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Catégories: Beaux-Arts, Affiches, Architecture, Peinture, Photographie

Réviser les chef-d'oeuvre de la peinture en musique: solutions.

par blot Email

La boîte de production l'Ogre a réalisé un clip particulièrement réussi et original. Il propose une galerie de chefs d'oeuvre de la peinture, de Vinci à Warhol, revus et corrigés par les membre du groupe parisien Hold Your Horses ! qui incarnent les protagonistes de ces tableaux.

 

 Nous vous proposions il y a quelques jours d'identifier ces tableaux et leurs auteurs. Comme promis, voici les solutions. Vous trouverez ci-dessous les différents tableaux incarnés dans le clip, dans leur ordre de passage.

 

70 Million by Hold Your Horses ! from L'Ogre on Vimeo.

 

 

Léonard de Vinci: "la cène" (1495-1498), fresque du couvent de Santa Maria delle Grazie, Milan. Plus d'infos ici.

 

 

Sandro Boticelli: "la naissance de Vénus" (vers 1484-1486), musée des Offices, Florence. Une analyse ici.

 

 


Rembrandt: "La leçon d'anatomie du Professeur Tulp" (1632), La Haye, Mauritshuis. Une analyse ici.

 

 

Hans Holbein le Jeune: Portrait d'Henri VIII à quarante ans (1539-1540), galerie d'art ancien, Rome.

 

Johannes Vermeer: "la jeune fille à la perle" (1665), La Haye, Mauritshuis.

 

 

Théodore Géricault: Le radeau de la Méduse (1818-1819), Paris, musée du Louvre.

 

 

 

Jacques-Louis David: La mort de Marat (1793), Musées royaux des Beau-Arts de Belgique.

 

 

Michel Ange: La création d'Adam, voûte de la Chapelle Sixtine à Rome.

 

 

Refrain:

- René Magritte: Le fils de l'homme (1964), thurston royce gallery, Allentown.

 

 

- Piet Mondrian: Tableau I, (1921, Bâle, collection privée.

 

 

 

Frida Kahlo: Autoportrait (1940).

 

 

- Pablo Picasso Tête de femme en gris et rouge (1926), collection privée.

 

- Edvard Munch le Cri (1893), Oslo, galerie nationale.

 

 

Vincent Van Gogh Autoportrait à l'oreille bandée (1889), Chicago, collection Block. Explications supplémentaires ici.

 

 

 

Andy Warhol: Marilyn (1967), collection particulière.

 

 

Anonyme français: Gabrielle d'Estrées et une de ses soeurs (vers 1594), Paris, musée du Louvre.

 

 

 

Cimabue: Vierge et l'enfant en majesté entourés de six anges (vers 1280), Paris, musée du Louvre.

 

 

Le Caravage: la décapitation de saint Jean-Baptiste (1608), cathédrale saint Jean, Valletta, Malte.

 

 

Edouard Manet: Olympia (1863), Paris, musée d'Orsay. Je vous renvoie ici à l'excellente analyse de J.C. Diedrich sur son blog Histoire des arts de Rombas (dont on ne saurait trop recommander la fréquentation).

 

 

Eugène Delacroix: la Liberté guidant le peuple (1830), Paris, musée du Louvre.

 

 

Otto Dix: Portrait de la journaliste Sylvia von Harden (1926), Musée national d'art moderne, Paris. De plus amples informations sur ce tableau ici (fichier PDF).

 

Gustav Klimt: le baiser (1907-1908), Osterreische Galerie du Belvédère, Vienne.

 

 

Refrain

 

Joseph Chagall: La mariée (1950), collection privée.

 

 

Diego Velasquez: Les Ménines (1656), Musée du Prado de Madrid.

 

 

Vincent Van Gogh: Les tournesols (1889), cette version se trouve au Museum of art de Philadelphie.

 

 

  

 

1960-2010: ressources sur les indépendances africaines (web, radio, magazines...).

par blot Email

Alors que dix-sept pays du continent fêtent en 2010 les 50 ans de leur indépendance, les ressources intéressantes fleurissent sur la toile. Petit tour d'horizon:

 

 

A tout seigneur tout honneur...

... sur Samarra nous consacrons une série d'articles au processus de décolonisation et à l'accession des Etats d'Afrique subsaharienne aux indépendances avec la musique comme fil directeur.

- Les décolonisations africaines en musique. Premier volet (1957-1960).

- Les décolonisations africaines en musique. Deuxième volet (1960-1990).

- L’Afrique du sud : ultime décolonisation africaine.

A suivre dans les prochaines semaines avec d'autres volets (sur les "pères des nations africaines", "le panafricanisme et ses aléas", "les espoirs déçus du Tiers Monde")...

