote, se laissent guider par un sixième sens plus que par sa connaissance scientifique. Je n'ai pu lire que les deux premiers tomes alors que le cataclysme majeur ne s'est pas encore produit. Le pilote et le scientifique s'inquiètent de signes assez perturbants et on veut bien les croire : un immeuble disparait en quelques minutes en s'enfonçant dans le sol à Shinjuku, quartier des affaires plutôt cosmopolite de Tokyo. Pour en avoir le coeur net, ils plongent pour explorer la fosse des Bonins et découvrent de nouvelles failles....
Sakyou Komatsu (scénario) et Tokihiko Ishiki (dessin), La submersion du Japon (3 volumes parus en français, série en cours), Panini-manga.

D'autres mangas, très nombreux, envisagent également des scénarios sombres qui peuvent aller jusqu'à la fin du monde comme dans X réalisé par le quatuor Clamp que je n'ai pas lu (merci à Morgane pour l'info). Le célébrissime Akira de Katsuhiro Otomo se déroule dans un Tokyo dévasté par une explosion nucléaire....
Retrouvez notre dossier sur les mangas et les BD qui permettent de mieux comprendre l'histoire et la géographie de l'Asie (dont Zipang et Eagle de Kawaguchi).
Histgeobulles : Des BD et mangas pour comprendre le monde
Retrouvez dans ce dossier tous les articles anciens ou récents de Samarra qui ont trait à la BD et aux mangas. Les BD et mangas qui ont fait l'objet d'une chronique sont suivis du signe #. Il vous suffit alors de cliquer sur le titre pour accéder à l'article. D'autres BD non recensées sont également indiquées. Vous pouvez rechercher une BD par époque, par pays ou par thème. Pour les BD et mangas sur le Moyen Orient et l'Asie Centrale et l'Asie méridionale et orientale, consultez nos dossiers spécifiques.
Classement chronologique
- Murena
- Pour l'Empire
- Alix
- Moyen Âge
- Irlande, IXème siècle : Brendan et le secret de Kells #
- Vinland Saga, au coeur de l'épopée viking #
- Ramon Lull : La controverse juive (Catalogne-Baléares, XIIIème siècle)
- Vasco de Gilles Chaillet. L'histoire d'un jeune homme d'une famille de banquiers Siennois, les Tolomeï. L'occasion de connaître le monde du XIVème siècle, de Rome à Pékin en passant par Byzance, Londres, Paris et Jérusalem. Une sorte d'Alix du Bas-Moyen Age.
- Sept missionnaires d'Alain Ayroles et Luigi Critone. L'histoire de sept moines dont les qualités spirituelles sont loin d'être évidentes. Pour se racheter, ils doivent aller évnagéliser des Vikings...
- Renaissance-XVIème siècle
- Cori le moussaillon par Bob de Moor. l'histoire d'un moussaillon hollandais entre Provinces Unies, Angleterre, Espagne (et son invincible armada) et France à la fin du XVIème siècle.
- XVIIème
- Les invisibles de Jean Harambat. Des ravages de la Gabelle en Gascogne #
- Jéronimus. L'histoire du Batavia, navire hollandais de la VOC en route vers l'Indonésie.
- XVIIIème siècle
- La Nouvelle-Orléans dans la BD francophone (Les passagers du vent de Bourgeon) #
- Le ciel au-dessus du Louvre : dans la tourmente révolutionnaire #
- XIXème siècle
- La Nouvelle-Orléans dans la BD francophone (Les passagers du vent de Bourgeon, Lucky Luke, Les Tuniques Bleues) #
- Africa Dreams : le Congo de Leopold II #
- Sambre. Yslaire narre l'hsitoire d'une famille prise dans les convulsions des changements sociaux et politiques de la France au XIXème siècle.
- Le Cri du Peuple par Tardi et Vautrin. La Commune de Paris en 1871
- XXème siècle
- Blacksad : un privé à la Nouvelle Orléans #
-L'adaptation en BD d' Une histoire populaire des Etats-Unis, d'Howard Zinn
* Première Guerre mondiale
- L'italien Paolo Cossi nous offre un récit graphique pour comprendre le génocide arménien de 1915. La BD vient de paraître chez Dargaud. Cela s'appelle Medz Yeghern. #
- Matteo, itinéraire d'un fils d'anarchiste espagnol pendant la Grande Guerre en France et la Révolution Russe.
