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Retour sur le 17 octobre 1961 avec le rappeur Médine

Photographie de Jean Texier, pour le journal l'Humanité
Voilà un rappeur qui, selon ses propres mots, "ne parle que de guerres, d'histoire-géographie". Il a donc toute sa place dans l'histgeobox. Dans sa chanson "17 octobre", Médine nous relate ce qui s'est passé à Paris, en pleine Guerre d'Algérie, ce 17 octobre 1961. Il replace la journée dans le temps long des relations complexes et tendues entre la France et sa colonie. Sa connaissance de cette histoire et la force qu'il met à la transmettre en font un rappeur atypique.
Nous commençons par la musique en vous proposant le clip et les paroles de la chanson. Dans un deuxième temps, VServat nous fait le récit de cette journée et évoque la manière dont sa mémoire a évolué dans le temps jusqu'à aujourd'hui. Enfin, nous avons demandé à Nathanaël, qui connaît et apprécie l'oeuvre de Médine depuis plusieurs années, de nous retracer le parcours du rappeur. Quelques liens, lectures et prolongements terminent l'article.
Mais place à la musique et bonne lecture !
Rendez-vous sur l'histgeobox...
13 mai 1958 : coup de force gaulliste ?
[La presse apprécie diversement les évènements d'Alger]
En 1946, de Gaulle démissionne de la tête du Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF). Il est en désaccord avec les principaux partis politiques sur les futures institutions de la France. Il expose alors ses convictions dans le discours de Bayeux. Mais il entame sa "traversée du désert". A partir de 1954, la Guerre d'Algérie se révèle un obstacle insurmontable pour la IVème République. La dégradation de la situation et la faiblesse des institutions aboutissent à la crise du 13-Mai et au retour au pouvoir du Général de Gaulle. Pour comprendre les enjeux de cette crise du printemps 1958, nous avons demandé à l'historien Jérôme Pozzi de nous éclairer sur les enjeux de l'évènement. Il a soutenu en 2009 une thèse de doctorat sur les mouvements gaullistes de 1958 à 1976. Il a participé en 2008 à un colloque dont les actes viennent d'être publiés aux Presses Universitaires de Rennes. Ce colloque faisait le point sur l'évènement et ses différentes lectures. Un grand merci à Jérôme Pozzi pour ses réponses à nos questions.
- Que s’est-il passé ce 13 mai 1958 à Alger ?
Il faut bien distinguer les événements qui ont lieu à Paris de ceux qui se déroulent à Alger, même si les liens et les passerelles sont nombreux entre ce qui se trame de part et d’autre de la Méditerranée. A Paris, le 13 mai est le jour où Pierre Pflimlin (MRP, maire de Strasbourg) se présente devant l’Assemblée nationale pour être investi par les députés, conformément aux institutions politiques de la IVe République. Or, on sait dans les milieux politiques qu’il est partisan de négociations avec le FLN pour mettre un terme à la guerre d’Algérie, ce que les pieds-noirs (fFançais d’Algérie) refusent car ce serait la fin de l’Algérie française. Par conséquent, à Alger et à Paris, des manifestations sont organisées, afin que P. Pflimlin ne soit pas investi. La démarche est en quelque sorte la même que le 6 février 1934, lorsque les ligues manifestaient pour empêcher l’investiture du gouvernement Daladier.
A Alger, les pieds-noirs, les activistes (nationalistes proches de l’extrême droite) et les gaullistes organisent une manifestation pour rendre un hommage solennel à 3 militaires assassinés par le FLN, mais dans les faits il s’agit surtout de faire échec à la « constitution d’un gouvernement d’abandon » de l’Algérie. Après un dépôt de gerbe, 100 000 personnes se rassemblent sur le forum d’Alger avec des slogans comme « Algérie française ! », « Fusillez Ben Bella ! », « L’armée au pouvoir ! » (A la différence du gouvernement à Paris, l’armée d’Alger est perçue comme favorable aux pieds-noirs). Le bâtiment du gouvernement général (GG) est investi par la foule et un comité de salut public (CSP) est créé avec à sa tête le général Jacques Massu, commandant de la division d’Alger. Le CSP exige que Paris crée un gouvernement de salut public, seul capable à ses yeux de maintenir l’Algérie française.
Toutefois, le soulèvement d’Alger produit l’effet inverse puisque P. Pflimlin est investi dans la nuit du 13 au 14 mai par les députés, ce qui peut-être interprété comme une sorte de réflexe républicain et légaliste face à la pression de la rue. Toutefois, ce n’est que partie remise et la France est au bord de la guerre civile, dans la mesure où une partie du territoire vient de faire sécession de la République…
- Quel rôle jouent les gaullistes dans l’enchaînement des événements ?
