Samarra

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Catégories: Télévision, Séries Télé

Samarra au Royaume-Uni et en Irlande

par Aug Email

Les plages d'Agnès Varda

par died Email

 

 



Voici un film atypique qui a obtenu un César et une bonne critique quand il est sorti sur les écrans en 2008. Pourquoi atypique ? D'abord parce qu'il est inclassable : à mi-chemin entre le reportage, l'autobiographie, le récit....ensuite parce qu'il a été tourné par une vieille dame, dinosaure en voie d'extinction de la Nouvelle Vague. Cette petite femme est une grande cinéaste et la compagne d'un autre grand cinéaste, Jacques Demy (Demoiselle de Rochefort, les Parapluies de Cherbourg) : situation assez unique pour le souligner.
 

Alors que raconte ce film ? Agnès Varda nous raconte sa vie, tourne les pages de son album de famille. Mais une grande famille : ses enfants bien sûr, ses amis, Jacques Demy, les grands acteurs qu'elle a rencontrés mais aussi ses acteurs amateurs et occasionnels qui ont tourné dans ses films. On pense au film formidable Daguerréotype dans lequel Agnès Varda avait brossé le portrait plein d'humanité des gens de sa rue, la rue Daguerre. Aussi, son autoportrait ne tourne jamais à l'hagiographie, l'autosatisfaction, Agnès Varda remet en scène sa vie, ses films, son oeuvre...s'interroge, retourne sur les lieux, rencontre, retrouve les gens qu'elle a croisés en 60 ans de cinéma.
Et puis, il y a la poésie, parfois un peu de grotesque dans les reconstitutions.... mais que j'aime à voir comme du surréalisme belge (ce qu'expliquerait sa naissance à Bruxelles ?). Le film ne se prend pas au sérieux, Agnès multiplie les mises en abyme d'images de sa vie, confie, s'interroge, s'amuse de voir le temps qui passe et le temps passé. Raconte ses rencontres avec Jean Vilar, ses premières photographies prises à Avignon, ses premiers films et surtout sa rencontre avec Jacques Demy et la lente disparition de son alter-ego.

L'affiche du film donne tout à fait le ton de l'œuvre: une petite vieille femme sur une chaise démesurément haute, sur une plage.



Agnès Varda est une cinéaste rare....et si originale.







Voir l'article des Cahiers du Cinéma

Sa biographie et filmographie

Un long extrait de l'un de ses premiers films : Cléo de 5 à 7





JC Diedrich

 

La BD s'en va-t-en guerre sur Arte

par Aug Email


 

Nous vous parlons souvent sur ce blog des BD et mangas qui permettent de mieux comprendre les enjeux du monde contemporain. Arte diffuse lundi 25 janvier à 23 h 15 un documentaire de Mark Daniels intitulé La BD s'en va-t-en guerre qui promet d'être très intéressant. A partir d'entretiens et de nombreuses images, ce documentaire se propose d'explorer les nouveaux regards du 9ème art sur la guerre :

"De Keiji Nakazawa (Gen d'Hiroshima) à Joe Sacco en passant par Marjane Satrapi, comment la BD a changé son fusil d'épaule pour regarder le monde en face."

Ce documentaire s'intéresse à des auteurs dont nous vous avons déjà parlé sur Samarra :

  • Gen d'Hiroshima de Nakazawa Keiji, l'histoire vraie d'un enfant de 6 ans en 1945 qui a vécu le cataclysme du 6 août.
  • L'Iran, la Révolution, l'exil, l'adolescence : Persepolis de M. Satrapi
  • L'Américain Joe Sacco avait consacré plusieurs BD-reportages à la Palestine dans les années 1990, au moment où les premiers espoirs de paix liés aux accords d'Oslo semblaient mettre fin aux abus les plus criants de l'occupation. Sa plongée pleine d'humour et d'intelligence dans le quotidien en Cisjordanie et à Gaza est très instructive. Joe Sacco, Palestine. Une nation occupée et Palestine. Dans la bande de Gaza parus chez Vertige Graphic en 1996. Retrouvez l'article consacré sur ce blog à un autre album de Joe Sacco sur la guerre en Bosnie, Goražde. Signalons que Joe Sacco vient de publier Gaza 1956, en marge de l'histoire.
  • Ted Rall a plusieurs qualités, c'est un très bon reporter qui sait dessiner et qui a de l'humour. Illustration avec Passage Afghan, paru en 2004 et La route de la soie en lambeaux, annoncé pour août dernier et qui paraît enfin à La Boîte à Bulles. Rall est américain et a voulu se rendre compte sur place des effets de la "guerre contre le terrorisme" en Afghanistan après le 11 septembre 2001.

