Catégories: Beaux-Arts, Affiches, Architecture, Peinture, Photographie
Réviser les classiques de la peinture en musique...
La boîte de production l'Ogre a réalisé un clip particulièrement réussi et original. Il propose une galerie de chefs d'oeuvre de la peinture, de Vinci à Warhol, revus et corrigés par les membre du groupe parisien Hold Your Horses ! qui incarnent les protagonistes de ces tableaux.
Voilà un excellent moyen de réviser ses classiques! Chiche? Nous vous proposons d'identifier ces tableaux et leurs auteurs en commentaire. La solution dans quelques jours.
En attendant, à vous de jouer...
70 Million by Hold Your Horses ! from L'Ogre on Vimeo.
Lucian Freud, un génie du portrait
- Sigmund ?
- Non, le petit-fils, Lucian, né en 1922 à Berlin. Ville qu'il a rapidement quittée pour l'Angleterre en 1933, au moment où Hitler et ses sbires antisémites prenaient le pouvoir.
Jeune homme, Lucian Freud entre à l'école des arts et métiers de Londres. A ses débuts, juste avant la guerre, il peint déjà des portraits de femmes et d'hommes dans un style intégrant à la fois la technique flamande (avec le souci du détail) et les proportions et attitudes simplistes et parfois naïves des peintres surréalistes.
Le portrait de sa première femme Kathleen Garnan illustre cette double influence mais surtout la maîtrise technique du peintre (observez par exemple les reflets du regard).
Autoportrait 1962

Autoportrait 1985
Autoportrait 1993
Voici un extrait de Grand'art, avec une belle étude d'une nature morte inédite, le lavabo.
Vous pourrez voir ici, un large panel des portraits et nus du peintre :
Sources : l'excellent n° de Grand'art d'Hector Obalk pour ses commentaires lumineux.
Bonne année 2010 !
Toute la joyeuse équipe de Samarra
vous souhaite une excellente année 2010 !
Petite devinette géographique pour commencer l'année (répondez en laissant un commentaire à ce message). La photographie ci-dessus montre une chute d'eau sur une rivière. A cet endroit précis, une rive est située en France et l'autre rive dans un autre pays.
Quel est ce cours d'eau et le pays de l'autre côté ?
[Photo : Barbara]
Sin Nombre et La Vida Loca : au coeur des Maras en Amérique centrale
Un film magnifique du jeune réalisateur américain Cary Joji Fukunaga est actuellement en salles en France. Le réalisateur est originaire d'Oakland en Californie mais vit à New York. Son père est d'origine japonaise et sa mère d'origine suédoise. Il a vécu dans plusieurs pays dont le Mexique. C'est justement dans le sud de ce pays, au Chiapas, qu'il nous emmène avec Sin Nombre. Nous suivons deux histoires parallèles de jeunes latino-américains qui vont se croiser sur un train en route pour El Norte : les Etats-Unis, eldorado tant désiré en Amérique Centrale. Sayra est une jeune fille qui vit à Tegucigalpa, capitale du Honduras. Séparée de son père remarié, elle le retrouve après plusieurs années pour gagner les Etats-Unis. Willy "Casper" vit au Chiapas, il fait partie d'une clica (cellule locale) de la Mara Salvatrucha. Entre violence imposée et subie (la sienne et celle de ses supérieurs) et désir normal d'adolescent de son âge, il dispose de peu de liberté. Le film est très sombre et en même temps plein d'espoir. Il montre l'Amérique latine dans sa réalité sociale sordide, celle des bidonvilles (image saisissante à Tegucigalpa), de la pauvreté, de la drogue, de la violence omniprésente et insupportable. Il nous montre aussi ce que peuvent représenter les Etats-Unis pour ses jeunes sans espoir de s'en sortir là où ils ont grandi.
Pour "Sans Nom" (Sin Nombre), Fukunaga a lui-même parcouru le Mexique, n'hésitant pas à monter sur le toit de ces trains de marchandises que les migrants empruntent vers le Nord. Il y a vu la violence et la cruauté parfois à l'oeuvre, mais aussi la solidarité. Question récurrente : "Pourquoi partent-ils ?" Fukunaga répond dans une interview au LA Times en donnant cet exemple d'un Hondurien qui ne gagnait que 3$ par jour dans son pays et qui peut en gagner 13 dans la construction aux Etats-Unis. "Ce n'est pas parce qu'il pense que nos rues sont pavées d'or, ce n'est pas parce qu'il pense que tout sera rose." Il s'est également rendu en prison pour rencontrer des membres de gangs. Pour jouer les rôles principaux, il a choisi deux jeunes acteurs remarquables. Ironiquement, Paulina Gaitan qui joue l'Hondurienne Sayra est mexicaine et Edgar Flores, qui joue le jeune Mexicain, vient du Honduras. C'est son regard qui a séduit Fukunaga. Ces deux jeunes acteurs ont su donner au film toute sa force.
Pour prolonger le film, voici ce que j'aurais aimé savoir en sortant de la salle de projection...
L'immigration hispanique aux Etats-Unis
Le Mexique est le pays qui compte le plus de ressortissants aux Etats-Unis avec plus de 26 millions de personnes (chiffres de 2004). Viennent ensuite les Philippines et l'Inde. Les Hispaniques représentent aujourd'hui 15 % de la population américaine. Depuis 2000, ils sont plus nombreux que la minorité noire (12% environ). La carte ci-dessus vous indique leurs régions d'installation privilégiées : les grandes métropoles et le Sud-Ouest (qui correspond d'ailleurs aux Etats appartenant au Mexique jusqu'au XIXème siècle...).
Parmi les Hispaniques, les Porto-Ricains (Etat associé aux Etats-Unis) sont plus de 3 millions, les Cubains 1,5 millions (en particulier en Floride), les Salvadoriens 1,2 millions et les Dominicains 1 million. Les autres pays comptent moins d'un million de leurs ressortissants aux Etats-Unis. Les Guatémaltèques sont 0,7 millions, les Honduriens 0,5 et les Nicararaguayens 0,3.