Initialement, les principaux leaders de l’insurrection algéroise ne sont pas des admirateurs zélés du général de Gaulle, c’est le moins qu’on puisse dire, même s’ils reconnaissent en lui l’homme du 18 juin et de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Tout l’art des gaullistes va être de canaliser les énergies à Alger et à Paris pour montrer que le retour au pouvoir du Général est la seule solution qui permette de maintenir l’Algérie française. Ainsi, des proches du Général (Lucien Neuwirth, Léon Delbecque, Jacques Soustelle) font d’incessants allers-retours entre Alger et Paris en avril-mai 1958 pour persuader les activistes et l’armée d’Algérie de la nécessité de faire appel au Général. Le 15 mai, le général Raoul Salan (chef du pouvoir civil et militaire en Algérie depuis novembre 1956) s’adresse à la foule massée sur le forum et termine son allocution par un « Vive de Gaulle ! » (Pour la petite histoire, on raconte que Léon Delbecque, qui se trouvait juste derrière lui, avait un revolver sous sa veste pointé dans sa direction, ce qui peut expliquer qu’il ait lancé cet appel, alors qu’il n’était pas gaulliste…). Intimidation ou pas, une majorité de Français se rallient en mai à l’idée du recours au général de Gaulle.
Le 15 mai, celui-ci se déclare prêt à « assumer les pouvoirs de la République ». Le 28 mai, P. Pflimlin démissionne et le 1er juin, de Gaulle est investi Président du Conseil de la IVe République. Le 2 juin, il obtient les pouvoirs spéciaux en Algérie. Toutefois, on ne sait pas encore officiellement ce qu’il compte faire en Algérie : gagner la guerre ou se diriger vers l’indépendance. Bref, il n’a pas encore dévoilé ses intentions, mais les pieds-noirs sont persuadés qu’il va maintenir l’Algérie française.
- Comment les historiens analysent-ils aujourd’hui la prise du pouvoir par de Gaulle ?
Mai 1958 a donné lieu à la publication d’un certain nombre d’ouvrages d’historiens, mais aussi de témoignages de personnalités politiques ou militaires qui ont été au cœur de ces événements. En 1998, le livre du journaliste Christophe Nick a relancé le débat sur l’existence d’un coup d’Etat gaulliste, thèse qu’il démontre avec des arguments convaincants. En fait, tout le problème réside dans l’attitude du principal intéressé, à savoir le Général. En d’autres termes, à qui profite le crime ? En l’occurrence ici la chute de la IVe République. Certes, les guerres coloniales (Indochine puis Algérie), tout comme l’instabilité gouvernementale, ont considérablement affaibli cette République née en 1946, mais dans les faits, le fruit n’est pas tombé tout seul et l’arbre de la IVe a bel et bien été secoué, notamment par les gaullistes. Ils ont réactivé leurs réseaux, nés au temps de la Résistance et ont su se rassembler autour d’un objectif commun, à savoir favoriser le retour au pouvoir du Général. Les historiens sont en fait divisés sur une question : de Gaulle était-il régulièrement tenu informé des agissements de ses proches en métropole et à Alger pour permettre son retour sur la scène politique. En fait, même si tout pousse à croire que oui, rien ne semble démontrer que le Général ait donné son feu vert à un coup d’Etat. Au contraire, il tenait à revenir au pouvoir dans la légalité, tout au moins dans les formes. En d’autres termes, il fallait faire pression sur le système, qui était déjà moribond depuis quelques mois, mais ne pas franchir la ligne jaune qui était celle d’un putsch. Ainsi, comme a pu l’écrire l’historien Maurice Agulhon, le « coup d’Etat comme spectre ou comme mythe a figuré activement dans l’épisode » (Coup d’Etat et République, Paris, Presses de Sciences Po, 1997, p. 79), même s’il ne s’agit pas d’un véritable coup d’Etat.

[Caricature de Jean Effel parue dans L'Express en 1958. Le général Massu, avec la mitraillette, joue le rôle du Maire. Marianne est la mariée, de Gaulle le marié. Les témoins sont deux anciens présidents du conseil de la IVème République qui se sont ralliés à de Gaulle : Félix Gaillard et le socialiste Guy Mollet]
Pour aller plus loin :
- Christophe NICK, Résurrection – Naissance de la Ve République, un coup d’Etat démocratique, Paris, Fayard, 1998.
- René REMOND, 1958, le retour de De Gaulle, Bruxelles, Complexe, 1998.
- Jérôme POZZI, « Les entourages et les initiatives gaullistes au début de 1958 », dans Jean-Paul THOMAS, Gilles LE BEGUEC et Bernard LACHAISE (dir.), Mai 1958, le retour du général de Gaulle, actes du colloque tenu au Centre d’histoire de Sciences Po, 13 mai 2008, Rennes, Presses universitaires de Rennes (P.U.R), 2010, p. 101-112.
