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Tags: algérie

Nitin Sawhney: "Days of fire".

par blot Email

London Undersound est le nom du huitième album de Nitin Sawhney. Un fil conducteur sinistre relie les différents morceaux de cet album d'un grand éclectisme musical: les attentats de Londres en 2005 et leurs multiples conséquences.

L’album s’ouvre sur Days of Fire interprété par le rappeur Natty qui y rapporte sa propre expérience. Il reste en effet très marqué par la mort du Brésilien Charles de Menezes, pris par erreur par la police pour un poseur de bombe à la sortie de la station de métro Stockwell. Nitin Sawhney explique: " Natty était présent lors des attentats du 7 Juillet, puis par une étrange coïncidence, il était tout proche de la scène de fusillade de Jean-Charles de Menezes deux semaines après. En deux semaines seulement, la conception que l’on avait de Londres a été totalement bouleversée."
Ce morceau poignant nous invite à nous intéresser à la recrudescence des attentats perpétrés par des mouvements islamistes depuis maintenant deux décennies.

 

Lire la suite sur l'Histgeobox.

La Guerre d'Algérie en BD (4) Là-Bas

par Aug Email

 

Poursuivons notre exploration des bande-dessinées qui ont pour toile de fond la guerre d'Algérie.

Je vous propose de découvrir Là-Bas de Tronchet et Sibran publié chez Dupuis en 2003.

 

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Nos précédents épisodes :

 

 

La Guerre d'Algérie en BD (3) Entretien avec J. Howell

par Aug Email

Jennifer Howell (Université de l'Iowa) prépare actuellement une thèse de doctorat sur la représentation de la Guerre d'Algérie dans la Bande dessinée. Passionnée par la question de l'image et des représentations, notamment dans le contexte colonial, elle nous livre quelques clés pour comprendre comment la BD aborde la période 1954-1962 en Algérie et en France. De nombreux bédéistes ont travaillé sur la Guerre d'Algérie et publié des BD ayant cette période comme toile de fond ou comme thème principal. Citons parmi elles Carnets d'Orient, Azrayen', Tahya El-Djazaïr, Moustache et les Belgacem, Pierrot de Bab el Oued, De l'Algérie, Petit Polio, Retour au bercail, Le combat ordinaire, Là-bas, Babel 2, Jambon-Beur. Toutes ces BD sont évoquées dans les réponses que Jennifer Howell a bien voulu donner aux questions préparées par les élèves de Première L2 du lycée Claude Gellée d'Epinal avec l'aide de leur professeur E. Augris. Retrouvez ces réponses sur le Blog Maghreb-France , une histoire commune :

 

Un grand merci à Jennifer Howell !

Une sélection musicale de rentrée (Augmix #11)

par Aug Email

  • Commençons par un titre de Bob Dylan de 1965 "Highway 61 Revisited" où il évoque une autoroute coupant les Etats-Unis du Nord au Sud en reliant la Nouvelle-Orléans à sa ville natale de Duluth (Minessota) près de la frontière du Canada. La route de la liberté pour Dylan vers le sud et de nombreuses inspirations musicales, notamment le blues. Pour faire connaissance avec cette route, vous pouvez lire la série d'articles passionnants publiés cet été dans Le Monde par Nicolas Bourcier.

 

  • Poursuivons avec Kamel El Harrachi, un chanteur algérien qui a repris le nom d'artiste de son père, auteur du célèbre "Ya Rayah" et figure du chaâbi. Son album Ghana Fenou, en même temps qu'un hommage à son père, est aussi son premier. Et cela semble très prometteur. Ecoutez plutôt... [Plus d'infos sur Mondomix]
  •  Petit détour par le Cap-Vert et par ....Rochefort avec la chanteuse Mariana Ramos. J'ai eu la chance d'assister à la répétition d'un de ses concerts cet été. C'était un vrai enchantement. Comme vous avez été sages, en voici un petit extrait filmé par mes soins :

 