Tous les articles consacrés à l'Afrique sur Samarra et l'Histgeobox sont répertoriés par Etienne Augris dans un dossier plutôt copieux.

 

 

1. Des magazines:

 

* le numéro 39 de Mondomix consacre un dossier spécial aux indépendances. Les responsables de la revue ont eu la gentillesse de nous solliciter pour rédiger une courte présentation du processus de décolonisation qui conduit aux indépendances. Le numéro est téléchargeable ici ou consultable en lecture seule.



* Le magazine jeune Afrique revient tout au long de l'année sur cette "marche vers les indépendances".

* "La fin des colonies. Afrique 1960", à la une du magazine l'Histoire n°350, février 2010.

 

2. Sur le Web:

* Jeune Afrique a choisi de revenir sur les enjeux et les symboles culturels:

- "il était une fois les indépendances ... de 1960".

* France 24: "ils sont devenus indépendants en 1960".

* Le panafricanisme:

- "que reste-t-il des Etats-Unis d'Afrique?" (France 24).

- "Le rêve brisé de l'unité africaine" (RFI).


* Le site TV5 Monde consacre un dossier très complet sur les indépendances africaine: “Afrique 1960, un continent en marche vers son indépendance“.

* Rue 89: "l'Afrique a rendez-vous avec l'histoire."

* Les jeunes Etats se dotent d'hymnes. Sur le sujet, voir les synthèses de Jeune Afrique: "Un pays, une musique, un hymne" et de RFI: "L'histoire méconnue des hymnes nationaux africains". Enfin, les analyses détaillées que RFI proposent de quelques hymnes: Guinée "Horoya"; Sénégal: "Pincez tous vos koras, frappez vos balafons"; Cameroun: "le chant du ralliement".

 

 

3. Des photos:

- Un Diaporama sur le site de RFI propose un retour en photos sur les temps forts de la décolonisation. Un autre  réalisé par trois photographes français en 1963 propose une série de très belles photos au sein des jeunes Etats d'Afrique de l'ouest.

 

 

4. Des émissions de radio:

 Les radios francophones publiques (la première chaîne de Radio-Canada, la Première de la Radio Télévision Belge Francophone, Espace 2 pour la Radio Suisse Romande et France Culture pour Radio France) se sont associées afin de réaliser une série documentaire sur les indépendances africaines. Ces 8 émissions ont pour objectif de comparer différents types de décolonisation et d'accès à l'indépendance. Ainsi, elles s'intéressent à trois anciennes colonies françaises (la Guinée Conakry, le Mali), une belge (le Congo), deux britanniques (la Zambie et le Kenya) et deux portugaises (la Guinée Bissau et l'Angola). Elles sont toujours disponibles en écoute sur le site de la RTBF.

Sur RFI: 

- "Archives d'Afrique" présentée par Alain Foka s'intéresse à "l'histoire contemporaine de l'Afrique à travers ses grands hommes (les dernières furent consacrées à Ahmadou Ahidjo et David Dacko).

- "L'atelier de l'histoire, mémoire d'un continent" présentée par l'historien Elikia M'Bokolo.

Sur france Inter: l'émission "l'Afrique enchantée" dont nous vous parlions récemment

 

 5. Des videos:

- Arte consacre un dossier très complet aux indépendances à travers un web-documentaire interactif.

 

Quelques ouvrages pour approfondir:

  • Marc Michel: "Décolonisations et émergence du Tiers-Monde, Carré histoire, Hachette supérieur, 2005.
  • Marc Michel: "Essai sur la colonisation positive. Affrontements et accomodements en Afrique noire, 1830-1930", Perrin, 2009.
  • H. d'Almeida-Topor: "Naissance des Etats africains, XXème siècle", Casterman, 1996 (très clair).
  • Bernard Droz: "Histoire de la décolonisation au XXème siècle", Seuil, 2006 (l'ouvrage de référence sur le sujet).
  • Bernard Droz: "la fin des colonies françaises", Gallimard, "découvertes", 2009.
  • Bernard Droz, "La décolonisation", Documentation photographique n°8062, mars-avril 2008.
  • "Afrique, une histoire sonore". Présenté et commenté par E. M'Bokolo et Ph. Sainteny, Frémeaux, 2002.
  • J.P. Gourévitch: "la France en Afrique. Cinq siècles de présence: vérités et mensonges", Acropole, 2008.

 

N'hésitez pas à nous signaler des ressources intéressantes (toile, magazines, radio...) sur ce thème.

