Samarra

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Catégorie: Séries Télé

Samarra au Royaume-Uni et en Irlande

par Aug Email

Tudor or not Tudors ?

par Aug Email

Cela ressemble à du Shakespeare. Pouvoir, ambition, amour,  sexe, sang... Le grand William s'était intéressé à ce personnage-clé du XVIème anglais, mais son Henry VIII n'est pas sa plus grande pièce. Il faut dire que c'est davantage l'Angleterre du XVème siècle, avec sa guerre des deux-roses, York contre Lancastre, qui lui avait donné matière à plusieurs drames historiques conclus par un Richard III exceptionnel ("My horse, my kingdom for a horse").
Peut être avez-vous, comme moi, été frappés dans votre enfance par ce roi d'Angleterre qui eut six femmes et qui créa une nouvelle religion pour pouvoir divorcer sans l'accord du Pape. Ce "Barbe-bleue" du XVIème siècle est d'ailleurs un des personnages marquants de Mme Tussaud, le Musée Grévin londonien, avec ses différentes épouses.

Le film Deux sœurs pour un roi de Justin Chadwick (sorti en France en 2008) nous offrait déjà une plongée dans cette période décisive pour l'Angleterre. Après les luttes du XVème siècle, Henry VII Tudor, le père d'Henry VIII, conquiert le trône par la force à la bataille de Bosworth Field en 1485 en tuant Richard III. Son règne marque le retour à une certaine stabilité. Son fils Henry lui succède donc en 1509 à 18 ans.  Il est marié à Catherine d'Aragon, veuve de son défunt frère ainé. Celle-ci ne parvient pas à lui donner le fils qu'il souhaite pour lui succéder. Cette question devient son obsession à partir des années 1520. Il songe donc à divorcer. Devant le refus du Pape, il se sépare de Rome et crée l'Eglise d'Angleterre qui devient progressivement une branche du Protestantisme, notamment sous le règne de sa fille Elizabeth Ière.

Le film ne s'éternise pas sur la grande histoire, toile de fond à un drame somme toute intimiste et c'est un reproche que l'on peut lui faire. Mais il montre ainsi l'importance démesurée qu'ont eu certaines personnes dans le cours de cette histoire. Ainsi du rôle d'Anne Boleyn, l'une des deux sœurs du film, magnifiquement interprétée par Nathalie Portman, sa soeur Mary étant jouée par Scarlett Johansonn. Anne va jouer des sentiments du roi envers elle pour lui faire prendre des décisions d'une importance capitale.


Une série irlando-canado-américaine, les Tudors (diffusée en ce moment sur Arte le samedi soir), plante également son décor sous le règne d'Henry VIII. On y retrouve les principaux personnages du film et d'autres intrigues plus politiques (Buckingham, Wolsey,...).  Le roi y dialogue également souvent avec l'humaniste Thomas More (auteur d'Utopia en 1516),dont il a été très proche. On y perçoit donc un peu mieux les enjeux politiques de l'époque. Le premier épisode montrait ainsi les coulisses de la fameuse entrevue entre Henry VIII et François Ier au camp du drap d'or en 1520.

Dans la série (où il est interprété magnifiquement par Jonhatan Rhys-Meyers) comme dans le film, Henry VIII est jeune et plein de fougue et d'entrain pour la chasse, le sport (on le voit jouer à la paume) et beaucoup d'autres activités physiques pour lesquelles son apétit semble sans limite.... C'est un colosse flamboyant, séducteur, pas encore le personnage obèse du portrait de Hans Holbein en 1536 (ci-dessus). Que s'est-il donc passé entre sa jeunesse et les représentations plus tardives ?

 

Une exposition à la Tour de Londres sur les armures d'Henry VIII avance quelques explications. Les armures du Roi nous permettent en effet de connaître précisément sa taille (6 pieds 1 pouce soit plus de 1,90 m), son tour de taille et son tour de poitrine. On sait ainsi qu'à 23 ans, son tour de poitrine était de 1,04 m et son tour de taille de 86,36cm. A 28 ans, l'armure qui lui a été confectionnée pour le Camp du Drap d'Or mesurait 1,04 à la poitrine mais 91,44 cm. L'armure en elle-même pesait plus de 42 kg ! Un an plus tard, ces tours de poitrine et de taille étaient passés à 111,76 et 93,98 cm. Une vingtaine d'années plus tard, une armure (ci-contre) est confectionnée pour un tournoi de mai. Il a alors 48 ans, tour de poitrine et de taille étaient de 137,16 et 129,54... Henry VIII a donc pris du poids et de l'envergure avec l'âge. Les armures d'Henry VIII n'ont pas cessé jusqu'à aujourd'hui d'être étudiées. AInsi des amples braguettes (les historiens pensent que leur taille était volontairement exagérées), que des femmes stériles venaient parfois toucher en espérant un miracle... Dans les années 1960, la NASA a étudié le chevauchement des multiples pièces pour ses combinaisons.