- Svoboda ! (T1) de Kris et JD Pendan (carnet de guerre imaginaire d’un combattant de la légion tchèque).
Notre mère la guerre de Kris et Mael.
- D'Annunzio à Fiume raconté par David B : Par les chemins noirs #
* Entre-deux-guerres
- La grippe coloniale. La Réunion, début XXème siècle, après le retour des Poilus.
- En rendant hommage à l'engagement des auteurs de BD républicains de l'après-guerre en Espagne, le scénario de Felipe H. Cava et le dessin de Federico del Barrio tentent de mettre fin au "pacte de silence" qui a permis la transition en douceur de la dictature de Franco à la démocratie. Dans leur BD, ils tentent de restituer l'atmosphère de l'Espagne franquiste qui a suivi la défaite des Républicains lors de la guerre civile (1936-1939). Bref, un des ouvrages qui contribue à sa manière à la réémergence de la mémoire douloureuse du XXème siècle espagnol. Le Piège est publié chez Actes Sud-l'an 2.
- L’art de voler de Altarriba, Antonio / Kim (sur l’Espagne des années 20 à 50 à travers l’histoire du grand père du narrateur).
- Tristes cendres de Mikel Begona et Inaket. L'histoire des photographes Robert Capa et Gerda Taro avec la Guerre d'Espagne comme trame.
* Dépression des années 1930
- Une série, réalisée par Philippe Thirault et Steve Cuzor chez Dargaud, elle s'intitule O'Boys et le premier tome a pour titre "Le sang du Mississipi".
- Dixie Road. Dans le sud des Etats-Unis sur fond de Dépression, en compagnie notamment de Walker Evans et James Agee. (Dufaux, Labiano et Alluard, Dargaud, 4 tomes)
- Lomax de Duchazeau En 1933, john et Alan Lomax se lancent dans une campagne d’enregistrement de folk songs dans le sud des EU.
* Deuxième Guerre mondiale
- "Résistances" : engagements dans l'Histoire. Un entretien en deux parties avec Xavier Aumage, commissaire de l'exposition "Traits résitants". #
- L'envolée sauvage, écrite par Laurent Galandon et dessinée par Arno Monin. #
- L'enfant maudit : des "tondues" de 1945 à Mai 68 #
- Fleur de Pierre. Un manga de Sakaguchi Hisashi sur la guerre dans les Balkans.
- Les racines du chaos
- Il était une fois en France. Le parcours totalement hors-norme et vrai de Joseph Joanovici pendant l'Occupation et l'épuration.
- Tsiganes de Krrist Mirror. L'histoire du camp tsigane de Montreuil-Bellay près de Saumur.
- La guerre d’Alan d’Emmanuel Guibert.
- Maus
- Lutte majeure par Céka et Borris chez Kstr. L'histoire de la 7ème symphonie de Chostakovitch dite Leningrad, écrite pendant le terrible siège de la ville par les troupes allemandes.
* France depuis la guerre
- Piscine Molitor, une biographie de Boris Vian #
- Mai 68, histoire d'un printemps en BD #
- La communauté qui relate une expérience de vie collective après 68 #
- Les mauvaises gens d’E. Davodeau
- Un homme est mort de Davodeau chronique d’une lutte sociale et de sa mémoire.
- Quai d'Orsay de Blain et Lanzac #
- J'ai pas tué de Gaulle mais ça a bien failli de Bruno Heitz (Gallimard). L'histoire romancée d'un des participants à l'attentat du Petit Clamart contre de Gaulle en 1962.
* Europe depuis la guerre
- La Mano (Thirault et Pagliaro, Dargaud). Italie, fin des années 1960. Des jeunes politisés d'extrême-gauche passent progressivement à la lutte armée.