Qu'est-ce que les Maras ?
Les Maras sont des gangs transnationaux formés de jeunes. Ils sont implantés dans toute l'Amérique centrale et aux Etats-Unis. Ils ont été formés dans les années 1980-1990 après la fin des guerres civiles qui ont frappé les pays d'Amérique centrale pendant la Guerre froide. Les deux principaux sont la Mara Salvatrucha 13 (MS13) à laquelle appartient le héros du film et la Mara 18 (M18). Ils tiennent ces numéros des rues de Los Angeles où ils auraient été créés. Rien n'est sûr cependant sur leurs origines. Il s'agit peut être au départ de groupes d'autodéfense des migrants. Après les émeutes de Los Angeles en 1992, de nombreux centre-Américains sont expulsés des Etats-Unis. Coïncidant avec la fin des guerres civiles, en particulier au Salvador, cet évènement ramène au pays de nombreux jeunes affiliés aux gangs.
Très implanté au Honduras et au Nicaragua, la plaque tournante de ce réseau est néanmoins le Salvador en raison du nombre important de Salvadoriens aux Etats-Unis, en particulier en Californie.
L'entrée dans la clica d'une mara se fait entre 9 et 12 ans, la moyenne d'âge des mareros étant de 17-20 ans. C'est un milieu essentiellement masculin (à 90%). Les jeunes mareros ont souvent été victimes de violences domestiques, connaissent la prison, mais la plupart savent lire et écrire. L'entrée dans une clica n'implique pas l'arrêt de l'école. Avec le temps, les maras ont pris de l'ampleur et leur activité s'est criminalisée (Trafic de drogues et de clandestins vers le Nord notamment). Les responsables sont devenus de véritables professionnels. L'un des signes distinctifs de l'appartenance, les tatouages, a d'ailleurs tendance à se faire plus discrets pour ne pas se faire repérer. Les maras ont en effet de nombreux rites (salutation, initiation par la violence subie ou à accomplir, souvent le meurtre) à l'image des mafias.
De nombreux débats agitent les sociétés centre-américaines sur les origines et la véritable ampleur du phénomène. Les maras sont-elles les seules responsables de la criminalité ? Faut-il employer la manière forte ou la prévention pour réduire leur importance ?
Si le Salvador et le Honduras comptent le taux d'homicide le plus important de la région (55 pou 100 000 habitants), la violence n'est pas le seul fait des maras. Depuis le 11 septembre, les partisans de la manière forte ont trouvé un allié dans le gouvernement américain qui y voit un véritable problème de sécurité nationale. Les anciens mouvements armés de gauche des années de la Guerre froide, aujourd'hui devenus partis politiques, voient une permanence entre les méthodes des militaires et des compagnies de séccurité privée qui prolifèrent aujourd'hui (éxécutions extra-judiciaires) et celles du passé. La réponse à la violence par la violence ne semble en tout cas pas porter de fruit comme au Salvador, malgré l'aide des Etats-Unis. Au contraire, elle a renforcé la cohésion des maras. Le
Nicaragua et le Honduras misent davantage aujourd'hui sur la prévention avec des résultats plus probants. Reste la difficulté de la réinsertion, comme après les guerres civiles, de ces jeunes habitués dès leur plus jeune âge à une violence sans limite.
Un photographe et réalisateur français, Christian Poveda, a été assassiné le 2 septembre 2009, probablement par un membre de la Mara 18. Il enquêtait sur les maras. Son film La vida loca, est sorti le 30 septembre. C'est un documentaire sur cet univers des gangs d'Amérique centrale. N'hésitez pas à donner votre avis si vous l'avez vu. Voyez ci-dessous la bande-annonce du documentaire.
Des liens
- Ma source principale sur les Maras : Jan Anders et Bruno Cousin, "Amérique centrale : Maras, répression ou prévention ?", Alternatives internationales, n°34, mars 2007
- Une étude du bureau du recensement américain (US Census) The American Community : Hispanics-2004 (paru en 2007, PDF)
- Des photographies de Christian Poveda parues dans Le Monde 2. Le site de La vida Loca.
- Pour en savoir plus sur l'histoire et la géographie des mafias dans le monde grâce à des lectures et au rappeur Akhenaton.
- Une analyse des espaces évoqués dans le film par Véronique Servat, article très complémentaire de celui-ci.
- D'autres avis sur le film, plus critiques : celui de Bertrand Pleven sur le site des Cafés géographiques et celui du blog Zéro de conduite.
- Le site du film
[Cartes réalisés par E.Augris. à partir des données du recensement des Etats-Unis et de l'Atlas de l'Amérique latine dirigé par Olivier Dabène, Autrement, 2006]
Le ruban blanc n'y allez pas c'est un chef d'oeuvre !
Alors oui, Michaele Haneke a été couronné (en fait palmé) pour ce film, le Ruban blanc.
Je commence par éloigner le spectateur habitué à la facilité ......action, sexe, humour, montage serré, musique tonitruante etc..... Bref, ici rien de cela....
