Samarra

Envoyer ce blog à un(e) ami(e)
Créer votre Blog

Tags: amérique latine

Sur les traces des espaldas mojadas.

par blot Email

 

Délit de fuite

Caricature trouvée dans Courrier International: "délit de fuite".

  

Le Mexique, membre de l’OCDE, de l’OMC, a pourtant le plus fort revenu par habitant de toute l’Amérique latine. Il s'agit d'un pays émergent non dépourvu de ressources. Par ses liens avec les Etats-Unis , c’est presque un pays « du nord ». Les deux Etats font partie de l'ALENA, l'Association de Libre échange des Etats d'Amérique du Nord, par exemple. Elle a permis d'accroître les échanges économiques entre les deux pays (échanges libres de droit, encouragement aux investissements). Pour autant, les termes de ces échanges sont inégaux et le Mexique souffre d'un rapport de domination, en tout cas de dépendance, à l'égard des Etats-Unis. Par exemple, les Etats-Unis absorbent 85 % des exportations mexicaines, alors que le Mexique ne fournit qu'un cinquième des achats américains.

 

Le niveau de développement plutôt moyen du pays permet de classer incontestablement le Mexique dans les pays du Sud. Les écarts de revenus qui le séparent du grand voisin du Nord restent très importants et expliquent que les flux de clandestins ne risquent pas de se tarir.

http://img229.imageshack.us/img229/6019/garycoronadopggk1.jpg

Photo empruntée au site Laïus d'Olibrius qui commente une intéressante série de clichés de migrants pauvres qui tentent de rejoindre un pays du Nord (2003 © Gary Coronado).

 

Ainsi des milliers de migrants poussés par la pauvreté quittent leurs pays dans l'espoir de trouver du travail et un avenir meilleur chez le grand voisin du Nord. Ce voyage est dangereux et semé d'embuches. 

La chanson  interprétée par Lila Downs dépeint avec humour les pérégrinations mouvementées d'un migrant confronté à toutes sortes de dangers. Sans le sou, affamé, esseulé, désorienté, il ne parvient pas à échapper aux gardes frontières.

 Malheureusement, dans la réalité, l'issue de ces migrations se termine souvent bien plus mal.

  

Lire la suite sur l'histgeobox

 

 

Sin Nombre et La Vida Loca : au coeur des Maras en Amérique centrale

par Aug Email

Un film magnifique du jeune réalisateur américain Cary Joji Fukunaga est actuellement en salles en France. Le réalisateur est originaire d'Oakland en Californie mais vit à New York. Son père est d'origine japonaise et sa mère d'origine suédoise. Il a vécu dans plusieurs pays dont le Mexique. C'est justement dans le sud de ce pays, au Chiapas, qu'il nous emmène avec Sin Nombre. Nous suivons deux histoires parallèles de jeunes latino-américains qui vont se croiser sur un train en route pour El Norte : les Etats-Unis, eldorado tant désiré en Amérique Centrale. Sayra est une jeune fille qui vit à Tegucigalpa, capitale du Honduras. Séparée de son père remarié, elle le retrouve après plusieurs années pour gagner les Etats-Unis. Willy  "Casper" vit au Chiapas, il fait partie d'une clica (cellule locale) de la Mara Salvatrucha. Entre violence imposée et subie (la sienne et celle de ses supérieurs) et désir normal d'adolescent de son âge, il dispose de peu de liberté. Le film est très sombre et en même temps plein d'espoir. Il montre l'Amérique latine dans sa réalité sociale sordide, celle des bidonvilles (image saisissante à Tegucigalpa), de la pauvreté, de la drogue, de la violence omniprésente et insupportable. Il nous montre aussi ce que peuvent représenter les Etats-Unis pour ses jeunes sans espoir de s'en sortir là où ils ont grandi.