* Guerre Froide
- Les Cahiers Ukrainiens, une fiction documentaire au coeur des enjeux mémoriels de l'ex-URSS. #
- Les racines du chaos. Des exilés yougoslaves nostalgiques de la monarchie tentent d'assassiner Tito alors qu'il se rend à Londres en 1953. (Cava et Segui, auteurs espagnols -Dargaud)
* Colonisation et Décolonisation
- Africa Dreams : le Congo de Leopold II #
- Zoulouland. Le récit passionnant en 18 tomes des guerres des Britanniques contre les Zoulous en Afrique du sud. (Durand, Ramaïoli et Chagnaud).
- Tintin au Congo ou la mission civilisatrice de la colonisation. #
- Championzé, une histoire de Battling Siki. Plus deux entretiens avec les deux co-auteurs : Eddy Vaccaro et Aurélien Ducoudray. #
- La Guerre d'Algérie en BD (2) Tahya El-Djazaïr de Galandon et A. Dan #
- La Guerre d'Algérie en BD (3) Entretien avec J. Howell #
- La Guerre d'Algérie en BD (4) Là-Bas #
- L'Hôte , nouvelle de Camus par Jacques Ferrandez.
- Petite histoire des colonies françaises par Grégory Jarry et Otto T #
- Nouvel ordre international ?
- Comment devient-on terroriste ? (2) Shahidas. Des femmes terroristes en Egypte. Un entretien avec le scénariste Laurent Galandon. #
- Quai d'Orsay de Blain et Lanzac #
- Immigrants, 13 récits d'immigrations #
- Là où vont nos pères volume assez indescriptible (bd sans bulles, extremement belle et onirique qui raconte les difficultés de l’exil sans parole).
L'Américain Joe Sacco avait consacré plusieurs BD-reportages à la Palestine dans les années 1990, au moment où les premiers espoirs de paix liés aux acoords d'Oslo semblaient mettre fin aux abus les plus criants de l'occupation. Sa plongée pleine d'humour et d'intelligence dans le quotidien en Cisjordanie et à Gaza est très instructive. Joe Sacco, Palestine. Une nation occupée et Palestine. Dans la bande de Gaza parus chez Vertige Graphic en 1996. Retrouvez l'article consacré sur ce blog à un autre album de Joe Sacco sur la guerre en Bosnie, Goražde. #
Classement géographique
- Royaume-Uni et Irlande
- Vinland Saga, au coeur de l'épopée viking #
- Irlande, IXème siècle : Brendan et le secret de Kells #
- Dans les Coulisses du pouvoir au Royaume-Uni #
- Belgique
- Africa Dreams : le Congo de Leopold II #
- Tintin au Congo ou la mission civilisatrice de la colonisation #
- Brussels de Schuiten et Peters. Série les cités obscures où comment réinventer la ville…
- Pays-Bas
- Cori le moussaillon par Bob de Moor. l'histoire d'un moussaillon hollandais entre Provinces Unies, Angleterre, Espagne (et son invincible armada) et France à la fin du XVIème siècle.
- Jéronimus. L'histoire du Batavia, navire hollandais de la VOC en route vers l'Indonésie.
- Italie
- Vasco de Gilles Chaillet. L'histoire d'un jeune homme d'une famille de banquiers Siennois, les Tolomeï. L'occasion de connaître le monde du XIVème siècle, de Rome à Pékin en passant par Byzance, Londres, Paris et Jérusalem. Une sorte d'Alix du Bas-Moyen Age.
- Série de BD de Chauvel, Le Saëc et Scarlett intitulée Ce qui est à nous (ce qui est une manière de traduire Cosa Nostra), publiée chez Delcourt dans la collection Sang Froid depuis 2003. 10 tomes sont parus. Ils sont prolongés par la série Mafia Story depuis 2007.
- D'Annunzio à Fiume raconté par David B : Par les chemins noirs #
- La Mano (Thirault et Pagliaro, Dargaud). Italie, fin des années 1960. Des jeunes politisés d'extrême-gauche passent progressivement à la lutte armée.
- Espagne
- Ramon Lull :
- Cori le moussaillon par Bob de Moor. l'histoire d'un moussaillon hollandais entre Provinces Unies, Angleterre, Espagne (et son invincible armada) et France à la fin du XVIème siècle.