 

Retrouvez le dossier Des BD et mangas pour comprendre l'Asie et des BD sur le Moyen Orient et l'Asie Centrale

 

 

L'affaire Kravchenko sur Arte.

par blot Email

 

Victor Kravchenko.

 

 

Dans le cadre des mercredis de l'histoire, Arte propose mercredi 7 octobre 2009 à 20h45, un documentaire sur l'affaire Kravchenko. Le magazine l'Histoire en dit le plus grand bien, je cite: "Grâce à des images d'archives, des témoignages (Edgar Morin), des textes (Nina Berberova, alors jeune chroniqueuse judiciaire), et bien sûr des historiens (Michel Winock), ce documentaire évoque les enjeux de cet excptionnel procès (...). Un procès qui fait écho à la guerre froide: Goulag contre avenir radieux, faits contre idéologie...". A ne pas rater donc. Avant cela, revenon sur cette affaire.

 

 

 Victor Kravchenko, haut fonctionnaire, membre du PC, est nommé à l’ambassade soviétique à Washington pendant la seconde guerre mondiale. Il en profite pour déserter en avril 1944 et demande l’asile politique aux Etats-Unis. En février 1946, il publie « I chose freedom » ("j'ai choisi la liberté"), un violent pamphlet contre le régime stalinien. A l'instar du "Zéro et l'infini" d'Arthur Koestler paru en France en 1945, l'ouvrage fait un grand bruit et suscite le débat. L'auteur y décrit en détail l’univers concentrationnaire administré par le Goulag dans les années 1930 ainsi que l'organisation de la famine en Ukraine.

 

Son ouvrage rencontre un grand succès dans le contexte de la guerre froide naissante. Il s’écoule ainsi 503000 exemplaires de la traduction française du livre sortie en 1947. Aussitôt, le parti communiste français, dont le poids politique et l’influence sont alors très grands, tente par tous les moyens de discréditer le témoignage de Kravchenko, par presse interposée.

Kravchenko signant des autographes au cours d'une conférence de presse (France, 1949).

 

L’hebdomadaire communiste Les lettres françaises publie le 13 novembre 1947 un article intitulé "comment fut fabriqué Krachvenko" qui le présente comme un traître à la solde des services secrets américains, incapable d’avoir écrit son livre. Ayant eu connaissance de ces attaques, Kravchenko intente un procès pour diffamation au journal, qui s’ouvre à Paris en janvier 1949. La dossier est délicat et la tâche de l'avocat de Kravchenko, Georges Izard, difficile. En effet, les Lettres françaises, publication issue de la Résistance, jouit d'une grande notoriété. Le Parti Communiste français représente alors un quart de l'électorat et le prestige de l'URSS, lié à la victoire sur le nazisme, reste très fort.

Kravchenko au cours des débats.