 
  •  Allez, un peu de rap pour continuer. Je vous ai sélectionné un titre du groupe Sexion d'assaut qui s'intitule "Tu t'es ficha" (spéciale dédicace à Emma, Pierre et Hélène !). Ecoutez ces 8 MC parisiens, c'est un régal.
  • Vous aimez le rap suisse ? Vous ne connaissez pas ? Moi non plus, à part depuis quelques temps le rappeur Stress qui s'est rendu célèbre en s'attaquant au très populiste Christoph Blocher, leader de l'UDC, parti d'extrême droite un temps associé au pouvoir. Sa chanson "F**k Blocher" n'est pas sur Deezer mais je vous en ai mis deux autres qui sont plutôt conscientes.

 

  • Du rap toujours, mais pas seulement, avec Guru et son Jazzmatazz. Guru c'est la moitié de Gangstarr (avec DJ Premier), mais c'est aussi la volonté de créer une musique originale à partir de beaucoup de choses. L'expérience Jazzmatazz, entamée en 1993, c'est poursuivie en 1995,  2000 et 2007. Pour ma part, j'ai commencé avec le volume 3 intitulé Streetsoul qui m'a emballé. je compte bien explorer les autres volumes. Pour le moment, je vous ai choisi deux titres : Une reprise avec "Plenty", chanté en duo avec Eryka Baduh et "Certified".

 

  • Direction l'Angleterre et l'East End londonien avec Speech Debelle, une jeune rappeuse qui croit aux vertus de la parole, c'est le titre de son album et de l'une des chansons qui est magnifique : Speech Therapy (Le mot signifie également orthophonie en anglais). A la production, Wayne Lotek qui produit également les disques de Roots Manuva dont je vous ai déjà dit du bien sur ce blog.[Plus d'infos sur Speech Debelle]

 

  • Retour à la chanson pour terminer. Dans ma sélection du mois de mai, je vous avais sélectionné un titre de Melody Gardot. Depuis, j'ai pris la peine de véritablement l'écouter, et pas seulement sur internet. Ecoutez, c'est simple, c'est bouleversant, émouvant, apaisant. D'ailleurs c'est ce que j'écoute en écrivant cet article. Je vous ai choisi deux titres : Le sublime "Some Lessons" de son album Worrisome Heart et la chanson-titre de My One And Only Thrill.

 

 Voici la playlist. Bonne écoute !

Découvrez la playlist Back to school jam avec Speech Debelle

Quand les Cubains tentaient d'exporter la Révolution en Afrique.

par blot Email

 

Fidel Castro et le président angolais Agostinho Neto (Photos : D.R. / Arte).


Les nombreux pays africains qui accèdent à l’indépendance autour de 1960 intéressent tout particulièrement Moscou et Washington qui y voient un moyen de diffuser leurs modèles respectifs et d’accroître leurs zones d’influence. Les jeunes Etats sont sommés de choisir leur camp (à moins qu’ils n’adhèrent au mouvement des non-alignés, qui peinent néanmoins à rester en dehors de la rivalité est-ouest).

 
 Avec la révolution cubaine de 1959, les barbudos emmenés par les frères Castro et Che Guevara renversent Batista.
Progressivement Cuba intègre le bloc de l’est. Très vite, Cuba joue un rôle essentiel en Afrique… Au cours des années 1970, des centaines de milliers de Cubains combattront au Congo, en Angola, Guinée-Bissau… Ils combattent au nom d'un idéal : l'internationalisme. Ils entendent aider les pays encore sous le joug colonial à se libérer, et les Etats nouvellement indépendants à se débarasser de toute tutelle néocoloniale; tout cela sans tirer pour autant profit de leurs richesses (dans l'idéal en tout cas).

 

 

Le Che entend mener une guerre de guérilla similaire à celle qui a permis la prise de pouvoir en 1959. Il souhaite mettre sur pied dans les points chauds du tiers-monde des armées populaires afin de multiplier les fronts pour combattre l'impérialisme yankee, afin de "créer deux, trois, plusieurs Vietnam" .