- En rendant hommage à l'engagement des auteurs de BD républicains de l'après-guerre en Espagne, le scénario de Felipe H. Cava et le dessin de Federico del Barrio tentent de mettre fin au "pacte de silence" qui a permis la transition en douceur de la dictature de Franco à la démocratie. Dans leur BD, ils tentent de restituer l'atmosphère de l'Espagne franquiste qui a suivi la défaite des Républicains lors de la guerre civile (1936-1939). Bref, un des ouvrages qui contribue à sa manière à la réémergence de la mémoire douloureuse du XXème siècle espagnol. Le Piège est publié chez Actes Sud-l'an 2.
- L’art de voler de Altarriba, Antonio / Kim (sur l’Espagne des années 20 à 50 à travers l’histoire du grand père du narrateur).
- Tristes cendres de Mikel Begona et Inaket. L'histoire des photographes Robert Capa et Gerda Taro avec la Guerre d'Espagne comme trame.

- Pologne
- Marzena Sowa a vécu enfant sous le communisme en Pologne, au début des années 1980. A l'époque, le syndicat Solidarnosc est en pleine ascension avec Lech Walesa, le pouvoir de Jaruzelski (en arrière-plan sur la couvertue) reconnaît un temps le syndicat (une première à l'Est) avant de proclamer l'état de siège en 1981. C'est cette enfance qu'elle raconte dans Marzi (Dupuis) grâce au dessin de Sylvain Savoia qui partage sa vie.
- Ex-Yougoslavie
- Fleur de Pierre. Un manga de Sakaguchi Hisashi sur la guerre dans les Balkans
- Les racines du chaos. Des exilés yougoslaves nostalgiques tentent d'assassiner Tito alors qu'il se rend à Londres en 1953. (Cava et Segui, auteurs espagnols -Dargaud)
- La guerre des années 1990 en Yougoslavie racontée par Joe Sacco : Gorazde #
- Sarajevo-Tango par Hermann #
Joe Sacco sur la guerre en Bosnie, Goražde #
- Russie et ex-URSS
- Les Cahiers Ukrainiens, une fiction documentaire au coeur des enjeux mémoriels de l'ex-URSS #
- Lutte majeure par Céka et Borris chez Kstr. L'histoire de la 7ème symphonie de Chostakovitch dite Leningrad, écrite pendant le terrible siège de la ville par les troupes allemandes.
- La mort de Staline. Une histoire vraie... soviétique. par Fabien Nury et Thierry Robin. Les coulisses de la mort de Staline.
- Etats-Unis
-L'adaptation en BD d' Une histoire populaire des Etats-Unis, d'Howard Zinn
- La Nouvelle-Orléans dans la BD francophone (Les passagers du vent de Bourgeon, Lucky Luke, Les Tuniques Bleues, Amerikkka) #
- Blacksad : un privé à la Nouvelle Orléans #
- Série de BD de Chauvel, Le Saëc et Scarlett intitulée Ce qui est à nous (ce qui est une manière de traduire Cosa Nostra), publiée chez Delcourt dans la collection Sang Froid depuis 2003. 10 tomes sont parus. Ils sont prolongés par la série Mafia Story depuis 2007.
- Will Eisner, Dropsie Avenue (parue en 1994, rééditée récemment chez Delcourt). Le dessinateur américain (1913-2005) y raconte la vie et la mort d'un quartier du South Bronx autour d'une avenue imaginaire #
- Eagle, un candidat d'origine étrangère dans la campagne.... #
- Chinaman : l'Odyssée d'un Chinois en Amérique #
- American born Chinese : Histoire d'un Chinois d'Amérique #
- Sur les traces du bluesman Robert Johnson en BD et en manga #
Une série, réalisée par Philippe Thirault et Steve Cuzor chez Dargaud, elle s'intitule O'Boys et le premier tome a pour titre "Le sang du Mississipi". Une nouvelle fois, c'est la figure de Robert Johnson qui sert de modèle.
- Lomax de Duchazeau En 1933, john et Alan Lomax se lancent dans une campagne d’enregistrement de folk songs dans le sud des EU.