 

Le procès, qui devait durer initialement 9 jours, s'étale en fait sur 3 mois. Il donne lieu à une mobilisation sans précédent dans les deux camps. Lors des audiences, les intellectuels, membres du parti communistes ou compagnons de route tels que Frédéric Joliot-Curie, Jean Vercors, Jean Cassou ou Roger Garaudy, prennent fait et cause pour l’hebdomadaire et remettent en question le récit de Kravchenko. Au rang des accusateurs, on trouve Zinaïda Gorlova, ex-épouse de Kravchenko, envoyée exprès par l'URSS. Les témoins appelés à comparaître par Kravchenko, souvent victimes des purges ou de procès truqués, sont insultés ou accusés de mensonges. Ils confirment en tout cas les dires de Krachvenko. Le témoignage de Margaret Buber-Neumann, femme du dirigeant communiste allemand Heinz Neumann, exécuté à Moscou lors de la "grande terreur", raconte sa terrible expérience. Déportée en Sibérie, elle est livrée par les autorités soviétiques aux Allemands en 1940 et envoyée à Ravensbrück. Finalement Kravchenko remporte son procès et reçoit un franc symbolique.

 

Ce procès est emblématique de la lutte que se livrent les deux grands pour le contrôle des esprits dans le contexte de la guerre froide. Les débats, particulièrement houleux, parfois même haineux, montrent à quel point ce procès est pris au sérieux dans les deux blocs. Le témoignage de Kravchenko sur les méthodes du camp soviétique n'est pas le premier. D'autres, avant lui, avaient livré des témoignages accablants. Dès 1935, Boris Souvarine publie "Staline, aperçu historique du bolchevisme" dans lequel il évalue à 5 millions le nombre de détenus des camps soviétiques. De retour d'URSS, Yvon Guiheneuf fait paraître "l'URSS telle qu'elle est", préfacé par André Gide. Il y évoque l'existence du "bagne-entreprise commerciale, dénommé camp de concentration". Dans "le Zéro et l'infini", Arthur Koestler, membre du PC allemand de 1931 à 1938, dénonce les procès de Moscou organisés entre 1936 et 1938. Reste que l'immense succès de l'ouvrage de Kravchenko et la médiatisation des débats, au cours ou en marge du procès, confèrent à cette affaire une place particulière.

L'affaire et les témoignages du procès ne dessillent pas encore les yeux de nombreux militants communistes qui tomberont souvent de très haut lors de la révélation du rapport secret de Khrouchtchev lors du XXème congrès du PCUS, en 1956.

 

 Sources:

 

- E. Melmoux, D. Mitzinmacker: "Dictionnaire d'histoire contemporaine", Nathan, 2008.

- Les Archives du Monde 2: "Affaire Kravchenko, l'URSS en correctionnelle", 24 janvier 2009.

 Pour mieux connaître ce personnage et l’affaire qui porte son nom, voir le très bon article que lui consacre M. Tribouilloy.

 

 

Liens:

- L'affaire Kravchenko sur Arte.

- Présentation rapide du procès.

Tudor or not Tudors ?

par Aug Email

Cela ressemble à du Shakespeare. Pouvoir, ambition, amour,  sexe, sang... Le grand William s'était intéressé à ce personnage-clé du XVIème anglais, mais son Henry VIII n'est pas sa plus grande pièce. Il faut dire que c'est davantage l'Angleterre du XVème siècle, avec sa guerre des deux-roses, York contre Lancastre, qui lui avait donné matière à plusieurs drames historiques conclus par un Richard III exceptionnel ("My horse, my kingdom for a horse").
Peut être avez-vous, comme moi, été frappés dans votre enfance par ce roi d'Angleterre qui eut six femmes et qui créa une nouvelle religion pour pouvoir divorcer sans l'accord du Pape. Ce "Barbe-bleue" du XVIème siècle est d'ailleurs un des personnages marquants de Mme Tussaud, le Musée Grévin londonien, avec ses différentes épouses.

Le film Deux sœurs pour un roi de Justin Chadwick (sorti en France en 2008) nous offrait déjà une plongée dans cette période décisive pour l'Angleterre. Après les luttes du XVème siècle, Henry VII Tudor, le père d'Henry VIII, conquiert le trône par la force à la bataille de Bosworth Field en 1485 en tuant Richard III. Son règne marque le retour à une certaine stabilité. Son fils Henry lui succède donc en 1509 à 18 ans.  Il est marié à Catherine d'Aragon, veuve de son défunt frère ainé. Celle-ci ne parvient pas à lui donner le fils qu'il souhaite pour lui succéder. Cette question devient son obsession à partir des années 1520. Il songe donc à divorcer. Devant le refus du Pape, il se sépare de Rome et crée l'Eglise d'Angleterre qui devient progressivement une branche du Protestantisme, notamment sous le règne de sa fille Elizabeth Ière.