 

* Le Che en Afrique et l’échec congolais.

 

Amilcar Cabral et Fidel Castro.

   Le Che, ambassadeur de la révolution cubaine à l’étranger, part pour une tournée africaine. Il parcourt une douzaine de pays entre décembre 1964 et février 1965. Il se rend surtout dans les pays considérés comme révolutionnaires: le Ghana de NKrumah, l'Algérie de Ben Bella, la Guinée de Sékou Touré, le Congo Brazzaville de Massemba-Débat, l'Egypte de Nasser, le Mali de Modibo Keita... Il entend prendre contact avec tous les dirigeants nationalistes qui se battent encore pour obtenir leur indépendance et aussi avec les nouveaux régimes socialistes du continent. 

 

  Affiche rassemblants le dirigeant cubain, Fidel Castro et le président angolais Agostinho Neto après la célébration de l'indépendance de l'Angola, en 1975.

Le Che à Alger émet des critiques très dures face au "dévoiement bureaucratique" du grand frère soviétique qui n'hésite pas à exploiter les pays du Tiers-Monde selon le Che. De retour à la Havane, Castro lui reproche ces critiques. La décision est en tout cas prise d’exporter la guérilla révolutionnaire façon cubaine. Le Che n'apparaît plus en public. Les journaux l'annoncent en République Dominicaine, en Colombie. En fait, il se trouve en Afrique, en République du Congo. Il se rend incognito (il s'est fait coupé les cheveux, rasé la barbe, a subi une opération qui lui modifie la mâchoire) dans les maquis de l’est du pays ( tenus par le mouvement marxiste Simba pro-Lumumba), en lutte contre le pouvoir central (soutenu par la Belgique).

  

* Pourquoi la République du Congo (ex-Congo belge)?

 

En novembre 1964, Joseph-Désiré Mobutu, commandant de l'armée, a fomenté un coup d'Etat en République du Congo. Il impose aussitôt sa dictature, avec l'accord tacite des puissances occidentales, dont les entreprises convoitent les riches sous-sol congolais.

  

 

 Le Che alias "commandant Ramon" alias "Tatu".

  Le Congo intéresse depuis longtemps les Cubains. Le premier ministre, Patrice Lumumba avait fustigé l'attitude de l'ancienne métropole lors de la cérémonie d'indépendance (1960). Ses critiques lui aliénèrent sans doute d'autres dirigeants d'Europe de l'ouest. Très vite, Lumumba se trouve dans une situation très difficile et se voit contraint de réclamer l'aide internationale face à la sécession katangaise (la riche province minière du pays) qui menaçait l'unité du pays. Les puissances occidentales font la sourde oreille, à la différence des Soviétiques. Mais il est trop tard pour lui... Il est finalement trahi par son ancien secrétaire, le général Mobutu, qui est devenu l'homme fort du pays depuis qu'il contrôle la capitale. Traqué par les hommes de Mobutu, les services secrets belges, les agents de la CIA, Lumumba est arrêté le 3 décembre 1960 et transféré au Katanga, aux mains de son pire ennemi, M. Tshombé. Le 17 janvier 1961, il est assassiné.. Des liens ont en tout cas étaient tissés entre le Congolais et les dirigeants Cubains. Ces derniers décrètent d'ailleurs trois jours de deuil national à la suite de l'assassinat de Lumumba.

  

D’après les informations recueillies par le Che lors de son premier voyage, c’est là que le mouvement révolutionnaire serait le plus avancé, proche de remporter la victoire. 

 


  Le Che et ses barbudos au Congo.

  Après avoir traversés le lac Tanganyika depuis la Tanzanie, Le Che, et les quelques barbudos qui l’accompagnent, déchantent vite. Les rebelles ont perdu du terrain face aux troupes gouvernementales. Le mouvement s’avère particulièrement divisé, si bien que les hommes passent plus temps à se quereller qu’à lutter contre l’adversaire. Le chef de zone Laurent-Désiré Kabila ne bouge guère de la Tanzanie voisine. Surtout, les malentendus culturels qui séparent guérilleros cubains et soldats congolais révoltés, transforment l’expédition en un véritable fiasco. Les Cubains rentrent au pays, dépités.