Ce film se mérite. Il est en noir et blanc, en allemand (sous-titré tout de même !) et dure 2 h 24 minutes. Le générique est long et muet...
Alors ? Oui, votre jugement est fait ! Je vais m'ennuyer ! Sauf, si vous décidez de vous laissez emporter dans cette histoire un peu sordide qui se passe dans un village de Prusse orientale à la veille de la 1ère Guerre mondiale. Haneke décide d'entrer dans la communauté villageoise avec l'aide d'un narrateur qui est le jeune nstituteur. Il raconte une série d'événements étranges qui bouleversent la communauté. Des enfants sont battus, des accidents ont lieu et des gens finissent par se suicider ou disparaître. Pourtant, la population apparaît comme tout à fait vertueuse, en se retrouvant dans le temple à écouter le pasteur ou devant le château du baron. Engoncé dans une morale rigoriste les personnages apparaissent un à un comme des hommes soit odieux soit brutaux ou tout simplement piégés par des hiérarchies sociales écrasantes.
Le portrait de cette société allemande à la veille de la Guerre n'est pas une simple description de l'Allemagne qui succombera au nazisme. Non, le message d'Haneke est, me semble-t-il bien plus universel. La vision de l'homme n'est certes pas très optimiste mais rien n'a pu contredire le réalisateur au cours du XXè siècle.
Le propos comme on l'a vu, est intéressant pas seulement parce qu'il est historique mais par son ambition universelle. Il est également servi par des choix esthétiques remarquables. La photographie d'abord....les plans séquences longs sont des photographies qui saisissent ces hommes (comme le photographe allemand August Sander l'a fait durant près d'un siècle, avec un exemple ci-dessous) avec une certaine distance...une certaine pudeur.
August Sander, Young farmers, 1914
Lorsque le veuf entre dans la chambre, le cadavre nu de sa femme apparaît, il s'approche, se recueille mais le mur nous masque les visages, la tristesse et la mort.
Un peu plus loin dans le film, le pasteur décide de corriger par dix coups de verges ses enfants....la caméra reste encore à distance, derrière la porte... et enfin quand le fils responsable du suicide de son père intègre le cortège qui emmène le cercueil, la caméra de Haneke s'éloigne encore afin qu'on ne devine que des ombres qui s'approchent ou rejettent le fils maudit....
Enfin, je n'évoquerai pas ici la scène extraite ci-dessous où le pasteur veut faire avouer à son fils qu'il a fauté parce qu'il se masturbe....on y voit une belle torture morale et un terrible ascendant du père sur ce jeune garçon terrorisé ....
L'autre scène est un dialogue entre une grande soeur et son frère qui tente de comprendre ce qu'est la mort....encore une fois la pudeur et la rigueur des dialogues rendent cette scène bouleversante.
Alors voilà, j'ai beaucoup aimé ce film exigeant d'un point de vu formel mais finalement terriblement fort et beau.
JC Diedrich
Willy Ronis, le photographe humaniste
Sa mort, courant septembre est passée presqu'inaperçue. Bien sûr Télérama et Libération ont fait leur Une sur la disparition du photographe à la longévité exceptionnelle. Mais Willy Ronis est longtemps resté dans l'ombre de Robert Doisneau ou de Cartier-Bresson.
Qui était Willy Ronis (Ronisen de son vrai nom), en quoi son oeuvre est-elle humaniste ?
Sa carrière de photographe débute vers 1936, à la mort de son père lorsqu'il abandonne le studio pour se lancer dans la photo de rue.
Très vite, il apprend à saisir des instants, des personnages ....Son sujet de prédilection est la rue, plus précisément les quartiers populaires : Ménilmontant et Belleville.
Rose Zehner est cette femme qui a osé prendre la parole au milieu de cette foule en colère. Longtemps ce cliché est resté dans les cartons du photographe. Quarante ans plus tard, il publie et expose la photographie, la cousine de Rose contacte alors Willy Ronis.
Des histoires comme cela, Willy Ronis en raconte des dizaines et des dizaines à travers ses interviews ou ses livres.
Laissons s'exprimer encore WIlly Ronis pour comprendre son art :
Des livres sont republiés. J'ai entre les mains, une nouvelle édition de Belleville Ménilmontant chez Hoëbecke datant de 1999 dans laquelle Willy Ronis représente pour cette 3è réédition, de nouveaux clichés et Didier Daeninckx, le romancier de talent qui nous emmène dans une petite histoire dans ce quartier populaire.
Finissons ce portrait de Willy Ronis en évoquant Le mineur silicosé, 1951...le portrait de ce mineur usé par la vie, le travail, la maladie.... ne devrait pas vous laisser insensible.
Lors d'un reportage à Lens, on avait conduit Ronis, chez un mineur silicosé. Ce dernier était très malade et en avait plus pour très longtemps. Il regardait dehors, fumait encore et encore. Il est mort quelques mois après à l'âge de 47 ans....