Le film ne s'éternise pas sur la grande histoire, toile de fond à un drame somme toute intimiste et c'est un reproche que l'on peut lui faire. Mais il montre ainsi l'importance démesurée qu'ont eu certaines personnes dans le cours de cette histoire. Ainsi du rôle d'Anne Boleyn, l'une des deux sœurs du film, magnifiquement interprétée par Nathalie Portman, sa soeur Mary étant jouée par Scarlett Johansonn. Anne va jouer des sentiments du roi envers elle pour lui faire prendre des décisions d'une importance capitale.


Une série irlando-canado-américaine, les Tudors (diffusée en ce moment sur Arte le samedi soir), plante également son décor sous le règne d'Henry VIII. On y retrouve les principaux personnages du film et d'autres intrigues plus politiques (Buckingham, Wolsey,...).  Le roi y dialogue également souvent avec l'humaniste Thomas More (auteur d'Utopia en 1516),dont il a été très proche. On y perçoit donc un peu mieux les enjeux politiques de l'époque. Le premier épisode montrait ainsi les coulisses de la fameuse entrevue entre Henry VIII et François Ier au camp du drap d'or en 1520.

Dans la série (où il est interprété magnifiquement par Jonhatan Rhys-Meyers) comme dans le film, Henry VIII est jeune et plein de fougue et d'entrain pour la chasse, le sport (on le voit jouer à la paume) et beaucoup d'autres activités physiques pour lesquelles son apétit semble sans limite.... C'est un colosse flamboyant, séducteur, pas encore le personnage obèse du portrait de Hans Holbein en 1536 (ci-dessus). Que s'est-il donc passé entre sa jeunesse et les représentations plus tardives ?

 

Une exposition à la Tour de Londres sur les armures d'Henry VIII avance quelques explications. Les armures du Roi nous permettent en effet de connaître précisément sa taille (6 pieds 1 pouce soit plus de 1,90 m), son tour de taille et son tour de poitrine. On sait ainsi qu'à 23 ans, son tour de poitrine était de 1,04 m et son tour de taille de 86,36cm. A 28 ans, l'armure qui lui a été confectionnée pour le Camp du Drap d'Or mesurait 1,04 à la poitrine mais 91,44 cm. L'armure en elle-même pesait plus de 42 kg ! Un an plus tard, ces tours de poitrine et de taille étaient passés à 111,76 et 93,98 cm. Une vingtaine d'années plus tard, une armure (ci-contre) est confectionnée pour un tournoi de mai. Il a alors 48 ans, tour de poitrine et de taille étaient de 137,16 et 129,54... Henry VIII a donc pris du poids et de l'envergure avec l'âge. Les armures d'Henry VIII n'ont pas cessé jusqu'à aujourd'hui d'être étudiées. AInsi des amples braguettes (les historiens pensent que leur taille était volontairement exagérées), que des femmes stériles venaient parfois toucher en espérant un miracle... Dans les années 1960, la NASA a étudié le chevauchement des multiples pièces pour ses combinaisons.

 

 

Reprise !

par Aug Email

Comme d'habitude, il y a les projets et puis le temps qui passe....

Donc l'équipe de Samarra s'est un peu reposée depuis un mois. En fait, non pas exactement. Elle a emmagasiné des tas de belles choses au cours de ses pérégrinations. De quoi faire la matière des articles que nous publions.