 Si le Che et Castro avaient retenus le Congo c'est aussi parce qu'il se trouvait au centre du continent et pouvait donc constituer une extraordinaire base arrière pour aider à l’émancipation de l’Angola voisin, mais aussi de l’Afrique du sud où le régime de l’apartheid semble encore très solide. Intéressons-nous désormais à ces deux points chauds.

  

* Le soutien à l'ANC en Afrique du sud.


  

Pour son premier voyage hors d'Afrique du sud depuis sa libération (février 1989), Nelson Mandela se rend à Cuba (en juillet 1991). Cela ne doit rien au hasard. S'adressant à Fidel Castro, il lance: « Avant toute chose, vous devez me dire quand vous viendrez en Afrique du Sud. Nous avons reçu la visite de tas de gens. Et vous, qui nous avez aidés à entraîner nos combattants, qui avez financé notre lutte pour qu’elle puisse continuer, qui avez formé nos médecins, etc., vous n’êtes jamais venu chez nous .» En effet, Castro soutient les différentes organisations africaines en lutte contre le régime de l'apartheid qui continue de sévir avec virulence en Afrique du Sud Rhodésie du Sud (futur Zimbabwe).

 

* La guerre d’Angola.

 Au Congo Brazzaville, en 1964, Che Guevara rencontre les leaders des mouvements nationalistes (ceux qui se réclament du marxisme en tout cas) en lutte pour leur indépendance dans les colonies portugaises: 

  - Amilcar Cabral, puis Luis Cabral, fondateurs du «Partido Africano da Independencia da Guiné e Cabo Verde» (Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée et du Cap-Vert ou PAIGC);

  - Agostinho Neto, le chef du mouvement populaire de libération de l’Angola aux prises avec la métropole portugaise.

  

  

En Angola où la guerre de libération dure depuis les années soixante. Cuba envoie à Agostinho Neto, dès le milieu des années 1960, une division entière. Mais à la veille de la « révolution des Œillets », qui met fin à la dictature salazariste, en 1974, le MPLA n'a pas remporté de succès militaires significatifs.

 La révolution des œillets (1974) précipite en tout cas les choses. Le nouveau régime qui s'impose au Portugal accorde l’indépendance à toutes ses colonies. La guerre est pourtant loin d'être finie...

Trois mouvements s’opposent désormais:

  •  le MPLA d’Agostinho Neto, résolument dans le camp socialiste,  
  • le FNLA de Holden Roberto et
  •  l’UNITA menée par Jonas Sawimbi, un dissident du FNLA.

 

Chacun des blocs lorgne sur ce pays riche en ressources pétrolières et diamantifères. Les Etats-Unis arment et financent les deux mouvements qui se battent contre le MPLA. Le gouvernement sud-africain, qui a fait de la Namibie voisine une province, a peur de la contagion socialiste. Aussi, en accord avec les Américains, ils entrent directement dans le conflit aux côtés de l’UNITA.


 

  

Le MPLA l'emporte finalement grâce à l'appui décisif de près de 35 000 soldats cubains envoyés par Castro. C'est donc épaulé par les troupes cubaines, armées par Moscou, que Neto parvient à conserver le contrôle de la capitale Luanda. Il proclame l’indépendance le 11 novembre 1975. La guerre, malheureusement, ne fait que débuter. L’UNITA et le FNLA continuent de combattre et le conflit reste un des plus meurtriers qu’est connue l’Afrique au XXème siècle. Les Cubains poursuivent l’envoi de soldats ( On estime que près de 350 000 Cubains ont combattu en Angola durant toute la durée de la guerre). L'élection de Reagan en 1980 consitue un tournant important. Celui-ci débloque des fonds substantiels qui permettent à l'UNITA de Sawimbi de reprendre l'avantage. Lors de la bataille de Cuito Canavale, en 1987, ses troupes écrasent la coalition angolo-cubaine. C'est l'impasse. Il faut dialoguer.