Samarra au Royaume-Uni et en Irlande

par Aug Email

Réviser les classiques de la peinture en musique...

par blot Email

La boîte de production l'Ogre a réalisé un clip particulièrement réussi et original. Il propose une galerie de chefs d'oeuvre de la peinture, de Vinci à Warhol, revus et corrigés par les membre du groupe parisien Hold Your Horses ! qui incarnent les protagonistes de ces tableaux.

 

Voilà un excellent moyen de réviser ses classiques! Chiche? Nous vous proposons d'identifier ces tableaux et leurs auteurs en commentaire. La solution dans quelques jours.

En attendant, à vous de jouer...

 

70 Million by Hold Your Horses ! from L'Ogre on Vimeo.

Lucian Freud, un génie du portrait

par died Email

 

-Dans la famille Freud, je voudrais le petit-fils...
- Sigmund ?
- Non, le petit-fils, Lucian, né en 1922 à Berlin. Ville qu'il a rapidement quittée pour l'Angleterre en 1933, au moment où Hitler et ses sbires antisémites prenaient le pouvoir.
Jeune homme, Lucian Freud entre à l'école des arts et métiers de Londres. A ses débuts, juste avant la guerre, il peint déjà des portraits de femmes et d'hommes dans un style intégrant à la fois la technique flamande (avec le souci du détail) et les proportions et attitudes simplistes et parfois naïves des peintres surréalistes.
Le portrait de sa première femme Kathleen Garnan illustre cette double influence mais surtout la maîtrise technique du peintre  (observez par exemple les reflets du regard).
 

C'est au milieu des années 1950 qu'il change une première fois de style, il privilégie désormais la peinture au dessin. Pour cela, il décide d'accentuer la texture en adoptant une brosse dont les poils laissent des traces sur la toile. La surface est découpée par les couleurs. La peau est l'objet de toute son attention, elle en devient son paysage, son art. La peau qu'il représente de plus en plus marbrée se décline en une large palette de couleurs, le plus souvent audacieuses. La carnation est désormais au coeur de son oeuvre, la froideur cruelle de ces corps, son style.

Autoportrait 1962
 
Ce style est, en effet, de plus en plus marqué. Ses nus autant que ses autoportraits lui permettent d'acquérir un certain succès au sein de ce qu'on appelle l'Ecole de Londres (composée également de Ronald B. Kitaj, Michaels Andrew) et à côté de l'autre grand peintre britannique de l'époque, Francis Bacon.

 

A partir de 1977, la représentation des corps gagne encore en vérité grâce à une plus grande maîtrise des empâtements et à l'utilisation du blanc d'argent (appelé aussi blanc de cremnitz) qui renforce la luminosité et le relief des compositions.

Autoportrait 1985

Au début des années 90, Lucian Freud change encore son style et choisit délibérément d'épaissir encore son trait, accentuant les empâtements en prenant le risque de quitter cette représentation figurative et fidèle des corps pour flirter avec des représentations entre le génie et l'échec. Vieillissant, il ne demeure néanmoins pas dans le confort de son art maîtrisé et se met en danger.....Est-ce cela le génie ? Hector Obalk le pense dans son reportage consacré à ce peintre.

Autoportrait 1993


Voici un extrait de Grand'art, avec une belle étude d'une nature morte inédite, le lavabo.


Grand' Art - Lucian Freud 2





Vous pourrez voir ici, un large panel des portraits et nus du peintre :


Sources : l'excellent n° de Grand'art d'Hector Obalk pour ses commentaires lumineux


JC Diedrich


 

Bonne année 2010 !

par Aug Email

 

 

Toute la joyeuse équipe de Samarra

vous souhaite une excellente année 2010 !

 

Petite devinette géographique pour commencer l'année (répondez en laissant un commentaire à ce message). La photographie ci-dessus montre une chute d'eau sur une rivière. A cet endroit précis, une rive est située en France et l'autre rive dans un autre pays.

Quel est ce cours d'eau et le pays de l'autre côté ?

 

[Photo : Barbara]

Sin Nombre et La Vida Loca : au coeur des Maras en Amérique centrale

par Aug Email

Un film magnifique du jeune réalisateur américain Cary Joji Fukunaga est actuellement en salles en France. Le réalisateur est originaire d'Oakland en Californie mais vit à New York. Son père est d'origine japonaise et sa mère d'origine suédoise. Il a vécu dans plusieurs pays dont le Mexique. C'est justement dans le sud de ce pays, au Chiapas, qu'il nous emmène avec Sin Nombre. Nous suivons deux histoires parallèles de jeunes latino-américains qui vont se croiser sur un train en route pour El Norte : les Etats-Unis, eldorado tant désiré en Amérique Centrale. Sayra est une jeune fille qui vit à Tegucigalpa, capitale du Honduras. Séparée de son père remarié, elle le retrouve après plusieurs années pour gagner les Etats-Unis. Willy  "Casper" vit au Chiapas, il fait partie d'une clica (cellule locale) de la Mara Salvatrucha. Entre violence imposée et subie (la sienne et celle de ses supérieurs) et désir normal d'adolescent de son âge, il dispose de peu de liberté. Le film est très sombre et en même temps plein d'espoir. Il montre l'Amérique latine dans sa réalité sociale sordide, celle des bidonvilles (image saisissante à Tegucigalpa), de la pauvreté, de la drogue, de la violence omniprésente et insupportable. Il nous montre aussi ce que peuvent représenter les Etats-Unis pour ses jeunes sans espoir de s'en sortir là où ils ont grandi.