- Spiderman à la rescousse d'Obama ! #
- Africa Dreams : le Congo de Leopold II #
- Zoulouland. Le récit passionnant en 18 tomes des guerres des Britanniques contre les Zoulous en Afrique du sud. (Durand, Ramaïoli et Chagnaud).
- Tintin au Congo ou la mission civilisatrice de la colonisation. #
- Championzé, une histoire de Battling Siki. Plus deux entretiens avec les deux co-auteurs : Eddy Vaccaro et Aurélien Ducoudray. #
- Aya de Yopougon écrit par Marguerite Abouet et dessiné par Clément Oubrerie. #
- Maghreb
- La Guerre d'Algérie en BD (2) Tahya El-Djazaïr de Galandon et A. Dan #
- La Guerre d'Algérie en BD (3) Entretien avec J. Howell #
- La Guerre d'Algérie en BD (4) Là-Bas #
Oualou en Algérie. Une enquête de Nadir Oualou par Gyps et Dahmani. Allers-retours entre Algérie et France. (Commande sur internet)
Pour l'Asie orientale et méridionale, retrouvez d'autres BD et mangas dans notre dossier spécifique. Pour le Moyen Orient au sens large et l'Asie Centrale, retrouvez également une sélection. De nombreuses BD sur la France à rechercher dans le classement chronologique ou thématique.
Classement thématique
- Le monde tel qu'il tourne... pas toujours rond
- Quai d'Orsay de Blain et Lanzac #
- Immigrants, 13 récits d'immigrations #
- Là où vont nos pères volume assez indescriptible (bd sans bulles, extremement belle et onirique qui raconte les difficultés de l’exil sans parole).
- Inclassable
- Pinocchio version Requins Marteaux #
- Sport
- Championzé, une histoire de Battling Siki. Plus deux entretiens avec les deux co-auteurs : Eddy Vaccaro et Aurélien Ducoudray. #
- Mafia
- Série de BD de Chauvel, Le Saëc et Scarlett intitulée Ce qui est à nous (ce qui est une manière de traduire Cosa Nostra), publiée chez Delcourt dans la collection Sang Froid depuis 2003. 10 tomes sont parus. Ils sont prolongés par la série Mafia Story depuis 2007.
- Musique
* Hip Hop
- The Boondocks d'Aaron Mc Gruder
- Une Bd originale et autobiographique retrace la vie de MF Grimm., ça s'appelle Sentences et nous raconte l'histoire cahotique de Percy Carey aka MF Grimm. Une BD passionante. #
* Autres
- Piscine Molitor, une biographie de Boris Vian #
- Sur les traces du bluesman Robert Johnson en BD et en manga #
- Une série, réalisée par Philippe Thirault et Steve Cuzor chez Dargaud, elle s'intitule O'Boys et le premier tome a pour titre "Le sang du Mississipi". Une nouvelle fois, c'est la figure de Robert Johnson qui sert de modèle.
- L'Allemand Reinhard Kleist, dans Johnny Cash, Une vie (1932-2003) nous retrace la vie mouvementée, pleine de moments de gloire comme de désespoir du chanteur américain Johnny Cash. Paru chez Dargaud.
- Lomax de Duchazeau En 1933, john et Alan Lomax se lancent dans une campagne d’enregistrement de folk songs dans le sud des EU.
Au rayon manga : Vinland Saga, Le pavillon des hommes et Hokusai
Parmi les derniers mangas que j'ai pu lire ces derniers temps, je voulais vous signaler deux séries en cours et un one-shot :
Vinland Saga, au coeur de l'épopée viking
Il s'agit d'une série en 7 épisodes parus à ce jour dont le titre laisse penser qu'il s'agit du récit de l'installation de Vikings sur le continent américain (le fameux "Vinland" des sagas) autour de l'an mille. Cela est en partie vrai, mais l'essentiel de l'action se passe ailleurs, dans cette Europe du Nord qui a connu l'invasion de groupes vikings venus de Norvège, du Danemark et de Suède. Makoto Yukimura, le mangaka, nous fait voyager de l'Islande à la Norvège et au Danemark en passant par l'Angleterre où se déroule une grande partie de l'action.