  

Pour "Sans Nom" (Sin Nombre), Fukunaga a lui-même parcouru le Mexique, n'hésitant pas à monter sur le toit de ces trains de marchandises que les migrants empruntent vers le Nord. Il y a vu la violence et la cruauté parfois à l'oeuvre, mais aussi la solidarité. Question récurrente : "Pourquoi partent-ils ?" Fukunaga répond dans une interview au LA Times en donnant cet exemple d'un Hondurien qui ne gagnait que 3$ par jour dans son pays et qui peut en gagner 13 dans la construction aux Etats-Unis. "Ce n'est pas parce qu'il pense que nos rues sont pavées d'or, ce n'est pas parce qu'il pense que tout sera rose." Il s'est également rendu en prison pour rencontrer des membres de gangs. Pour jouer les rôles principaux, il a choisi deux jeunes acteurs remarquables. Ironiquement, Paulina Gaitan qui joue l'Hondurienne Sayra est mexicaine et Edgar Flores, qui joue le jeune Mexicain, vient du Honduras. C'est son regard qui a séduit Fukunaga. Ces deux jeunes acteurs ont su donner au film toute sa force.

Pour prolonger le film, voici ce que j'aurais aimé savoir en sortant de la salle de projection...

 

L'immigration hispanique aux Etats-Unis

 

 

Le Mexique est le pays qui compte le plus de ressortissants aux Etats-Unis avec plus de 26 millions de personnes (chiffres de 2004). Viennent ensuite les Philippines et l'Inde. Les Hispaniques représentent aujourd'hui 15 % de la population américaine. Depuis 2000, ils sont plus nombreux que la minorité noire (12% environ). La carte ci-dessus vous indique leurs régions d'installation privilégiées : les grandes métropoles et le Sud-Ouest (qui correspond d'ailleurs aux Etats appartenant au Mexique jusqu'au XIXème siècle...).

Parmi les Hispaniques, les Porto-Ricains (Etat associé aux Etats-Unis) sont plus de 3 millions, les Cubains 1,5 millions (en particulier en Floride), les Salvadoriens 1,2 millions et les Dominicains 1 million. Les autres pays comptent moins d'un million de leurs ressortissants aux Etats-Unis. Les Guatémaltèques sont 0,7 millions, les Honduriens 0,5 et les Nicararaguayens 0,3.

 

 

 Qu'est-ce que les Maras ?

 

Les Maras sont des gangs transnationaux formés de jeunes. Ils sont implantés dans toute l'Amérique centrale et aux Etats-Unis. Ils ont été formés dans les années 1980-1990 après la fin des guerres civiles qui ont frappé les pays d'Amérique centrale pendant la Guerre froide. Les deux principaux sont la Mara Salvatrucha 13 (MS13) à laquelle appartient le héros du film et la Mara 18 (M18). Ils tiennent ces numéros des rues de Los Angeles où ils auraient été créés. Rien n'est sûr cependant sur leurs origines. Il s'agit peut être au départ de groupes d'autodéfense des migrants. Après les émeutes de Los Angeles en 1992, de nombreux centre-Américains sont expulsés des Etats-Unis. Coïncidant avec la fin des guerres civiles, en particulier au Salvador, cet évènement ramène au pays de nombreux jeunes affiliés aux gangs.

 

Très implanté au Honduras et au Nicaragua, la plaque tournante de ce réseau est néanmoins le Salvador en raison du nombre important de Salvadoriens aux Etats-Unis, en particulier en Californie.

L'entrée dans la clica d'une mara se fait entre 9 et 12 ans, la moyenne d'âge des mareros étant de 17-20 ans. C'est un milieu essentiellement masculin (à 90%). Les jeunes mareros ont souvent été victimes de violences domestiques, connaissent la prison, mais la plupart savent lire et écrire. L'entrée dans une clica n'implique pas l'arrêt de l'école. Avec le temps, les maras ont pris de l'ampleur et leur activité s'est criminalisée (Trafic de drogues et de clandestins vers le Nord notamment). Les responsables sont devenus de véritables professionnels. L'un des signes distinctifs de l'appartenance, les tatouages, a d'ailleurs tendance à se faire plus discrets pour ne pas se faire repérer. Les maras ont en effet de nombreux rites (salutation, initiation par la violence subie ou à accomplir, souvent le meurtre) à l'image des mafias.

 

De nombreux débats agitent les sociétés centre-américaines sur les origines et la véritable ampleur du phénomène. Les maras sont-elles les seules responsables de la criminalité ? Faut-il employer la manière forte ou la prévention pour réduire leur importance ?