  

Pour "Sans Nom" (Sin Nombre), Fukunaga a lui-même parcouru le Mexique, n'hésitant pas à monter sur le toit de ces trains de marchandises que les migrants empruntent vers le Nord. Il y a vu la violence et la cruauté parfois à l'oeuvre, mais aussi la solidarité. Question récurrente : "Pourquoi partent-ils ?" Fukunaga répond dans une interview au LA Times en donnant cet exemple d'un Hondurien qui ne gagnait que 3$ par jour dans son pays et qui peut en gagner 13 dans la construction aux Etats-Unis. "Ce n'est pas parce qu'il pense que nos rues sont pavées d'or, ce n'est pas parce qu'il pense que tout sera rose." Il s'est également rendu en prison pour rencontrer des membres de gangs. Pour jouer les rôles principaux, il a choisi deux jeunes acteurs remarquables. Ironiquement, Paulina Gaitan qui joue l'Hondurienne Sayra est mexicaine et Edgar Flores, qui joue le jeune Mexicain, vient du Honduras. C'est son regard qui a séduit Fukunaga. Ces deux jeunes acteurs ont su donner au film toute sa force.

Pour prolonger le film, voici ce que j'aurais aimé savoir en sortant de la salle de projection...

 

L'immigration hispanique aux Etats-Unis

 

 

Le Mexique est le pays qui compte le plus de ressortissants aux Etats-Unis avec plus de 26 millions de personnes (chiffres de 2004). Viennent ensuite les Philippines et l'Inde. Les Hispaniques représentent aujourd'hui 15 % de la population américaine. Depuis 2000, ils sont plus nombreux que la minorité noire (12% environ). La carte ci-dessus vous indique leurs régions d'installation privilégiées : les grandes métropoles et le Sud-Ouest (qui correspond d'ailleurs aux Etats appartenant au Mexique jusqu'au XIXème siècle...).

Parmi les Hispaniques, les Porto-Ricains (Etat associé aux Etats-Unis) sont plus de 3 millions, les Cubains 1,5 millions (en particulier en Floride), les Salvadoriens 1,2 millions et les Dominicains 1 million. Les autres pays comptent moins d'un million de leurs ressortissants aux Etats-Unis. Les Guatémaltèques sont 0,7 millions, les Honduriens 0,5 et les Nicararaguayens 0,3.

 

 

 Qu'est-ce que les Maras ?

 

Les Maras sont des gangs transnationaux formés de jeunes. Ils sont implantés dans toute l'Amérique centrale et aux Etats-Unis. Ils ont été formés dans les années 1980-1990 après la fin des guerres civiles qui ont frappé les pays d'Amérique centrale pendant la Guerre froide. Les deux principaux sont la Mara Salvatrucha 13 (MS13) à laquelle appartient le héros du film et la Mara 18 (M18). Ils tiennent ces numéros des rues de Los Angeles où ils auraient été créés. Rien n'est sûr cependant sur leurs origines. Il s'agit peut être au départ de groupes d'autodéfense des migrants. Après les émeutes de Los Angeles en 1992, de nombreux centre-Américains sont expulsés des Etats-Unis. Coïncidant avec la fin des guerres civiles, en particulier au Salvador, cet évènement ramène au pays de nombreux jeunes affiliés aux gangs.

 

Très implanté au Honduras et au Nicaragua, la plaque tournante de ce réseau est néanmoins le Salvador en raison du nombre important de Salvadoriens aux Etats-Unis, en particulier en Californie.

L'entrée dans la clica d'une mara se fait entre 9 et 12 ans, la moyenne d'âge des mareros étant de 17-20 ans. C'est un milieu essentiellement masculin (à 90%). Les jeunes mareros ont souvent été victimes de violences domestiques, connaissent la prison, mais la plupart savent lire et écrire. L'entrée dans une clica n'implique pas l'arrêt de l'école. Avec le temps, les maras ont pris de l'ampleur et leur activité s'est criminalisée (Trafic de drogues et de clandestins vers le Nord notamment). Les responsables sont devenus de véritables professionnels. L'un des signes distinctifs de l'appartenance, les tatouages, a d'ailleurs tendance à se faire plus discrets pour ne pas se faire repérer. Les maras ont en effet de nombreux rites (salutation, initiation par la violence subie ou à accomplir, souvent le meurtre) à l'image des mafias.