  En juillet 1988, un accord en 14 points est enfin trouvé entre l’Afrique du sud, le MPLA et Cuba. L’Afrique du sud promet de renoncer à la Namibie (des élections doivent être organisées sous le contrôle des Nations Unies), tandis que Cuba s’engage à retirer son contingent d’Angola. En décembre 1988, le protocole d’accord est ratifié. Il aboutit à l’indépendance de la Namibie et contribue à desserrer l’étau de l’apartheid en Afrique du sud. Six mois après, tous les militaires cubains ont quitté l’Afrique. Avec la chute du mur, en novembre 1989, Cuba n’a de toute façon plus les moyens d’exporter cette révolution en Afrique.

  En guise de conclusion, rappelons que la volonté première de ne pas s’aligner sur les Etats-Unis et l’Union Soviétique aura finalement été un voeu pieux pour de nombreux pays d'Afrique subsaharienne. En pleine Guerre froide, l’Afrique et ses étendues riches en ressources naturelles stratégiques restent un enjeu permanent pour les superpuissances.

Que reste-t-il de l'engagement internationaliste cubain en Afrique? Sur le plan politique, à peu près rien, en revanche, Castro continue à envoyer des médecins. C'est finalement sur le plan culturel que les legs semblent les plus solides, particulièrement dans le domaine musical. Nous vous le prouvons dans la suite de cet article: "de la Havane à Kinshasa, on danse la rumba".

  

Pour aller plus loin.

 * Un documentaire passionnant de Jihan El Tahri: "Cuba, une odyssée africaine".

Documentaire

éditeur : ARTE / Temps noir Big Sister / ITVS / BBC

parution : 2007

 

 Un documentaire passionnant, en deux parties, qui revient sur l'engagement des Cubains en Afrique.

 

* un livre.


 

* Ernesto Guevara Passages de la guerre révolutionnaire : le Congo
Métailié (2000)

Le journal du Che durant son expédition au Congo en 1965. Il y raconte l'échec de l'intervention internationaliste. Il livre une analyse sévère et on se rend compte à le lire à quel point il était peu préparé aux réalités congolaises.

  Extraits: "« Ceci est l’histoire d’un échec. […] Pour être plus précis, ceci est l’histoire d’une décomposition. Lorsque nous sommes arrivés sur le territoire congolais, la Révolution était dans une période de récession ; ensuite sont survenus des épisodes qui allaient entraîner sa régression définitive ; pour le moment, du moins, et sur cette scène de l’immense terrain de lutte qu’est le Congo. Le plus intéressant ici n’est pas l’histoire de la décomposition de la Révolution congolaise […], mais le processus de décomposition de notre moral de combattants, car l’expérience dont nous avons été les pionniers ne doit pas être perdue pour les autres et l’initiative de l’Armée prolétaire internationale ne doit pas succomber au premier échec. »".

 

Sources:

  •  Article du magasine Jeune Afrique intitulé: "Le rêve africain de Castro".
  •  Le dossier qu'Arte consacre au documentaire "Cuba une odyssée africaine".
  • L'émission l'Afrique enchantée (sur France inter) du 18 janvier 2009: "Cubafrica".

 

Liens:

 Sur Samarra:


Sur l'histgeobox, plusieurs titres permettent d'évoquer:

 

  

* Ailleurs sur la toile:

- "Che Guevara est lui aussi Africain".

 

Quelques nouveautés au rayon BD-Manga

par Aug Email

Voici une petite sélection de quelques BD et mangas récentes qui ont attiré mon attention :

 

 Sentences : La vie de MF Grimm

Percy Carey aka Grimm Reaper ou MF Grimm n'est pas une figure extrêmement connue du grand public. Pourtant, c'est un acteur important du hip-hop underground newyorkais depuis les années 1980. Ayant grandi à Harlem, il a croisé quelques grandes figures comme les membres du Rock Steady Crew, Kool G Rap, MF Doom, Chuck D. de Public Enenmy, Dr. Dre, ... Menant de front carrières de dealer et de MC, il s'attire souvent des ennuis, comme ce jour de 1994 où il se fait canarder et qu'il perd l'usage de ses jambes. La BD commence d'ailleurs par cet épisode avant de revenir sur son enfance et les épisodes marquants de sa vie. Il participe ainsi en 1993 à la fameuse compétition de MC : "Battle for World Supremacy", qu'il perd de peu.