Une lutte féroce s'y déroule en effet entre les Anglo-Saxons qui dominent le pays depuis la fin de l'époque romaine et les Vikings qui contrôlent une partie du pays (le territoire du Danelaw). Quelques celtes gallois viennent parfois se mêler aux rudes combats. Le récit fait en effet la part belle aux batailles et l'auteur semble fasciné par la force quasi surhumaine de certains guerriers (même si certains, comme attesté par certaines sources, mangent quelques champignons hallucinogènes pour ne plus craindre le danger..., voyez le premier extrait ci-dessous). Soulignons au passage, malgré quelques scènes un peu surnaturelles, la volonté de l'auteur de respecter autant que possible les faits historiques et le contexte de l'époque. Au total, cette série est vraiment très réussie. En suivant le désir de vengeance du jeune héros Thorfinn, à la fois allié et ennemi irréductible d'Askelaad avec qui il rêve d'en découdre, on suit les péripéties de la tentative de conquête de l'Angleterre par le roi Sven (ci-dessous au moment du siège de Londres) et la lutte pour sa succession prochaine entre ses fils Knut et Harald. Tout cela se passe donc au XIème siècle et c'est passionnant !


Makoto Yukimura, Vinland Saga (7 tomes parus), Kurokawa
Le Pavillon des hommes, quand les femmes prennent le pouvoir
La mangaka Fumi Yoshinaga aime, dans ses mangas, aborder la question du genre. C'est le cas avec la série Le Pavillon des hommes qui nous conduit dans le Japon du XVIIème siècle. Une maladie mystérieuse emporte la majorité des hommes, en particulier les jeunes. L'équilibre de la société s'en trouve bouleversé et certaines choses vont changer, y compris au coeur du pouvoir.
Mais évoquons en deux mots la situation du Japon à cette époque qui sert de toile de fond au récit de l'auteur. Depuis 1603 (et jusqu'au début de l'ère Meiji en 1868), la famille des Tokugawa est détentrice du shogunat et donc de la réalité du pouvoir dans le cadre du système du Bakufu. C'est le début de la période d'Edo, la ville du shogun située dans le Kanto, qui supplante l'impériale Kyoto comme siège du pouvoir réel (le nom Edo est changé en Tôkyô pendant la période Meiji). Au sein du palais du shogun à Edo, un pavillon est réservé à des femmes qui servent le Shogun, au besoin en lui permettant d'avoir un héritier.
C'est là que Fumi Yoshinaga situe son intrigue, mais en faisant de ce pavillon, suite aux effets de la maladie, un pavillon réservé aux hommes, le shogunat étant lui-même finalement dévolu à une femme...
On pourrait craindre la caricature avec des hommes qui se livrent à des querelles pour les meilleurs places, des coups bas, des secrets d'alcoves, mais finalement, l'auteur nous permet de réfléchir à l'essence du pouvoir et à sa masculinité si courante et si arbitraire. On songe alors à quelques pièces d'Aristophane dans lesquelles les femmes prenaient le pouvoir (L'Assemblée des Femmes) ou faisaient la grève du sexe pour que les hommes cessent la guerre... (Lysistrata). Sauf que les femmes au pouvoir dans ce manga, n'ont rien à envier aux hommes en termes d'ambition et de cruauté. Donc un Josei (le Seinen au féminin) intéressant et captivant.
Fumi Yoshinaga, Le Pavillon des hommes (5 tomes parus), Kana
Hokusai, le "vieux fou de la peinture"
Vous connaissez peut être Hokusai, peintre Japonais du XIXème siècle. Died avait évoqué dans un article récent le célèbre tableau La grande vague de Kanagawa (1831). Son oeuvre a inspiré de nombreux artistes, en particuliers des peintres français tels que Gauguin, Van Gogh ou Monet. Il a également popularisé le terme de "manga" (terme féminin pouvant signifier "dessin inabouti") en publiant en 1814 ses carnets de croquis.