Si le Salvador et le Honduras comptent le taux d'homicide le plus important de la région (55 pou 100 000 habitants), la violence n'est pas le seul fait des maras. Depuis le 11 septembre, les partisans de la manière forte ont trouvé un allié dans le gouvernement américain qui y voit un véritable problème de sécurité nationale. Les anciens mouvements armés de gauche des années de la Guerre froide, aujourd'hui devenus partis politiques, voient une permanence entre les méthodes des militaires et des compagnies de séccurité privée qui prolifèrent aujourd'hui (éxécutions extra-judiciaires) et celles du passé. La réponse à la violence par la violence ne semble en tout cas pas porter de fruit comme au Salvador, malgré l'aide des Etats-Unis. Au contraire, elle a renforcé la cohésion des maras. Le Nicaragua et le Honduras misent davantage aujourd'hui sur la prévention avec des résultats plus probants. Reste la difficulté de la réinsertion, comme après les guerres civiles, de ces jeunes habitués dès leur plus jeune âge à une violence sans limite.

 

Un photographe et réalisateur français, Christian Poveda, a été assassiné le 2 septembre 2009, probablement par un membre de la Mara 18. Il enquêtait sur les maras. Son film La vida loca, est sorti le 30 septembre. C'est un documentaire sur cet univers des gangs d'Amérique centrale. N'hésitez pas à donner votre avis si vous l'avez vu. Voyez ci-dessous la bande-annonce du documentaire.

 

Des liens

 

 

 

[Cartes réalisés par E.Augris. à partir des données du recensement des Etats-Unis et de l'Atlas de l'Amérique latine dirigé par Olivier Dabène, Autrement, 2006]

De la Havane à Kinshasa: on danse la rumba.

par blot Email

Comme nous vous le disions il y a peu sur Samarra, si les Barbudos cubains ne sont pas parvenus à exporter leur révolution en Afrique, il en va tout autrement des rythmes et musiques de l'île.Une vogue afrocubaine exceptionnelle s’empare de toute l’Afrique subsaharienne, avant même les indépendances.

 

Orquestra Aragon.

 

* Une influence culturelle majeure.

 

La musique cubaine notamment, amenée par les marins de passage, bénéficie d’un engouement extraordianire. Les boîtes de nuit dans les villes portuaires accueillent les marins et donc les musiques cubaines. Certains groupes cubains deviennent d'ailleurs particulièrement populaires en Afrique à l'instar de l'Orquestra Aragon (adepte des charangas, cha cha cha) , la doyenne des formations cubaines qui vient de souffler ses soixante-dix bougies... En 1959, le groupe monte sans hésiter dans le train de la révolution castriste et devient même  l'ambassadeur de la musique cubaine à l'étranger. A partir de 1971, le groupe mène plusieurs tournées en Afrique où l'Aragon a acquis une immense popularité. Rafael Lay Jr explique: "ces voyages étaient en outre financés par notre gouvernement, c'était une façon de poursuivre l'aventure africaine du Che." Le groupe créé d'ailleurs une rythme inspiré de ses expériences en Afrique de l'ouest, le chalonda. 

Dans l'autre sens, des étudiants africains se rendent à Cuba pour étudier et enregistrer (voir ci-dessous le cas des Maravilhas de Mali).

 

 

 

Cha cha cha, merengue, pachanga deviennent extrêmement populaires en Afrique et inspirent à leur tour les chanteurs et musiciens locaux. Ceci vaut particulièrement pour le Congo où la rumba congolaise s’impose très vite (les Congolais empruntent notamment aux Cubains, le jeu des claves). Ailleurs, des groupes tels que le Bembeya Jazz national en Guinée, l’orchestre Baobab au Sénégal, les Maravilhas de Mali mettent les musiques cubaines à l’honneur, reprenant de nombreux standards dans leur répertoire où en introduisant des cuivres et rythmes typiquement cubains dans leur musique.

Au fond, cette influence musicale cubaine en Afrique est un juste retour des choses, dans la mesure où la rumba cubaine est un mélange de musiques latino-américaine et de rythmes importés par des esclaves d'Afrique centrale au milieu du XIXème siècle. Toutefois, ne nous y trompons pas, si les Congolais se réapproprient cette musique enivrante, ils y ajoutent leur touche personnelle: une polyphonie de guitare, qui remplace  le piano adopté par les Cubains.