Sorti de prison en 2003, il semble avoir pris un tournant dans sa vie, aujourd'hui essentiellement consacrée à la musique et au label qu'il a créé et qu'il dirige, Day by Day Entertainment. En tout cas, il a plein de choses à raconter dans ses titres ce qui donne à son rap un aspect très authentique.

Je vous recommande donc cette BD sobrement intitulée Sentences (phrases), réalisée par Ronald Wimberley à partir de l'autobiographie écrite par MF Grimm.[Publié chez Dargaud]

Pour prolonger, je vous conseille de lire cet  entretien passionnant (en français) avec MF Grimm, alors qu'il était encore en prison pour trafic de drogue, dans lequel il revient sur son parcours pour le moins cahotique. Ecoutez son histoire (in english) sur la radio publique américaine (NPR). Son site officiel et son blog.

Enfin pour tous ceux que l'histoire du rap intéresse, retrouvez la petite histoire du rap. Déjà 6 épisodes à lire ou à écouter en podcast.

 

Petit cadeau pour vous, une sélection de quelques titres et interviews de MF Grimm :

 


Découvrez MF Grimm!

 

 

 

Enfant-Soldat (tome 2)

  

Nous vous parlions il y a peu du tome 1 d'un manga racontant la vie d'un enfant-soldat au Cambodge nommé Aki Ra. Ayant tué ses parents, les Khmers Rouges le contraignent à poser des mines à partir de 1983. Utilisé ensuite par les Vietnamiens puis l'armée cambodgienne, il se consacre, une fois la paix revenue, au déminage dont il devient un spécialiste. En parallèle à cette activité, il crée lui-même près d'Angkor Vat un musée consacré aux mines qui attire rapidement beaucoup de monde dont le mangaka Akira Fukaya qui décide de mettre en dessin son histoire.

Ce deuxième tome est essentiellement consacré aux années de paix, a priori plus faciles à vivre. Mais il montre que réussir la paix et la réinsertion des soldats est très compliquée, à plus forte raison quand il s'agit d'enfants. De la difficulté de sortir de la guerre et de démobiliser les esprits.

Publié dans la collection Akata des éditions Delcourt. Vous pouvez découvrir quelques pages sur leur site.

 

Pour comprendre ce qui s'est passé au Cambodge, retrouvez notre article intitulé "Survivre dans le Cambodge des Khmers Rouges".

 

 

Carnets d'Orient, dernier tome !

 

La série Carnets d'Orient, commencée il y a plus de 20 ans, est désormais finie. Pour ceux qui la découvrent, c'est donc le moment idéal pour dévorer les 10 tomes sans attendre un an ou plus de connaître la suite !

Cette fresque remarquable conçue et dessinée par Jacques Ferrandez est une aventure sur plus d'un siècle qui permet de comprendre l'histoire commune de l'Algérie et de la France, de la conquête en 1830 à l'indépendance en 1962. Je n'ai pas encore lu ce dernier tome mais les 9 épisodes précédents sont passionnants. Le style et la manière d'aborder l'histoire évoluent bien sûr (qui n'a pas changé en 20 ans ?!) sans pour autant faire perdre à cette épopée son caractère unique et original.

Retrouvez l'article que j'avais écrit lors de la sortie du tome précédent avec un entretien avec Jacques Ferrandez à visionner.

 

 

L'envolée sauvage

 

 A l'occasion de la publication des  2 tomes (parus en 2006 et 2007) dans un même fourreau, je vous propose de découvrir une magnifique BD écrite par Laurent Galandon et dessinée par Arno Monin.