 

Pour ma part, voici deux ou trois choses dont je voulais vous parler :

 

Tarzan, un homme-singe de son temps

 

Le musée du Quai Branly propose jusqu'au 27 septembre une exposition sur le personnage de Tarzan créé par Edgar Rice Burroughs. Elle propose aux grands comme aux petits un parcours passionnant sur les traces du personnage et du mythe. De qui Burroughs s'est-il inspiré ? En quoi Tarzan est-il un homme-singe de son temps avec ses défauts et ses qualités ? Comment le personnage s'est-il transformé en devenant héros de BD puis de cinéma ? Cette dernière question est l'une des plus passionnantes. L'expo montre bien comment un Tarzan très intelligent et polyglotte est peu à peu devenu un demeuré qui émet des son incompréhensibles au cinéma. Les enfants se régaleront des planches originales de la BD signées Hogarth et des nombreux extraits de film projetés (notamment les plus célèbres avec l'ancien nageur Johnny Weissmuller), les adultes pourront explorer les différentes facettes du mythe occidental de l'homme sauvage qui vit avec les singes, les époques empilées, les préjugés accumulés ...

Voici quelques extraits que j'ai sélectionnés pour vous en commençant par le fameux cri :

 

 

Panama, un canal au coeur des Amériques

 

La corderie royale de Rochefort (Charente-Maritime) propose jusqu'à la fin de l'année une superbe exposition sur le Canal de Panama. La première partie revient sur l'histoire mouvementée de sa construction, voulue par les Français. D'échecs en scandale, le projet de Ferdinand de Lesseps s'achève par un fiasco qui menace la IIIème République, de nombreux députés (les "chéquards") ayant été corrompus pour permettre à la Compagnie de se sortir de l'impasse. Les Etats-Unis, en pleine ascension sur le continent américain après leur victoire contre l'Espagne en 1898, reprennent l'ambition française en retenant les leçons de l'échec précédent. Ils achèvent le canal qui ouvre en 1914, au terme d'une première mondialisation qui a vu les échanges se mutiplier dans le monde. Ce n'est qu'après 1945 que le canal devient une artère vitale des échanges commerciaux entre Pacifique et Atlantique. La deuxième partie de l'exposition explique le fonctionnement actuel du Canal. Quelques bornes interactives permettent aux enfants de faire fonctionner les fameuses écluses de Gatun et de Miraflores. Enfin, le succès du Canal à l'heure de l'augmentation des échanges entre l'Asie et le continent américain contraint le Panama (qui a récupéré le canal depuis 1999) a prévoir l'élargissement de la voie d'eau afin d'accueillir les plus grands porte-conteneurs, pour l'instant post-panamax (plus de 5000 EVP). Si vous passez par Rochefort, n'hésitez donc pas à faire un détour, l'ensemble de l'Arsenal vaut le déplacement avec l'exposition permanente sur les techniques de cordage, le musée de la marine et le chantier de recosntruction de l'Hermione, le bateau qui achemina La Fayette en Amérique en 1780, qui devrait être achevée en 2011-2012.

La Corderie édite des cahiers pour chacune de ses expositions temporaires, celui consacré au Canal est très bien fait pour un prix abordable.

 

Mille ans de présence juive en Lorraine

 

Et si vous passez par la Lorraine, venez visiter l'exposition que le Musée Lorrain consacre à l'histoire des Juifs en Lorraine jusqu'au 20 septembre. Le Musée Lorrain possède de nombreux objets liés à l'histoire du judaïsme en Lorraine. Avec d'autres objets venus d'autres musés ou de collections personnelles, il mêle habilement objets de la vie quotidienne, du culte et éléments plus historiques qui permettent de retracer une histoire vieille de mille ans. Entre expulsions, assignation d'un rôle social précis et pleine intégration depuis la Révolution, cette histoire a des points communs avec l'histoire des juifs dans toute l'Europe mais également ses spécificités dans cet entre-deux que constitue la Lorraine jusqu'au XVIIIème siècle. L'histoire du judaisme lorrain au XXème siècle est bien entendu marquée par la tragédie que constitue la Shoah à laquelle n'échappent pas les Juifs Lorrains, malgré l'aide de quelques justes comme ces policiers nancéiens qui préviennent des Juifs de la rafle du lendemain. Un des épisodes les plus intéressants est celui des tensions entre Juifs anciennement implantés et Juifs d'Europe Centrale arrivant en Lorraine dans les années 1920 et 1930. Nancy compte alors deux lieux de culte séparés.