 

Dans son livre "Afrique noire, histoire et civilisations", E. M'Bokolo revient sur la genèse de la rumba congolaise. Cette danse est adoptée dès les années 1930 par les Congo bars, des lieux de sociabilité masculine, fondés sur des relations de travail et de voisinage. "Le développement de la rumba correspond à un besoin d'autonomie, sinon à une volonté de résistance, à l'égard des pouvoirs coloniaux, dont la politique consista (...) à contrôler les loisirs des Noirs." "Son développement accéléré après 1940 serait dû à la conjonction de plusieurs facteurs: l'existence de puissants moyens de diffusion, en particulier Radio-Brazzaville, l'ancienne station de la France Libre; l'émulation entre les grands centres urbains, en particulier entre Kinshasa et Brazaville; le mariage heureux entre les artistes congolais et "les pauvres blancs" de Léopoldville." En effet, les immigrants grecs ou chypriotes qui contrôlent alors une partie du commerce de détail fondent les premières maisons d'édition de disques d'Afrique noire. Une industrie musicale unique en Afrique voit le jour et assure le triomphe de créateurs exceptionnels tels que l'African Jazz de Joseph Kabasele, l'O.K. Jazz avec Franco Luando Makiadi ou encore l'orchestre des Bantous de la capitale

Dès le début des années 1970, la rumba congolaise commence à perdre du terrain au profit de nouveaux foyers musicaux.

 

Nous vous proposons ci-dessous, une sélection de quelques morceaux de cette salsa/rumba africaine, où l'influence cubaine est toujours décelable.

 

 

 Le Bembeya Jazz national.

 

1. Bembeya Jazz National: "Sabor de guajira"(1968). Le Bembeya est une formation guinéenne très connue qui prit s'en essor dans le cadre de la politique d'authenticité développée par Sékou Touré en Guinée au lendemain de l'indépendance. Touré tourne le dos à l'ancienne métropole (la France). La Guinée se réclame alors du marxisme-léninisme et les accords de coopérations sont nombreux. La musique du Bembeya, synthèse parfaite des styles afro-cubain et mandingue, se veut aussi un puzzle de toutes les traditions guinéennes.

 

2. Maravillas de Mali: "Lumumba". Le Mali devient indépendant en 1960. Le nouveau leader du pays, Modibo Keïta opte pour le socialisme (adapté aux réalités africaines) tout en défendant l'idée du non-alignement. L'économie est rapidement socialisée, tandis quil multiplie les accords de coopération technique, culturel. Le souvenir de Lumumba est ici chanté par les Maravillas de Mali, un orchestre malien formé à Cuba.

 

3. Orchestra Baoba: "El carretero". Cette formation sénégalaise star reprend ici un classique cubain (écrit par le merveilleux Guillermo Portabales et popularisé par le Buena Vista Social Club).

 

4. Gnonnas Pedro: "Yiri yiri boum". Le Bénin de Mathieu Kérékou se réclame là encore du marxisme léninisme, toutefois les mauvaises langues parlent plus volontiers de "laxisme-béninisme". Le pouvoir en place accordent une grandes importances aux formation musicales du pays. Certaines d'entre elles jouissent d'ailleurs d'une très grande popularité (notamment l'Orchestre Poly-rithmo de Cotonou qui parvint pendant un temps à concurrencer sérieusement Fela. Nous vous en reparlons très bientôt). Gnonnas Pedro est aussi le leader d'un de ces groupes clefs du funk béninois.

 

Africando.

 

5. Africando: "Yay boy". Ce groupe d'afro-salsa ne cesse de mettre en valeur les liens entre les rythmes d'Afrique et ceux de Cuba. La formation fut créée en 1992 par deux cadors de la musique d'Afrique de l'ouest: le producteur sénégalais Ibrahim Sylla et le flûtiste  malien Boncana Maïga, membre fondateur des Maravhilas de Mali, formé au conservatoire de la Havane de 1963 à 1973.

 

6. African Jazz: "indépendance cha cha". Joseph Kabasele, connu sous le pseudo de Grand Kalle, fonde en 1953 l'orchestre African Jazz avec lequel il révolutionne la musique congolaise, en électrifiant la rumba nationale, y introduisant également tubas et trompettes. Jusqu'en 1963 Grand Kallé et l'African Jazz figurent parmi les artistes les plus populaires d'Afrique. Nous avons déjà présenté ce morceau, véritable hymne des indépendances africaines, sur l'histgeobox.