Willy Ronis, Ce jour-là, Folio, 2008, 192 p
Willy Ronis, Didier Daeninckx, Belleville Ménilmontant, 1999, 99 p.
JC Diedrich
Samarra: la lutte pour les droits civiques des Noirs Américains.

* Sur L'Histgeobox:
- Sagbohan Danialou: "Commerce triangulaire". Le chanteur béninois interprète une émouvante chanson sur la traite négrière.
- 2 J.B. Lenoir:"Alabama blues". Blues sur le racisme qui gangrène le Sud profond.
- 3 Billie Holiday:"Strange fruit". Retour sur les lynchages dont furent victimes de très nombreux Afro-américains.
- 9. Nina Simone:"Why the king of love is dead?". Hommage en musique à Martin Luther King.
- 15. Bob Dylan:"Oxford town". Sur la difficile déségrégation scolaire aux Etats-Unis.
- 16. Bob Dylan: "Emmet Till". Un des cas de lynchage les plus tristement célèbre.
- 17 Betty Fikes:"Back of the bus". Chanson d'espoir dénonçant la ségrégation dans les transports en commun.
- 19. Charles Mingus:"Fable of Faubus". Dénonciation du gouverneur de l'Arkansas, qui empêche la déségrégation scolaire dans son état (Little Rock).
- 23. John Coltrane:"Alabama". Charge contre ce bastion du racisme dans les années 1960.
- 24. Nina Simone: "Mississippi goddam". Chronique du racisme ordinaire dans le Mississippi.
- 27. The temptations: "Message from a black man". Ode à la black pride revendiquée.
- 33. James Brown: "Say it loud!" .
- 73. Marlena Shaw:"Woman of the ghetto" Une chanson d'espoir consacrée aux femmes du ghetto.
- 71. Sam Cooke:"A change is gonna come" Le chanteur sent poindre un changement d'état d'esprit à l'endroit du "problème noir" aux Etats-Unis.
-70. Freedom singers: "In the Mississippi river". Sur les crimes dont sont victimes les Noirs dans le Sud des Etats-Unis.
- 69. J.B. Lenoir:"Vietnam blues (1966). Blues dénonçant le conflit au Vietnam.
- 65. Nina Simone:"Backlash blues".