Voici le résumé d'après le site de Bamboo/Grand Angle :

 

"France, 1941. Jeune orphelin fasciné par les oiseaux, Simon vit dans une petite commune de campagne éloignée de la tourmente. Pourtant, comme une maladie que l'on ne sent pas venir, l'antisémitisme s'insinue jusque dans son quotidien pour lui rappeler qu'il est juif.
Confronté à la bêtise humaine, Simon va devoir fuir. Pourtant, où qu'il se trouve, la Dame Blanche apparaît : prédateur de mauvais augure ou ange gardien nocturne ?
De son village, en passant par un orphelinat, la fuite de Simon l'emmènera jusque dans les montagnes où il trouvera, auprès d'une étrange famille, un nouveau temps de paix. Mais la gangrène se propage rendant toujours plus provisoires les moments de répit.
Et ce que Simon croyait être une descente aux enfers ne fait que commencer..."

 

 Cette BD a été plusieurs fois primée, notamment à Angoulême et à Blois. Signalons également la sortie du premier tome de L'enfant maudit par les mêmes auteurs. L'histoire d'un "rejeton de boche" qui arrive à l'âge adulte en 1968. Si vous aimez les scénarios de Laurent Galandon (et les dessins de A. Dan), je vous invite à guetter la sortie début juin de Tahya El-Djazaïr dont je vous parlais hier.

 

 

La Guerre d'Algérie en BD (2) Tahya El-Djazaïr de Galandon et A. Dan

par Aug Email

Il y a plus d'un an, je vous parlais de la série Carnets d'Orient, réalisée par Jacques Ferrandez. Je voudrais aujourd'hui vous parler d'une autre BD qui a pour contexte la Guerre d'Algérie. Il s'agit de Tahya El-Djazaïr dont le premier tome doît paraitre début juin chez Bamboo/Grand Angle.

 

Voici le "pitch" :

"Alger, 1954. Arrivé de métropole, Paul vient d'être nommé instituteur dans un quartier populaire. Il y retrouve Pierre, un camarade de résistance toujours engagé dans l'armée française. Doucement l'instituteur lie une relation amoureuse avec une jeune femme algérienne. Paul va connaître les "événements" tiraillé entre les souffrances du peuple algérien et sa fidélité envers un ami que la violence a rendu tortionnaire".

Comme chez Ferrandez ou chez Lax et Giroud, auteurs de la BD Azrayen, la relation amoureuse entre un Européen et une Algérienne permet aux auteurs de montrer la difficulté voire l'impossibilité d'une relation apaisée entre la France et l'Algérie.

Le scénario, écrit par Laurent Galandon, permet d'entrer dans l'Histoire par les histoires d'individus qui sont amenés à faire des choix quand bien même ils ne le souhaiteraient pas. L'épisode est jalloné d'allusions aux évènements-clés de la Guerre d'Algérie (Toussaint rouge du 1er novembre 1954, discours de Mitterrand alors ministre de l'Intérieur, bataille d'Alger de 1957,...). L'oeuvre de Laurent Galandon est d'ailleurs souvent marquée par l'Histoire. L'envolée sauvage suivait ainsi Simon, enfant juif que la déportation de ses parents pendant la Seconde Guerre mondiale rend orphelin. Sorti ce mois-ci, L'enfant maudit remonte le temps, de 1968 à 1945, sur les traces des "rejetons de boche" et des femmes tondues à la Libération. Ces deux livres ont été dessinés par Arno Morin.

Pour Tahya El-Djazaïr, c'est A. Dan qui réalise le dessin. Venu plutôt de l'univers heroic fantasy, il met son art au service du réalisme de l'histoire de Laurent Galandon. Le résultat est réussi malgré la difficulté de restituer certains décors comme celui de la Casbah d'Alger. 

 

Une oeuvre passionnante et engagée à découvrir début juin.