 

De nombreux débats agitent les sociétés centre-américaines sur les origines et la véritable ampleur du phénomène. Les maras sont-elles les seules responsables de la criminalité ? Faut-il employer la manière forte ou la prévention pour réduire leur importance ?

Si le Salvador et le Honduras comptent le taux d'homicide le plus important de la région (55 pou 100 000 habitants), la violence n'est pas le seul fait des maras. Depuis le 11 septembre, les partisans de la manière forte ont trouvé un allié dans le gouvernement américain qui y voit un véritable problème de sécurité nationale. Les anciens mouvements armés de gauche des années de la Guerre froide, aujourd'hui devenus partis politiques, voient une permanence entre les méthodes des militaires et des compagnies de séccurité privée qui prolifèrent aujourd'hui (éxécutions extra-judiciaires) et celles du passé. La réponse à la violence par la violence ne semble en tout cas pas porter de fruit comme au Salvador, malgré l'aide des Etats-Unis. Au contraire, elle a renforcé la cohésion des maras. Le Nicaragua et le Honduras misent davantage aujourd'hui sur la prévention avec des résultats plus probants. Reste la difficulté de la réinsertion, comme après les guerres civiles, de ces jeunes habitués dès leur plus jeune âge à une violence sans limite.

 

Un photographe et réalisateur français, Christian Poveda, a été assassiné le 2 septembre 2009, probablement par un membre de la Mara 18. Il enquêtait sur les maras. Son film La vida loca, est sorti le 30 septembre. C'est un documentaire sur cet univers des gangs d'Amérique centrale. N'hésitez pas à donner votre avis si vous l'avez vu. Voyez ci-dessous la bande-annonce du documentaire.

 

Des liens

 

 

 

[Cartes réalisés par E.Augris. à partir des données du recensement des Etats-Unis et de l'Atlas de l'Amérique latine dirigé par Olivier Dabène, Autrement, 2006]

Le ruban blanc n'y allez pas c'est un chef d'oeuvre !

par died Email

Alors oui, Michaele Haneke a été couronné (en fait palmé) pour ce film, le Ruban blanc.
Je commence par éloigner le spectateur habitué à la facilité ......action, sexe, humour, montage serré, musique tonitruante etc..... Bref, ici rien de cela....


Ce film se mérite. Il est en noir et blanc, en allemand (sous-titré tout de même !) et dure 2 h 24 minutes. Le générique est long et muet...
Alors ? Oui, votre jugement est fait ! Je vais m'ennuyer ! Sauf, si vous décidez de vous laissez emporter dans cette histoire un peu sordide qui se passe dans un village de Prusse orientale à la veille de la 1ère Guerre mondiale. Haneke décide d'entrer dans la communauté villageoise avec l'aide d'un narrateur qui est  le jeune nstituteur. Il raconte une série d'événements étranges qui bouleversent la communauté. Des enfants sont battus, des accidents ont lieu et des gens finissent par se suicider ou disparaître. Pourtant, la population apparaît comme tout à fait vertueuse, en se retrouvant dans le temple à écouter le pasteur ou devant le château du baron. Engoncé dans une morale rigoriste les personnages apparaissent un à un comme des hommes soit odieux soit brutaux ou tout simplement piégés  par des hiérarchies sociales écrasantes.
Le portrait de cette société allemande à la veille de la Guerre n'est pas une simple description de l'Allemagne qui succombera au nazisme. Non, le message d'Haneke est, me semble-t-il bien plus universel. La vision de l'homme n'est certes pas très optimiste mais rien n'a pu contredire le réalisateur au cours du XXè siècle.

Le propos comme on l'a vu, est intéressant pas seulement parce qu'il est historique mais  par son ambition universelle. Il est également servi par des choix esthétiques remarquables. La photographie d'abord....les plans séquences longs sont des photographies qui saisissent ces hommes (comme le photographe allemand August Sander  l'a fait durant près d'un siècle, avec un exemple ci-dessous) avec une certaine distance...une certaine pudeur.

                      

August Sander, Young farmers, 1914

Lorsque le veuf entre dans la chambre, le cadavre nu de sa femme apparaît, il s'approche, se recueille mais le mur nous masque les visages, la tristesse et la mort.
Un peu plus loin dans le film, le pasteur décide de corriger par dix coups de verges ses enfants....la caméra reste encore à distance, derrière la porte... et enfin quand le fils responsable du suicide de son père intègre le cortège qui emmène le cercueil, la caméra de Haneke s'éloigne encore afin qu'on ne devine que des ombres qui s'approchent ou rejettent le fils maudit....