Foule raciste protestant contre l'inégration de quelques élèves noirs à Little Rock (Arkansas) en 1957.
- 42. Bob Dylan:"The time they're A-Changin'". Sur le fossé qui sépare la jeunesse américaine de ses aînés.
- 41. Phil Ochs:"Freedom riders". (1962) Les tentatives mouvementées pour faire cesser la ségrégation dans les bus inter-états aux EU.
- 40: Earl Sixteen: "Malcom X". Hommage à cette grande figure américaine.
- 39. George Perkins & The Silver Stars - Cryin' in ... Sur le désespoir qui s'empare de ceux qui apprennent la mort du dr King (avril 1968).
- 37. Bob Dylan:"Blowin' in the wind". Sur les attentes de changements immenses de la jeunesse américaine.

Le "dimanche sanglant" de Selma, en 1965.
- 48. Gil Scott Heron:"Klan". Dénonciation cette secte raciste qui fit régner trop longtemps la terreur.
- 87. Edwin Starr:"War". Une charge contre la guerre du Vietnam.
- 94. Grandmaster Flash & The Furious Five : "The Message. Plongée dans le quotidien sinistre des ghettos sous l'ère reaganienne.
- 101. Archie Shepp:"Attica blues". Retour sur le drame survenu dans la prison d'Attica.
- 107. Nina Simone:"I wish I knew how it would feel ... Une superbe chanson sur la quête de la liberté.
- 111. Phil Ochs:"Too many martyrs". Retour sur deux assassinats racistes qui choquèrent profondément l'Amérique: ceux d'Emmett Till et Medgar Evers.
- 113. Big Bill Broonzy: "Black, brown and white". Un blues qui dénonce les lois Jim Crow, institutionnalisant la ségrégation aux Etats-Unis.
- Bob Dylan: "Only a pawn in their game". Dylan revient sur l'assassinat de Medgar Evers.
- 126. Skatalites:"Malcom X". Un ska en hommage au charismatique meneur afro-américain.

Le chef de police Laurie Prichett fait face à Martin Luther King à Albany en 1961.
- Neil Young: "Alabama". Violent pamphlet contre le racisme qui continue de gangrèner cet état du sud des Etats-Unis dans les années soixante et son gouverneur George Wallace.
- MC5: "Motor city is burning". Sur les émeutes raciales à Detroit, en 1967.
- Bob Dylan: "George Jackson". Sur Angela Davis et les Soledad brothers.
- Louis Armstrong: "Go down Moses". Sur l'underground railroad, le chemin de fer souterrain, qui permit a de nombreux esclaves en fuite de rallier le Canada ou le nord des Etats-Unis.
- Joan Baez: "Birmingham sunday". Cette chanson revient sur l'attentat a la bombe qui tua quatre jeunes filles dans une église de Birmingham (Alabama), après le mouvement pour les droits civiques qui agita la ville en 1963.
- Simon and Garfunkel: "7 o'clock silent night". Cette contine évoque les marches de protestation des Afro-américains menés par Martin Luther King à Chicago, en 1966.