- Le journal télévisé (ORTF) du 14 mai, lendemain de l'insurrection d'Alger. Un Comité de Salut Public prend le pouvoir à Alger. Il réclame le retour au pouvoir du Général de Gaulle. De nombreuses images d'Alger diffusées le 20 mai. La crise prend de l'ampleur. Suite à sa nomination, De Gaulle se rend à Alger où il lance le fameux : "Je vous ai compris" au balcon du Gouvernement Général. Il se rend ensuite à Oran et Mostaganem. Le 28 juin, de Gaulle fait sa première allocution télévisée.
- Sur le blog de Richard Tribouilloy, une analyse de l'évènement.
- D'autres unes du mois de mai 1958 dans un article réalisé par des élèves de Terminale travaillant sur la Guerre d'Algérie.
- Le dossier sur la Vème République.
Voici le récit de l'enchaînement des évènements dans les actualités de l'époque :
Samarra au Maghreb

- Comment devient-on terroriste ? (1) A propos du roman de Mahi Binebine Les étoiles de Sidi Moumen. L'histoire de jeunes d'un bidonville de Casablanca inspirée des kamikazes de 2003.
- La Guerre d'Algérie en BD (4) Là-Bas
- La Guerre d'Algérie en BD (3) Entretien avec J. Howell
- La Guerre d'Algérie en BD (2) Tahya El-Djazaïr de Galandon et A. Dan
- La colonisation et la Guerre d'Algérie en BD (1) : Carnets d'Orient de Ferrandez Un entretien vidéo avec Jacques Ferrandez
- La patera passe. Quand les migrants prennent la mer. Une chanson de Dick Annegarn
- Entretien avec l'écrivain algérien Yasmina Khadra à propos de son roman Ce que le jour doit à la nuit
- Détournement d'hymnes 2: Sex Pistols et Lounès Matoub.
- Portrait de Matoub Lounès
- Histoire de l'Algérie coloniale Compte-rendu de l'ouvrage de Benjamin Stora
Un blog où sont publiés des travaux d'élèves Tunisiens, Algériens et Français autour de l'histoire commune du Maghreb et de la France :
Une histoire commune ?
Nitin Sawhney: "Days of fire".
London Undersound est le nom du huitième album de Nitin Sawhney. Un fil conducteur sinistre relie les différents morceaux de cet album d'un grand éclectisme musical: les attentats de Londres en 2005 et leurs multiples conséquences.
L’album s’ouvre sur Days of Fire interprété par le rappeur Natty qui y rapporte sa propre expérience. Il reste en effet très marqué par la mort du Brésilien Charles de Menezes, pris par erreur par la police pour un poseur de bombe à la sortie de la station de métro Stockwell. Nitin Sawhney explique: " Natty était présent lors des attentats du 7 Juillet, puis par une étrange coïncidence, il était tout proche de la scène de fusillade de Jean-Charles de Menezes deux semaines après. En deux semaines seulement, la conception que l’on avait de Londres a été totalement bouleversée."
Ce morceau poignant nous invite à nous intéresser à la recrudescence des attentats perpétrés par des mouvements islamistes depuis maintenant deux décennies.
La Guerre d'Algérie en BD (4) Là-Bas
Poursuivons notre exploration des bande-dessinées qui ont pour toile de fond la guerre d'Algérie.
Je vous propose de découvrir Là-Bas de Tronchet et Sibran publié chez Dupuis en 2003.
Nos précédents épisodes :
- La colonisation et la Guerre d'Algérie en BD (1) : Carnets d'Orient de Ferrandez Un entretien vidéo avec Jacques Ferrandez
- La Guerre d'Algérie en BD (2) Tahya El-Djazaïr de Galandon et A. Dan Les auteurs répondent à nos questions sur leur travail après une matinée passée avec des Terminales.
- La Guerre d'Algérie en BD (3) Entretien avec J. Howell Jennifer Howell (Université de l'Iowa) prépare actuellement une thèse de doctorat sur la représentation de la Guerre d'Algérie dans la Bande dessinée. Elle a rbien voulu répondre aux questions sur son travail posées par des élèves de Première.
La Guerre d'Algérie en BD (3) Entretien avec J. Howell
Jennifer Howell (Université de l'Iowa) prépare actuellement une thèse de doctorat sur la représentation de la Guerre d'Algérie dans la Bande dessinée. Passionnée par la question de l'image et des représentations, notamment dans le contexte colonial, elle nous livre quelques clés pour comprendre comment la BD aborde la période 1954-1962 en Algérie et en France. De nombreux bédéistes ont travaillé sur la Guerre d'Algérie et publié des BD ayant cette période comme toile de fond ou comme thème principal. Citons parmi elles Carnets d'Orient, Azrayen', Tahya El-Djazaïr, Moustache et les Belgacem, Pierrot de Bab el Oued, De l'Algérie, Petit Polio, Retour au bercail, Le combat ordinaire, Là-bas, Babel 2, Jambon-Beur. Toutes ces BD sont évoquées dans les réponses que Jennifer Howell a bien voulu donner aux questions préparées par les élèves de Première L2 du lycée Claude Gellée d'Epinal avec l'aide de leur professeur E. Augris. Retrouvez ces réponses sur le Blog Maghreb-France , une histoire commune :- L’humour est-elle présente dans les BD sur la guerre d’Algérie ?