 

 

Reprise !

par Aug Email

Comme d'habitude, il y a les projets et puis le temps qui passe....

Donc l'équipe de Samarra s'est un peu reposée depuis un mois. En fait, non pas exactement. Elle a emmagasiné des tas de belles choses au cours de ses pérégrinations. De quoi faire la matière des articles que nous publions.

 

Pour ma part, voici deux ou trois choses dont je voulais vous parler :

 

Tarzan, un homme-singe de son temps

 

Le musée du Quai Branly propose jusqu'au 27 septembre une exposition sur le personnage de Tarzan créé par Edgar Rice Burroughs. Elle propose aux grands comme aux petits un parcours passionnant sur les traces du personnage et du mythe. De qui Burroughs s'est-il inspiré ? En quoi Tarzan est-il un homme-singe de son temps avec ses défauts et ses qualités ? Comment le personnage s'est-il transformé en devenant héros de BD puis de cinéma ? Cette dernière question est l'une des plus passionnantes. L'expo montre bien comment un Tarzan très intelligent et polyglotte est peu à peu devenu un demeuré qui émet des son incompréhensibles au cinéma. Les enfants se régaleront des planches originales de la BD signées Hogarth et des nombreux extraits de film projetés (notamment les plus célèbres avec l'ancien nageur Johnny Weissmuller), les adultes pourront explorer les différentes facettes du mythe occidental de l'homme sauvage qui vit avec les singes, les époques empilées, les préjugés accumulés ...

Voici quelques extraits que j'ai sélectionnés pour vous en commençant par le fameux cri :

 

 

Panama, un canal au coeur des Amériques

 

La corderie royale de Rochefort (Charente-Maritime) propose jusqu'à la fin de l'année une superbe exposition sur le Canal de Panama. La première partie revient sur l'histoire mouvementée de sa construction, voulue par les Français. D'échecs en scandale, le projet de Ferdinand de Lesseps s'achève par un fiasco qui menace la IIIème République, de nombreux députés (les "chéquards") ayant été corrompus pour permettre à la Compagnie de se sortir de l'impasse. Les Etats-Unis, en pleine ascension sur le continent américain après leur victoire contre l'Espagne en 1898, reprennent l'ambition française en retenant les leçons de l'échec précédent. Ils achèvent le canal qui ouvre en 1914, au terme d'une première mondialisation qui a vu les échanges se mutiplier dans le monde. Ce n'est qu'après 1945 que le canal devient une artère vitale des échanges commerciaux entre Pacifique et Atlantique. La deuxième partie de l'exposition explique le fonctionnement actuel du Canal. Quelques bornes interactives permettent aux enfants de faire fonctionner les fameuses écluses de Gatun et de Miraflores. Enfin, le succès du Canal à l'heure de l'augmentation des échanges entre l'Asie et le continent américain contraint le Panama (qui a récupéré le canal depuis 1999) a prévoir l'élargissement de la voie d'eau afin d'accueillir les plus grands porte-conteneurs, pour l'instant post-panamax (plus de 5000 EVP). Si vous passez par Rochefort, n'hésitez donc pas à faire un détour, l'ensemble de l'Arsenal vaut le déplacement avec l'exposition permanente sur les techniques de cordage, le musée de la marine et le chantier de recosntruction de l'Hermione, le bateau qui achemina La Fayette en Amérique en 1780, qui devrait être achevée en 2011-2012.

La Corderie édite des cahiers pour chacune de ses expositions temporaires, celui consacré au Canal est très bien fait pour un prix abordable.