Enfin, je n'évoquerai pas ici la scène extraite ci-dessous où le pasteur veut faire avouer à son fils qu'il a fauté parce qu'il se masturbe....on y voit une belle torture morale et un terrible ascendant du père sur ce jeune garçon terrorisé ....





L'autre scène est un dialogue entre une grande soeur et son frère qui tente de comprendre ce qu'est la mort....encore une fois la pudeur et la rigueur des dialogues rendent cette scène bouleversante.




Alors voilà, j'ai beaucoup aimé ce film exigeant d'un point de vu formel mais finalement terriblement fort et beau.


JC Diedrich

 

Willy Ronis, le photographe humaniste

par died Email

 
Sa mort, courant septembre est passée presqu'inaperçue. Bien sûr Télérama et Libération ont fait leur Une sur la disparition du photographe à la longévité exceptionnelle. Mais Willy Ronis est longtemps resté dans l'ombre de Robert Doisneau ou de Cartier-Bresson.



Qui était Willy Ronis (Ronisen de son vrai nom), en quoi son oeuvre est-elle humaniste ?

Né à Paris en 1910, il est le fils d'un immigré juif ukrainien qui fuyait les pogroms. Sa mère est pianiste, il rêve lui aussi de devenir musicien mais à son retour de service militaire, son père photographe, lui demande de l'aider à son atelier.

Sa carrière de photographe débute vers 1936, à la mort de son père lorsqu'il abandonne le studio pour se lancer dans la photo de rue.
Très vite, il apprend à saisir des instants, des personnages ....Son sujet de prédilection est la rue, plus précisément les quartiers populaires : Ménilmontant et Belleville.

"Je ne mets pas en scène, je négocie l'aléatoire", cette phrase résume le travail patient de Willy Ronis, observateur infatigable de la beauté fugace des scènes de la vie. Il saisit d'abord, les milieux populaires dans leurs loisirs mais également dans leurs luttes : les manifestations du Front Populaire sont les premiers clichés qu'il réussit à vendre, les occupations d'usine avec cette femme qui harangue la foule lors des grèves à Citroën (1938).

Rose Zehner est cette femme qui a osé prendre la parole au milieu de cette foule en colère. Longtemps ce cliché est resté dans les cartons du photographe. Quarante ans plus tard, il publie et expose la photographie, la cousine de Rose contacte alors Willy Ronis. 




Des histoires comme cela, Willy Ronis en raconte des dizaines et des dizaines à travers ses interviews ou ses livres.

Une autre photographie est prise en 1947 à Joinville lors d'un reportage sur les guinguettes. Chez Maxe, Ronis est immédiatement attiré par un groupe de danseurs. Il n'arrive pas à les prendre d'aussi loin, il s'installe sur une chaise et fait signe au danseur accompagné de deux femmes de s'approcher. L'ayant remarqué, le danseur continue à danser tout en s'approchant. Elégant et sûr de lui, le jeune homme laisse transparaître sa jeunesse et sa robustesse. Mais quand la musique s'est arrêtée et qu'il a repris sa place, Ronis s'aperçut qu'il avait un pied bot, handicap complètement invisible pendant la danse et sur le cliché.

Laissons s'exprimer encore WIlly Ronis pour comprendre son art :

" Le moment où je choisi de prendre une photo est très difficile à définir. C'est très complexe. Parfois, les choses me sont offertes, avec grâce. C'est ce que j'appelle le moment juste. Je sais bien que si j'attends, ce sera perdu, enfui. J'aime cette précision de l'instant. D'autres fois, j'aide le destin. Par exemple, ici, je sais que le premier couple ne s'est rendu compte de rien, mais pour avoir cette photo précise, je les ai vraiment appelés, mes danseurs. L'histoire ne s'arrête pas là. Il y a trois ans, j'ai reçu une lettre de la danseuse qui est sur la droite. Elle me disait qu'elle voyait cette photo de temps en temps dans la presse et qu'elle tenait à me dire combien elle était touchée par tout ce qu'elle représentait. Sa jeunesse, l'ambiance de ces guinguettes, et bien sûr la jeune fille qui dansait sur la gauche qui était une copine d'enfance. Mais le garçon, non, elles ne l'avaient plus jamais revu. Elles n'avaient dansé que cette fois-là avec lui."




 

Les années 40 et 50, l'école humaniste française, autour du Groupe des XV ( 15 photographes  dont Doisneau se réunissant  régulièrement à partir de 1946) connaît une sorte d'apogée. Willy publie ses photos pour de nombreux journaux et arrive également à publier ses livres (qui ne sont pas tous un succès).