- Burning Spear: "Marcus Garvey". Hymne reggae à la gloire d'un des théoriciens du panafricanisme et leader d'une des plus importantes organisations de masse du début du XXème siècle.
* Sur Lire-Ecouter-Voir:
- La musique au temps des Black Panthers.
- Why the King of love is dead?
- Martin Luther King: une lutte en musique.
- La lutte pour les droits civiques en musique.

* Histoire des Afro-américains en musique.
- Histoire des Afro-américains en musique (5): les racines noires du rock'n'roll.
- Histoire des Afro-américains (4): blues et folk.
- Histoire des Afro-américains en musique (3) : blues et folk-blues.
- Histoire des Afro-américains en musique (2) : le blues.
- Histoire des Afro-américains en musique (1) : gospel et work songs.

* STAX et la Motown, les deux grands labels de soul music et leurs rapports avec le mouvement pour les droits civiques:
- La Motown fête ses 50 ans.
- L'usine à tubes: les clefs du succès.
- Connaissez-vous bien la Motown (playlist et quizz)?
* Photographies.
Uploaded on authorSTREAM by bricabraque
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* Bibliographie:


- Pap Ndiaye: "Les Noirs américains", découverte Gallimard, 2009. Une synthèse limpide qui propose en outre de très nombreux documents (photos, textes...) savamment présentés.

- Nicole Bacharan: "Les Noirs américains. Des chaps de coton à la Maison Blanche", Panama, 2008. Une synthèse claire et tout de même très précise.

- M.A. Combesque: "Martin Luther King. Un homme et son rêve", Le félin poche, 2008. Un portrait vivant du pasteur et de ses engagements.

- "Freedom. Une histoire photographique de la lutte des noirs américains", Phaidon, 2005. Sublime recueil de plus de 500 clichés retraçant l'histoire des Afro-américains, des dernières années de l'esclavage jusq'à aujourd'hui.
Samarra en 1968
- L'atelier populaire et les affiches de mai 68 puis l'impact de ces affiches (Died)
Les musiques de 68 :
- Les chansons anti-guerre du Vietnam aux Etats-Unis (Blot)
- La musique au temps des Black Panthers. (Blot)
- Hair, la comédie musicale à Broadway
- Au Brésil, la musique populaire défie la dictature (Blot)
- Dominique Grange, "A bas l'Etat policier" (Blot)
- James Brown, "Say it loud" (Blot)
- Nina Simone, "Why the king of love is dead?" (Blot)
- Crosby Still Nash and Young :"Chicago" (Blot)
- Histgeobox n°93. Evariste: "la révolution". (Blot)
- Des chansons qui sont sorties pendant l'année 1968 ou qui ont été des succès cette année-là, voici La Playlist de l'année 1968 : (Aug)
- Hippies et Summer of Love (Blot)
Les festivals (Blot) :
- Monterrey et l'apogée du rock psychédélique (1967)
- Woodstock (1969) : Première partie, Deuxième partie
- Altamont : la fête est finie (1969)
Les films de 68 :
- A bientôt j'espère raconte la grève chez Rhodiaceta en 1967 (Died)
- Mai 68 s'invite à Cannes (Rico)
- ...
Les livres de chevet d'une génération :
- De la misère en milieu étudiant considérée sous ses aspects économique, politique, psychologique, sexuel et notamment intellectuel et de quelques moyens pour y remédier, brochure publiée à Strasbourg en 1966
- La société du spectacle de Guy Debord et Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations de Raoul Vaneigem (Died)
- Un manga : Les vents de la colère de Yamagami. (Aug)
- Mai 68, histoire d'un printemps en BD (Aug)