 

Mille ans de présence juive en Lorraine

 

Et si vous passez par la Lorraine, venez visiter l'exposition que le Musée Lorrain consacre à l'histoire des Juifs en Lorraine jusqu'au 20 septembre. Le Musée Lorrain possède de nombreux objets liés à l'histoire du judaïsme en Lorraine. Avec d'autres objets venus d'autres musés ou de collections personnelles, il mêle habilement objets de la vie quotidienne, du culte et éléments plus historiques qui permettent de retracer une histoire vieille de mille ans. Entre expulsions, assignation d'un rôle social précis et pleine intégration depuis la Révolution, cette histoire a des points communs avec l'histoire des juifs dans toute l'Europe mais également ses spécificités dans cet entre-deux que constitue la Lorraine jusqu'au XVIIIème siècle. L'histoire du judaisme lorrain au XXème siècle est bien entendu marquée par la tragédie que constitue la Shoah à laquelle n'échappent pas les Juifs Lorrains, malgré l'aide de quelques justes comme ces policiers nancéiens qui préviennent des Juifs de la rafle du lendemain. Un des épisodes les plus intéressants est celui des tensions entre Juifs anciennement implantés et Juifs d'Europe Centrale arrivant en Lorraine dans les années 1920 et 1930. Nancy compte alors deux lieux de culte séparés.

 

 

Terminons par un peu de télévision. Est-ce une coincidence si la série Urgences (ER en anglais), créée par Michael Crichton, cesse après 15 ans de diffusion alors que le débat sur l'Assurance-maladie fait rage aux Etats-Unis ?  L'un des mérites de cette série était de montrer les difficultés de ces Américains des inner cities (ici ceux du Comté de Cook à Chicago). Les urgences de cet hôpital public accueillent en effet tous ceux qui sont plutôt démunis et qui font partie de ces 46 millions d'Américains (soit 16% de la population) qui ne bénéficient d'aucune couverture maladie. Durant tout l'été, le débat a été très animé, voire violent lors des "town hall meetings" où des militants conservateurs ont tenté de déstabiliser les élus démocrates.

Alors qui va remplacer le Docteur Carter pour soigner les plus démunis ? Aux derières nouvelles, une série se déroulant à New York vient de démarrer aux Etats-Unis, elle met en scène une infirmière  des urgences (jouée par Edie Falco, ex-Sopranos). La série s'appelle "Nurse Jackie" et fait l'éloge des héros oubliés d'un système de santé désintégré.

Bon, pour ceux qui n'y comprennent rien à cette histoire d'assurance, voyez cet article très clair du site Rue 89 : "La réforme du système de santé américain pour les nuls".

Allez cadeau pour finir, le générique de la saison 1 d'Urgences avec les Docteurs Ross, Susan Lewis, Mark Green, Carter, Benton et Cie...

 

 

Samarra aux Etats-Unis

par Aug Email

Des livres :

 

Des BD et mangas :

 

Des films :

 

A la télé :

 

Des photographies :

 

 

En images :
 

 

En kiosque :

 


De nombreux titres sur l'histgeobox :

 

 

En musique :


Sur le bues :


Petite histoire du rap :

Prélude : Bronx, années 1970

 
 
 
 
 
 
6. L’émergence du Gangsta Rap et de la Côte Ouest
 
7. La réponse de NYC
 
8. Le Dirty South se réveille

 

 

"Le Prisonnier", une série hors norme

par Rico

Le 13 janvier dernier, l’acteur américain Patrick McGoohan s’est éteint à 80 ans à Los Angeles. L’information est passée relativement inaperçue, pourtant cet acteur américain (et non britannique même s’il fit le plus gros de sa carrière pour la télé anglaise)  a laissé au monde l’une des plus étonnantes séries télévisées "Le Prisonnier", chef d’oeuvre télévisionnaire, comme le décrit un livre d’Alain Carrazé et Héléne Oswald.

Pour la première fois une série télé échappe à son statut de produit commercial et devient un objet artistique autonome. Quarante ans plus tard, elle demeure toujours aussi mystérieuse et fascinante.

 

Lorsqu’en 1967, McGoohan propose le projet "le Prisonnier" à la chaîne ITC, c’est déjà une immense vedette de la télé britannique. Il est John Drake, super espion de la série "Destination Danger" où, en bon collégue de travail de James Bond, il sauve chaque semaine l’Angleterre et le monde libre de complots internationaux. Fort de sa notoriété, Il peut donc imposer un concept novateur et très déstabilisant pour l’époque. Un projet qu’il mûrit depuis des années et qu’il va écrire, produire, interpréter et dont il réalise plusieurs épisodes. Un projet qui cueille les téléspectateurs par surprise.