Un manga de Shotaro IshinoMori récemment traduit en français nous permet de mieux connaître ce personage exceptionnel qui vécut 90 ans. L'auteur nous raconte une vie faite de multiples remises en cause, Hokusai ne souhaitant jamais s'installer dans un confort pour lui synonyme d'absence de créativité. Ainsi, à 42 ans et alors qu'il bénéficie déjà d'une grande notoriété, il décide de changer de nom d'artiste et d'adopter celui d'Hokusai qui le rendra encore plus célèbre. Aux sources de ces changements, la volonté d'être reconnu pour la valeur de son art et non pour autre chose. L'insatisfaction et le désir, comme pour beaucoup d'artistes, sont donc de puissants aiguillons. Le récit de Shotaro Ishino Mori n'est pas linéaire et y gagne en cohérence. Chaque chapitre est conçu autour de l'une ou l'autre des périodes de la vie du peintre mais sans respecter la chronologie. Voici deux extraits, l'un nous montre Hokusai jeune, l'autre nous permet d'entrevoir les coulisses de la réalisation de sa série d’estampes Fugaku Sanjūrokkei ou Trente-six vues du mont Fuji dont fait partie la vague, publiée en 1831 alors qu'il a plus de soixante-dix ans.


Shotaro IshinoMori, Hokusai, Kana
"Un zoo en hiver" de Jirô Taniguchi : devenir mangaka dans le Japon des années 60.
Jirô Taniguchi est devenu, en quelques années, une référence en matière de manga avec les traductions et publications successives de ses oeuvres en France de "Quartiers lointains", au "Journal de mon père" en passant par "L'homme qui marche". Ses productions, proches par leur graphisme, de ce que nous connaissons en Occident, lui donnent une place un peu à part dans les réalisations pléthoriques en provenance d'Extrême-Orient. Mangaka dévoué aux oeuvres sérieuses pour ne pas dire dramatiques (gegika), Taniguchi, natif de Tottori, utilise,souvent la cartographie intime de ses personnages pour révéler la société japonaise dans son quotidien, ses pesanteurs, ses retenues et ses interdits.
Plus que leurs paysages, les oeuvres de Taniguichi sont précieuses pour pénétrer les mentalités japonaises, les implicites qui organisent les rapports familiaux, les moeurs nippones et les rapports sociaux, qu'ils soient abordés sous l'angle du travail ou du genre. Taniguchi construit ses mangas en disséquant la psychologie de ses héros, en nous faisant ressentir leurs troubles, leurs douleurs, leurs obligations au fil de pages dont l'élégance du graphisme tient beaucoup à la finesse du trait, à la précision apportée au décor. Ces planches toutes simples, dénuées de clinquant et d'outrance extrêmement soignées, permettent aux mangas de Taniguchi d'être délivrés au public dans un équilibre subtil entre les images et le propos.
C'est ju
stement l'angle autobiographique que l'auteur a choisi pour une de ses dernières publications françaises.
Né en 1947, il a semble-t-il, été assez vite happé par son goût du dessin. "Un zoo en hiver" retrace son parcours de jeune homme débutant une carrière ennuyeuse dans une entreprise de Kyoto jusqu'à la publication de son premier manga. Taniguchi se présente comme un garçon atypique dans un monde étouffé par les pesanteurs familiales, dans lequel il est donc difficile d'aller contre les traditions et préjugés. S'entrainant à dessiner les animaux du zoo, il reste en marge des jeunes de son entourage, d'autant plus qu'il est affecté par son patron à la surveillance de sa fille, dont l'exitence est entachée d'une liaison hors mariage avec un homme.
Rapidement engagé sur des chemins de traverse, notre futur mangaka, rebaptisé Hamaguchi, a l'opportunité, lors d'un séjour à Tokyo, d'intégrer un atelier de dessinateurs de mangas. Il y affute son style en faisant les décors des planches, tout en découvrant un milieu bohême, exigeant, mais relativement déconsidéré socialement, vivant en vase clos, et sacrifiant beaucoup à son art.