Les photographies de 1968 :
- Quelques photos célèbres par Depardon, Koudelka, Olson , Mc Cullin (Vietnam, France, Etats-Unis, Tchécoslovaquie, Biafra,...) (Blot).
- Caroline de Bendern, icône de 68, malgré elle (Died)
Utopies :
- Une cité utopique construite en février 1968 en Inde, Auroville(Died)
- L'utopie communautaire post 68 (Died)
- Evolution des mœurs : Sous les pavés, le sexe et le plaisir (Died)
Et pour ceux qui veulent en apprendre encore plus sur l'année 1968 en France et dans le monde, consultez le sommaire de notre dossier. Vietnam, Lorraine, Grenoble, Nanterre, Pologne, Prague, Japon, Etats-Unis, Jeux Olympiques....
Malick Sidibé, photographe de la jeunesse malienne

Malick Sidibé, 74 ans, est une mémoire vivante du Mali de la fin de la colonisation e
t de l'indépendance. C'est en effet à la fin des années 1950 qu'il a fait ses premières photos. Malheureusement, la plupart de ses premiers clichés (ceux du studio "Photo Service" qu'il gère de 1958 à 1962) sont perdus. Ayant quitté son village de Soloba assez tôt, Malick est engagé d'abord comme dessinateur par le photographe Gérard Guillat, un Français de Bamako. Rapidement, alors que "Gégé la pellicule" couvre les fêtes de la petite société coloniale, Malick couvre les fêtes des Bamakois. Il alterne donc travail en studio le jour et clichés "sur le vif" le soir.
Rappelons que les colonies françaises en Afrique étaient alors regroupées dans deux entités : l'AEF (Afrique équatoriale Française) et l'AOF (Afrique occidentale Française). L'actuel Mali est en fait appelé Soudan français. Comme les autres colonies, il bénéficie de la loi-cadre Defferre de 1956 qui prévoit une autonomie administrative. En 1958, De Gaullle créée la Communauté Française (refusée par la seule Guinée de Sékou Touré) qui accorde davantage d'autonomie et prépare l'indépendance.
Après l'échec de l'éphémère Fédération du Mali regroupant l'ancien Soudan français et le Sénégal de Senghor, l'indépendance du Mali est donc proclamée le 22 septembre 1960. Le jeune pays est alors dirigé par Modibo Keïta (jusqu'en 1968, date du coup d'Etat de Moussa Traoré) qui conduit le Mali vers le camp socialiste.
Une nouvelle ère s'ouvre donc au Mali, marquée par l'échec du panafricanisme et les difficultés poilitiques et sociales des nouveaux pays. Mais c'est aussi une période d'espoir.
Revenons à Malick Sidibé. A partir de 1962, il créé on propre studio dans le quartier de Bagadadji, situé sur la rive Nord du fleuve Niger à Bamako. Jusqu'en 1977, il y photographie avant tout les jeunes. La plupart viennent se faire photographier avant d'aller danser dans les clubs. Contrairement aux instantanés qu'il fait par ailleurs, Sidibé fait poser les personnes photographiées. Celles-ci ne se privent pas de jouer un rôle (footballeur, boxeur,...), mais les photographies sont aussi pleines de spontanéité et de fraîcheur. Les objets apportés dressent un tableau de la modernité de l'époque (transistors, mobylette,...).
En voyant ces photographies, on ne peut s'empêcher d'imaginer la vie des ces jeunes Bamakois, leurs rêves, leurs difficultés, leurs joies. C'est tout l'art du portraitiste remarquable qu'est Malick Sidibé que de nous faire voyager dans ce Mali des années 1960.
- Un ouvrage (sans commentaire malheureusement) a été publié avec les photographies de cette époque, vous pouvez en voir des extraits ici.
- A lire sur le net, cet entretien avec Malick Sidibé dont est issue la photographie de l'artiste ci-dessus.
- Si vous voulez apprécier ces photographies grandeur nature, vous pouvez visiter l'exposition "Bagadadji" (entrée libre) qui a lieu au Centre Culturel André Malraux à Vandoeuvre-lès-Nancy. Elle y est jusqu'au 30 avril. La brochure de présentation m'a servi pour cet article.





07.03.10 11:24:55, 



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