 

Dans le cadre d'un travail sur la Guerre d'Algérie, nous avons eu la chance d'accueillir les deux auteurs à Remiremont et de découvrir Tahya en avant-première. Voici un petit entretien-vidéo où ils nous parlent de la BD. Pour avoir plus d'infos (photos, vidéos) sur la matinée qu'ils ont passée avec nous, je vous invite à vous rendre sur le blog Maghreb-France.

 

 
 

 

La Bande-annonce du Tome 1 :

Enfant-soldat : l'humanité au péril de la guerre

par Aug Email

 

 

Le premier procès qui vient de s'ouvrir devant la Cour Pénale Internationale concerne Thomas Lubanga, un milicien congolais accusé d'avoir enrôlé de nombreux enfants parmi ses troupes (en savoir plus ici). Je vous propose à cette occasion quelques lectures et des chansons qui abordent le drame des enfants-soldats.

 

Livres et témoignages

 

L'humanité de l'homme qui participe à la guerre en tant qu'acteur, sans même parler des victimes, est toujours mise entre parenthèse. L'enfant qui devient soldat, de gré ou de force, plonge encore plus profondément dans ces ténèbres. Certains de ces enfants, une fois sortis de cet enfer, tentent de se reconstruire par la poésie, la littérature ou le témoignage. C'est le cas d'Ismaël Beah, enfant-soldat en Sierra Leone (en photo ci-contre). Il a publié son autobiographie, Le chemin parcouru, dans laquelle il raconte son parcours et la difficulté de sortir de l'engrenage de la guerrre.

 

Sans remonter à des périodes trop éloignées, on peut dire que rôle des enfants dans la guerre n'est pas une nouveauté. Prenons le cas de la guerre d'Algérie. Le film L'ennemi intime, sorti en 2007, évoque cela par le personnage de cet enfant balloté entre les deux camps. A ce sujet,  voyez ce reportage sur Saïd Ferdi, 10 ans en 1954, auteur du livre Un enfant dans la guerre.

 

Autre témoignage, celui de Yussef Bazzi (ci-contre), aujourd'hui poète reconnu au Liban. Il avait 14 ans en 1981 lorsqu'il s'engage dans une milice pendant la guerre civile qui ravage le pays (1975-1990). Publié en 2005, son récit de ses années de guerre est aujourd'hui traduit en français.

"Tout est pris dans un brouillard de peur, d’euphorie mégalomaniaque, du sentiment de toute-puissance de celui qui remet sa vie en jeu tous les matins et ne s’en est pas encore trouvé puni de mort ou de mutilation."

(extrait du compte-rendu du livre dans Libération)

 

Du côté de la fiction, je signale aussi le roman d'Ahmadou Kourouma, Allah n'est pas obligé, paru en poche au Seuil.

 

Quelques chansons

Desartistes se sont emparés de ce sujet, je vous en ai sélectionné quelques uns (n'hésitez-pas à m'en signaler d'autres) :

  • Emmanuel Jal est lui-même un ancien enfant-soldat du Soudan. Il a réussi à s'enfuir et est devenu rappeur. Plusieurs de ses chansons comme "Warchild" racontent son expérience. Je vous en parle plus en détail de son parcours et de son excellent album ici.
  • Le groupe Dub Inc. a consacré une chanson au sujet qui s'intitule "Petit Soldat"
  • La délicieuse chanteuse canadienne Grace consacre une chanson de son album aux enfants-soldats, c'est "Who Will Tell Them".
  • Enfin, le rappeur Nas, sollicité pour la bande-originale du film Blood Diamond qui, outre le traffic de diamant (je vous en parlerais prochainement), dénonce aussi le sort des enfants-soldats, chante sur ces deux sujets  "Shine On".

 


Découvrez Grace!

 

Je vous invite enfin à consulter le remarquable travail géographique de Bénédicte Tratnjek sur les villes en guerre. Elle étudie en particulier la question des enfants-soldats.

[Photos : affiche de G. Voirin pour une exposition photo au FIG de Saint-Dié en 2008, guerre du Liban et Yussef Bazzi]