 

 

Terminons par un peu de télévision. Est-ce une coincidence si la série Urgences (ER en anglais), créée par Michael Crichton, cesse après 15 ans de diffusion alors que le débat sur l'Assurance-maladie fait rage aux Etats-Unis ?  L'un des mérites de cette série était de montrer les difficultés de ces Américains des inner cities (ici ceux du Comté de Cook à Chicago). Les urgences de cet hôpital public accueillent en effet tous ceux qui sont plutôt démunis et qui font partie de ces 46 millions d'Américains (soit 16% de la population) qui ne bénéficient d'aucune couverture maladie. Durant tout l'été, le débat a été très animé, voire violent lors des "town hall meetings" où des militants conservateurs ont tenté de déstabiliser les élus démocrates.

Alors qui va remplacer le Docteur Carter pour soigner les plus démunis ? Aux derières nouvelles, une série se déroulant à New York vient de démarrer aux Etats-Unis, elle met en scène une infirmière  des urgences (jouée par Edie Falco, ex-Sopranos). La série s'appelle "Nurse Jackie" et fait l'éloge des héros oubliés d'un système de santé désintégré.

Bon, pour ceux qui n'y comprennent rien à cette histoire d'assurance, voyez cet article très clair du site Rue 89 : "La réforme du système de santé américain pour les nuls".

Allez cadeau pour finir, le générique de la saison 1 d'Urgences avec les Docteurs Ross, Susan Lewis, Mark Green, Carter, Benton et Cie...

 

 

Samarra aux Etats-Unis

par Aug Email

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Prélude : Bronx, années 1970

 
 
 
 
 
 
6. L’émergence du Gangsta Rap et de la Côte Ouest
 
7. La réponse de NYC
 
8. Le Dirty South se réveille

 

 

"Le Prisonnier", une série hors norme

par Rico

Le 13 janvier dernier, l’acteur américain Patrick McGoohan s’est éteint à 80 ans à Los Angeles. L’information est passée relativement inaperçue, pourtant cet acteur américain (et non britannique même s’il fit le plus gros de sa carrière pour la télé anglaise)  a laissé au monde l’une des plus étonnantes séries télévisées "Le Prisonnier", chef d’oeuvre télévisionnaire, comme le décrit un livre d’Alain Carrazé et Héléne Oswald.

Pour la première fois une série télé échappe à son statut de produit commercial et devient un objet artistique autonome. Quarante ans plus tard, elle demeure toujours aussi mystérieuse et fascinante.

 

Lorsqu’en 1967, McGoohan propose le projet "le Prisonnier" à la chaîne ITC, c’est déjà une immense vedette de la télé britannique. Il est John Drake, super espion de la série "Destination Danger" où, en bon collégue de travail de James Bond, il sauve chaque semaine l’Angleterre et le monde libre de complots internationaux. Fort de sa notoriété, Il peut donc imposer un concept novateur et très déstabilisant pour l’époque. Un projet qu’il mûrit depuis des années et qu’il va écrire, produire, interpréter et dont il réalise plusieurs épisodes. Un projet qui cueille les téléspectateurs par surprise.

Patrick MacGoohan est un agent secret qui dès le générique démissionne avec fracas de son service. Alors qu’il s’apprête à partir prendre sa retraite sous les cocotiers, un mystérieux croque mort l’endort avec un gaz soporifique. Quand il se réveille, il est dans un village étrange, isolé du reste du monde. Il est devenu le "Numéro 6" comme l’atteste le badge qu’il porte au revers de sa veste.