 

7. Franco: "Tcha tcha tcha de mi amor". Grand rival de Kabasele, Franco reste sans conteste le plus populaire des chanteurs congolais.

 

8. Tabu Ley et l'African fiesta: "Guantanamera". Autre classique cubain interprété par le rossignol congolais. Ce remarquable chanteur racontait qu'il avait dû apprendre des rudiments d'espagnol afin de pouvoir intégrer l'African Jazz de Kabasele. Dans les années cinquante, vouloir faire carrière sans maîtriser la langue des Cubains était impensable.

 

Sources:

- E. M'Bokolo: "Afrique noire, histoire et civilisations, .

- Mondomix n°36 avec un article consacré aux 70 ans de l'Orchestra Aragon.

- Florent Mazzoleni: "Les musiques africaines".

- L'Afrique enchantée: émission Africuba.

 

Ecouter:

* Deux des huit titres précédents sont issus de deux très belles compilations consacrées à l'influence cubaine dans la musique africaine.

- "Congo to Cuba", du label américain Putumayo (2002).

 http://ecx.images-amazon.com/images/I/51JFYRSD4ZL._SL500_AA240_.jpg

-" De Dakar à Cuba, on danse la rumba", du label français Cantos (2005) avec entre autres: Franco, Tabu Ley Rochereau, Orchestra Baobab, Bembeya Jazz, Grand Kalle, Gnonnas Pedro... (voir le détail ici).Ne sachant trop comment intituler cet article, je me suis inspiré de ce disque.

http://www.afrisson.com/local/cache-vignettes/L350xH350/arton2297-42df9.jpg

 

Sources:

- Mondomix n°35, juillet-août 2009.

- F. Mazzoleni:"l'épopée de la musique africaine", Hors collection, 2008.

- E. M'Bokolo:"Afrique noire, histoire et civilisation", Hatier, 2008.

- Deux émissions de l'Afrique enchantée: Africuba et Cubafrica.

 

Liens:

 

- "Quand les Cubains tentaient d'exporter la révolution en Afrique". Le premier épisode de l'influence cubaine en Afrique.

- "Che Guevara est lui aussi Africain".

- Afrisson: "la salsa africaine" avec une petite discographie savoureuse.

- Article de RFI sur la rumba congolaise.

Questions sur le massacre de Puerto Montt.

par blot Email

 

 

 

Le célèbre chanteur chilien Victor Jara n'a pas attendu le coup d'état de Pinochet pour s'en prendre aux abus d'autorité et à l'arbitraire. Avec sa chanson "Preguntas por Puerto Montt", Jara s'en prend ouvertement au ministre de l'intérieur du gouvernement Frei, Pérez Zujovic, responsable du massacre de Puerto Montt, le 9 mars 1969. Ce jour là, 250 policiers font irruption dans un camp de fortune habité par 90 familles qui occupent illégalement des terres laissées à l'abandon par un grand propriétaire terrien de la région. "Il est mort sans savoir pourquoi (...) / Vous devez répondre / Senor Perez Zujovic". Cette dénonciation en règle des violences lui vaudra d'être inquiété à de multiples reprises, jusqu'à son assassinat, cinq ans plus tard.

 

Lire la suite et écouter le morceau sur L'Histgeobox .

Tour d'horizon des audioblogs et blogs musicaux.

par blot Email

 

Sur la toile, les blogs musicaux fleurissent. Les meilleurs d'entre eux proposent des musiques difficiles à se procurer, non rééditées, si possible de qualité. Nous vous proposons ci-dessous, une petite sélection de très bons liens qui devrait permettre d'assouvir la soif musicale des plus voraces d'entre vous...

* Melting pot.

 

- Worldservice, african and latin music  et Africolombia: tout est dit dans ce titre. A la confluence des musiques africaines et latines, ces sites en anglais propose de très nombreux titres, présentés avec soin.

- The corner.

 

- Bossa Nova Brasil se consacre aux sons brésiliens. Idéal pour mieux découvrir la richesse musicale du pays.

 

- Le Mellotron propose une sélection de titres obscurs ou rares ("lost treasures / news / all time classics"). Les titres restent téléchargeables pendant quelques jours.
 

- Parisdj.com. véritable auberge espagnole musicale où l'on trouve tous les genres. Mais, et c'est cela qui compte, les sélections sont pratiquement toujours excellentes. Nombreux podcasts pour faire de grandes découvertes.