C'est la confrontation avec son frère qui permet de mettre en perspective les pesanteurs et les tensions qui traversent la société nippone. Celui ci étant l'ainé, il a sacrifié semble-t-il, ses goûts professionels à la nécessité d'assurer la subsitance d'une famille dont le père n'est plus. Il est à la fois fasciné par le travail de son jeune frère, qui a librement choisi sa voie, mais totalement incapable de considérer le métier auquel il se forme comme un travail à part entière. C'est tout un monde de frustrations, de choix contrariés, de responsabilités oppressantes qui affleure dans ces rapports fraternels. Ils ne peuvent, évidemment , constituer un tableau de l'ensemble de la société japonaise, mais ils en disent suffisament sur son architecture et ses règles.

Et puis, il y a ce double passage initiatique (artistique et sentimental) qui va mener l'auteur à la fois vers sa première publication dans le magazine "Shonen holiday" et vers sa première histoire d'amour. Taniguchi sur ce point particulier, est bien plus conformiste, en fait. Il n'aboutira à la publication de son premier manga qu'après avoir trouvé sa muse, souffert pour elle, déssiné et corrigé ses pages à l'aune de ses remarques, et avoir surmonté sa première grande épreuve sentimentale. Petit conte de fée de l'inspiration retrouvée par l'innocence de la jeune Mari, la dernière partie du "zoo en hiver" nous fait franchir les étapes de "l'accouchement" d'une première oeuvre. Le trait et la délicatesse des sentiments toujours exprimés de façon contenue, permettent d'alléger le poids des clichés. Une certaine poésie plane sur la fin de cette histoire qui se tranforme en nostalgie, si familère aux habitués du maître, lorsqu'il se remémorre la publication d'"un voeu fait aux étoiles", moment à partir duquel il fut officiellement mangaka.
Ne pas oublier de retourner sur Samarra à la page des BD pour comprendre l'Asie que vous trouverez en cliquant ici
La BD s'en va-t-en guerre sur Arte
Nous vous parlons souvent sur ce blog des BD et mangas qui permettent de mieux comprendre les enjeux du monde contemporain. Arte diffuse lundi 25 janvier à 23 h 15 un documentaire de Mark Daniels intitulé La BD s'en va-t-en guerre qui promet d'être très intéressant. A partir d'entretiens et de nombreuses images, ce documentaire se propose d'explorer les nouveaux regards du 9ème art sur la guerre :
"De Keiji Nakazawa (Gen d'Hiroshima) à Joe Sacco en passant par Marjane Satrapi, comment la BD a changé son fusil d'épaule pour regarder le monde en face."
Ce documentaire s'intéresse à des auteurs dont nous vous avons déjà parlé sur Samarra :
- Gen d'Hiroshima de Nakazawa Keiji, l'histoire vraie d'un enfant de 6 ans en 1945 qui a vécu le cataclysme du 6 août.
- L'Iran, la Révolution, l'exil, l'adolescence : Persepolis de M. Satrapi
- L'Américain Joe Sacco avait consacré plusieurs BD-reportages à la Palestine dans les années 1990, au moment où les premiers espoirs de paix liés aux accords d'Oslo semblaient mettre fin aux abus les plus criants de l'occupation. Sa plongée pleine d'humour et d'intelligence dans le quotidien en Cisjordanie et à Gaza est très instructive. Joe Sacco, Palestine. Une nation occupée et Palestine. Dans la bande de Gaza parus chez Vertige Graphic en 1996. Retrouvez l'article consacré sur ce blog à un autre album de Joe Sacco sur la guerre en Bosnie, Goražde. Signalons que Joe Sacco vient de publier Gaza 1956, en marge de l'histoire.
- Ted Rall a plusieurs qualités, c'est un très bon reporter qui sait dessiner et qui a de l'humour. Illustration avec Passage Afghan, paru en 2004 et La route de la soie en lambeaux, annoncé pour août dernier et qui paraît enfin à La Boîte à Bulles. Rall est américain et a voulu se rendre compte sur place des effets de la "guerre contre le terrorisme" en Afghanistan après le 11 septembre 2001.
Retrouvez le dossier Des BD et mangas pour comprendre l'Asie et des BD sur le Moyen Orient et l'Asie Centrale





06.06.11 18:33:08, 
















Musique et cultures dans le Monde - magazine, actualités, artistes, mp3, agenda, forum || Le Grand Mix de la Planète
Commentaires récents