 


Le générique de la série

 

– Où suis-je ?
– Au Village.
– Qu’est ce que vous voulez ?
– Des renseignements.
– Dans quel camp êtes-vous ?
– Vous le saurez en temps utile… Nous voulons des renseignements, des renseignements, des renseignements.
– Vous n’en aurez pas !
– De gré ou de force, vous parlerez.
– Qui êtes-vous ?
– Je suis le nouveau Numéro 2.
– Qui est le Numéro 1 ?
– Vous êtes le Numéro 6.
– JE NE SUIS PAS UN NUMÉRO, JE SUIS UN HOMME LIBRE !

Qui sont ces gens qui le retiennent dans ce village ? Pouquoi veulent-ils savoir la raison de sa démission ? Pourquoi, du haut de leur observatoire espionnent-ils régulièrement ses faits et gestes ? Impossible de le savoir. Mais désormais Numéro 6 n’a plus qu’un seul but : s’évader, partir de ce village. Mais ce n’est pas aussi simple que cela et même quand on croit s’être échappé de ce lieu mystérieux, on est peut-être encore manipulé par ces étranges geôliers.

Et qu’est donc ce village coupé du monde, sorte de station balnéaire hors du temps à l’architecture excentrique ? Les habitants y vivent tranquillement dans une insouciance un peu factice et vaquent à de futiles occupations comme si de rien n’était s’appelant par leur numéro et se saluant d’un amical "Bonjour chez vous". Sont-ils d’autres prisonniers ? Des gardiens surveillant d’une autre façon Numéro 6 pour mieux lui tirer les vers du nez ? De simples et innocents villageois ayant réellement oublié qu’un monde exterieur existe ?

La série joue sur une esthétique absolument superbe avec des trouvailles visuelles saisissantes . L’ambiance du village est toujours  très anglaise. "A green and plaisant land", où l’on prend le thé en devisant aimablement dans une atmosphère trop aseptisée pour être honnête et où l’on participe comme un pion humain à des parties d’echec grandeur nature. Mais le fantastique n’est jamais loin, témoin le rôdeur, gigantesque ballon de baudruche blanc qui traque impitoyablement pour les étouffer tout ceux qui tenteraient de franchir les limites du village.

Mais la véritable prison est peut-être ailleurs, la série pouvant s’interprêter à de nombreux niveaux de lecture. Ce village pourrait-il être le symbole de la société qui finit par enfermer l’individu dans un rôle stéréotypé. Cette prison pourrait-elle n’exister que dans l’esprit même du Numéro 6, perdu dans ses obsessions et ses névroses. La série brouillant volontairement les points de repéres, on navigue dans un univers irréel qui semble progressivement sombrer dans la folie. Le dernier épisode qui voit enfin notre héros découvrir l’identité du numéro 1 et s’enfuir du village est à ce propos particulièrement destabilisant car  il semble remettre en cause tout ce que l’on croit savoir et valut à la chaîne de télé, une avalanche de courrier de la part des spectateurs estomaqués.

Patrick Mac Goohan déclarait à propos de sa création "Si les gens ne l’aiment pas, il n’y a qu’une personne à blâmer : moi". Il n’y eut qu’une saison, les résultats initiaux (11 millions de spectateurs dans tout le royaume quand même) ayant été jugés décevants par les responsables d’ITC. Pourtant, allégorie traitant de l’enfermement, de la surveillance, du pouvoir et de la place de l’individu, cette série de 17 épisodes fut une véritable révolution tant visuelle que thématique qui pour la première fois fit d’un simple feuilleton télé une oeuvre d’art à part entière et a acquis au travers de ses rediffusions une notoriété qui, quarante ans plus tard, la rende toujours autant d’actualité.

 

Des fans-clubs se sont créés de par le monde et l’on vient toujours au Pays de Galles visiter Portmeirion, le village à l’architecture si particulière qui a servi de lieu de tournage. Une nouvelle mini-série se voulant un remake modernisé avec Jim Cazeviel et Ian McKellen est en cours de tournage et devrait arriver à l’été 2009 sur les écrans.

Pour compléter, un site de fan : Le rôdeur, une étude plus universitaire dans Cadrage.net.