- Qu’est-ce que la BD apporte de plus que le roman ou le cinéma ?
- Quels styles de dessin sont les plus utilisés dans les BD sur la guerre d’Algérie ?
- Est-ce que, pendant la guerre elle-même, les « événements » étaient abordés dans la BD ?
- Comment la BD parvient-elle à retranscrire la violence de la guerre et des sentiments ?
- A quelle époque remarque-t-on le plus d’apparitions de la guerre d’Algérie dans la BD ?
- Comment est représentée la guerre d’Algérie dans la BD suivant le pays dont vient l’auteur ?
- Pourquoi avoir choisi ce thème ?
Une sélection musicale de rentrée (Augmix #11)
Commençons par un titre de Bob Dylan de 1965 "Highway 61 Revisited" où il évoque une autoroute coupant les Etats-Unis du Nord au Sud en reliant la Nouvelle-Orléans à sa ville natale de Duluth (Minessota) près de la frontière du Canada. La route de la liberté pour Dylan vers le sud et de nombreuses inspirations musicales, notamment le blues. Pour faire connaissance avec cette route, vous pouvez lire la série d'articles passionnants publiés cet été dans Le Monde par Nicolas Bourcier.
- Poursuivons avec Kamel El Harrachi, un chanteur algérien qui a repris le nom d'artiste de son père, auteur du célèbre "Ya Rayah" et figure du chaâbi. Son album Ghana Fenou, en même temps qu'un hommage à son père, est aussi son premier. Et cela semble très prometteur. Ecoutez plutôt... [Plus d'infos sur Mondomix]
- Petit détour par le Cap-Vert et par ....Rochefort avec la chanteuse Mariana Ramos. J'ai eu la chance d'assister à la répétition d'un de ses concerts cet été. C'était un vrai enchantement. Comme vous avez été sages, en voici un petit extrait filmé par mes soins :
- Allez, un peu de rap pour continuer. Je vous ai sélectionné un titre du groupe Sexion d'assaut qui s'intitule "Tu t'es ficha" (spéciale dédicace à Emma, Pierre et Hélène !). Ecoutez ces 8 MC parisiens, c'est un régal.
- Vous aimez le rap suisse ? Vous ne connaissez pas ? Moi non plus, à part depuis quelques temps le rappeur Stress qui s'est rendu célèbre en s'attaquant au très populiste Christoph Blocher, leader de l'UDC, parti d'extrême droite un temps associé au pouvoir. Sa chanson "F**k Blocher" n'est pas sur Deezer mais je vous en ai mis deux autres qui sont plutôt conscientes.
Du rap toujours, mais pas seulement, avec Guru et son Jazzmatazz. Guru c'est la moitié de Gangstarr (avec DJ Premier), mais c'est aussi la volonté de créer une musique originale à partir de beaucoup de choses. L'expérience Jazzmatazz, entamée en 1993, c'est poursuivie en 1995, 2000 et 2007. Pour ma part, j'ai commencé avec le volume 3 intitulé Streetsoul qui m'a emballé. je compte bien explorer les autres volumes. Pour le moment, je vous ai choisi deux titres : Une reprise avec "Plenty", chanté en duo avec Eryka Baduh et "Certified".
- Direction l'Angleterre et l'East End londonien avec Speech Debelle, une jeune rappeuse qui croit aux vertus de la parole, c'est le titre de son album et de l'une des chansons qui est magnifique :
Speech Therapy (Le mot signifie également orthophonie en anglais). A la production, Wayne Lotek qui produit également les disques de Roots Manuva dont je vous ai déjà dit du bien sur ce blog.[Plus d'infos sur Speech Debelle]
- Retour à la chanson pour terminer. Dans ma sélection du mois de mai, je vous avais sélectionné un titre de Melody Gardot. Depuis, j'ai pris la peine de véritablement l'écouter, et pas seulement sur internet. Ecoutez, c'est simple, c'est bouleversant, émouvant, apaisant. D'ailleurs c'est ce que j'écoute en écrivant cet article. Je vous ai choisi deux titres : Le sublime "Some Lessons" de son album Worrisome Heart et la chanson-titre de My One And Only Thrill.
Voici la playlist. Bonne écoute !





26.05.11 20:01:51, 

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