- db aka DUBRUIT. L'auteur du blog déclare, à propos du site: "De la musique issue de lp's vinyles qui craquent. Quelques videos. Le style: vous ouvrir l'esprit!?! Du bruit? A vous de voir". Tout est dit.

 

* Dans la géographie de la musique populaire qui se dessine sur la galaxie des blogs, la musique africaine occupe une place de choix grâce au travail exceptionnel de quelques acharnés. C'est le cas des liens suivants:

- Voodoo funk: la crème de la musique de l'Afrique de l'ouest sur ce blog extrêmement précieux qui propose des sélections de très grande qualité.


Les trois blogs suivants proposent une exploration très approfondie des musiques d'Afrique de l'ouest. Que du pointu, voire très pointu sur ces sites.

- Likembe.


- Matsuli.


- Awesome Tapes from Africa .



- Analogafrica. Formidable label qui exhume des pièces d'une grande rareté, mais toujours d'une très grande qualité. Parmi les dernières sorties, il convient de saluer la formidable compilation de musique béninoise (savant mélange de funk, afro-beat, jazz) ou encore le disque consacré au Tout Puissant Orchestre polyrythmo de Cotonou. Leur blog propose l'écoute d'extraits de nombreux morceaux.

- Sea never dry. En effet, les trésors de la musique africaine exhumés sur ces blogs semblent inépuisables.


* Kingstown connection. Étonnamment, les blogs vraiment intéressants consacrés au reggae ne sont pas légions. En tout cas, je ne les ai pas trouvé (n'hésitez pas à m'en signaler en commentaire). On pourra tout de même se rendre sur Ital Corner, blog de référence pour tout ceux qui s'intéressent à la Jamaïque. Des articles intéressants et des sélections musicales au poil.


* Soul corner. De très bons blogs sont consacrés, en revanche à la musique de l'âme.

- Funky 16 corners.

 
- Souled on (Music, Art, politics and life). Beaucoup de morceaux soul ou funk samplés par les rappeurs.

 
- Earl Fuzz. Que du très bon sur ce site pointu. A consulter d'urgence.

 
- The "B" side. La crème de la crème pour qui aime la deep soul sudiste (l'auteur vénère l'immense O.V. Wright et cela est forcément un gage de qualité).

 
- Soul side. Une véritable mine pour tous les amateurs de grandes voix soul.


A suivre.

Sur la platine: février 2009.

par blot Email

 

 

Du funk carioca, de la grande musique guinéenne, du reggae et un hommage en chanson à Boris Vian sur la sélection musicale du mois.

 

C'est à découvrir ici.

Samarra en Amérique latine

par Aug Email

 

En films et en musique :

Un film pour explorer les inégalités en Amérique latine, entre bidonville et Gated community à l'américaine.

 

 

 

Sur l'histgeobox, des titres sur l'Amérique latine :

 

Une chanson d'amour pour le pays natal du chanteur, l'Uruguay, l'occasion aussi de se plonger dans une société en souffrance.

Les dérives de la mondialisation et les risques qu'elle engendre.

L'Argentine contée par une jeune fille issue des quartiers pauvres.

Le nouvel désordre mondial vu par Kenny Arkana.

La dictature argentine et ses disparus.

L'impérialisme économique américain vu d'Amérique latine.

 

Ode aux paysans et sans-grades, en Amérique latine.

Yupanqui chant ici pour les cultivateurs indiens, victimes de toutes les exploitations et misères.

Sur les disparitions organisées par les dictatures d'Amérique latine au cours des années 1960 et 1970.

Un des nombreux hommages musicaux au Che.

Sur le commerce triangulaire et la traite.

La conquête du Mexique par Cortes

Un ska pour comprendre la prise du pouvoir par Fidel Castro

Un ska pour comprendre la crise de Cuba de 1962

Don Drummond: "Cuban Blockade".

par blot Email

Le territoire américain sous le feu des fusées soviétiques.

 

Don Drummond consacre un ska vrombissant au blocus de Cuba. On peut y entendre les sonorités sombres et mélancoliques de son trombone. Revenons sur la crise des fusées de Cuba et le blocus de l'île par les Américains.


Lire la suite de l'article et écouter le morceau sur L'Histgeobox.