 

Durant les années 60 et 70, Willy Ronis doit quitter la capitale et s'installe dans le Midi où il enseigne son art. Ces années sont un peu des années d'oubli, les photographes qualifiés d'humanistes (Ronis, Doisneau, Boubat, Izis) sont passés de mode mais dans les années 80 avec la mode du rétro, on les redécouvre : on republie poster, carte postale et autres supports d'un Paris disparu : Doisneau, Boubat et Ronis, bien sûr.
Des livres sont republiés. J'ai entre les mains, une nouvelle édition de Belleville Ménilmontant chez Hoëbecke datant de 1999 dans laquelle Willy Ronis représente pour cette 3è réédition, de nouveaux clichés et Didier Daeninckx, le romancier de talent qui nous emmène dans une petite histoire dans ce quartier populaire.

Le photographe infatigable continue à hanter les rues des quartiers populaires parisiens encore quelques années....saisissant les Parisiens dans un Paris qui s'est transformé, tours, de verre cabines téléphoniques, voitures....les visages, les attitudes nous racontent toujours les mêmes histoires.



Finissons ce portrait de Willy Ronis en évoquant  Le mineur silicosé, 1951...le portrait de ce mineur usé par la vie, le travail, la maladie.... ne devrait pas vous laisser insensible.

Lors d'un reportage à Lens, on avait conduit Ronis, chez un mineur silicosé. Ce dernier était très malade et en avait plus pour très longtemps. Il regardait dehors, fumait encore et encore. Il est mort quelques mois après à l'âge de 47 ans....


 

 






Willy Ronis, Ce jour-là, Folio, 2008, 192 p
Willy Ronis, Didier Daeninckx, Belleville Ménilmontant, 1999, 99 p.

 

JC Diedrich

Samarra: la lutte pour les droits civiques des Noirs Américains.

par blot Email

 

* Sur L'Histgeobox:

 

- Sagbohan Danialou: "Commerce triangulaire". Le chanteur béninois interprète une émouvante chanson sur la traite négrière.

 

- 2 J.B. Lenoir:"Alabama blues". Blues sur le racisme qui gangrène le Sud profond.

 

- 3 Billie Holiday:"Strange fruit". Retour sur les lynchages dont furent victimes de très nombreux Afro-américains.

 

- 9. Nina Simone:"Why the king of love is dead?". Hommage en musique à Martin Luther King.

 

- 15. Bob Dylan:"Oxford town". Sur la difficile déségrégation scolaire aux Etats-Unis.

 

- 16. Bob Dylan: "Emmet Till". Un des cas de lynchage les plus tristement célèbre.

 

- 17 Betty Fikes:"Back of the bus". Chanson d'espoir dénonçant la ségrégation dans les transports en commun.

 

- 19. Charles Mingus:"Fable of Faubus". Dénonciation du gouverneur de l'Arkansas, qui empêche la déségrégation scolaire dans son état (Little Rock).

 

- 23. John Coltrane:"Alabama". Charge contre ce bastion du racisme dans les années 1960.

 

- 24. Nina Simone: "Mississippi goddam". Chronique du racisme ordinaire dans le Mississippi.

 

- 27. The temptations: "Message from a black man". Ode à la black pride revendiquée.

 

- 33. James Brown: "Say it loud!" .

 

- 73. Marlena Shaw:"Woman of the ghetto" Une chanson d'espoir consacrée aux femmes du ghetto.

 

- 71. Sam Cooke:"A change is gonna come" Le chanteur sent poindre un changement d'état d'esprit à l'endroit du "problème noir" aux Etats-Unis.

 

-70. Freedom singers: "In the Mississippi river". Sur les crimes dont sont victimes les Noirs dans le Sud des Etats-Unis.

 

- 69. J.B. Lenoir:"Vietnam blues (1966). Blues dénonçant le conflit au Vietnam.

 

- 65. Nina Simone:"Backlash blues".

 

Foule raciste protestant contre l'inégration de quelques élèves noirs à Little Rock (Arkansas) en 1957.

 

- 42. Bob Dylan:"The time they're A-Changin'". Sur le fossé qui sépare la jeunesse américaine de ses aînés.

 

- 41. Phil Ochs:"Freedom riders". (1962) Les tentatives mouvementées pour faire cesser la ségrégation dans les bus inter-états aux EU.

 

- 40: Earl Sixteen: "Malcom X". Hommage à cette grande figure américaine.

 

- 39. George Perkins & The Silver Stars - Cryin' in ... Sur le désespoir qui s'empare de ceux qui apprennent la mort du dr King (avril 1968).