Patrick MacGoohan est un agent secret qui dès le générique démissionne avec fracas de son service. Alors qu’il s’apprête à partir prendre sa retraite sous les cocotiers, un mystérieux croque mort l’endort avec un gaz soporifique. Quand il se réveille, il est dans un village étrange, isolé du reste du monde. Il est devenu le "Numéro 6" comme l’atteste le badge qu’il porte au revers de sa veste.

 


Le générique de la série

 

– Où suis-je ?
– Au Village.
– Qu’est ce que vous voulez ?
– Des renseignements.
– Dans quel camp êtes-vous ?
– Vous le saurez en temps utile… Nous voulons des renseignements, des renseignements, des renseignements.
– Vous n’en aurez pas !
– De gré ou de force, vous parlerez.
– Qui êtes-vous ?
– Je suis le nouveau Numéro 2.
– Qui est le Numéro 1 ?
– Vous êtes le Numéro 6.
– JE NE SUIS PAS UN NUMÉRO, JE SUIS UN HOMME LIBRE !

Qui sont ces gens qui le retiennent dans ce village ? Pouquoi veulent-ils savoir la raison de sa démission ? Pourquoi, du haut de leur observatoire espionnent-ils régulièrement ses faits et gestes ? Impossible de le savoir. Mais désormais Numéro 6 n’a plus qu’un seul but : s’évader, partir de ce village. Mais ce n’est pas aussi simple que cela et même quand on croit s’être échappé de ce lieu mystérieux, on est peut-être encore manipulé par ces étranges geôliers.

Et qu’est donc ce village coupé du monde, sorte de station balnéaire hors du temps à l’architecture excentrique ? Les habitants y vivent tranquillement dans une insouciance un peu factice et vaquent à de futiles occupations comme si de rien n’était s’appelant par leur numéro et se saluant d’un amical "Bonjour chez vous". Sont-ils d’autres prisonniers ? Des gardiens surveillant d’une autre façon Numéro 6 pour mieux lui tirer les vers du nez ? De simples et innocents villageois ayant réellement oublié qu’un monde exterieur existe ?

La série joue sur une esthétique absolument superbe avec des trouvailles visuelles saisissantes . L’ambiance du village est toujours  très anglaise. "A green and plaisant land", où l’on prend le thé en devisant aimablement dans une atmosphère trop aseptisée pour être honnête et où l’on participe comme un pion humain à des parties d’echec grandeur nature. Mais le fantastique n’est jamais loin, témoin le rôdeur, gigantesque ballon de baudruche blanc qui traque impitoyablement pour les étouffer tout ceux qui tenteraient de franchir les limites du village.

Mais la véritable prison est peut-être ailleurs, la série pouvant s’interprêter à de nombreux niveaux de lecture. Ce village pourrait-il être le symbole de la société qui finit par enfermer l’individu dans un rôle stéréotypé. Cette prison pourrait-elle n’exister que dans l’esprit même du Numéro 6, perdu dans ses obsessions et ses névroses. La série brouillant volontairement les points de repéres, on navigue dans un univers irréel qui semble progressivement sombrer dans la folie. Le dernier épisode qui voit enfin notre héros découvrir l’identité du numéro 1 et s’enfuir du village est à ce propos particulièrement destabilisant car  il semble remettre en cause tout ce que l’on croit savoir et valut à la chaîne de télé, une avalanche de courrier de la part des spectateurs estomaqués.

Patrick Mac Goohan déclarait à propos de sa création "Si les gens ne l’aiment pas, il n’y a qu’une personne à blâmer : moi". Il n’y eut qu’une saison, les résultats initiaux (11 millions de spectateurs dans tout le royaume quand même) ayant été jugés décevants par les responsables d’ITC. Pourtant, allégorie traitant de l’enfermement, de la surveillance, du pouvoir et de la place de l’individu, cette série de 17 épisodes fut une véritable révolution tant visuelle que thématique qui pour la première fois fit d’un simple feuilleton télé une oeuvre d’art à part entière et a acquis au travers de ses rediffusions une notoriété qui, quarante ans plus tard, la rende toujours autant d’actualité.

 

Des fans-clubs se sont créés de par le monde et l’on vient toujours au Pays de Galles visiter Portmeirion, le village à l’architecture si particulière qui a servi de lieu de tournage. Une nouvelle mini-série se voulant un remake modernisé avec Jim Cazeviel et Ian McKellen est en cours de tournage et devrait arriver à l’été 2009 sur les écrans.

Pour compléter, un site de fan : Le rôdeur, une étude plus universitaire dans Cadrage.net.