 

- 37. Bob Dylan:"Blowin' in the wind". Sur les attentes de changements immenses de la jeunesse américaine.

 

Le "dimanche sanglant" de Selma, en 1965.

 

- 48. Gil Scott Heron:"Klan". Dénonciation cette secte raciste qui fit régner trop longtemps la terreur.

 

- 87. Edwin Starr:"War". Une charge contre la guerre du Vietnam.

 

94. Grandmaster Flash & The Furious Five : "The Message. Plongée dans le quotidien sinistre des ghettos sous l'ère reaganienne.

 

- 101. Archie Shepp:"Attica blues". Retour sur le drame survenu dans la prison d'Attica.

 

- 107. Nina Simone:"I wish I knew how it would feel ... Une superbe chanson sur la quête de la liberté.

 

- 111. Phil Ochs:"Too many martyrs". Retour sur deux assassinats racistes qui choquèrent profondément l'Amérique: ceux d'Emmett Till et Medgar Evers.

 

- 113. Big Bill Broonzy: "Black, brown and white". Un blues qui dénonce les lois Jim Crow, institutionnalisant la ségrégation aux Etats-Unis.

 

- Bob Dylan: "Only a pawn in their game". Dylan revient sur l'assassinat de Medgar Evers.

 

- 126. Skatalites:"Malcom X". Un ska en hommage au charismatique meneur afro-américain.

 

Le chef de police Laurie Prichett fait face à Martin Luther King à Albany en 1961.

 

- Neil Young: "Alabama". Violent pamphlet contre le racisme qui continue de gangrèner cet état du sud des Etats-Unis dans les années soixante et son gouverneur George Wallace.

 

- MC5: "Motor city is burning". Sur les émeutes raciales à Detroit, en 1967.

 

- Bob Dylan: "George Jackson". Sur Angela Davis et les Soledad brothers.

 

- Louis Armstrong: "Go down Moses". Sur l'underground railroad, le chemin de fer souterrain, qui permit a de nombreux esclaves en fuite de rallier le Canada ou le nord des Etats-Unis.

- Joan Baez: "Birmingham sunday". Cette chanson revient sur l'attentat a la bombe qui tua quatre jeunes filles dans une église de Birmingham (Alabama), après le mouvement pour les droits civiques qui agita la ville en 1963.

- Simon and Garfunkel: "7 o'clock silent night". Cette contine évoque les marches de protestation des Afro-américains menés par Martin Luther King à Chicago, en 1966.

 

- Burning Spear: "Marcus Garvey". Hymne reggae à la gloire d'un des théoriciens du panafricanisme et leader d'une des plus importantes organisations de masse du début du XXème siècle.

 

* Sur Lire-Ecouter-Voir:

 

- La musique au temps des Black Panthers.

 

- Why the King of love is dead?

 

- Martin Luther King: une lutte en musique.

 

- Quand la soul s'engage.

 

- La lutte pour les droits civiques en musique.

 

Harry Belafonte (à gauche), ami et soutien indéfectible de Martin Luther King (centre) et Samy Davis Jr (à droite).

 

 * Histoire des Afro-américains en musique.

 - Histoire des Afro-américains en musique (5): les racines noires du rock'n'roll.

 

- Histoire des Afro-américains (4): blues et folk.

 

-  Histoire des Afro-américains en musique (3) : blues et folk-blues.

 

  - Histoire des Afro-américains en musique (2) : le blues.

 

-  Histoire des Afro-américains en musique (1) : gospel et work songs.

 

 

* STAX et la Motown, les deux grands labels de soul music et leurs rapports avec le mouvement pour les droits civiques:

- STAX et Wattstax.

 

- La Motown fête ses 50 ans.


- L'usine à tubes: les clefs du succès.


- Connaissez-vous bien la Motown (playlist et quizz)?

 

* Photographies.

 


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* Bibliographie:

 

- Pap Ndiaye: "Les Noirs américains", découverte Gallimard, 2009. Une synthèse limpide qui propose en outre de très nombreux documents (photos, textes...) savamment présentés.

 

- Nicole Bacharan: "Les Noirs américains. Des chaps de coton à la Maison Blanche", Panama, 2008. Une synthèse claire et tout de même très précise.

 

- M.A. Combesque: "Martin Luther King. Un homme et son rêve", Le félin poche, 2008. Un portrait vivant du pasteur et de ses engagements.

 

- "Freedom. Une histoire photographique de la lutte des noirs américains", Phaidon, 2005. Sublime recueil de plus de 500 clichés retraçant l'histoire des Afro-américains, des dernières années de l'esclavage jusq'à aujourd'hui.

 

 

 

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